LE RESPECT EST LE PASSE-PARTOUT QUI OUVRE LES COEURS ET DISPOSE À L’HARMONIE ET À L’ACCUEIL…

Le respect désigne le sentiment d’admiration qui porte à reconnaître la valeur de quelqu’un, à le traiter avec les égards qui lui sont dus et à ne jamais lui porter atteinte.  C’est le sentiment de considération, d’égard, voire de vénération qu’un être peut avoir envers un individu ou envers quelque chose.  Il se manifeste par une attitude de déférence et le souci de ne pas porter atteinte à l’objet du respect, ni le heurter inutilement.  Le respect suppose une compréhension et un partage des valeurs d’une personne ou d’une idée.  Le respect est une valeur plus profonde que la simple politesse, puisque, dans sa sincérité, il est dépourvu de toute hypocrisie. respect

On comprendra que le respect mutuel représente l’un des fondements de la paix sociale et des relations interpersonnelles.  Partout et tous les jours, on invoque le respect… ou plutôt, ces dernières années, le manque de respect.   Sa valeur est universelle : chaque être humain, quelle que soit son origine, sa culture, sa religion, son milieu social, son rang hiérarchique, sa préférence politique, son orientation sexuelle, sa profession ou son métier, son degré d’instruction ou de culture, sa condition physique ou psychique, a des devoirs de respect envers l’autre.

Emmanuel Kant a écrit : «L’amitié est l’union de deux personnes liées par un amour et un respect égaux et réciproques.»  Mais, n’est-il pas étrange de constater que la majorité des dictionnaires impliquent, dans la notion de respect d’autrui, une contrainte dans l’attitude et le comportement en se fondant sur l’apparente supériorité d’autrui.  En effet, on accole toujours à ce mot une notion de réserve ou de retenue et de traitement spécial en raison d’un appel à la déférence, à la révérence, à l’admiration, à l’ancienneté, à la position, à la richesse, à la renommée.  Une telle forme de respect fait complètement abstraction de l’égalité incontestable des êtres humains, malgré leur degré de conscience et leur rôle fonctionnel.  En outre, elle amène à considérer l’être de l’échelon supérieur, mais à mépriser ou dédaigner celui de l’échelon inférieur.

Le respect, le vrai, résulte d’une compréhension juste de la vérité ou de la réalité, soit d’un haut niveau de conscience.  Il définit le sentiment qui porte à reconnaître la valeur d’autrui, à traiter l’autre avec les égards qui lui sont dus, en évitant de porter atteinte à sa dignité d’Enfant de Dieu, parfaitement égal à tous les autres, détenant le droit d’être à sa manière.  Il ramène à l’injonction spirituelle de traiter l’autre comme on aimerait être traité, non en lui passant tous ses caprices et ses fantaisies, en lui accordant tout ce qu’il demande, mais en lui appliquant le traitement que, en conscience, on croit lui revenir naturellement.  Car respecter l’autre ne revient pas à lui laisser donner libre cours aux exigences de son égoïsme.  Pour ainsi dire, dans certains cas, le respect se mérite ou se gagne.

   Le grand humaniste Lanza del Vasto a défini le respect comme «le regard du cœur» dont les fines formes sont «la pudeur et la discrétion».  Et il a posé la question, lui donnant sa réponse : «Où commence le respect?  Quand on cesse de regarder le prochain comme un empêchement ou comme un instrument, ou comme rien, là commence le regard qui s’appelle le respect.»  Le respect porte à estimer autrui pour ce qu’il représente ou est, par son origine divine,  plus que par ce qu’il pourrait ou devrait être.  Tous les êtres méritent un égal respect.  C’est probablement ce que Blaise Pascal entendait quand il a écrit : «Le respect de la personne humaine se fonde sur son caractère irremplaçable.»  Seul l’être inconscient admire, compare, émule, établit des degrés, car l’être intelligent n’admire pas, il respecte, estime, comprend, aime inconditionnellement.

Ainsi, le respect ne doit jamais porter à accorder à un être particulier une considération admirative, en raison d’une valeur particulière qu’on lui reconnaît, à cause de son rang, de sa richesse, de sa puissance, de sa popularité, de sa célébrité ou de ses accomplissements, ce qui participe de la flatterie, voire de la servilité et de la flagornerie.  Il ne doit pas davantage porter à s’imposer une contrainte particulière, signifiée par une conduite de réserve, de retenue, d’effacement ce qui frôle le mépris de la Loi unique et l’hypocrisie.  Il ne consiste pas plus à appliquer des règles de politesse, de civilité, d’étiqurespect (1)ette, des codes qui ne contribuent qu’à établir des différences et à instituer des classes, édifiant des degrés hiérarchiques à partir de normes factices comme la valeur personnelle, l’éducation, la position sociale, etc.

