LE SENS SACRÉ DU SERVICE

Dans la vie courante, le mot «service» peut désigner diversement l’obligation et l’action de servir un supérieur ou une autorité; l’ensemble des charges et des obligations envers la divinité et les activités qui en résultent;  la mission, le travail désintéressé consciemment ou inconsciemment uni aux Guides de l’Humanité.  Dans la Tradition chrétienne, il évoque le culte religieux.  En spiritualité, il représente l’actualisation de sa raison de s’être incarné afin d’apporter sa quote-part au progrès du Plan cosmique ou du Système de la Cr éation

Alfred M. Martin a dit : «Ce qui constitue la valeur suprême de la vie, ce n’est ni la richesse, ni la facilité, ni la Plan  renommée –ni même le bonheur, mais le service.  Rien ne compte finalement que le service et il compte toujours.»  Mais le premier service consiste à se mettre à son propre service en prenant l’engagement d’évoluer, d’élever ses vibrations, de changer pour le mieux au plan personnel.  C’est ainsi qu’on aide tous ceux qui vent autour de soi à grandir.  Servir, c’est d’abord vivre sa lumière, exprimer sa vérité, pour transmettre cette lumière autour du globe.  Servir ne signifie pas partir en mission salvatrice ni de faire cloche-de-servicede soi un martyr, servir signifie travailler sur soi en vivant de telle façon que tous ceux qui entrent en contact avec soi soient touchés par le rayonnement qu’on développe dans son cheminement.  Le service consiste à aider l’Humanité à évoluer à partir des découvertes de sa propre expérience évolutive.  Dans la nature de l’Univers, on aide les autres dès l’instant où on utilise au mieux ses facultés.  Alors, dédions tous notre vie à devenir un centre de régénération cosmique de la Terre et de l’Humanité par le rayonnement de la lumière que nous acquerrons nous-mêmes.  Le meilleur service qu’on puisse se rendre à soi-même est de savoir aider les autres, de donner sans attendre, de partager sans demander, d’offrir son cœur aux dieux du Ciel.  Mais le service consiste également à offrir aux plus Hautes Forces cosmiques les qualités, les talents et les aptitudes qu’on a acquises.  C’est dans un esprit de service que la plénitude de sa personnalité peut trouer son expansion, ici, sur Terre.  Le monde a besoin de ces dons du cœur et de l’esprit pour élever et guider l’Humanité à travers les tribulations qu’elle doit traverser pour trouver son équilibre et son accomplissement.  Dans ce partage amoureux, chacun trouve la joie de donner de lui-même.

Même dans le travail rémunéré, le service doit évoquer un échange réciproque et il doit être dénué de la moindre notion de servilité ou de dépendance.  Aux yeux de Dieu, nul n’est inférieur à un autre et nul ne doit rien à personne, même après avoir reçu un présent ou un service.  D’autre part, on ne sert bien que si on sait se servir soi-même.  En spiritualité, il faut moins entendre le mot service en termes d’obligation qu’en termes de collaboration.  L’être humain n’a pas reçu une corvée, mais un devoir d’état, une mission, une vocation.  Il a été lancé dans un Grand Jeu amoureux.  L’être humain est un Roi cosmique, un Fils divin : Dieu ne l’appelle pas donc absolument pas à le servir, mais à se dévouer dans la joie à réaliser son Plan suprême par son plan personnel de vie.  L’être humain coopère avec Dieu à travers lui-même et à travers ses frères, il l’appuie dans son Projet évolutif. Il gagne donc à oeuvrer dans l’équité, l’intégrité, la tolérance et la compassion.

