CELUI QUI S’ENNUIE DANS LA VIE NE PEUT QUE DEVENIR ENNUYEUX ET VIDER D’ÉNERGIE…

L’ennui cerne la lassitude ou l’abattement provoqué par l’inaction, le désintérêt, la monotonie.  En général, il naît d’un manque de variété ou, par crainte de l’insécurité, de l’incapacité d’opter pour le changement ou la nouveauté.  Et, la plupart du temps, il résulte de l’incapacité de percevoir la vie autrement que de façon intellectuelle et mécanique.  L’intellect aime tellement s’imposer des obligations ou agir à l’intérieur d’agendas.  Ainsi, souvent, l’ennui naît de la pratique d’activités monotones, contraignantes, routinières ou banales.  Au niveau de la pensée, il se peut également qu’on se complaise dans des pensées médiocres, ce qui conduit au même résultat.  Alors, on sombre dans la paresse ou on cheennui13610rche à tuer le temps.  La recherche de distraction ou de divertissement ne tire pas vraiment de l’ennui, si ce n’est pour un temps.  En effet, on n’y apprend pas ce qui vivifie et comble vraiment, la pensée créatrice.  Alors, on a tendance à détruire sa vie jusque parce qu’on s’ennuie.  La Bruyère a dit: «L’ennui est entré dans le monde par la paresse.»  C’est en effet le prix de l’oisiveté. C. Nodier pensait de même: «L’ennui est la maladie des gens inutiles, des paresseux et des sots.»

  L’ennui peut également prendre le sens de désagrément, de contrariété, de problème, de souci.  En ce sens, on s’attire des ennuis parce qu’on attend beaucoup des autres, qu’on exige beaucoup de soi, qu’on s’attache trop aux réalités de sa vie.  Il faut savoir que celui qui emprunte le Sentier évolutif ne tarde pas à voir surgir bien des difficultés dans son milieu, ce qui commence par se signaler par de l’agressivité, du ressentiment, des malaises relationnels.  Il s’agit d’un phénomène très naturel qu’il faut savoir supporter avec compréhension et patience.  Il finit par se régler si on ne le nourrit pas.

À son insu, celui qui a touché la Lumière développe souvent un taux vibratoire puissant qui déstabilise momentanément son entourage, le temps que leur champ énergétique s’ajuste.  Pour donner une image, il peut produire sur eux un phénomène similaire à celui qui pénétrerait dans une pièce après s’être enduit d’un parfum très captieux, agréable en lui-même, mais trop fort pour avoir malencontreusement abusé de la dose.  Ou encore, il dérange comme un membre de la famille qui adopterait un nouveau point de vue politique, qui opterait pour une attitude écologique bien tranchée, raisonnable, mais trop catégorique, qui embrasserait une nouvelle religion, qui s’adonnerait à un comportement bien différent de celui de la cellule dont il provient.

Ce phénomène de manque d’harmonie ne peut être que pire si le chercheur ne sait pas tenir sa langue et s’abandonne à son zèle de néophyte, cherchant à convertir tous et chacun contre leur gré.  Une trop grande lumière aveugle.  Psychiquement prévenus de son choix d’évoluer, les personnes immédiates peuvent prendre son aspiration pour un défi ou comme un reproche à leur apathie personnelle, ce qui se traduit diversement par des reproches amers, du marchandage subtil, une tentative de démotivation.

Le Cosmos représente un système mental en mouvement constant, donc en changement perpétuel.  En conséquence, le changement est l’essence même de la vie.  Le changement est naturel, mais la résistance au changement ne l’est pas.

De ce fait, l’être réfractaire au changement oppose de la résistance au sens de la Vie et il s’expose à stagner, avant de péricliter et de régresser.  L’être humain gagne à rester souple et à accepter de changer, ce qui est le sens moderne du mot conversion, désignant un retournement de conscience.  Il maintient ses énergies en restant ouvert à la nouveauté.  Les conditions des temps actuels et celles de la planète changeront quand chaque être se sera dégagé de ses regrets, de ses remords, de ses culpabilités, de ses peurs, de ses limites, de ses désirs de possession, d’accaparement, de domination, de notoriété, de pouvoir, de vengeance et de sa haine qui forment la trame de ses guerres intimes, de sa propension à faire resurgir un passé dépassé, de suivre une morale étriquée, d’entretenir des croyances, des superstitions, des stéréotypes, des préjugés, des habitudes stériles et paralysantes.

Qui veut effectuer un changement doit commencer par changer les croyances qui ont empêché ce changement de se produire dans son passé et faire remonter à la surface ses résistances inconscientes au mouvement.  Car si on était aussi prêt qu’on le pense à recevoir ce qu’on espère, on l’aurait déjà.  L’Amour, qui est l’énergie même de la Vie, ne peut s’épanouir si on craint de bouleverser sa vie en renonçant à ce qu’oslide_ennuien n’aime pas ou qu’on n’aime plus.