À vrai dire, celui qui respecte les autres en fonction de leur rôle ou de leur importance présumée, parce qu’ils dominent, parce qu’ils font peur, témoigne simplement du fait qu’il ne peut plus respecter autrui en tant qu’être humain.  En fait, alors, il accorde une adhésion à une attitude ou à un comportement par intérêt plus que par conscience.  Jusqu’à un certain point, il ment et se ment, car, en feignant, en évitant de désobliger ou de s’aliéner un être, il cache une part de la vérité.  Or le respect doit transcender la peur, les faux-semblants et l’amour-propre.  Dans un pareil contexte, il convient davantage de se respecter devant sa propre conscience que devant autrui.

En général, le respect entre en jeu lorsqu’il est question d’accepter quelque chose de différent de la normalité, d’apparence singulière.  En ce sens, il définit l’aptitude à accepter ce avec quoi on n’est pas nécessairement d’accord.  Elle renvoie l’autre à son droit d’être différent ou de mener une expérience différente.   D’une part, le respect favorise l’harmonie des relations humaines;  d’autre part, en plus d’aider à l’épanouissement, le fait de se sentir respecté dispose aux bonnes intentions.

Mark Twain a finement observé : «Nous sommes profondément blessés quand on ne nous respecte pas;  pourtant, au fond de son cœur, aucun homme ne se respecte beaucoup lui-même.»  C’est dire que le respect ne s’impose pas ni ne se commande, il se mérite, il se gagne, mieux dit, il s’attire par le principe des similitudes ou des correspondances.  Celui qui reconnaît sa propre valeur et sait se tenir se l’attire naturellement.  Car ne le mérite que celui qui se l’accorde lui-même, quand, dans la perspective évolutive, rien ne doit le faire perdre.  Le respect s’impose par le fait d’être toujours soi-même tel que l’on est et de se reconnaître, dans sa nature apparemment peccable, le droit à l’erreur autant qu’à la réussite, le droit de cheminer à sa manière, à son rythme, conformément à ses moyens, sans se déprécier.  À trop invoquer le respect pour soi-même, on trahit sa fragilité intérieure, signalant qu’on porte un masque à sa mesure.

En cela, chacun doit se garder de confondre le respect avec la tolérance.  Le mot «tolérer» comporte un sens restrictif, celui d’une acceptation partielle un peu offensante, parce que conditionnelle, par peur de la différence qui, pourtant, enrichit en ouvrant l’esprit.  Nul ne peut avoir le goût d’œuvrer à l’éveil des consciences s’il ne respecte pas tous les êtres humains, même le pire d’entre eux, et, pourquoi pas, toutes les créatures du monde, même celles des autres règnes.

On doit encore davantage se garder de confondre le respect avec la pitié qui est purement agressante, traduisant le sentiment qui naît du spectacle des souffrances d’autrui et qui rend sensible à elles, amenant à souhaiter leur soulagement, à s’apitoyer sur le sort de quelqu’un et à le déprécier dans ses possibilités de s’aider par lui-même.  Elle fait surgir un malaise réel et un élan d’apparente compassion, face à ce que l’autre vit ou éprouve, révélant qu’on confronte une douleur qu’on voudrait voir cesser immédiatement, parce que  sa propre sensibilité est mise à rude épreuve.  Dans la pitié, on oublie toujours l’utilité du malheur pour ouvrir la conscience;  on veut régler promptement le problème, pour ne plus le voir, rien de plus.

Tacite a judicieusement souligné : «On impose, à distance, plus de respect.»  Il rappelait ainsi qu’un degré excessif de familiarité, de proximité ou d’intimité comporte ses dangers, l’émoussant.  D’une part, une trop grande intimité amène à emprunter les buts et les formes-pensées de l’autre, ce qui dépersonnalise.  D’autre part, elle fait que l’autre, à moins d’être très fort, parce qu’on s’arroge régulièrement des droits indus — notamment en s’accordant un droit de regard ou en s’imposant la nécessité de rendre des comptes — perd une bonne part de sa liberté.  Enfin, elle amène l’autre à perdre de son aura ou de son mystère, ce qui amène à moins spontanément lui accorder les égards qui lui reviennent.  Or, chez la plupart des gens, dans l’évolution personnelle, la qualité du regard de l’autre, dans son degré de considération, fait toute la différence dans le développement d’une mentalitChien-et-chaté constructive plutôt que négative ou destructive.

