LE MYSTICISME, UNE VOIE DE RÉCLUSION VERS LA SAINTETÉ…

Le mot «mystique» évoque ce qui a trait au «mystère», donc à ce qui conserve un sens caché supérieur à la raison humaine, il implique l’existence d’un Absolu qui peut entraîner un être de foi intense dans l’exaltation, l’extase… ou l’illusion et l’illuminisme, dans la fuite vers le Haut, la fuite du monde pour accéder à Dieu.  Car, il n’existe aucun mystère, il n’existe que des réalités subtiles qui échappent encore à l’entendement humain.  Et, pour trouver Dieu, il faut commencer par le voir en soi, dans ses semblables et dans toutes les créatures de la Nature, dans le choix de se mettre au service divin à travers eux.  Encore, le mysticisme désigne la philosophie ou l’attitude religieuse qui affirme la possibilité de parvenir à une union parfaite avec Dieu ou l’Absolu dans la contemplation qui induit dans l’extasemysticisme.  Il s’agit donc d’une doctrine qui se fonde sur le sentiment religieux ou qui lui fait une très grande place et qui se distingue de la spiritualité, plutôt réaliste et objective, par ses effusions mystiques ou par son approche émotive de la connaissance intérieure.  Autrefois, on le vivait dans l’isolement des grottes sauvages, mais aujourd’hui, on le vit surtout dans le confort des monastères et les cloîtres.  Bien compris et vécu, il pourrait devenir un art, soit celui d’établir une relation consciente avec l’Être-un.

Qu’il s’agisse d’une doctrine ou d’une pratique, il s’agit de l’expérience par laquelle un être s’applique à parvenir à une union personnelle dans la conscience avec sa conception de l’Être suprême et qui peut mener à la sainteté, quand la spiritualité vise à développer la maîtrise spirituelle.  Il enclenche un mouvement vers des niveaux de réalité toujours plus élevés.  Ce processus psychologique implique une refonte complète du caractère, la connaissance complète de soi qui permet d’être pleinement, qui conduit donc à la libération d’une forme nouvelle de conscience, précédemment latente.  Il résulte en une évolution de l’être par l’acquisition d’une vision plus large de la réalité humaine et des choses, d’une ouverture amoureuse sur autrui, d’une application pratique dans le quotidien.  Au résumé, le mysticisme constitue une recherche des vérités et des valeurs éternelles, en se mettant en contact avec la Conscience supérieure, pour mieux comprendre la vie, ses lois, l’Univers et ses  rapports avec le Tout, qui mène à l’Unité.

Le mysticisme postule que l’homme possède un lien intérieur avec la Source divine d’où toutes choses émanent et dont elles dépendent.  Ainsi, il proclame que l’être humain n’a nul besoin d’un intermédiaire pour agir et parvenir à la conscience d’un pouvoir transcendant.  Aucun humain ne possède cet attribut plus qu’un autre.  Aussi, si un individu se réalise plus rapidement qu’un autre, cela est attribuable à la technique qu’il applique et à conscience qu’il y met, non à une différence de ses facultés innées ou de son pouvoir immanent.  En général, le mysticisme ne s’appuie sur aucun credo théologique ni sur aucun dogme spirituel.  Il ne considère pas la Cause première comme un personnage divin, mais comme une Puissance totale et universelle.  Ceci implique que tout être peut avoir une conscience personnelle ou une expérience personnelle de la réalité par l’intermédiaire de ses propres facultés et de son pouvoir propre et par la force de son aspiration, sans égard aux préceptes d’une religion ou d’un système philosophique.  Tout être peut se forger un système de valeurs aussi éminent que la morale, mais moins impérieux.

Dans la réalité contemporaine, le chercheur préférera parler de spiritualité ou de naturalité.  En effet, si tout vient de l’Absolu, au-delà des apparences, il n’existe pas deux réalités, l’une spirituelle et l’autre, naturelle.  Plutôt, il existe une Réalité unique qui s’exprime par un rayonnement continu, mais multidimensionnel.  En effet, les plans de conscchambre-de-cloîtreience, qui expliquent, sans rupture ou coupure, la Multidimensionnalité, ne forment qu’Un.  Ce ne sont que des concepts utilitaires pour favoriser la compréhension mentale.  Foncièrement, indissolublement, Dieu et la Nature ne font qu’Un.  En outre, par des abus antérieurs, notamment dans l’ascèse, le mysticisme donne l’impression d’austérité et de gravité, à savoir qu’il faudrait mortifier son être, de réduire ses besoins, de limiter ses moyens, de réprime ses émotions, de réduire ses désirs pour gagner son salut, mériter son ciel, ce qui est absolument faux.  Cela n’est plus vivre et expérimenter, mais végéter dans la limite et l’amertume.  Évidemment que, en communauté, où tout est collectivement pourvu, un être le sent moins.

