RAYONNER L’AMOUR… ET CULTIVER LE SENS DE L’HUMOUR…

SAVOIR TROUVER PARTOUT LA PART D’HUMOUR… 

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Qui n’aime pas se tenir avec des gens drôles, qui racontent des histoires absurdes ou hilarantes, assurant que tous se dérident en riant un bon coup, en se dilatant la rate, comme on dit.  Évidemment, plus un être parvient à le faire avec esprit, plutôt qu’avec grossièreté, plus il devient magnétique, plus il attire de gens.  Car les gros cons qui se pensent drôles, sans l’être, écartent plutôt les gens.

On définit l’humour comme la forme d’esprit qui cherche à mettre en lumière avec drôlerie le caractère plaisant, ridicule, absurde, insolite de certains aspects de la réalité, mais qui dissimule sous un air sérieux une raillerie malicieuse, parfois acide ou caustique.  Généralement, il profite des contrastes entre le fond et la forme ou entre le but et les moyens.  Bien qu’il remonte à l’Antiquité dans sa méthode, curieusement, le mot «humour» provient du mot anglais «humour», qui provient lui-même de l’ancien mot français «humeur», un terme qui désignait les liquides corporels sensés influencer le comportement humain.  Il fut repris à l’anglais pour désigner le tempérament enjoué, surtout cette aptitude à percevoir l’aspect comique ou drolatique d’une réalité.  Il exprime un jeu d’esprit qui découle de la faculté de voir ou de faire voir l’aspect inusité, mais étonnant d’une situation.   Évidemment, Messieurs les Anglais témoignaient de leur pouvoir facétieux dans la plus stricte imperturbabilité, pour respecter leur attitude flegmatique, cfillette-humoure qui rendait les propos encore plus désopilants et, leur tentative d’adoucir un contexte, plus irrésistible.  L’humour ouvre le cœur et ramène à la raison.

On ne revient jamais assez sur cette prescription de savoir s’aimer et aimer et de cultiver l’humour qui déclenche le rire, dédramatise une situation, rétablit dans le bien-être, augmente la vitalité, assure même, dit-on, la longévité.  Mais pour cela, il faut savoir raconter des histoires drôles ou en inventer, en riant des faits ou de soi, plutôt que des autres, ou des autres aussi, mais en leur présence, et sans méchanceté réelle.  En effet, l’humour détient d’abord une fonction cathartique, c’est-à-dire qu’il permet de réduire une charge émotionnelle.  Mieux dit, il permet de se défouler, de dissiper un malaise, d’évacuer la frustration, de soulager la souffrance, de faire baisser la colère, de prévenir le recours à la violence.

En plus de sa fonction militante, ce qui le rend très utile en politique, surtout lorsqu’il permet d’écorcher un adversaire, l’humour sert d’excellent moyen didactique puisqu’il aide à mémoriser l’Information fournie par un enseignant.  Surtout, dissipant les ombres d’un contexte, il permet d’échapper aux contraintes et, dans certains cas, ce qui est mieux, d’éveille la lucidité, par les aspects plaisants, ineptes, ridicules ou insolites qu’il permet de révéler ou de souligner.  Mais l’humour fait d’autant rire qu’il prend par surprise.  En outre, en public, le rire devient communicatif, produisant ses effets bénéfiques sur le plus grand nombre des assistants.

Nous devons concéder que, par nature, la Vie est un grand jeu amoureux.  Et ce n’est pas la faute de la Source créatrice que l’être humain en fasse une comédie, une tragico-comédie ou un véritable drame.  En fait, il gagnerait à apprendre à participer à ce jeu en y insérant une bonne dose d’humour.  Car l’humour délivre de la tension et aide à se soustraire au ressentiment pour sourire ou s’amuser de tout.  Il permet de dire des vérités ou de faire passer une critique, mine de rien, car il dédramatise leur impact en éliminant les résistances.  Vertu par excellence de l’enseignant, elle aide encore à retenir l’attention de ceux à qui on parle ou qu’on instruit.

Sigmund Freud, qui n’a pas toujours raison pour autant, a osé émettre l’avis suivant : «L’humour ne se résigne pas, il défie, il implique non seulement le triomphe du moi, mais encore du principe du plaisir qui trouve ainsi moyen de s’affirmer en dépit des réalités extérieures défavorables.»

Puisque la Vie est un Grand Jeu amoureux, ne convient-il pas de vivre de façon réaliste, plutôt que de sombrer dans le drame.  Alors, pourquoi ne pas constamment rayonner l’amour et cultiver l’humour?  Bien sûr, il est des jours où, par inconscience, tout être peut s’attirer des problèmes, mais ce n’est pas dans l’hostilité, l’aigreur, la tristesse ou l’apitoiement sur lui-même qu’il retrouvera la lumière et pourra se remettre sur pieds.  Rien n’est invincible comme l’amour et rien ne désamorce mieux une situation dramatique que le sens de l’humour.  Les deux redonnent de l’élan et de l’entrain.

Le grand mystique Sri Aurobindo Ghose a su dire : «Le sens de l’humour?  C’est le sel de l’existence.  Sans lui, il y a longtemps que le monde serait complètement déséquilibré (il l’est déjà pas mal) et parti au diable.»  Quelqu’un d’autre a insisté pour dire: «Dans la recherche intérieure, il faut garder le sens de l’humour, car tout est dans la même marmite.»  Romain Gary, un romancier français d’origine polonaise, n’était pas en reste en écrivant : «L’humour est une affirmation de la dignité et de la supériorité de l’homme sur tout ce qui lui arrive.»