On peut raisonnablement penser que, chez les gens ordinaires, un trop grand degré d’intimité, de familiarité ou de promiscuité atténue le respect mutuel, car ces facteurs amènent à penser qu’on en sait trop sur l’autre pour le lui accorder une grande valeur.  Ainsi, il semblerait que le respect dure tant qu’il y a de l’admiration ou de la distance.  Pourtant, toute personne mérite le respect parce que tous les êtres sont égaux, qu’ils ont les mêmes droits à la vie, à ses biens et à ses bienfaits, qu’ils ont encore le droit de se vouer à ce qu’ils croient juste et bon, sans subir de coercition.  La différence n’enlève rien au droit à l’égalité et au respect.

Le respect doit éviter le recours inutile à la force, appliquée dans l’intention d’obliger ou de soumettre.  Il doit encore éviter le jugement, le blâme, l’insulte, la culpabilisation, l’infériorisation, le rejet.  Le respect ne doit jamais porter à accorder à quelqu’un une considération admirative en raison de la valeur humaine qu’on lui reconnaît, à cause de ses accomplissements.  Il ne doit pas non plus porter à s’imposer une contrainte acceptée signifiée par une conduite de réserve et de retenue.  Il n’appelle jamais à la déférence, au sens d’effacement devant un autre.  Sauf qu’il est plus facile de respecter un intime, un être de son clan, qu’un étranger, une personne qui vit loin ou une personne trop différente.

Le respect ne consiste pas davantage à suivre les règles de la politesse et de la civilité, des codes qui établissent des différences, séparent des classes, édifient des hiérarchies.  Malheureusement, on respecte les gens en fonction de leur rôle, de leur notoriété, de leur puissance, quand on ne peut plus les respecter en tant qu’êtres humains.  Le respect, c’est la vertu qui reconnaît en chacun sa dignité de Fils de Dieu, même l’être apparemment le plus vil et le plus méprisable, et conserve à chacun son droit d’être comme il est.  Car l’âme bien née reconnaît la légitimité de tous les parcours évolutifs avec les difficultés qu’il peut comporter.

On ne peut parler du respect d’autrui sans parler de ce qui le conditionne : le respect de soi.  José Garcia l’a bien dit : «Le respect de soi permet d’en avoir pour les autres.»  Pour chacun, celui-ci commence par la reconnaissance d’être, au-delà des apparences, un être entier, complet, total et parfait en lui-même, d’agir comme un être libre qui est le seul maître et le seul directeur dans son univers.  Car, se respecter, c’est, pour tous et chacun, reconnaître spontanément leur valeur, gage de confiance en eux, tout en célébrant celle des autres.  Se respecter, c’est encore apprécier la différence qu’ils apportent dans le monde et dans le destin cosmique par leur parcours particulier.

Quand un être se sait un être d’origine divine, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il s’accepte comme un souverain fier, mais modeste, et il s’attend à un traitement en conséquence, refusant toute domination et toute soumission.  Il reconnaît la place de Dieu dans sa vie, il s’aime incondiRESPECT-imagestionnellement, il se considère sans complaisance, mais se pardonne tout, se considérant comme unique, important, irremplaçable dans l’économie universelle.  Surtout, il affirme avec autorité, dans la douceur et la fermeté, ce qu’il a envie d’être au quotidien et il vit conformément à son But ultime de Réalisation totale.

En revanche, à trop invoquer le respect, à le réclamer pour lui-même, un être trahit sa fragilité, il signale qu’il porte un masque à sa mesure et qu’il est traité en conséquence.  Mais ce n‘est pas une raison pour ne pas s’attendre à cette marque d’égard.  Toutefois, nul ne peut réclamer le respect, car, s’il est obligé de le réclamer, c’est qu’il ne l’attire pas, donc que quelque chose cloche dans sa propre conduite, ce qu’il n’a qu’à changer.  Autrement dit, le respect est accordé à  un être naturellement respectable.  Car le respect suscité par la force de l’argent, de la force physique ou de la terreur n’est pas un véritable respect : c’est de la soumission… qui n’empêche pas de continuer à penser.  Le respect ne s’impose pas vraiment par des moyens artificiels, même pas par le vouvoiement.  Tout respect forcé ne s’appelle plus respect : il devient coercition et il perd son sens.

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