En laissant se produire un changement, on se transforme en un terrain fertile et on laisse l’imagination créatrice répandre en soi sa semence.  Pour éviter que l’amour se retourne contre soi, il faut permettre qu’une transformation se produise, ne retenant que ce qui engendre la satisfaction de soi.  Sinon, on pourra être forcé d’accepter un changement provoqué par le destin.  Le plus difficile, c’est d’accepter un changement pour continuer à réaliser son idéal afin d’éviter que la connaissance ne se retourne contre soi.  Il vaut mieux choisir de changer tout ce qui ne satisfait pas dans son quotidien.  Alors, il faut laisser agir l’imagination créatrice, l’amour indiquant la seule voie à suivre.

Changer veut d’abord dire accepter d’abandonner des choses, se séparer de ce qui est devenu stérile ou nuisible, pour en accepter d’autres plus adaptées et adéquates, afin de toujours aller de l’avant.  Un grand sage a dit que le principal changement devait viser à faire des choix qui dissolvent la limite et qui abolissent la souffrance.  Mais, pour parvenir à un changement radical, il faut procéder par une suite de petits changements.

Dès qu’on accepte de changer et qu’on demande de l’aide pour y parvenir, le Grand Soi montre progressivement comment opérer, à partir de ses aptitudes, de ses ressources et de ses possibilités actuelles.  On peut toujours trouver nombre de prétextes pour ne pas effectuer dans l’immédiat un changement qu’on sait pourtant nécessaire.  Si on ne se donne pas des raisons valables d’en changer tout de suite, on ne pourra que projeter le changement dans l’avenir, continuant à se priver de joie.  Le grand défi de la vie consiste à ne pas se laisser prendre par ce qui est placé devant soi, par ce qui attire, mais à trouver son centre, à attirer à soi tout ce qui est en harmonie avec son Être intérieur.

Il est difficile de changer tant qu’on n’admet pas ce qu’on est dans le présent, tant qu’on ne s’aime pas comme on est ici et maintenant.  Car le présent ne représente rien d’autre qu’une invitation à se découvrir sans l’inquiétude de perdre ses acquis.  Il implique le choix conscient de découvrir un aspect inconnu de son être ou de sa personnalité ou d’évoluer.  Le changement devient indispensable dès qu’on commence à stagner, à tourner en rond, à régresser.  En pareil cas, on gagne à s’empresser de vérifier son erreur et de l’accepter sans culpabilité, se pardonner de l’avoir fait et faire le changement nécessaire.  Qui veut effectuer un changement important dans sa vie doit d’abord changer les croyances qui l’ont déjà empêché de réaliser ce changement dans le passé.  Car on ne peut jamais obtenir quelque chose dont on souffre trop du manque dans sa vie ou dont on ne s’autorise pas la possession sereine.

Chacun doit se former une philosophie de vie qui fait place, en même temps, à l’adaptation aux circonstances et au changement pour ce qui est plus significatif pour la conscience.  Chacun doit se former un discernement qui lui permette de prendre conscience de ce qui est possible pour lui et de ce qui ne l’est pas.  Ainsi, on ne doit pas changer le caractère d’un autre et on ne doit même pas essayer de le faire.  Car l’autre peut découvrir par lui-même quand un besoin de changement s’impose à lui.  Quand les anciens moyens n’ennui_31apportent plus les résultats escomptés, c’est qu’il est temps d’essayer quelque chose de différent, sans répugnance.

Chacun commence à penser de façon plus lucide, réaliste et autonome quand les fantaisies d’hier ne lui apportent plus de plaisir.  Chacun parvient tôt ou tard à cette compréhension, dans une vie ou dans une autre.  Lorsqu’on ne trouve plus de satisfaction et de réconfort dans les sentiers mille fois battus, on cherche à découvrir une voie plus valorisante et évolutive.  Chacun doit croire suffisamment à son approche individuelle de la vie pour s’en tenir à sa vérité, en dépit de toute opposition.  Dans tout ce qu’on entreprend, quelque chose œuvre pour soi, dans l’agrément ou le déplaisir, qu’on le sache ou non.

Présentement, tous les êtres humains sont appelés à transformer de nombreux aspects de leur vie et à abandonner bien des réalités.  Il faut éviter de résister au changement en se persuadant qu’on perde le contrôle sur ce qui se passe quand on ignore ce qui s’en vient.  Le Soi spirituel le sait.  Il est le guide sûr auquel on peut faire confiance.  Il faut se faire à l’idée qu’il se présentera toujours de nouvelles réalités et qu’on n’en aura jamais terminé avec elles parce qu’elles font partie du processus individuel et collectif du changement.

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