LE PÉCHÉ ORIGINEL NE REPRÉSENTE QUE LA DESCENTE DANS LA DENSITÉ QUI A DONNÉ L’IMPRESSION DE SÉPARER DE L’ABSOLU…

Dans les religions, par péché originel, on renvoie à la faute grave qu’Adam et Ève auraient commise, au Paradis terrestre, et dont tout membre de l’Humanité assumerait la culpabilité, en tant qu’espèce, dès son incarnation.  Comme si, à ce niveau sublime de la Conscience cosmique, un être pouvait pécher.  Curieusement, on ne parle pas de l’Androgyne cosmique ou de l’Homme universel, représenté par le Couple Adam-Ève, tant qu’il gravite dans la sphère de l’Arbre de Vie, qui représente les Sphères supérieures du Monde divin.  Mais on commence à en entendre parler, lorsque, dans sadametevea descente, il se rapproche du point focal où cet Arbre cosmique s’inverse, par réflexion, en Arbre de la Science des Opposés compatibles et complémentaires (faussement appelé l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal), en raison des conséquences dramatiques que sa conduite aurait provoquées.

Pour bien comprendre cette histoire intrigante, il faut connaître la démarche créatrice de Dieu qui, en tant que Source unique et totale, doit se polariser ou se dédoubler, pour créer, comme s’il se divisait, mais rien qu’en apparence, en choisissant, en tant que Sujet cosmique, de se trouver un Objet cosmique de contemplation.  Évidemment, cet Objet cosmique ne peut-être que lui-même, puisqu’il est l’Être suprême et unique.  Or, en se contemplant, donc réfléchissant à lui-même, il obtient un Archétype cosmique (un Modèle premier ou une Idée originelle), une Réalité unique, mais entière, complète, totale et parfaite de Qui il est en tant que Je-Suis-Je-Suis (ou, selon les versions, en tant que Je-Suis-Celui-Qui-Suis ou Je-Suis-Ce-Que-Je-Suis).  Dans le Miroir cosmique, cette Conception divine primordiale, qui produit un dédoublement apparent, donne naissance à l’énergie électromagnétique, soit à l’énergie électrique, qui est solaire, active, positive, pénétrante, dynamique, masculine et à l’énergie magnétique, qui lunaire, passive, négative, accueillante, réceptrice, inerte, féminine.  Ainsi, il établit la distinction entre l’Essence divine, le Principe originel ou le Père divin, et la Substance primordiale, le Reflet premier ou la Mère céleste.  Ainsi, il obtient en Modèle exclusif, puissamment vivant et vibrant, engendré à son image et à sa ressemblance, figuré par l’Arbre cosmique, représenté par le Pentagramme sacré inscrit à l’intérieur d’un cercle, représentant le Cosmos en réalité évolutive et expansion infinie.  Ainsi, l’Image de Dieu (qui réfère au Cosmique, à l’Essence divine, à l’Esprit cosmique ou au Noùs mystérieux) prend une Ressemblance (le Cosmos, la Substance subtile, la Matière invisible ou la Nature spirituelle, le Corps de Dieu) qui se répercute à travers toutes les dimensions de l’Être, du Cœur du Créateur (l’Essence divine) à sa Périphérie (la Nature ou la Matière dense).  Et par l’Âme, la Médiatrice cosmique, qui figure la Conscience suprême en action, il réunit ses deux Extrêmes dans l’Ordre, l’Équilibre et l’Harmonie.

Dans cette perspective, l’Acte créateur ne représente rien d’autre que le Grand Jeux amoureux de l’Être total et unique qui se contemple lui-même pour se connaître et se comprendre dans tous les aspects de son être.  Dans sa Création, Dieu procède par la Loi du Triangle.  Le Point métaphysique, immuable et indivisible, se polarise, se divisant apparemment en deux aspects, qui fonde l’électromagnétisme, ce qui permet l’apparition de tous les plans de la Conscience divine et de toutes les créatures (de toutes les entités, de tous les règnes et de toutes les espèces, des plus subtiles aux plus denses).  Car la Cause parfaite produit un Effet identique à elle-même et tout Effet ressemble parfaitement à sa Cause primordiale.  La polarisation, formée d’un aspect passif, mais accueillant, et d’un aspect actif, mais pénétrant, engendre une troisième réalité, diversement appelée le Fils divin, le Christ unique ou l’Âme universelle.  Alors, la Mère céleste ou la Nature naturante, animée par ce Coït spirituel ou mystique, s’émeut et retourne au Père divin tout cet amour, engendrant à son tour une Entité sublime, soit la Fille cosmique, la Nature naturée ou la Matière concrète.  Voilà la Forme universelle sur laquelle le Fils pourra poser les pieds pour se livre à sa propre expérience.