L’être humain est appelé à servir parce qu’il a demandé une mission où il pourrait s’investir librement.  En échange de cette autorisation, Dieu l’a appelé à rendre un service à la collectivité cosmique, en commençant par la collectivité humaine.  Ainsi, tout homme peut incarner la mission dont il est investi selon ses propres choix, ne dépassant pas ce qu’autorisent les Lois, mais de façon inventive et originale.  Par exemple, il pourra manifester le Principe de l’Amour, de la Conscience, de la Lumière, de la Virginité, n’importe quel Attribut ou n’importe quel Aspect de Dieu, de façon particulière, bien qu’au fond il reste une globalité, différent des autres hommes seulement par son unicité et sa spécificité, par le filon qu’il incarne.  Mais en échange, il pourra être appelé à être financier, thérapeute, enseignant, prospecteur, cultivateur ou autre métier, rôle ou fonction, pour rendre service à ses frères.  La nuance entre la mission et le service, c’est que l’homme pourrait incarner sa vibration particulière dans n’importe quelle occupation de la vie, mais, par service, il sera appelé à en privilégier un en particulier, dans lequel il a plus de compétence ou pour lequel il a plus d’affinités, pour aider ses semblables.  On sait pertinemment qu’aucun être ne peut combler seul, pour le moment, tous ses besoins, sa conscience et sa créativité n’étant pas assez développées.  L’être humain ne peut être en même temps boulanger, cordonnier, blanchisseur, machiniste, notaire, médecin ou autres, étant physiquement limité par le temps et l’espace.  Aussi sera-t-il appelé a occuper une tâche particulière, prévue dans l’économie humaine, pour que toutes les tâches utiles soient accomplies, au bénéfice des autres.  Et cette tâche devra être accomplie dans l’échange mutuel, de façon généreuse, serviable, amoureuse, détachée, empressée, ardente, zélée, attentive, minutieuse.  La Loi du Service est régie par la constellation de la Vierge, la Reine du Ciel, l’Étoile qui a enfanté l’Enfant-Dieu et qui a pris de lui un soin attentif, conçu comme un devoir sacré, un service mystique.

Il faut disposer d’une certaine quantité d’énergie pour élever la conscience d’un autre.  Aussi importe-t-il de savoir quand on peut aider autrui et quand on doit se garder de le faire, autant pour éviter d’agir en vain et de perdre l’énergie qu’on a accumulée que de transgresser la loi de la Justice immanente ou de la Causalité éthique.  L’énergie d’un sujet ne sert que si l’autre peut s’en servir pour produire en lui un changement.  Si la personne qu’on tente d’aider n’est pas prête à évoluer, si on choisit le mauvais moment pour intervenir, si on ignore la quantité d’énergie utile pour opérer une transformation, si on prend les autres en charge, on s’épuise très sûrement, n’obtenant que de piètres résultats, s’attirant même le mépris.  Lorsqu’on cherche à aider une personne sans réussir à la faire évoluer, on doit laisser cette charge de côté, se départir de la responsabilité de sa vie.  Alors, il faut se contenter d’envoyer de l’énergie vers elle pour lui suggérer de se tourner vers sa Conscience divine afin qu’elle l’aide à évoluer.  Plus on est conscient, plus on peut chercher l’erreur d’avoir investi de l’énergie là où il ne se produit aucun changement.  On se sentira fatigué, on s’épuisera et on deviendra malade.  En portant le fardeau des autres, on les empêche de prendre leurs leçons et on ralentit leur évolution.  La personne qui emploie l’énergie qu’on dirige veservicers elle à bon escient ne se fait jamais ressentir comme un poids.  Ce n’est pas toujours en accordant à l’autre ce qu’il demande qu’on le rend heureux.  Si on lui donne tout ce qu’il demande, si jamais cela le rendait malheureux ou était contre-indiqué pour lui, on pourrait recevoir les coups de pied de sa bévue pour apprendre à faire preuve de plus de jugement dans l’avenir.

Obtenir le droit de servir est un grand honneur, un grand privilège et une grande marque de confiance.  Pour y parvenir, il faut beaucoup étudier, s’observer, atteindre une réalisation spirituelle suffisante.  On reconnaît la maîtrise d’un serviteur au rapport entre son degré d’élévation spirituelle et la qualité d’énergie qu’il rayonne.  Le serviteur maître de lui-même n’emploie qu’une petite quantité d’énergie au bon endroit et au bon moment engendrant une transformation considérable affectant de nombreux êtres.  Tout ce qu’il fait apporte une aide significative et constante aux autres.  Son service consiste à donner aux autres une expérience directe et intime de leur propre puissance, leur révélant les états de conscience élevés qu’ils peuvent atteindre par certaines pratiques pour trouver leurs propres réponses et moyens.  Il peut également servit tout simplement en s’aimant, en rayonnant sa beauté, sa sagesse, sa compassion.  Chaque fois qu’il est appelé à aider, avant d’intervenir, il se demande quelles sont les occasions dont il dispose pour aider réellement, dans quels domaines il peut investir son énergie, pour choisir la manière dont il apportera  la plus grande transformation.  Avant de répondre à une demande d’aide, il pense à demander mentalement au Maître intérieur de celui qui le sollicite, s’il est approprié de lui venir en aide ou s’il convient mieux de lui laisser apprendre la leçon que ses problèmes veulent lui enseigner.  Si l’autre est prêt à recevoir son aide, il lui demande alors comment il pet intervenir pour lui aider.  Ainsi, il n’agit pas tant qu’il ne sait pas le moment venu d’aider comme il pense de le faire, se fiant à un symbole, à une image, à un message, à un ressenti qui ne manqueront pas de venir pour le guider.  S’il ne reçoit pas de réponse, il se contente de reconnaître sa divinité, de lui envoyer de l’amour et de le laisser être juste comme il est.  Il lui envoie sa lumière, le laissant libre de l’employer comme il le désire, abandonnant toute responsabilité et toute sensation désagréable à le voir apprendre sa leçon.  Il sait n’avoir rien à gagner d’une personne qui résiste à son aide et au changement personnel.

