LA PLACE QUE PEUT OCCUPER UN PARTENAIRE DE VIE DANS LA VIE D’UN AUTRE…

Nombre de personnes, hommes ou femmes, ne parviennent pas à se motiver tant qu’elles n’ont pas trouvé de partenaire.  Et ils sont prêts à faire bien des concessions sur leur idéal et à endurer bien des inconvénients pour éviter de se retrouver seuls, ce qu’ils ne peuvent supporter, vivant dans la frustration et la déprime tant qu’ils ne se trouvent pas un compagnon de vie.

La femme surtout, de nature magnétique, plus portée au don et à l’oblation, souffrant d’un sentiment d’incomplétude tant qu’elle ne complète pas un projet significatif — surtout en entrant dans l’union maritale ou en forçant un enfantement — se met tôt en quête du Prince charmant.  Elle figure justement le vase qui veut accueillir la semence pour la porter à maturité et la retourner à sa perfection.  Elle illustre l’Intelligence cosmique qui aspire à organiser les plans de la Sagesse.  Son rôle est de faire remonter vers la Source les vibrations que l’homme fait descendre sur la terre.  Elle est de nature magnétique, réceptive, passive, accueillante de sorte qu’à l’extrême, elle peut facilement se laisser abuser et corrompre ou succomber à un besoin névrotique de se trouver un parpartenairetenaire pour procréer à tout prix, physiquement ou psychiquement.  Combien de femmes se sentent, à tort, inaccomplies tant qu’elles n’ont pas rencontré un partenaire et donné naissance à un enfant.

Pour sa part, l’homme représente la Sagesse divine qui entend, dans l’activité, l’initiative, l’esprit d’invention, illuminer le monde en faisant descendre sur lui et pénétrer en lui la Lumière du Père éternel.  Mais l’homme qui ne s’est pas détaché de l’attraction maternelle peut poursuivre une quête d’amour tout aussi intense, rechercher le pouvoir et succomber à un désir irrépressible de se trouver une partenaire pour combler son vide intérieur.  Combien d’hommes ne se sentent grands et pleinement fonctionnels que s’ils sont appuyés d’une femme.  Si un homme est dénué de confiance en lui et d’esprit d’invention, il peut être prêt à accepter n’importe qui ou n’importe quoi pour ne pas se retrouver seul.  Et il demandera à sa partenaire d’être à la fois son épouse, son amante, sa sœur, sa mère (et quoi encore), ce qui représente tout un défi pour sa pauvre conquête.

Quoi qu’il en soit, dès qu’ils auront trouvé ce partenaire, l’homme ou la femme s’attendront à ce qu’il accomplisse pour eux tout ce qu’ils attendent de la vie et prennent pour eux beaucoup de responsabilités, pour le meilleur et pour le pire.  Dans un tel contexte, l’homme notamment, inconsciemment centré sur sa mère, sera porté aux infidélités même s’il porte un amour profond et sincère à sa compagne.

La femme qui ne s’est pas dégagée de sa relation primitive avec ses parents peut tout aussi sûrement poursuivre une quête d’amour étriquée, cherchant dans son partenaire un substitut à son père, même à sa mère.  Alors, inconsciemment, ce n’est plus un égal qu’elle veut attirer, mais un serviteur ou un maître, un être qui pourra prendre soin d’elle, pourvoir à ses besoins, la défendre, la consoler, la supporter dans ses faiblesses.

L’art avec lequel un homme et une femme peuvent se manier ou se manipuler subtilement peut devenir une occupation privilégiée, surestimant les dynamismes de l’amour qu’ils conçoivent comme susceptible de résoudre tous leurs problèmes.  Amoureux, ne peut-on pas croire, pour un temps, pouvoir vivre d’amour et d’eau fraîche?  Mais ceux qui se réunissent mus par leur sentiment d’incomplétude vivent constamment, de façon secrète, dans la crainte de l’abandon, soit de se retrouver seuls, ce qui les terrorise.

