EN SPIRITUALITÉ, CHERCHER UN RACCOURCI, C’EST S’ASSURER DE SE RALLONGER…

Dans le monde actuel où chacun est si pressé, chacun cherche à aller au plus pressé, eut que tout se passe rapidement.  Mais, en spiritualité, une pareille quête ne fonctionne pas, même qu’elle devient rapidement illusoire et régressive.  Chercher un raccourci d’expérience, c’est chercher le chemin le plus long pour arriver là où l’on n’allait pas, là où on ne voulait pas aller.  Dans la présente phase d’Ascension, tout est tellement accéléré que la plupart croient ne plus avoir le temps de rien approfondir.  Alors, ils se hâtent et se précipitent pour tenter de reprendre le temps qu’ils croient perdre.  Ils oublient que, lorsque l’on aime ce que l’on fait et qu’on l’accomplit correctement, on gagne par dix le temps qu’on croit perdre.  Le temps n’est plus à l’activisme et à la précipitation, il est à l’abandon à la Lumière.

raccourciLe raccourci d’expérience ou raccourci évolutif désigne une illusion, soit une expérience évolutive qui permettrait de s’extraire de la voie ordinaire ou commune du fait qu’elle télescoperait des moyens d’apprentissage.   Elle mène à la quête d’une voie spirituelle raccourcie qui permettrait d’atteindre la maîtrise en écartant la nécessité de produire certains efforts, de mener certaines recherches, de recourir aux moyens usuels.  Autrement dit, le chercheur cherche à brûler des étapes sans rien perdre au change.   Or, dans la quête de la Perfection, il ne peut exister de moyen terme ou de demi-mesure.

Il n’empêche que beaucoup d’êtres cherchent une voie d’évolution rapide, passant rapidement d’un enseignement à l’autre, s’ils ne le trouvent pas convenable au niveau du propos ou s’ils ne trouvent pas son enseignement satisfaisant au niveau des résultats.  Comme on dit parfois, ils magasinent les voies spirituelles à la manière qu’ils font leurs courses dans les boutiques pour se procurer les biens et les denrées dont ils ont besoin.  Comme on dit, ils cherchent à jouer plus vite que le violon.

Soit dit en passant, en elle-même, la quête de résultat, qui procède d’une attente et produit une tension, engendre contraire de l’effet recherché.  En elle-même, l’attente mène plus sûrement à la stagnation, qui aboutit à la régression, qu’à l’évolution.

La régression procède toujours des fausses croyances, mais encore plus du contenu inconscient qui, n’étant pas conformes aux principes de la vie, contrecarre l’expansion.  Ceci admis, on peut s’étonner qu’un être humain ne comprenne pas que, pour évoluer, il doive abandonner nombre de ses attitudes, de ses comportements et de ses préjugés ou de ses idées reçues.  Le rôle d’un accompagnateur spirituel n’est pas de dire ce qu’un être veut entendre, mais ce qui est à dire, pour produire un déblocage mental, une purification spirituelle et une inversion de la conscience.

Pour se maintenir dans l’ordre, chaque être doit évoluer à son rythme, par ses propres moyens, conformément à ses connaissances personnelles, en approfondissant chaque étape de son parcours évolutif, afin d’établir sur lui-même sa maîtrise.  Nul ne peut parvenir à la connaissance parfaite et à la vibration à plein cintre sans maîtriser tous les aspects de son être.  L’évolution ne résulte nullement de l’effort pour évoluer mais d’un degré d’adéquation avec le Centre intime d’Essence divine.  L’évolution résulte du savoir être dans le moment présent, ce qui permet d’atteindre la Grande Perfection par la voie de la perfection du moment, de tous les moments.

  De ce fait, nul ne peut trouver de raccourci d’expérience.  Et celui qui croit à prime abord en avoir trouvé un finit toujours par admettre une erreur qu’il a dû payer au détriment de sa vitalité et de son bien-être.