Ainsi, du Point suprême, surgit le Triangle unique, image de l’Éther subtil qui contient toutes les potentialités cosmiques du Créateur.  Et de ce Triangle primordial, par un quadruple pivotement, engendra un processus de densification, figuré par l’apparition successif des éléments air, feu, eau et terre.  Ultimement, à l’intérieur de la Sphère omniverselle, il aboutit à la Création parfaite, figurée par l’Apparition de la Pyramide cosmique ou de la Montagne sacrée.  Il faut bien comprendre que Dieu a créé le Cosmos ou l’Omnivers en un seul instant, appelé le Moment éternel, et que c’est cette Idée unique qui, apparemment en projection, aboutit à la dualité et à la densité du plan formel ou matériel.  À l’intérieur de cette Idée unique, la Conscience de Dieu engendra l’Homme universel ou l’Androgyne primordial, engendré à son image et à sa ressemblance.  Au niveau du schème terrestre, cette Entité double, mais parfaitement fusionnée, jusqu’à l’expérience du Jardin d’Éden, prit le nom symbolique d’Adam-Ève.  Adam figure l’aspect mâle du Créateur, l’énergie électrique, le mental actif, tandis qu’Ève évoque son aspect femelle, son énergie magnétique, sa conscience sensible.  Jusqu’à la sortie du Paradis terrestre, on doit parler de l’Adam Kadmon ou d’Adam céleste, donc d’une réalité qui porte le nom d’Adam-Ève et qui n’a pas subi de spécialisation sexuelle.

L’Androgyne cosmique ou le Couple primordial s’est lentement densifié, mais tout en restant très subtil, jusqu’au niveau du plan mental.  Tous les plans de conscience (qui ne représentent que des divisions arbitraires de la Conscience cosmique indivisible), s’ils sont situés au-dessus du plan mental, représentent des plans d’Énergie pure qui ne peuvent être souillés.  On entend par là que, par leur subtilité, ils échappent entièrement à la fluctuation du degré de la Lumière divine.  Mais, à partir du plan mental, qui, par l’imagination, accueille les idées et les pensées engendrées dans le plan causal, pour les lancer définitivement dans leur schème de manifestation, donc de densification, la Lumière commence à être tamisée par des éléments qui prennent lentement forme et engendrent de l’opacité.  Plus il y circule d’idées et de pensées, plus ce plan se trouble et s’épaissit, en quelque sorte.

Dans son exploration de l’Arbre de Vie, placé au Centre du Paradis, dans un mouvement de descente ou d’écartement du Centre divin, l’Androgyne primordial, appelé l’Adam-Ève, n’éprouva aucune difficulté particulière, jusqu’au plan mental.  Il planait dans des plans neutres, imprégnés de félicité, où il pouvait créer instantanément tout ce qu’il voulait, sans trop s’en rendre compte.  De ce fait, jusqu’à ce niveau, le libre arbitre ne représentait pour lui qu’une potentialité ou, plutôt, rien qu’une conception fort vague et fugace, du fait que chose pensée ou ressentie devenait sa réalité immédiate.  Ainsi, il ne réalisait même pas qu’il détenait la possibilité de réaliser qu’il créait son bonheur permanent et qu’il entretenait lui-même sa réalité.  Et, comme il gravitait dans un plan de bonheur permanent et sans mélange, il n’avait probablement pas envie d’aller explorer des plans extérieurs à lui, tel que son engagement, à titre d’Homme total, le requérait..