Certains se demandent s’il est possible de tout aborder en humour.  Il apert que cela dépend de quel sujet on traite et avec qui.  Pour le confirmer, Marcel Achard a dit : «L’humour, c’est de savoir que tout, absolument tout, est drôle, dès l’instant que c’est aux autres que cela arrive.»

C’est un fait qu’il n’existe pas de meilleure thérapie que de rire de soi et de se moquer de ses erreurs, ce qui ne revient pas à tout prendre à la légère, mais à vivre dans la sérénité et la-grâce.  On n’en devrait pas moins éviter de tourner les autres en dérision, une transgression à la loi de l’Innocuité, sauf pour rire avec eux dans la mesure que la circonstance s’y prête.  On a dit que le rire dilatait la rate, ce qui n’invite pas à rire de tout et de rien sans discernement. Aujourd’hui que la science a progressé, on devrait plutôt dire que le fait de savoir rire désarme, active la respiration, masse les viscères et procure la plus agréable des détentes par les hormones alors secrétées.  Les savants préfèrent dire que, en pareil cas, le cerveau libère des endomorphines et des catécholamines, des hormones qui diminuent la douleur, le stress, l’effet d’une agression psychique.

La personne trop sérieuse ou trop sévère démontre qu’elle se laisse dominer par un mental impérieux.  C’est pourquoi elle refuse d’admettre un manquement à la règle ce qui l’insécurise ou la déstabilise.  Pour cette raison, elle pense promptement à blâmer en cas de transgression, allant jusqu’à punir durement ou à écarter sans indulgence.  Elle croit que c’est par l’application stricte ou rigoureuse des règles qu’on peut maintenir l’ordre.  Celle qui se laisse guider par le cœur, toujours clémente, cherche toujours le meilleur moyen et le plus facile d’obtenir les meilleurs résultats.  Elle emprunte souvent la voie de la compréhension, de la compassion et de l’humour.

Elle pense que tout mérite la même considération, que rien ne peut être traité à la légère, ne peut être estimé sans conséquence.  Comment saurait-elle manifester de gaieté, ce qui est le contraire du sérieux, du caractère  posé et réfléchi, de l’air grave, de l’expression austère?

On commence à s’adonner à l’humour dès qu’on réalise que tout est important, mais que rien n’est sérieux.  Le sérieux, c’est une affaire d’adulte compassé qui empêche l’esprit d’enfance de renaître.  Dans la vie, il faut apprendre, devenir plus conscient, mais il faut sourire, rire, jouer, se divertir, se reposer, se détendre, s’amuser.  Le monde ne va pas s’écrouler du fait que quelque chose ne tourne pas rond et qu’on essaie de lui faire diversion.

Dans ce contexte, l’’humour devient l’une des plus grandes forces de l’amour de soi.  C’est un art raffiné que de savoir ramener les problèmes à leur juste proportion, puisqu’on exagère toujours ce qu’on redoute.  Il faut se ramener à l’esprit de jeu pour retrouver sa confiance, sa candeur, sa naïveté, sa spontanéité.  Il faut savoir garder le monde à l’aise et en harmonie.

Pour tout dire, l’être sérieux, généralement débordant d’ego, déteste certains aspects de lui-même.  Il se sent irresponsable de se concentrer ailleurs que sur ses problèmes, même lorsqu’il ne peut rien y changer.  Celui qui est trop sérieux ne parvient pas à ajouter à ce qu’il voit, il ne réalise que ce qui est acceptable aux yeuxHumour des autres.  En fait, c’est la vision trop matérialiste du monde qui rend sérieux, crispant l’être, le rendant solennel et grave.

Sri Aurobindo Ghose parlait ainsi : «Si les hommes prenaient la vie moins au sérieux, ils pourraient bien vite la rendre plus parfaite. Dieu ne prend jamais son travail au sérieux; c’est pourquoi nous avons le spectacle de cet univers prodigieux.»  On peut travailler avec conscience sans prendre sa tâche ou sans se prendre soi-même au sérieux.  Il suffit de garder le sens de la proportion, de cultiver le sens de l’humour, évitant de s’analyser continuellement ou de performer.  H. de Montherlant a assuré : «La vie est une chose délicieuse dès que l’on décide de ne plus la prendre au sérieux.»  Et Platon a commenté : «Nul homme sérieux ne parle sérieusement des choses sérieuses.»  L’être trop sévère ou trop sérieux devient tendu, rigide, hostile, improductif.  Et s’il devient tel, il devient forcément régressif.

Il n’empêche que l’humour représente un phénomène culturel: ce qui fait rire l’un peut agresser l’autre, comme tous ne rient pas aux mêmes blagues.  Même que dans certains cas, celui qui cherche à faire rire peut fâcher.  C’est, comme toujours, une question de tact et de discernement pour savoir doser et quand appliquer.  En général, il paie grassement en toute occurrence.  En revanche, les êtres humains, peu importent leur culture, devraient comprendre les possibles maladresses ou bévues des gens d’ailleurs et apprendre, pas trop suspicieux, à ne rien prendre pour une attaque personnelle ou, tout au moins, à se démontrer insensibles aux éloges comme aux insultes, qui ne dépeignent jamais que de ceux qui les profèrent.  «Tout est», dit l’être serein, qui sait ne pas pouvoir empêcher qu’il en soit ainsi!

 

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