Nul ne peut servir s’il ne sait équilibrer en lui la compassion et le détachement.  Il aide en faisant croître les qualités de l’autre, surtout l’amour de soi, la patience, la force intérieure et la compassion pour soi et pour les autres.  Le vrai serviteur sait intervenir auprès de l’autre au niveau de compréhension où il se trouve, au niveau de sa vérité propre.  Par exemple, s’il aide un être qui se sen victime du destin et des circonstances, il omet de lui expliquer qu’il a lui-même créé les circonstances de cette expérience pour éviter d’éveiller un sentiment de culpabilité qu’il l’amènerait à se refermer.  Il se contente de l’aider à voir comment elle a créé ses propres problèmes en se faisant raconter comment elle pense qu’il l’a engendré.  On n’offre son aide aux autres que s’ils le demandent pour éviter d’interférer dans leur évolution.  Il ne faut jamais forcer quelqu’un à changer s’il n’est pas prêt.  Intervenir inopinément pourrait faire fuir.  Pour voir fleurir une qualité en lui, on se contente d’en faire montre soi-même à son égard.  Pour le reste, on cherche à trouver plus de joie dans sa vie, rien d’autre, en se permettant d’être heureux.  Alors, peut-être que l’autre sera inspiré à poser des questions, au meilleur moment pour lui, si on lui sert de modèle.  On sera surpris du pouvoir qu’on détient en se centrant sur sa propre évolution pour transformer ses proches.  Il faut voir ce qui est beau et bon dan chaque voie, chaque religion chaque système de croyances.  Il faut respecter la voie suivie par les autres, même si elles sont différentes et si on ne leur troue plus d’intérêt soi-même.   On ne doit rien rejeter, rester plein d’amour, regarder l’essentiel au-delà de la forme des croyances de chacun.  Chacun sait la voie qui est la meilleure pour lui, car il existe plusieurs voies.  Il faut rechercher ce qu’on a de commun avec les autres, accepter et aimer ceux qui sont sur des voies différentes.  Même le désir de voir quelqu’un changer d’habitude ou agir différemment complique les choses.  On ne peut créer le désir d’évoluer chez les autres qu’en partageant leur enthousiasme de la vie.  Il faut écouter les autres, les laisser venir à soi comme ils sont, trouver la manière de les aider en les aimant toujours davantage.  Il faut devenir un modèle de paix, d’amour, de vérité, de sagesse, de compréhension.

