LE SECTARISME IMPOSE AUX GENS UNE CROYANCE AVEC OBLIGATION DE RÉFUTER TOUT AUTRE VERSION OU POINT DE VUE… 

D’abord, la secte désigne un groupe organisé de personnes qui partagent une même doctrine au sein d’une religion ou d’une spiritualité.  Il s’agit d’un groupement religieux ou spirituel, clos sur lui-même, formé autour d’un chef, en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes.  En fait, toute religion, du fait qu’elle ne reçoit pas l’adhésion de la majorité des êtres humains de la planète, constitue une secte, sauf que, pour chacune des religions, la secte, c’est toujours l’autre religion, pas elle.

Dépouillée de sa valeur primordiale, la conscience, toute société, après en avoir assez souffert, se remet en question, cherchant des solutions de facilité à ses problèmes.  Cette quête éperdue de moralité offre un terrain favorable aux marchands de la spiritualité.  Les religions recyclent et les faux prophètes apparaissent.  Ainsi, on ne sait plus à qui se fier, les imposteurs dépassant en nombre et en verve les initiés authentiques.

En période de crise lavage-de-cerveaumorale, on voit toujours un grand nombre d’instructeurs vendre un soi-disant enseignement, mélange des plus hétéroclites, où peuvent se mêler le sectarisme, le spiritisme, la politique, la religion et, parfois, une pointe de magie noire.  Cet ensemble ne repose sur aucun principe naturel puisqu’il découle d’un mélange de lectures ou de conceptions personnelles, très douteux quant aux buts qu’il propose.

De telles associations, bâties sur le désarroi et la crédulité des autres, conduisent parfois aux pires extrémités des gens qui n’ont plus rien à perdre, vivant dans un monde où ils se sentent exclus et étrangers.  Deux raisons surtout expliquent l’essor croissant des sectes : le développement d’une société trop matérialiste et l’enseignement d’églises trop dogmatiques et dominatrices.

Fort de ces notions, on peut comprendre que le sectarisme évoque le caractère ou l’attitude d’une personne qui, par rigorisme, intolérance ou étroitesse d’esprit, se refuse à admettre les opinions différentes de celles qu’il professe.  C’est l’attitude de celui qui adhère de façon intolérante à des dogmes religieux, professe des opinions étroites en matière de philosophie ou de politique, défend ses avis de façon fanatique, sans jamais faire d’ouverture à ceux qui pensent autrement.

Une telle attitude nuit au bien commun et aux plans de la Vie.  Tôt ou tard, par la Causalité, la Rigueur ou la Sévérité interviendra pour détruire une telle Tour de Babel.  En proie au doute, parce que dépourvue de sa valeur originelle, la société recherche éperdument son identité.  Comme à toutes les époques, une société en désarroi retourne de façon sectaire à ses origines ou s’offre, sans discernement, aux nouveaux prophètes de Dieu.  Dans un cas comme dans l’autre, par la polarisation, on peut craindre les pires extrémités.

Alors, on peut parler de sectarisme moral.  Celui-ci s’exprime par le fait qu’un individu ou une religion ose affirmer que le Dieu qu’ils révèrent est le seul vrai Maître de l’Univers, que tous ceux qui pensent et croient différemment sont des hérétiques, donc des ennemis à détruire, parce qu’ils font affront à l’Être suprême.  Cette attitude zélée, souvent accompagnée de techniques fondées sur le prosélytisme, éveille des sentiments hostiles qui dégénèrent facilement en fanatisme.

Bien que la plupart des textes sacrés s’opposent, dans leurs codes moraux à l’acte de tuer et plaident en faveur de la fraternité des hommes, certaines des plus grandes guerres de l’Humanité se sont produites au non de la foi religieuse et du sectarisme moral.  Encore aujourd’hui, la foi fervente s’affirme souvent de façon aveugle, fermant l’esprit aux faits historiques et favorisant, mine de rien, la haine et l’intolérance.

Comment ne réussit-on pas à comprendre que toutes les grandes religions sont fondées sur l’enseignement de Maîtres qui n’ont pas laissé d’écrits personnels : Adam, Moïse, Zoroastre, Krishna, Bouddha, Jésus et Muhammad.  Ce sont leurs continuateurs qui ont raconté leur vie et ont érigé leurs enseignements en dogmes.