De toute éternité, dans le Grand Jeu amoureux du  Plan créateur de Dieu, l’Homme total avait reçu le mandat cosmique (le devoir d’état, le plan de vie, la mission divine ou le rôle fonctionnel) de descendre au plus profond des plans inférieurs, ce qui, pour un Esprit divin de la stature de l’Homme universel, aurait dû s’achever dans le plan éthérique.  Dieu ne peut descendre dans ces dimensions parce que, par sa Puissance infinie, il pulvériserait son Œuvre et la ramènerait instantanément au niveau de son Essence suprême.  Dans l’Idée de Dieu, l’Androgyne cosmique, conçu à son image et à sa ressemblance, était appelé à descendre dans les plans les plus denses qu’il pouvait atteindre, en s’entourant successivement de corps de plus en plus denses,  pour y vérifier, au niveau de la densité, la validité des concepts qu’il émettait au plan causal.  Pour ce qui concerne le système solaire, il avait également été chargé, à titre d’expérience spécialisée, de vérifier si une Entité divine qui descend dans les profondeurs de la densité peut, par elle-même, en éveillant à ses multiples potentiels innés, enfouis au plus profond d’elle-même, redécouvrir sa nature intime et choisir de récupérer sa dignité essentielle et de retourner à sa Demeure primordiale.  En récompense, au terme de cette expérience grandiose, il devait gagner le privilège de co-créer avec Dieu et de s’inventer, lui aussi, des mondes à son image et à sa ressemblance.

Ainsi, dans sa projection vers le bas, si l’Androgyne cosmique avait suivi rigoureusement son programme originel, tel qu’il avait été conçu par le Créateur unique, il n’aurait jamais descendu plus bas que le plan éthérique.  Aucune Entité divine ne peut descendre plus profondément dans les plans de la densité sans devoir, au sens propre, s’incarner, ce qui représente, en soi, un immense danger.  En pareil cas, elle doit procéder à un réaménagement de sa réalité androgyne.  Pour maintenir son intégrité, elle doit produire une scission apparente de son être, ce qui, d’une part, donne lieu à la spécialisation sexuelle et, par voie de conséquence, à la division des sexes.  Car, par mesure de protection, elle doit laisser son Esprit divin dans l’invisible, pour y maintenir le lien avec la Conscience suprême.  De ce fait, dans un jeu de renversement, ce qui est masculin dans l’invisible devient féminin dans le visible, et inversement.  Mais avant de s’incarner, elle doit en outre s’élaborer une âme individuelle capable de jouer un rôle de médiateur réversible entre la Conscience cosmique et le psychisme de l’être incarné, pour éviter qu’elle se perde à tout jamais dans la matérialité.

Une Entité divine qui choisit de s’incarner doit commencer par s’entourer de nombreuses couches d’énergies, d’une densité de plus en plus faible, donc plus dense, pour parvenir à s’insérer dans un véhicule de matière.  Mais, au niveau expérientiel, que peut-il advenir d’une Entité cosmique dotée du libre arbitre même du Créateur?   Lorsque l’Androgyne originel s’est approché suffisamment du plan astral, un niveau de l’Arbre de Vie, le Créateur suprême,  conscients des aléas prévisibles du destin de sa sublime créature, chef d’œuvre de sa Création, se présenta à lui et lui enjoint de ne pas s’en approcher encore de trop près.  En fait, le Maître éternel savait que sa créature n’était pas tout à fait prête à vivre cette expérience et qu’elle s’exposait à un grand danger, même s’il n’était pas complètement irrémédiable.  Alors, il lui enjoint d’éviter de consommer le fruit de l’Arbre de Vie, que la Tradition figure diversement par une pomme, une orange ou une grenade.  Autrement dit, il lui commanda de ne pas encore entrer dans le plan astral, le plan de la sensibilité et des désirs, car il lui apparaissait encore comme un fœtus prématuré, par rapport à la consistance qu’il devait prendre pour vivre cette expérience qui changerait tout pour lui.  Il lui avait simplement émis l’interdiction temporaire de goûter du fruit qui inculque la sensibilité et qui précipite, par l’appât de l’affect, qui devient puissant désir, la plongée dans les plans inférieurs.  La Bible préfère choisir la référence à la pomme, le fruit qui symbolise l’attribut principal du plan astral, le plan de la sensibilité, qui engendre, dans une séquence croissance, l’affect, l’intérêt, le désir, la motivation et l’aspiration pour amener la volonté à agir.