Du reste, nul n’a besoin d‘être sur la scène, d’être connu, de faire quelque chose d’important pour servir en apportant une aide considérable à la planète.  Chacun peut ajouter de la lumière dans le monde par tout ce qu’il fait : son travail, sa vie de famille, ses diverses activités, ses loisirs.  En agissant en modèle, on enseigne aux autres, en agissant comme un transmetteur d’énergies spirituelles, rayonnant de plus en plus hautes vibrations pour les rendre disponibles à tous ceux qui entourent.  Servir, c’est donner aux autres une occasion d’évoluer, permettant qu’en grandissant, les autres puissent aussi grandir.  Et en faisant grandir les autres, on grandit davantage soi-même, puisqu’on s’attire des retours spirituels dépassant l’imagination.  En servant les autres, simplement en créant une espace permettant à l’apprentissage de se produire, on augmente sa lumière, l’amenant à rayonner davantage, se créant de multiples occasions propices et s’attirant plein de bonnes choses partout où on va.  En plus d’augmenter sa satisfaction intérieure, on accroît sa prospérité, on attire plus d’amour et de respect de la part des autres, on renforce ses énergies.  Chaque fois qu’on permet à une personne de faire un pas en avant, on se crée pour soi-même un grand bond vers une plus haute conscience.  Et on reçoit d’autant plus qu’on sert de façon détachée, sans attente, dans l’innocuité.  Plus un être est habile à manifester ses pensées et à gérer ses problèmes quotidiens avec clarté et amour, plus il peut facilement accomplir son destin.  Aussi, pour bien servir, faut-il résoudre ses problèmes et harmoniser tous les aspects de sa vie.  Lorsque la conscience commence à s’ordonner, on trouve automatiquement plus d’occasions d’aider véritablement les autres.  Alors, en élevant sa conscience, on augmente sa lumière, attirant à soi toutes les forces disponibles pour accomplir son rôle dans le monde.

Nul ne doit s’inquiéter de ne pas savoir comment offrir son service au monde.  Il suffit d’émettre l’intention de servir en acceptant de mettre de l’ordre dans sa vie.  Dès lors, l’occasion de servir viendra d’elle-même au moment où on sera prêt. Le vrai service ne peut se produire que dans les moments où on ouvre son cœur à l’amour, ce qui permet aux barrières entre soi et les autres de disparaître.  Cela se produit lorsqu’on se sent égal aux autres parce qu’on perçoit la divinité dans l’autre, agissant d’une manière qui lui donne plus de force.  Pour ce faire, il faut être soi-même branché au Pouvoir suprême, à la Source, sachant s’harmoniser, ce qui permet au meilleur de pénétrer en chacun.  Quand on sait se relier à sa Conscience divine et à celle des autres, tous en sortent grandis.  Dans ces moments, on sait se reconnaître enseignant autant qu’élève.  Servir n’est pas  un jeu pour gonfler l’ego.  Tout service doit permettre d’agrandir sa conscience et celle des autres.  Aussi faut-il savoir qu’on ne doit intervenir auprès d’un autre que si on peut obtenir un résultat dans sa conscience.  Cela requiert qu’on sache reconnaître le moment où la personne est prête à évoluer, et à ce moment seulement.  Alors uniquement on obtiendra un contact enrichissant permettant que le temps qu’on lui consacre contribue autant à son évolution qu’à la sienne.

Le vrai service exclut tout prosélytisme.  Il ne résulte pas d’un désir de partir en croisade pour convaincre les autres qu’ils doivent changer.  L’esprit de croisé ne cause que des divisions, faisant perdre une énergie précieuse qu’on pourrait employer autrement.  Toute forme d’aide doit favoriser la croissance en conscience, durablement en conscience, ce qui n’est pas possible si on ne comprend pas ou si on n’est pas prêt.  Élever la  conscience, voilà le premier but du service.  On n’élève pas la conscience en s’impliquant dans l’aide sociale, des projets écologiques, des plans humanitaires.  On élève la conscience en se centrant sur ce qu’on peut faire pour amorcer le changement chez l’autre, en échangeant sur les façons qu’on pourrait ensemble s’ouvrir davantage à son destin, pensant à ce qu’on peut faire pour l’aider, non à ce qu’il peut apporter.  Surtout, on élève la conscience en se centrant sur cœur, en parlant et en agissant avec amour, aidant l’autre à s’ouvrir à sa divinité.  On doit agir ainsi en toute circonstance, même dans son milieu de travail, se demandant sans cesse quel est le sens de son apport en ce lieu, de la présence de ses collègues, de tout contact particulier ave l’un d’eux.  Il faut sans cesse se demander quel message on porte l’un pour l’autre.  Cela permet d’élever ses relations d’amitié, d’affaires, de travail à un plus haut niveau et d’évoluer rapidement.  En restant centré sur le servservice-1ice, on s’attire de nombreuses surprises merveilleuses, un succès beaucoup plus sûr dans toutes ses activités.   En présence d’un autre, il faut voir la beauté et la lumière qu’il porte, le reconnaître comme le grand être qu’il est, même si ce n’est que pour un court instant.