Trop de gens croient devoir chercher pour trouver, quelque part dans le monde, leur douce moitié (leur âme-sœur ou leur esprit-frère).  Pourtant, nul n’est la moitié d’autrui.  Chacun est un être entier, complet, total et parfait en lui-même.  Et c’est précisément ce qu’il doit chercher à découvrir tout au long de sa vie pour parvenir à vibrer de nouveau à plein cintre.   À proprement parler, pour l’homme, l’âme-sœur, et, pour la femme, l’esprit-frère, désignent le Soi supérieur, leur Centre divin.

En conséquence, les êtres qui acceptent de vivre ensemble doivent éviter de tenter de s’assimiler l’autre, de se posséder l’un l’autre, de se dominer réciproquement ou de fusionner l’un dans l’autre.  Ils doivent mutuellement se motiver à atteindre leur idéal propre, à exprimer l’amour universel, à devenir pleinement eux-mêmes, à assumer intégralement leur liberté, à se connaître eux-mêmes à travers d’eux-mêmes, à s’accomplir dans leur totalité.

De part et d’autre, même dans les couples de même sexe, l’un et l’autre partenaire doivent se révéler la partie d’eux-mêmes qu’ils ignorent, la dynamique de la polarité opposée, afin de réaliser leur équilibre, de trouver l’harmonie, en devenant plus complets en eux-mêmes.

Chacun est appelé à fusionner avec son Esprit divin, par son âme, non avec un partenaire extérieur.  Et gare à celui qui se met sur la route de cet Amant zélé : au moment où il s’y attend le moins, il perd généralement, à travers de grandes souffrances et une profonde confusion, ce qu’il tentait d’accaparer.  Et souvent, il termine sa vie dans une solitude amère ou il se contente du premier venu, pour ne pas vivre seul, à défaut de savoir qu’il pourrait s’attirer mieux, dans la mesure où il saurait changer ses croyances, ses préjugés et ses habitudes.

Souvent, après une rupture douloureuse ou tumultueuse, un être est porté à se replier sur lui-même et à désespérer de sa capacité de s’attirer un autre partenaire pour vivre une vie à deux.  Profondément blessé, dans la mesure qu’il s’est senti coupable ou humilié, il apprend à savoir ce qu’il ne veut plus vivre, mais il oublie de comprendre ce qu’il voudrait véritablement vivre.  Porté aux reproches cruels, comme s’il n’y était pour rien dans son malheureux sort, il connaît les aspects négatifs qu’il ne veut plus trouver chez un partenaire, mais il néglige d’exprimer ce qu’il voudrait trouver de constructif en lui.

De toute manière, deux êtres trop inaccomplis qui choisissent de vivre ensemble se parasiteront toujours subtilement.  Ils se serviront l’un de l’autre pour masquer leur vide intime, leurs trous existentiels, s’exploitant subtilement de façon mutuelle, ce qui n’est pas très propice à la stabilité et à l’harmonie.  Les deux en viennent à tenter de se manipuler, rivalisant entre eux ou cherchant à se faire prendre en charge, revendiquant cette attitude comme un droit ou un privilège de leur alliance.  Mieux dit, généralement, l’un se campe dans la position du dominant concret tandis que l’autre le déjoue toujours dans des démarches toujours trop visibles et prévisibles par sa patience et sa domination subtile.  Et c’est généralement celui qui domine de façon subtile qui remporte dans tous les domaines.

C’est la raison pour laquelle, idéalement, un être gagnerait à s’allier à un autre uniquement après s’être bien marié en lui-même.  Ainsi, rempli de lui-même, capable d’assumer son indépendance et son autonome, de rester ouvert à tous, il pourrait se livrer à des échanges sains dans l’égalité.  Sans cette réalisation préalable, un être s’expose à chercher à remplir ses vides par l’autre, masquant sa fragilité de façon artificielle, maladroite, souvent aberrante.  Il ne voit plus les carences intimes que l’autre masque, en répondant à ses attentes ou à ses besoins, tant qu’il ne se retrouve pas tout à fait seul.  Alors, il peut paniquer et chercher l’annihilation.