Car le Créateur savait bien que, s’il n’inventait pas le plaisir et la joie, comme récompense de la quête du désir, comme appât de certains actes de nature à assurer sa survie ou retrouver sa vie, l’Androgyne primordial, dédaigneux, parce qu’il était habitué à des joies plus élevées, ne parvenant jamais à se motiver à les accomplir.  D’autre part, s’il ne prévoyait pas une attrape apparente, pour amener cette Entité complaisante à sortir du Paradis, son univers de béatitude, de plénitude et de perfection, elle n’accepterait jamais de s’y engager par elle-même.  N’est-ce pas qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras : il vaut toujours mieux maintenir un connu sécurisant que de se lancer dans l’inconnu d’une aventure, même si le risque est calculé et que ses arrières sont protégés.

Tous savent fort bien ce qui s’est alors passé.  Le Serpent, le Grand Adversaire, qui figure l’aspect mental de l’Androgyne originel, l’Artisan de la connaissance ou de la science concrète, à séduit et ébranlé sa sensibilité, l’amenant à manger prématurément du fruit interdit.  Voilà que la descente s’est transmuée en une chute vertigineuse, par la densification, qui a rapidement abouti à l’incarnation et à la séparation des sexes.  L’Adam-Ève s’est retrouvé, en Adam et Ève, les Premiers Parents de l’Humanité, perdu dans un monde d’obscurité et d’opacité, qui, formant le Voile des illusions (rappelé dans l’Évangile par le Voile du Temple), obnubila leur mémoire, alourdit leur conscience  et paralysa leurs facultés.  Voilà l’expérience qu’on signale encore par l’expression de péché originel et qui, selon les religions, vaudrait à tout être, qui n’est pas baptisé ou purifié, de se retrouver aux Limbes pour l’éternité, après sa transition finale.

C’est avec raison qu’on peut se demander comment une telle erreur a pu être commise dans un Plan divin qui devrait, supposément, garantir l’Ordre parfait et absolu de par tout le Cosmos.  Certains l’expliquent par le Mal cosmique, cette dynamique qui, rendant peccable tout être plongé dans la dualité, donc éloigné du Cœur de Dieu ou du Noyau cosmique.  Certains expliquent le Bien et le Mal cosmiques comme une conséquence unique de la dualité qui résulte de la polarisation de l’Énergie divine.  Cette polarisation originelle engendrerait une Hiérarchie de Lumière, qui fonde le Bien suprême, et une Hiérarchie des Ténèbres, qui fonde le Mal absolu.  Dans leur Royaume respectif, chacune d’elles détiendrait le Pouvoir absolu, ce qui les entraînerait dans une lutte éternelle, dans une tentative du Maître du Bien ou du Maître du Mal de s’assurer la Suprématie cosmique et de conquérir le maximum d’âmes à leur cause, de gré ou de force,  Par leur propagande haineuse, des Régents du Mal auraient réussi à séduire des Anges lumineux et à les attirer dans leur sédition contre le Créateur.  Comme cette histoire se serait passée avant l’apparition d’Adam et Ève, elle aurait préparé leur aventure malheureuse.  Certains conçoivent plutôt le Cosmos comme un Univers divisé en deux où s’opposent sans cesse, dans une lutte sans merci, deux Entités subtiles prodigieuses, d’égale puissance, Dieu et Satan.

Nous doutons fortement de ces hypothèses relatives à la Genèse du Cosmos et de l’Univers terrestre.  D’une part, pour détenir le titre de Dieu, le Créateur unique doit détenir une Puissance, un Pouvoir et une Force sans partage.  Ce qui est confirmé autant dans la Bible, le Coran et d’autres Livres sacrés, où les Régents des Ténèbres détiennent une énergie suffisamment pure pour s’élever jusqu’au Trône de Dieu et pour s’entretenir familièrement avec lui.  Et ils savent pertinemment lui faire allégeance et lui accorder l’obédience car ils savent pertinemment ne pouvoir  puiser l’Énergie vitale dont ils ont besoin, pour se maintenir en vie et prospérer, qu’en Dieu, la Source suprême et unique.  Ce qui confirme que le Régent des Ténèbres n’est pas le Satan révolté et rebelle qu’on veut croire.  Il n’est que le Seigneur amoureux et obéissant qui, pour garder l’expérience de la matérialité possible, tant que le Fils de Dieu en aura besoin, pour se préparer à son rôle de Co-créateur conscient avec le Père-Mère.  Du reste, ce Seigneur est le Chef suprême de la Hiérarchie de la Mère divine, établie en Shamballah.  Dans les plans de la dualité, il reflète parfaitement le Seigneur suprême de la Hiérarchie du Père divin, établie dans la Jérusalem céleste.