Le sens du service désintéressé découle d’une extension de la conscience individuelle jusqu’à en faire une perception de responsabilité de groupe.  Un tel développement résulte d’une stimulation du cœur qui amène l’être de désir et de passion, suite à des efforts incessants, à invoquer l’Énergie divine, d’où le Christ peut désormais faire entendre le premier son et naître dans cet éveil du feu de l’amour.  Alors, l’être de désir et de sensibilité devient un aspirant au bien, au beau et au bon.  Lors de cette sublime initiation intérieure, le centre du cœur est vivifié, de sorte que les désirs des sens se transforment en bon vouloir de mieux servir la fraternité humaine.  Dans cet élan, le chercheur ne peut que reconnaître la présence du Christ.  Pour tout dire, le service fournit une expérience dont on peut intégrer la part d’inconnu comme une nouvelle possibilité.  D’abord, en servant, on découvre beaucoup de choses sur soi-même.  Toutes les difficultés du service servent à instruire sur soi-même, permettant de remonter à leur source, dans des régions inexplorées de sa conscience, par une observation attentive.  Ces connaissances profondes peuvent conférer une nouvelle lumière sur ses points faibles, inconnus ou inconscients jusqu’alors, et sur ses talents endormis.  En plus de transformer son être, elles peuvent développer sa bonne volonté d’assumer une responsabilité toujours plus grande, ce qui rapproche de la maîtrise personnelle.  Il faut servir selon les circonstances, selon la mesure de ses moyens, conformément à sa compréhension, pour ne pas devenir servile ni éprouver de frustrations, des facteurs qui pourraient engendrer le découragement, la dévalorisation et la démobilisation.

Il est normal qu’un jeune chercheur vienne à l’enseignement initiatique d’abord pour étancher sa soif de Savoir.  Nul ne s’offusquera de s hâte à trouver les réponses aux questions lancinantes qu’il se pose et aux limitations qu’il confronte, parfois depuis longtemps.  Et s’il découvre, au fil des jours, par sa constance et son application, que l’enseignement qui lui est proposé comble ses plus profondes aspirations, il goûtera un temps l’ivresse de connaître.  L’erreur serait pour lui de croire qu’il pourra longtemps recevoir et prendre sans jamais donner.  Il faut comprendre la nécessité de mettre, le plus rapidement qu’on le peut, son temps, ses connaissances, ses compétences au service des autres pour favoriser leur propre avancement.  Nul n’est une île.  Et ce service doit s’adresser à son ordre, à ses membres et à l’Humanité entière.  La conscience prend de l’expansion dans le don de soi, l’enthousiasme, l’obéissance et l’humilité.  C’est en travaillant pour les autres que l’on s’occupe le plus sûrement de son avancement.  Mais on ne peut partager que ce qu’on maîtrise parfaitement.  Sinon, on stagne, on involue.  Pour parvenir à la maîtrise, le service des autres devient le deuxième devoir.  Celui qui se préoccupe avant tout de son développement personnel fait fausse route, s’aiguillonnant sur le sentier de l’égoïsme et de l’illusion.   Servir, dès qu’on est prêt, c’est un commandement émanant de l’amour qui veut que, à certains égards, on soit responsable de ses frères et sœurs.  Et on doit commencer par donner d’abord à ceux qui ont beaucoup donné, c’est-à-dire à ceux qui ont fourni les meilleurs moyens d’évolution.  On doit œuvrer avec les autres, à leur service, sans en attendre rien d’autre que la satisfaction qui résulte de la certitude d’avoir bien agi, d’voir fait son devoir et, parfois, de savoir compris.

Plus tard, peut-être beaucoup plus tard, sans s’être vraiment préoccupé de son propre avancement, mais en ayant pris soin de faire ce que l’on croyait devoir faire et en restant fidèle à ses engagements, mettant chaque fois que cela est possible, ses dons et ses talents au service des autres, s’efforçant d’aimer ses frères et sœurs humains chaque jour un peu mieux, on connaîtra l’exaltation et l’extase du chercheur qui découvre enfin la clé de l’énigme de la vie et on réalisera instantanément le but réel poursuivi : l’illumination.  On vit dans un monde où chacun lutte et court pour acquérir plus de biens, accroître sa renommée, exercer un plus grand pouvoir, jouir toujours davantage.  La sécurité et le prestige sont primordiaux.  Quand enfin on sort de ce rêve d’avoir, de faire, d’agir, de dominer et de paraître, on cherche enfin à être, à dirige son attention vers la recherche de la vérité.  Mais on s’y prend longtemps comme on l’avait fait pour obtenir les biens matériels : on veut accumuler.  Cette fois, on veut accumuler des connaissances par des lectures, des enseignements, des conversations enrichissantes.  On cherche à augmenter ses pouvoirs psychiques.  Voilà des activités bonnes et louables qui apportent des bienfaits certains.  Mais, comme on n’a pas vraiment changé, on marche à côté du Sentier évolutif, malgré les apparences, car la Voie ne se laisse pas prendre d’assaut et ne se laisse par marchander et acheter.  Restant le centre de son univers personnel, on continue à tourner autour de soi-même, dans l’illusion.  En voulant acquérir le Savoir, alors que la nature de l’être est de se donner, d’échanger, de partager, on s’écarte de lui.