Bien qu’il ne faille pas entièrement contester leur intégrité, les faits les plus récents révèlent à quel point la vérité, passant de bouche à oreille se dénature rapidement.  Par exemple, il faut se rappeler ce que les disciples des Maîtres hindous font de l’enseignement ou de la succession de leur Gourous pour comprendre ce qui est à comprendre : le ouï-dire, la superstition, l’interprétation et le dogmatisme font rapidement leur œuvre.  Alors, qu’en est-il d’enseignements millénaires qui ont d’abord été véhiculés oralement, puis consignés par écrit, traduits et interprétés.  Les théologiens d’une même religion ne s’entendent déjà pas sur l’interprétation de ces textes, au point parfois de provoquer des schismes.  Et cela continue dans toutes les grandes religions.

Fort de ces faits incontestables, comment peut-on qualifier quelque texte sacré que ce soit de parole révélée de Dieu ou, pire, d’unique Verbe révélé du Créateur?  Ainsi, beaucoup d’adeptes religieux acceptent, dans leur foi naïve ou dans une foi imposée, que des textes enregistrant les révélations des fondateurs de leur religion des années après leur départ comme leurs propres écrits, directement inspirés par Dieu. Peu importe de quel texte religieux il s’agit, on ne retrouve jamais en lui que les interprétations humaines que les membres des sectes religieuses lui ont attribuées.  Mais il est encore plus difficile de retrouver la sagesse et l’intelligence divines dans leurs prétentions.

Dans les différentes religions, l’être humain a souvent caractérisé son Dieu, supposément parfait et amoureux, comme jaloux, vengeur, sévère, comme réclamant le châtiment et même la destruction des incroyants.  Parfois, on lui retrouve même des mouvements d’envie et de haine.  Et on essaie de faire croire que ces écrits d’un autre âge sont directement inspirés de Dieu, sans interférence humaine.  Alors, si on n’y croit pas, on devient un hérétique qu’il faut museler ou abattre.  Comme on ne peut plus conduire un dissident au bûcher, on le méprise quand on ne le dénonce pas publiquement, mettant en garde contre lui.  Et cela, ce n’est pas du sectarisme moral!

Dans le même temps, dans toutes les religions, des controverses persistent sur la question de savoir quelles seraient les parties de ces œupantin-manipulationvres qui seraient acceptées somme conformes à leurs doctrines et à leurs rituels.  On peut se prononcer ex cathedra sur des textes historiques, mais on ne réussit pas à se prononcer sur des miracles et des apparitions récentes.  Ainsi en est-il d’êtres qui se disent infaillibles et peuvent se prononcer péremptoirement, prétextant pouvoir être directement inspirés de Dieu à volonté, et seuls à pouvoir l’être.

Il apparaît bien difficile de concilier la transcendance divine et la compassion de Dieu avec les attributs humains que les membres des sectes religieuses lui ont attribués.  On assiste souvent à l’application de la règle du deux poids et deux mesures : dénoncer les prétentions absurdes d’une religion établie, c’est du scandale et de l’hérésie;  mais décrier les enseignements d’un groupe spirituel ou mystique, c’est de la charité chrétienne, du zèle missionnaire, de la vigilance religieuse, de la protection publique.

Par bonheur, les grandes religions acceptent la conception monothéiste, le fait qu’il n’existe qu’un seul dieu, mais elles ne semblent pas parler du même Dieu, du seul fait que son nom varie selon les langues.  En outre, elles recouvrent souvent ce même Dieu d’un voile de définitions ou d’attributs limitatifs établis par leur propre théologie.  Ensuite, elles expliquent que leurs préceptes moraux, et en particulier leur interprétation des écrits sacrés, devraient devenir la règle sociale de la moralité universelle, laissant ainsi entendre que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont immoraux.

Qu’est-ce que le sectarisme moral, si ce n’est pas de penser ainsi?  N’accuse-t-on pas souvent l’autre d’être comme on est ou d’agir comme on le fait soi-même?  Ne reconnaît-on pas, dans ce qu’on projette sur l’autre, ce que l’on porte au plus profond de soi et qui reste irrésolu?

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

 

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