Alors, il reste à se demander si l’Androgyne originel n’a jamais pu pécher.  Il est possible que, pour avoir abusé de son libre arbitre ou pour s’en être servi à bon escient, selon le point de vue, il ait pu compliquer son œuvre évolutive et brouiller son trajet spirituel.  Mais il est impossible que le Créateur, omniscient, nait pas prévu cette aventure, à un niveau ou à un autre de la Conscience cosmique.  Alors qu’il l’ait décrétée, prévue, permise ou tolérée, il a, à un certain niveau, accordé un consentement tacite.  Et il avait forcément prévu un plan de sauvetage en cas de désastre absolu.  Alors, s’il n’a pas commandé l’application de ce plan à ce jour, c’est qu’il sait qu’il en tirera, éventuellement, un plus grand avantage.  Et, comme il est amichael-demonmour, plus que justice, il permettra sûrement à son  Fils unique, dont fait partie l’Humanité, d’en tirer un jour une plus grande gloire.  Et c’est bien ce qui se passe déjà quand on réalise l’attention respectueuse que la Hiérarchie cosmique accorde à tout être humain, du plus grand au plus petit, du plus pur au plus déchu, selon les apparences.

On peut en conclure qu’Adam et Ève n’ont jamais vraiment péché, qu’ils ont simplement accéléré, comme leur libre arbitre ou leur faculté de choix le leur permettait, l’évolution de l’Humanité qu’ils représentent.  De ce fait, nul de ses membres ne naît souillé par le péché originel.  L’expérience de la sortie du Paradis terrestre évoque une descente accélérée, non une chute ni une déchéance.  Certes, cette descente vertigineuse a entraîné des conséquences importantes, entraînant l’espèce humaine dans des niveaux de densité plus bas qu’il avait été prévu, ce qui complique son destin évolutif, mais elle n’a produit, ni pour Dieu ni pour sa créature, aucun problème irréparable et elle ne représente, pour eux, aucune difficulté insurmontable.  Dieu reste omniscient, omnipotent, omniprésent et omniagent.  De toute manière, par son essence, l’Esprit divin –comme par l’âme qui le représente, dans le cœur de chaque être humain– est éternellement pur et il reste, impérissablement, immaculé.  Chaque être a été tiré du Concept immaculé et il est appelé à y retourner, nul ne pouvant être irrémédiablement damné dans l’Amour du Créateur.

Quand toutes les âmes, qui attendent, dans la Réserve éternelle, le moment de s’incarner, auront fini de le faire et qu’elles auront complété leur cycle d’évolution, tel qu’il a été établi à l’avance par le Plan du Créateur, le Messie apparaîtra sur Terre, pour initier le Jugement dernier et enclencher la Restauration finale.  Alors, le Royaume de Dieu se rétablira sur Terre et il en surgira le Nouveau Paradis.  Autrement dit, le Ciel et la Terre s’uniront et s’épouseront, engendrant la Lumière de Vie et rétablissant l’État édénique primordial.  Tout antagonisme se dissoudra.  Mais, en attendant, les fils et les filles d’Adam et Ève, enténébrés, apparemment piégés dans les illusions de la dualité et les pièges de la matérialité, peinent à la sueur de leurs bras (le travail laborieux), avant de découvrir la puissance de la sueur du front (la créativité spirituelle).  Devant constamment produire des efforts pénibles, ils vivent dans un univers confondant, rempli de distorsions, ce qui constitue le salaire de leur impatience collective qui les a amenés à se lancer prématurément dans l’expérience de l’exploration de la Forme dense, ce dont ils tireront, ultimement, un triomphe infini.

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L’expression «péché originel» réfère au premier péché commis par les premiers parents, Adam et Ève. Cependant, on croit à tort que la notion de péché est propre à la Bible.  Dans la Thora juive, le mot hébreu que les traducteurs ont donné comme péché veut dire littéralement, «but manqué» ou «cible ratée».  À preuve, les archers l’utilisaient pour dire qu’ils avaient manqué leur coup lorsqu’ils visaient une cible.