C’est en donnant, en partageant, en échangeant et en servant qu’on reçoit au centuple.  La moindre graine démontre ce principe universel.  C’est en mourant, soit en se transformant à travers une transition, qu’elle renaît et se multiplie.  Accumuler pour soi, en biens ou en connaissances, c’est se couper de la vie en s’écartant de Dieu, le Don suprême.   Donner sincèrement et librement, c’est ouvrir un canal à la force vitale et la faire circuler à travers soi.  Servir, c’est se mettre en harmonie avec l’Univers et participer à la vie de l’Être.  Fort de cette révélation intérieure, on se sent renaître, plein d’espoir.  Alors, il ne reste qu’à se demander comment servir, car tous les services n’ont pas la même valeur et la même portée.  On peut chercher à faire de bonnes œuvres, on peut aider sa famille, ses voisins, ses amis, on peut faire du bénévolat.  Mais surtout, on peut servir auprès d’un ordre pour lui témoigner sa gratitude.  Alors, on fait du progrès parce que son attention s’est tournée vers les autres et qu’on a supporté la lumière.  Mais il reste un pas à faire, soit de chercher à se mettre ne résonance avec Dieu, à l’image de qui on a été créé.  À ce moment, c’est Dieu lui-même qu’on veut servir par l’intuition, qu’il ne faut pas laisse couvrir du bavardage de l’intellect.  Mais on pourra objecter qu’on a vu des êtres servir, donner de leur temps, de leurs biens, qui sont tombés malades, se sont ruinés, sont devenus serviles, se sont fait exploiter.  Ces gens ont seulement cru servir, alors qu’ils se sont servis, dans leur vanité ou leur avidité.  Ils n’ont pas vu dieu dans ceux qu’ils servaient, il n’y ont vu qu’un homme, bien souvent, en secret, un exploiteur ou un faible.

Tout ce que le Père-Mère possède, il le prête à ses enfants pour qu’ils l’utilisent, le partagent, le redistribuent.  Dieu est illimité et il le révèle dans la mesure où on partage librement, de bon gré, de façon simple, avec les autres, selon leurs besoins et ses propres moyens.  En devenant conscient de cette réalité, on se rend compte que l’on n’est qu’un canal à travers lequel la force, l’abondance, la joie et la plénitude du Créateur peuvent s’exprimer.  Il ne faut pas devenir une citerne qui accumule, mais un canal qui accueille et dispense les bienfaits divins.  Lorsqu’on donne, il faut prendre conscience que ce n’est pas soi qui donne, mais la Vie qui donne à la vie à travers soi.  Plus on donne et sert dans cet esprit désintéressé, plus on reçoit et plus on trouve d’occasions de redonner.  Pour bien s’en convaincre, on n’a qu’à observer les phénomènes naturels.  À la fin d’un cours, un professeur a toujours l’impression d’en avoir appris plus que ses élèves, s’il reste ouvert à leurs commentaires et à leurs réactions.  Plus on aime, plus sa capacité d’aimer s’accroît.  Plus on exerce ses muscles, plus ils deviennent forts et sains.  Plus on sème, plus on récolte.  Et plus on sert sincèrement, plus on restaure ses énergies.  Qu’on se rappelle : dans la parabole du semeur, un serviteur qui a fait fructifier le talent donné par son maître lui a été remis ;  celui qui l’a enterré pour le conserver se l’est vu retirer.   Chacun doit aussi partager ses talents, matériels et autres, surtout ses bonnes pensées.  Le plus grand service que l’on puisse rendre à ce pauvre monde endormi, rempli de négativité, c’est de diriger vers lui ses pensées les plus aimantes, les plus pures, les plus vraies.  Ainsi, on participe vraiment à la Vie dans l’être, on participe à la vie spirituelle et on progresse rapidement sur le Sentier.