N’empêche que le ciel, le purgatoire et l’enfer ne sont pas des lieux, mais des états d’êtres qu’on peut s’engendrer dans l’immédiat.  Ainsi, pour se réaliser, il suffit d’être, de laisser être Cela qui est à travers soi, dans l’abandon complet et la confiance absolue, soit sans faire d’obstacle, s’accordant autant tout le nécessaire (ce qui comble les besoins d’en bas) et tout l’essentiel (ce qui comble les aspirations vers le haut).

Ainsi, le mystique est un adepte de la science spirituelle, réservée aux élus, qui s’applique à comprendre les apparents mystères de la vie et à vérifier l’hypothèse de l’existence de Dieu.  Il s’intéresse à la Loi divine et à ses principes qui établissent des liens de cause à effet dans tous les phénomènes de la vie et il cherche à les comprendre pour les appliquer dans sa propre vie.  Il ne fuit jamais le monde, il l’habite pour l’imprégner de son rayonnement.   Mais un être ne porte pas le nom de mystique du simple fait qu’il est membre d’une fraternité spirituelle, parce qu’il suit des cours de métaphysique, de spiritualité ou de développement personnel, qu’il respecte les règlements d’un ordre, qu’il mène une vie frugale, qu’il participe assidûment à ses activités.

Le vrai mystique suit un mode de vie particulier par lequel il applique rigoureusement dans sa vie les lois, les principes et les règles qu’il apprend, se prenant en charge physiquement, psychiquement et spirituellement.  Surtout, imprégné d’amour et de compassion, il cherche à ouvrir sa conscience de façon toujours plus impersonnelle et universelle, offrant ses services à l’ordre qui le guide.  La première caractéristique du mystique, c’est qu’il investit toutes ses énergies et ses ressources dans le service d’amour et de dévotion à Dieu ou à l’Absolu.  Nul ne doit chercher à devenir mystique pour vivre dans les nuages, pour se couper de la société, pour fuir ses obligations matérielles ou pour développer un certain fanatisme.  Un être devient mystique pour étudier les valeurs spirituelles voilées en gardant tout son sens pratique.

Le vrai mystique n’est pas un chercheur qui fonde son exploration dans le monde spirituel sur le sophisme de la négation des conditions et des intérêts matériels.  Il cherche plutôt à affermir sa maîtrise personnelle à tous les niveaux, une réalisation qui comprend toujours un triomphe sur les problèmes du monde aussi bien qu’une compréhension parfaite des vérités spirituelles.  Il vit les pieds sur terre et la tête dans le ciel.  Ainsi, il réalise que le développement spirituel et les plus hautes gloires de la vie doivent être atteints en s’élevant pas à pas de ce plan terrestre vers les plans qui se trouvent devant lui.  Cette réalisation gagne à s’accomplir par la maîtrise des obstacles ou des limitations naturels qui l’entourent.  IBenedettinal ne cherche pas à atteindre un Nirvana dans lequel il pourrait vivre comme s’il était au-dessus et au-delà de tous les devoirs et de toutes les obligations matérielles.  Il se réjouit de l’occasion qu’il a de vivre parmi les hommes, d’être leur ami et de travailler à leur côté.  Son ambition est de servir et de travailler dans la vigne plutôt que de se laisser porter par la marée et de trouver une paix éternelle sans accomplissements ou sans responsabilités.

Le vrai mystique croit que l’être humain évolue depuis les activités fondamentales et primitives de l’existence terrestre vers les conditions les plus hautes et les plus parfaites du développement spirituel.  Il reconnaît dans les épreuves et les tribulations de la vie terrestre une lutte apparente entre la lumière et les ténèbres à la manière d’un défi à sa propre force.  Il reconnaît que la loi de la survie du mieux adapté n’est pas seulement un phénomène de la vie terrestre, mais un principe de l’évolution de la conscience intérieure et de la personnalité.  Il croit que les éléments plus grossiers de sa nature matérielle et les contours rugueux de sa personnalité doivent être éliminés afin que la lumière de sa conscience, tirée de son ego, puisse s’élever jusqu’aux sublimes hauteurs qu’i garde dans son esprit comme le but de son existence.  Il se démontre tout aussi pratique dans son application des lois matérielles de la Nature qu’il l’est dans l’application des principes spirituels.

Les aspirations du vrai mystique restent diverses, à l’égalité, entre les accomplissements physiques, ici, sur terre, et les réalisations spirituelles de l’avenir.  En fait, l’illumination ne résulte pas d’une fuite dans la Lumière, qui amène à devenir Lumière des lumières, ce qui désincarne, mais dans la fusion de la Lumière du Ciel et de l’Ombre de la Terre, pour devenir Lumière de Vie.  L’intérêt pour la vie mystique ne peut avoir une incidence bénéfique sur sa propre vie et une influence lumineuse sur celle des autres que si le candidat apprend à rayonner l’amour, l’harmonie et la paix.  Le but du mysticisme, pour rester acceptable, doit viser la Fusion du Ciel et de la Terre, l’Émergence de l’Homme total.

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