LE MYSTÈRE, NON UNE RÉALITÉ QUI RESTE ÉTERNELLEMENT INCONNAISSABLE, MAIS QUI ÉCHAPPE TEMPORAIREMENT À L’ENTENDEMENT…

Dans la Tradition chrétienne, le mystère désigne un dogme révélé ou d’une vérité surnaturelle inaccessible à la raison.  Ailleurs, il implique un rite, un culte, un savoir réservé à des initiés, soit un culte religieux secret auquel n’étaient admis que des initiés ou des initiables.  En spiritualité, il s’agit de ce qu’un être est en Vérité, ce qui est au sein de sa Voie unitaire, soit la Vérité de son Être profond, qui est Amour, Vérité, Lumière et Unité.

En spiritualité, il est communément admis qu’il n’existe aucun mystère, puisque Dieu n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit à qui que ce soit.  De ce fait, il faut comprendre dans le mystère qu’il faut atteindre un certain niveau de conscience pour comprendre les réalités divines et se rendre digne de ces connaissances pour éviter d’en mésuser.

Sauf que, dans les autres Mondes, comme ici-bas, il existe des Protecteurs, notamment le Gardien du Seuil.  Alors, le mystère désigne ce qui est parfaitement naturel et conforme à la Loi cosmique, mais qui manque encore de compréhension, soit qui échappe à la compréhension humaine.  Car les lois divines sont toutes accessibles et démontrables, à leur niveau.  Ainsi, une chose ne reste mystérieuse que jusqu’au moment où elle est connue.  Avant, elle n’est qu’ignorée par défaut d’avoir été démontrée.

Par exemple, même la raison ne trouve rien de bien mystérieux dans la conception de la Trinité, représentée par le Triangle, symbole d’un projet cosmique, quand, au lieu de la comprendre comme l’impossibilité que Dieu puisse apparemment se diviser en trois personnes, il comprend que, pour Émaner la Création, l’Absolu, le Sujet, doit se prendre pour son mystère mystère-1propre Objet, puisque rien d’autre que lui n’existe, d’où ce qu’il aperçoit engendre sa Création multiforme.  On retrouve alors l’Absolu, qui engendre le Père-Mère, qui engendre le Fils (l’Âme, source de la Vie), qui pose les pieds sur la Fille (la Substance ou la Matière dense) ou s’incarne dans la densité.

Mais, si l’on prend Jésus pour le Fils unique  de Dieu qui s’est incarné, ce qu’il n’est absolument pas, c’est-à-dire qu’il n’est pas le Christ, mais un être humain qui est parvenu à se christifier, la y a un mystère et, presque une injustice, car qu’advient-il de la femme, dans cette perspective?.

Dans la perspective de la Création ex nihilo, le problème du miracle pourrait également persister.  Mais il est évident que Dieu n’a pas créé de rien, il a tout tiré de sa propre Existence, soit du Réservoir des possibilités infinies ou des Réalités latentes infinies.  Alors, le Père désigne l’Énergie électrique, principe mâle de l’activité créatrice, la Sagesse éternelle, l’Animateur de tout;  la Mère divine désigne l’Énergie magnétique, le principe femelle, le Réceptacle passif ou accueillant de l’activité créatrice ou l’Intelligence universelle. La rencontre des deux engendre l’Éther ou le Christ, la Conscience, le Support subtil de toute réalité qui imprègne tout partout.  Ainsi, la Trinité désigne les Aspects polaires du Dieu unique en action.

Évidemment, plus une réalité est couverte de mystère, plus le mental humain est aiguisé, se fait curieux.  Alors, plus il cogite et spécule, épaississant souvent la réalité qu’il tente de connaître au lieu de l’éclairer.  C’est bien connu, le mental morcèle l’Unité.  Comme on dit, l’intellect aime percer le mystère et en faire reculer la frontière.  Bien en prit à l’être humain qui, malgré les interdictions, a fait reculer bien des superstitions, des croyances erronées, des spéculations fausses, envahissant bien des aspects de l’inconnu et pénétrant même loin dans la lumière de la sagesse.  Ce n’est jamais une perte de temps que de sonder un mystère pour soulever le voile de l’obscurité ou pour regarder à travers lui.  Ainsi, il rend peu à peu l’incompréhensible compréhensible, faisant un pied de nez aux sectaires de tous acabits.

Mais un être gagne à toujours se méfier de se donner l’illusion de comprendre ce qui n’est pas compréhensible, se trompant lui-même sur ses preuves apparemment pratiques et rationnelles.  Comme il doit également éviter de mentaliser certaines des ses intuitions, s’emprisonnant dans ses concepts intellectuels, ce qui l’empêcherait d’expérimenter une réalité qui échappe purement à son entendement.  Tout est en haut comme en bas, mais de façon inversée et analogique, non de façon symétrique ni dans une même densité.

C’est ainsi par exemple que l’être humain définit le temps et l’espace et dit les comprendre, pourtant incapable de percevoir toute l’incidence de la relativité, qui n’est pour lui qu’une théorie.  De même, la conception qu’il a de Dieu ne correspond pas à la réalité de Dieu, qui a lui-même prévu que tout ce que l’être humain peut savoir de lui, c’est qu’Il est Celui qui est.

En fait, il n’existe pas de mystère, car le Créateur n’a jamais voulu rien cacher à ses créatures.  Le mystère s’explique par l’obnubilation de l’être humain, plongé dans la densité, qui ne parvient plus à percer la Réalité derrière le voile d’Illusion duquel il est entouré.  Ainsi, le mystère désigne ce qui dépasse temporairement son entendement, bien que la raison reste un organe limité.  Il vaudrait mieux dire que l’être incarné parviendra un jour à tout comprendre en s’immergeant dans l’Absolu ce qui lui permettra de vibrer une Réalité sublime qu’il ne pourra que connaître, «naissant avec elle».

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