Servir les autres ne signifie jamais donner à gauche et à droite, au petit bonheur, avec prodigalité.  On ne peut pas satisfaire aux exigences des lois de la Nature et des principes divins en redistribuant sa richesse à fonds perdus, même dans des choix judicieux.  Les offrandes monétaires ou matérielles sont des interventions humaines pour satisfaire l’ego, récompenser les services des autres, améliorer leur subsistance, leur témoigner son appréciation ou son affection.  Mais ces moyens ne répondent pas à la nécessité du partage.  Le bien, requis par la compensation obligatoire, consiste surtout à aider et à assister personnellement les autres en éveillant leur propre créativité, en stimulant leur confiance en eux et leur foi en Dieu, en soulageant leur esprit des fardeaux qui les accablent.  Si un homme dispose ainsi de sa richesse, qui est le savoir acquis dans son expérience personnelle, alors il se sert bien et il sert bien les autres.  Cette aide doit préconiser les activités coopératives et toutes les entreprises qui affermissent la fraternité universelle.  Le service ne doit pas entretenir la paresse physique et la léthargie psychique des autres, mais éveiller en eux leur sens du devoir et des responsabilités, celui d’être des travailleurs actifs, ingénieux, inventifs, innovateurs.  Croire que celui qui a acquis une richesse matérielle doit la redistribuer aux autres, c’est faire appel au fanatisme et à l’irresponsabilité.  C’est en éveillant le sens créateur des individus qu’on les amène à mieux répartir les biens et la richesse du monde.  En apprenant à s’en bien servir soi-même, alors on sert les autres.

Qui désire accéder à la maîtrise doit apprendre à servir, en commençant par se donner lui-même jusqu’au surplus, car c’est dans le service qu’on se réalise, que l’échange se produit le mieux.  Alors, il faut servir humblement dans le silence et le secret.  Il faut raviver dans l’Humanité la conscience perdue, une fois qu’on s’est libéré de toutes ses fautes.  Car la maîtrise n’équivaut pas au manque de sagesse, mais à l’accomplissement de la Sagesse.  Tout commence par le développement progressif d’une vision plus universelle des êtres et des choses.  Il faut se garder de se replier sur soi pour s’ouvrir aux autres en partageant les possibilités nouvelles que confère la connaissance.  Il faut aider les autres à entrer sur le Sentier évolutif ou à s’y élever plus haut en leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas le fruit du hasard, un accident de parcours, qu’ils ne sont jamais seuls.  Chacun doit se sentir lié au destin de tous les êtres humains où qu’ils se trouvent et se soumettre à la Volonté de Dieu.  Mais on sert d’abord en se liant au champ de la Conscience cosmique en soi en faisant le silence pour écouter ses messages, pour être chargé de ses énergies, afin de mieux rayonner.  Après avoir dépassé le stade du faire voir, on sait s’investir dans le vrai service, car on comprend que, pour s’élever, il faut travailler pour une cause supérieure, non seulement pour la personnalité, en essayant de refléter la perfection qu’on espère trouver.  Le service attire toujours l’amour, la sympathie, la tendresse, l’estime, aidant à sortir de soi-même, ce qui purifie.

Quelqu’un a dit : «Le plus grand de tous doit être le serviteur de tous.»  Le mot domination ne veut pas dire abus de la force ou jeux de pouvoir, mais service amoureux.  Le service réside dans l’action qui naît de sa plénitude et qui mène à partager ses connaissances et ses biens avec les autres, joyeux de participer à la marche de l’existence.  En cela, le service ultime réside dans le fait d’apprendre aux autres à découvrir leur vérité, qui, seule, peut les rendre libres, et qui, seule, peut les rendre heureux.  Pour sûr, malgré sa sincérité, sa bienveillance et son bon vouloir, l’aspirant au service peut commettre des impairs retentissants, en raison de son ignorance, surtout s’il omet de se mettre à l’écoute de son Centre intime.  Méconnaissant les principes fondamenservice-2taux ou en mésusant par inadvertance, il peut oublier que la vérité d’une spirale inférieure peur devenir la demi-vérité de la spirale supérieure et une hérésie dans les Royaumes spirituels.  L’intellect tient tellement à ses vérités, qui ne correspondent pas toujours avec celles de l’intuition.  À ses débuts, il ne peut que manquer de discernement spirituel, donc de sagesse et d’intelligence lumineuse. Mais qu’il ne craigne rien, s’il est sincère il s’en sortira haut la main.