Dans tout domaine, le principe de l’équilibre doit s’appliquer.  Or ce principe stipule que le trop est aussi improductif et nuisible que le trop peu ou le pas assez.  L’équilibre, fondement de l’harmonie, surgit du juste milieu en tout.  Entre deux extrêmes, il faut trouver l’état médian et le maintenir du mieux que faire se peut.

Ainsi, celui qui cherche le chemin le plus court, s’introduit sur le chemin le plus long au risque d’aboutir là où il n’allait pas ou ne voulait pas aller.  Comme il est porté à se hâter, il ne parvient qu’à toucher les réalités de façon superficielle, ne parvenant jamais à rien approfondir comme il se doit.

La démarche évolutive oriente un être sur la voie qui mène à l’état de perfection ou de maîtrise totale dans tous les domaines.  Ainsi, nul ne peut franchir un portail évolutif sans maîtriser tous les aspects qui permettent d’en franchir le seuil, sans quoi il est refoulé vers l’arrière devant s’ajouter le prix de son audace et de son manque de compréhension.

Il a été dit que le Royaume des cieux appartenait aux audacieux.  Mais bien des audacieux ne sont en fait que des téméraires tentant de le conquérir de force.  À ce propos, Alice A. Bailey a sagement rappelé : «Chaque pas sur le sentier doit être franchi par l’individu lui-même et nul raccourci ni nul accès aisé n’existent pour passer de l’obscurité à la lumière.»

En vérité, la rapidité de l’évolution dépend d’un facteur unique, le degré de conscience.  Mais le degré de conscience résulte lui-même de quatre facteurs principaux : du taux amoureux, de la pureté d’intention, de la rectitude de la direction (justesse d’orientation) et de la puissance de l’idéal (degré de compréhension du Dessein du Créateur et compréhension du type d’énergie nécessaire pour parvenir à un accomplissement précis).

Dans sa démarche spirituelle, plus un être lance son ancre haut dans la Lumière divine, plus il reçoit d’énergie, et plus il élève sa conscience.  Mieux dit, il se permet de télescoper le temps et l’espace, parvenant à les transcender.  Pour cette raison, il importe qu’il choisisse l’idéal évolutif le plus élevé.  Or l’idéal le plus élevé, c’est d’apprendre à se connaître parfaitement soi-même, à travers de soi-même, afin de découvrir le Ciel et les dieux et de se découvrir leur égal.

La majorité des gens investissent prioritairement leurs énergies dans la quête de l’avoir, du faire, du paraître, du dominer et du jouir.  Ils ne s’occupent de leurs fins supérieures qu’après avoir épuisé ces vains ressorts, s’ils leur reste du temps, du goût et de l’énergie.  Sans nier l’importance de ces motivations, on peut dire qu’elles doivent se subordonner à la première raison de s’incarner d’un être, ce que les Sages résument par les deux expressions «accomplir sa mission cosmique» et «rendre son service humanitaire».

Chez tout être humain, la mission cosmique consiste à redécouvrir qui il est afin d’exercer le pouvoir qui émane de ses origines divines.  Quant au service humanitaire, il consiste à partager avec les autres, conformément aux normes de l’aide au prochain, le fruit des connaissances qu’il maîtrise parfaitement afin de favoriser l’évolution commune.  En termes plus contemporains, la mission de chacun consiste à vivre sa divinité dans le présent en manifestant la joie de vivre et en célébrant sa liberté d’être.  Dans la phase présente de l’Ascension, elle se résume à mener des expériences, à créer et à aimer.  Elle implique le fait de rayonner sa lumière et de la partager, sans l’imposer.

Toute expérience que vit un être doit servir à ouvrir sa conscience, soit à lui fournir plus de moyens et de connaissances pour être davantage ou vibrer plus intensément.  Sinon, ce qu’il a vécu, il l’a presque vécu en vain.  Et, en l’occurrence, il n’y a pas référence à l’activisme ou à ces expériences extrêmes qui grisent et excitent, donnant l’impression de vivre au maximum, mais qui émoussent les sens et épuisent très sûrement.  Quel paradoxe : dans la vie, pour évoluer correctement, il faut savoir se hâter lentement, car il faut parvenir à maîtriser parfaitement tout son être.

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