LE PROSÉLYTISME SPIRITUEL, MÊME LA RÉCLAME COMMERCIALE OU LA CABALE POLITIQUE, REPRÉSENTE UN ABUS SECTAIRE, LA TENTATIVE D’INFLÉCHIR OU DE VIOLER UNE CONSCIENCE…

Par prosélytisme, il faut d’abord entendre le zèle déployé pour répandre la foi et recruter des adeptes.  Par extension, on peut parler d’un apostolat intensif qui vise à imposer ses convictions religieuses.  On l’appelle parfois le «zèle du missionnaire».  Mais il peut prendre le sens multiple de toute manipulation évidente du cerveau d’autruPROSELYTISMEi pour modifier son comportement ou pouor obtenir son allégeance à ses idées ou conceptions.

Défini le plus communément comme le zèle ardent pour recruter des adeptes ou pour tenter d’imposer ses idées, le prosélytisme consiste à faire connaître sa pensée et ses convictions afin de convaincre autrui de leur bien-fondé et d’obtenir son adhésion.  Il vise à terme la conversion de l’autre et,  pour ce qui occupe la spiritualité, sa conversion religieuse.   C’est la raison pour laquelle ce terme porte souvent un sens péjoratif, dépréciatif et polémique, celui d’exagérer le discours et l’escalade, ce qui finit par ennuyer.  Par rapport à l’apostolat, il ajoute les notions de colportage, de propagande, de racolage, d’endoctrinement, de colonisation des esprits, de manipulation mentale, même parfois, de chantage subtil ou de menaces directes.  Ne serait-ce pas ce qu’on pourrait déduire d’un Mouammar Kadhafi qui, lors d’un voyage en Italie, distribuait des «Coran» en invitant l’Europe entière à adopter la religion de l’Islam?

Malheureusement à notre époque, la religion est un «business» qui rapporte et qui rapporte gros.  Entre les banques religieuses, les conférenciers payé à prix d’or, les chaines de télés et les émissions de télé à la sauce évangélique ou autre, à part du reste, on prend tous les moyens pour attirer le client, conquérir des parts de marché, de manière à s’adjoindre le plus de fidèles consommateurs possible.  Ainsi, par sa propagande, le prosélytisme est devenu, ni plus ni moins qu’une campagne de publicité.  Mais ce mal ne touche pas seulement les religions anciennes ou les nouvelles religions, il affecte un large secteur des voies spirituelles qui pullulent partout, sans surveillance, dans le monde, offrant aux malheureux désorientés le meilleur et le pire.

Tout aspirant passe par une période appelée la «ferveur du néophyte».  Ébloui par la perspective de pouvoir améliorer rapidement ou facilement sa vie, à partir des nouveaux pimagesrincipes qu’il découvre, il se gonfle d’ardeur et de zèle et veut convertir tous les gens à ses nouvelles découvertes, leur en parlant constamment au point, sans s’en rendre compte, de leur rabattre les oreilles, de les ennuyer, de les aveugler, de les intimider, de leur inspirer du dégoût, d’où ils fuient.  Tous ont une mission, mais nul n’a à succomber à l’esprit missionnaire, à chercher à faire des adeptes de sa conception de vie, si noble qu’elle soit.  La bouche parle de l’abondance du cœur, certes, mais on n’illumine bien que par ce qu’on maîtrise, que par ce qu’on a vérifié et expérimenté, non par ce qu’on n’a saisi qu’intellectuellement.  On ne peut partager que ce que l’on maîtrise parfaitement.  Or, il faut des années de pratique pour arriver à la maîtrise.

L’aspirant a tout intérêt à œuvrer dans le silence et le secret et à laisser à son rayonnement spirituel le reste de la tâche d’imprégnation des autres consciences.  Les intellects s’affrontent; les âmes s’épousent par la connaissance.  En fait, chacun sombre dans le prosélytisme lorsqu’il essaie, surtout dans sa ferveur de néophyte, à recruter des adhérents à ses explications de l’Univers.  Car, au niveau inconscient, chacun croit à la force du nombre et en vient à penser que le nombre de gens qui croient en une même théorie peut la rendre réelle ou assure de sa vérité ou de sa légitimitproselytisme1é.  Ce n’est qu’en agissant dans un but et ne démontant son atteinte, sans idée de convaincre qui que ce soit, qu’on peut se maintenir dans l’esprit d’un jeu amoureux ou d’un jeu inoffensif, parce qu’il est dénué d’esprit de domination ou de concurrence, et peut-être convaincre ou séduire.

Le prosélytisme se situe en complet désaccord avec les fondements du développement naturel de la conscience, qui s’exprime dans la diversité.  Nul ne peut convaincre un être d’évoluer dans un sens précis à coup de paroles ou par l’appât de promesses de salut ou de richesses.  Chacun doit trouver de lui-même dans sa propre poche le passe-partout sacré qui l’aidera à ouvrir les portails successifs de la Connaissance.  Ainsi, libéré de toute résistance mentale, il découvrira que la porte lui est toujours restée ouverte mais que, dans son écartement de la Source, il avait fini par s’enfermer dans ses conceptions erronées.  Nul n’est appelé à faire du prosélytisme, mais à agir comme le réceptacle de la Lumière divine afin d’élever sa conscience et, par la loi de la réciprocité, de rehausser tout naturellement, par contagion, le degré des autres consciences qui sont en affinité avec sa sagesse philosophique et sa démarche spirituelle.

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