À n’en pas douter, le service représente le point le plus important de tout travail spirituel.  Dans sa préparation à la vie lumineuse, chacun doit tôt ou tard écouter l’appel de son âme qui le pousse à servir et à donner de lui-même pour élever l’Humanité à un plus haut niveau de pensée, de conduite et d’énergie.  Il vise à amener les êtres humains à placer les qualités spirituelles au-dessus des désirs matériels qui continuent à fasciner la majorité, mais sans réprouver ces derniers.  En fait, il y a toujours quelque chose que l’on peut faire pour les autres quelle que soit la mesure de ses efforts.  Le service est la clef d’une meilleure compréhension de la vi.  En effet, dans la mesure où on donne de soi-même et où on partage sa vie avec les autres, autant que faire se peut, sa propre vie s’enrichit par ces contacts humains.  C’est en donnant que l’on reçoit, comme c’est en semant que l’on récolte.  Et pour recevoir la plus grande récompense de la vie, on doit être prêt à mettre de côté certains de ses intérêts personnels et à s’intéresser davantage aux autres.  Plus les êtres humains penseront les uns aux autres et s’entraideront aussi, plus la lumière spirituelle croîtra dans les cœurs, amenant ainsi graduellement l’aube d’une plus grande lumière et d’une plus grande compréhension entre eux.  Alors apparaîtront au premier plan social les sujets spirituellement éclairés qui montreront le chemin vers un avancement toujours plus complet, non pas tant par ce qu’ils diront, mais par ce dont ils donneront l’exemple, illustrant la manière spirituelle de vivre.

NOTE: Quoi qu’il puisse avoir été dit préalablement, ce dont le monde a présentement besoin, en cette phase d’Ascension, c’est d’êtres alignés et unifiés dans leur conscience qui savent se tenir debout.  C’est une manière de faire référence aux hommes de bon vouloir, à ces êtres amoureux, bons et généreux, dont la volonté personnelle s’est effacée, face à la volonté de la Lumière, donc à des êtres vivants, conscients, même de manière partielle, de leur origine stellaire et lumineuse.   Le serviteur est choisi parmi les êtres conscients qui savent ne pas être seulement leur corps ou leurs fonctions biologiques, d’où ils se sont engagés à redécouvrir ou à réintégrer leur Unité originelle. Dans les temps présents, le sens du Service s’exprime d’abord cet ordre.  En fait, le «Seva yoga», soit le «Service véritable», n’existe qu’à travers la Grâce de la «Bhakti yoga» c’est-à-dire «de l’amour et de la dévotion à Dieu».  Mais attention, il faut bien se comprendre : ce service d’amour et de dévotion n’est pas lié au sens humaniste tel que la personnalité le conçoit, elle qui désire si ardemment jouer un rôle de sauveur et de sauveteur, pour se valoriser ou se revaloriser, soulager sa conscience.  Le service réfère plutôt à un engagement plus noble qui consiste à manifester, envers chacun de ses semblables, comme modèle, la joie de son être Unifié retrouvé, afin d’aider l’autre à assumer sa responsabilité d’être évolutif.  Il se réduit au fait de laisser rayonner la Lumière acquise dans les secret et le silence, autant que possible.  Là est le Service.  Le reste ne représente qu’une mascarade qui vise à se donner bonne conscience, au sein de la dynamique de la dualité du bien et du mal, mais qui ne permet nullement de participer à l’Œuvre cosmique d’unification.  En ce moment, maintenant que l’ancienne forme de compassion est devenue obsolète et interdite, le mot «servir» signifie «devenir toujours plus lumineux», soit d’assumer sa liberté, de récupérer sa souveraineté et d’intégrer la totalité de la Lumière de la Source au sein de sa vie.  Il n’existe pas de meilleure façon de servir cette dernière, comme il n’existe pas de meilleur moyen de servir l’autre et, par ricochet, de se servir soi-même, l’humanité, la Terre, le systéme solaire, bref, le Cosmos.  

                   

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