À ce chapitre, celui qui veut attirer quelqu’un de grand, comme le Belle Dulcinée ou le Prince Charmant, doit se montrer à la hauteur de ses attentes par la qualité de sa conscience.  Car chacun attire ce qui lui convient le plus, soit ce qui lui ressemble le plus, ce qui est en correspondance avec lui-même.  Ne dit-on pas depuis fort longtemps : ce qui se ressemble s’assemble; tout torchon finit toujours par trouver sa guenille;  les loups hurlent avec les loups?  Allégoriquement, on peut dire que, au niveau vibratoire, un manant ne peut attirer une princesse, pas plus qu’une roturière peut s’attirer un prince, alors qu’un prince ne saurait que faire d’une roturière et, la princesse, d’un manant.

Au premier chef, il faut comprendre que la notion de partenaire idéal implique la notion de qualité d’être au sens d’authenticité, d’intégrité personnelle, d’assomption de sa liberté, non l’élu de ses rêves, de manière à prévenir qu’on tente d’aimer une image ou un fantasme plutôt qu’une réalité.  Car, tôt ou tard, on sombre toujours dans la déception et la frustration quand on découvre l’autre sous son vrai jour, qu’on le rejoint derrière les apparences qu’il projette ou entretient, parce qu’il commence à changer.  Après un certain temps, passée la phase du vivre d’amour et d’eau fraîche, le naturel revient toujours au galop et, souvent de façon décevante, reprend ses droits.

Dans cette perspective, si on tient absolument à se dénicher un partenaire de vie idéal, ce dernier devrait représenter celui qui est le plus compatible et le plus complémentaire à son expérience ou à son plan de vie, celui avec lequel on tirera les meilleures leçons que l’on doit apprendre pour évoluer, non pour vivre dans la ouate ou pour filer le parfait amour, au sens romanesque évidemment.  Chacun gagne à choisir une personne qui lui servira de miroir et lui retournera, pour le meilleur et pour le pire, ses reflets heureux et malheureux.

Car le rôle d’un partenaire ne consiste pas à boucher les trous, à combler les attentes ou à pallier les faiblesses d’une autre personne.  L’intention d’une rencontre amoureuse, c’est de vivre avec un être qui aidera respectueusement à se voir tel qu’on est, avec ses grandeurs et ses faiblesses, afin de mieux travailler à son progrès et à son évolution.  Il doit accepter de servir comme instrument de réflexion, de partage et d’échange.

Ainsi, un sujet s’honore en attirant à lui un être du même plan de conscience ou d’un plan un peu supérieur qui démontre la même aspiration à l’ivie-de-coupledéal que le soi.  Sinon, il se rendrait service à réviser son choix de vivre en couple et d’alléger sa dette karmique en acceptant de vivre seul.  N’empêche que le partenaire idéal ne peut représenter que le parfait réceptacle qui aidera à mieux s’aimer et dans lequel on pourra déverser son surplus d’amour.

De nos jours, dans un univers surpeuplé, comme il importe peu que des êtres, dévoués à la cause de la perpétuation de l’espèce, acceptent d’assumer un rôle de géniteur ou de génitrice, nul n’a plus besoin de s’associer à un partenaire de vie, surtout s’il doit assumer mal ce rôle fonctionnel.  Même que dans l’état d’urgence présent, où toute l’attention personnelle doit être portée sur l’ascension collective et planétaire, bien des gens, incapables de se libérer des attentes et des manœuvres de leur partenaire, gagneraient à rompre leurs liens présents pour s’appartenir plus pleinement.

Bien qu’il y ait autant d’avantages que d’inconvénients dans les expériences du couple et du célibat, il est probable que celui qui choisit de vivre seul, parce qu’il ne peut maintenir sa liberté lorsqu’il vit avec quelqu’un, parvient à évoluer plus sûrement et plus rapidement, moins entravé dans ses choix, moins dispersé dans ses moyens, moins sollicité dans ses précieuses énergies.  Car l’être qui possède suffisamment de maturité pour vivre seul peut adopter le monde et l’univers comme partenaire de vie, pouvant s’ouvrir à un niveau supérieur de l’Unité divine.  Ainsi, s’il n’est pas trop perdu dans son ego, il risque moins de se dépersonnaliser ou de s’accumuler des dettes karmiques en déteignant sur un autre ou en se déformant lui-même au point de ne savoir de moins en moins qui il est au fur et à mesure qu’il avance dans la vie.

 

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