LE PARADIS EXISTE-T-IL?  SI OUI, À QUOI RESSEMBLE-T-IL?

Pour les religions, le Paradis désigne le lieu où les âmes des justes jouissent de la béatitude éternelle.  En ce sens, il figure la Terre divinisée, le séjour des récompenses éternelles pour avoir fait tout ce qu’on devait faire ici-bas et pour avoir évite de faire ce qu’on n’était pas censé faire.  Selon la «Genèse» de l’«Ancien Testament», il s’agit du Jardin de délices où Dieu avait placé Adam et Ève, soit le Monde avant la chute, le Monde édénique de l’Âge d’or.  Ce Centre immuable, cœur du Monde, établit la communication entre le Ciel et la Terre.  Dans la «Cabale», il figure l’Enclos duciel-heaven Seigneur, le Monde d’avant la chute, et il identifie la Terre illuminée dans le Nouvel Âge d’or.  Dans l’Antiquité, on l’appelait le «Séjour d’immortalité» ou les «Champs Élysées».  Pour certains, il correspond au Plan bouddhique (intuitif) et à l’Âge d’argent d’une planète.  En spiritualité, on parle d’un état d’Unité qui confère la plénitude et la béatitude d’être.

 Dans certains textes, on décrit ainsi le Paradis.  On parle d’un Jardin planté en Éden, en Orient, contenant toutes les espèces d’arbres beaux à voir et aux fruits bons à manger.  D’une Montagne de musc, un fleuve, qui naît d’une Source centrale, origine de la vie et de la connaissance, y coule, entre des rives de perles et de rubis, se divisant en quatre bras, pour arroser une contrée où coulent le lait et le miel.  Les animaux s’y promènent, libre et paisibles, le lion côtoyant l’agneau, et leur langage est compris de l’être humain, car il n’y existe ni serpent ni bête nuisible.  Dans la vallée fertile et luxuriante, flanquée de quatre montagnes, s’exprime le climat doux d’un printemps éternel dans la pleine clarté et une journée y équivaut à mille années terrestres.  Au centre se dresse un immense bananier.  Partout, on peut entendre une musique sublime, mais la plus belle mélodie constitue la Voix de Dieu qui accueille les élus.  Une fois par semaine, chacun peut lui rendre visite, sur invitation.  Alors, dans le Temple où il accueille ses créatures, un voile de lumière se lève, et il apparaît à ses hôtes, derrière le Sanctuaire céleste, au-delà de la Table gardée.   Entouré d’un mur à huit portes, il comporterait nombre d’étages à dent degrés, l’étage le plus élevé constituant le Septième Ciel.  Pour y accéder, il faut détenir la clé à trois dents.  Mais celui qui réussit à entrer dans cette  Demeure de Vie connaît des jouissances incomparables et ineffables, sans mélange.  Il s’agit de l’Île centrale originelle, le Noyau atomique, le Centre de rayonnement de l’Être primordial, où la Vie est devenue mouvement et le demeure.  C’est le Centre de la Sphère suprême, au-delà des Directions, qui marque le Juste Milieu et qui confère le Bonheur infini.

En spiritualité, le Paradis évoque plutôt un état d’être de bonheur parfait, un état d’équilibre, de plénitude et de joie intérieure: chacun peut le découvrir au plus profond de lui-même.  Chacun peut y accéder en ressentant son Unité avec le Créateur et en développant la sérénité à travers l’expression de l’amour pur, qui élève la fréquence vibratoire et qui amène dans la transcendance, au-delà des limitations.  Car le Paradis découle de la qualité de sa relation avec l’Être suprême, la Source de tout.  Il faut éviter de considérer le Paradis comme un havre de béatitude statique et de repos artificiel dans la Perfection de Dieu.  Cela ne revient qu’à idéaliser une réalité après la mort qui est tout autre qu’on ne le pense.  Car, au moment de la transition, un être ne peut accéder qu’au niveau de conscience qu’il a acquis durant sa vie.  Alors, c’est dans le Monde d’ici-bas qu’il faut agir et apprendre à aimer et à fusionner avec Dieu.  Chacun doit cesser de s’attacher à ses petits coins de ciel bleu illusoire, dans l’oubli total de ses responsabilités d’évoluer jour après jour en se transformant ecielt en servant de modèle à l’Humanité.  Car le Paradis, c’est la Terre promise, le Pays de l’Enfant-roi, Régent de tout ce qui a été créé, qui peut réclamer son droit divin éternel et entrer dans les grands espaces féconds, chaque fois qu’il le souhaite, dès qu’il a appris comment y arriver.  Chacun le découvre quand il réalise la paix dans son cœur et dans sa pensée et qu’il entre dans l’Unité de tous ses corps ou véhicules.

Quant au «Paradis terrestre», qui est le «Paradis sur Terre» et qui n’est pas un lieu, mais un état d’être, il est vivant dans le cœur, dans l’âme, dans la conscience.  Il désigne l’état de grâce, le choix d’être vivant à chaque instant, de savourer chaque seconde et de s’ouvrir à s’apporter à soi-même tout l’amour du monde, cette énergie qui élève, qui allège et qui permet à la joie, au bonheur de s’installer de façon permanente en soi-même.  Comme l’indique l’expression, celui-ci se recrée en étant fermement ancré dans la Source divine et dans la Nature, car il résulte de la fusion du Ciel et de la Terre dans le moment présent.  Il s’agit de l’état de perfection, nourri par quatre fleuves, d’avant la descente, relié à la quatrième dimension et à la Jérusalem céleste.

L’humanité est présentement en route vers le Paradis terrestre, elle s’apprête à en refaire la découverte.  Mais on gagnera à éviter de concevoir cet état comme une prolongation du monde actuel dans une version améliorée, par la disparition des rivalités, des irritants, des réalités serviles.  Le Paradis terrestre ne peut se vivre que dans une autre dimension de la Réalité de l’Absolu qui n’a rien à voir avec ce que l’être humain peut connaître.  Il ne peut s’atteindre que par l’Éveil qui induit dans le phénomène de l’Ascension.

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