C’est chez Augustin, un des Pères de l’Église, que la notion de péché originel est apparu dans un traité de philosophie qu’il consacrait au libre arbitre et qu’il écrivit dès sa conversion au Christianisme.  Depuis, pour tous les Chrétiens, le péché originel en vint à désigner le fait que l’être humain, par son attitude de doute ou de rejet de l’alliance avec Dieu, s’est coupé du plan de bonheur que Dieu avait conçu pour lui.  Pourtant, à l’origine, le péché ne constituait pas tant la transgression d’une loi morale que la rupture d’une relation personnelle entre l’homme et son Créateur.

Ce n’est que tardivement que le péché a pris, selon le droit canon, une connotation juridique d’«iniquité», de «transgression», de «désobéissance».  Cet abus de langage a malheureusement conduit les croyants à croire que Dieu n’est qu’un despote sévère qui ne pense qu’à sévir et à punir alors qu’il n’est qu’Amour.  Offensé, l’Être suprême ne désire que pardonner et empêcher sa créature de subir les conséquences dramatiques des ses propres actes.  Pour cette raison, il serait plus juste de dire que les mauvaises actions de l’être humain résultent de sa séparation d’avec Dieu.  Par le fait qu’il s’est coupé de l’Amour Vrai, il a obnubilé sa conscience et il a perdu les repères de ce qui est bon pour lui (le bien), d’où il s’est livré à ses pulsions égoïstes (le mal).

En fait, le péché originel réfère à l’obnubilation progressive, provenant de la sortie de l’Unité et de l’oubli de Dieu, qui a suivi la sortie d’Éden, qui a permis à l’humanité d’expérimenter l’Ombre et la dualité.  Mieux dit, il représente la force d’inertie qui a amené les Parents primordiaux à se créer un paradis artificiel pour échapper à leurs responsabilités d’évoluer.  Relié à l’Âge d’argent, il implique un désir de repos permanent en fuyant dans l’illusion, la superficialité, l’extériorité et dans l’intérêt personnel pour les fruits des prières déviées de Dieu.

Il semble que lors de son séjour au Paradis terrestre, l’Homme cosmique ait transgressé une injonction divine, par impatience, celle de s’approcher de l’Arbre de la Connaissance des opposés compatibles et complémentaires.  Alors, il fut happé par ses énergies et il se retrouva, de façon prématurée, inconvenablement formé, dans le champ de la densité.  Ce manque de préparation l’amena à s’incarner jusque dans le monde de la matière, alors que sa descente aurait dû s’arrêter au niveau éthérique.  Dans cette descente précipitée, sa conscience s’assombrit et il en vint à oublier Dieu et ses origines sublimes.  Depuis, tous les êtres humains, issus mâles et femelles de la séparation des sexes qui en résulta, participent de cet abaissement ou de cette déchéance présumée.

Ce mythe antique laisse entendre qu’il n’existe nul péché originel puisque l’expérience de la descente dans la matière a permis à l’Humanité de découvrir, par le mental, son libre arbitre et sa conscience individuelle.  L’Esprit devait descendre dans les plans de la densité pour valider, à travers les êtres humains, certains de ses concepts abstraits par rapport à sa nature.  Lorsqu’un être s’écarte du Centre divin primordial, fût-il missionné, il n’en subit pas moins, par abaissement de ses vibrations, une densification et une obnubilation progressives, devant même entourer son Atome primordial de différents corps protecteurs, à la manière des couches et de la pelure de l’oignon.

Ce récit légendaire couvre encore la réalité que l’être humain devait produire, au meilleur de son imagination, une brèche dans sa confiance à l’endroit de Dieu, pour se couper temporairement, mais complètement, de son amour et de sa lumière, afin de sombrer au plus profond de la densité, pour permettre à Dieu de vérifier si une âme, qui a sombré au fond de l’Abîme, peut, par elle-même, retrouver le souvenir de ses origines et décider d’entreprendre le périple inverse qui la ramène à la Source primordiale.  En cas d’échec dans sa mission, Dieu avait prévu un sauvetage d’urgence.

Tout compte fait, ce qu’on appelle le drame humain de la chute originelle ne constitue qu’une pièce de théâtre fort bien orchestrée dans la Conscience de Dieu, dont l’issue triomphale a été prévue de toute éternité.  Toutefois, au sens large, le péché originel peut couvrir la première pensée erronée à propos d’une réalité par manque de compréhension ou de lumière.

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