LE MENSONGE EXPRIME LA DUPLICITÉ ET IL ATTIRE LA MÉFIANCE ET LE REJET… 

Tous le savent, le mensonge réfère à une assertion qui altère ou contrarie sciemment la vérité, faite dans l’intention de tromper, comme le fait de donner pour vrai ce qu’on sait être faux ou de nier ce qu’on sait être vrai.  Il s’agit de la dissimulation délibérée de la vérité ou de l’énoncé d’un fait contraire à la vérité.  Nulle personne n’est obligée de tout dire, mais elle gagne à dire la vérité, si elle parle.

Du reste, dans l’expérience terrestre, il n’y a pas une vérité, mais des vérités, il n’y a pas une réalité, mais des réalités.  Autrement dit, chacun détient sa vérité.  En cela, tout est question de perception. Ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas forcément pour autrui. Ce qu’un être perçoit, sa façon de ressentir et de vivre les choses n’est pas vécue de la même manière par un autre.  Il en va de même pour le mensonge.  Il transmet une perception décalée de la réalité.  Il est un moyen de communication comme un autre, une manière de tenir un discours à un autre degré.  Lorsque le dialogue ne peut se faire au premier degré, soit en relatant un mensongefait en correspondance avec une réalité et vérité communes à tous, il est déplacé vers un autre moyen d’expression.  Que ce soit vis à vis de soi-même (puisqu’on peut se mentir) ou vis à vis des autres. Le mensonge ne doit pas être forcément condamné, pourchassé et combattu. Il se doit avant tout d’être compris, entendu, puis expliqué.

L’inclination à mentir repose sur un désir de trouver l’impunité en cachant ses intentions, ce qui attire généralement le contraire.  Il sert de moyen de protection contre un sentiment de culpabilité, la montée de la honte, l’atteinte à la vulnérabilité, l’expression de peur.

L’époque présente représente une ère de divulgation des manipulations secrètes de l’humanité pour l’aider à se libérer.  Aussi n’est-il pas étonnant qu’elle voie s’épanouir une exigence de naturel, d’authenticité, de transparence et de vérité.  Lassés du cynisme, les gens ne tolèrent plus de se faire raconter n’importe quoi.  Or le mensonge, par définition, s’oppose diamétralement à la recherche de la vérité.  Il emprisonne et il entraîne dans des cercles vicieux dont un être ne soupçonne pas toujours l’ampleur.  En effet, il limite les choix et les possibilités qu’il détient.  Et il faut à son auteur bien des justifications pour maintenir son apparence de vérité.  Sans compter que, une fois démasqué, celui-ci est entaché dans sa crédibilité pour longtemps.  Après un premier mensonge découvert, il aura beau dire la vérité qu’on ne le soupçonnera pas moins de possible récidive, d’où on restera méfiant à son endroit.

Il est surprenant de voir comment certains psychologues traitent légèrement le sujet du mensonge, l’élevant presque au statut d’art de vivre.  Sous prétexte que le fait de dire la vérité nue ou crue peut conduire un être à l’isolement, on en fait un élément nécessaire de la vie en communauté, le considérant comme un lubrifiant des rouages sociaux.  On en légitime ainsi la pratique pour éviter d’être placé dans une situation sociale peu enviable.  On assure qu’il sert à ménager les susceptibilités, à protéger contre les blessures d’amour-propre, à éviter de froisser l’orgueil ou la vanité, à prévenir l’insulte ou l’offense.  Ainsi, il serait légitime quand il fait plus de bien que de mal.  La société n’aurait qu’à se prémunir contre le mensonge malveillant destiné à servir les intérêts de celui qui les profère.

Ce n’est pourtant pas l’avis de certains sages de l’humanité.  Ainsi, écoutons Marc-Aurèle dire: «Un seul mensonge mêlé parmi les vérités, les fait suspecter toutes.»  J. E. Buteau ajoute: «Il faut qu’on ait bonne mémoire, après qu’on a menti.  Pope explique cette assertion: Celui qui dit un mensonge ne sent point le travail qu’il entreprend, car il faut qu’il en invente mille autres pour soutenir le premier.»  Et Corneille complète: «Un menteur est toujours prodigue de serments.»  Un vieux proverbe rappelle: a beau mentir qui vient de loin.  Pour sa part, A. Vlahuta a rappelé : «La vérité attend. Seul le mensonge est pressé.»  Comment trancher dans un monde où, effectivement, le mensonge pieux peut arranger les choses.  N’empêche que, du point de vue essentiel, le mensonge apparaît comme une trahison personnelle et comme un mépris des autres: il force à se cacher.  Ainsi, lui aussi, il peut confiner à l’isolement.  Il semblerait que la vérité peut toujours se dire, dans la mesure où on prend le temps et y met les formes pour éviter de couper le dialogue.

Personne n’aime se faire mentir.  Ainsi, plusieurs cherchent des trucs pour découvrir le menteur.  En effet, s’il est facile de détecter une personne qui ne sait pas mentir, il est plus difficile de démasquer un menteur professionnel ou aguerri.  Pourtant, puisque le mensonge n’est, dans aucune conscience, un être anodin, l’observateur perspicace peut parvenir à reconnaître un menteur.  En effet, le mensonge s’accompagne toujours d’un malaise, issu du remord, entraînant des signaux corporels caractéristiques. L’enfant qui ment est porté à porter la main à sa bouche pour se signaler symboliquement son désaccord intime avec son acte.  Chez l’adulte, avec l’expérience, un être raccourcit ce geste, n’en pouvant pas moins difficilement s’empêcher de se toucher le coin de la bouche ou de s’effleurer le menton, augmentant la répétition de ce geste, si la situation perdure.  Le mouvement le plus courant est la main qui couvre la bouche, suivi de la main qui touche le nez.

Sinon, il y a clignotement des yeux, jeux des sourcils, plissements du front, détournement du regard, raclage de la gorge.  Quoique moins fréquents, les autres gestes d’auto-contact du menteur sont la main qui caresse le menton, qui se passe dans les cheveux, qui frotte la joue ou qui caresse l’oreille.  En outre, le menteur mal à l’aise affiche une tendance élevée au trémoussement et aux infimes changements de positions. Comme si son pltéléchargementus cher désir était de prendre la poudre d’escampette, il se dandine, il passe d’une jambe à l’autre, il remue sur sa chaise, bref, il ne tient pas en place. Si votre interlocuteur bouge comme un poisson frétillant, c’est qu’il ressent une envie pressante ou qu’ vous cache quelque chose.

D’ailleurs, le menteur présente certaines incohérences dans les mimiques faciales : il devient victime de tics et d’expression réduites. Ces mouvements très légers sont quasiment invisibles à l’œil du commun des mortels, d’où il faut beaucoup d’entraînement pour arriver à les détecter.  Ainsi, les muscles du visage se contractent très légèrement, les pupilles se dilatent et se contractent, la fréquence de clignement des yeux augmente de manière significative, sans compter qu’un léger rougissement peut se signaler, etc.  D’autres signaux sont plus facilement détectables.  Ainsi, le menteur a tendance à avaler sa salive plus souvent ou il commence à transpirer plus abondamment.  La fréquence des sourires a tendance à diminuer.  Dans la conversation normale, un être accompagne naturellement ses propos d’une gestuelle des mains, mais, dans le mensonge, il a tendance à les réduire au maximum.  Par exemple, il peut les glisser dans ses poches, s’asseoir dessus, les placer dans son dos, les joindre et les laisser pendre et quoi encore.  Les mains peuvent également servir à révéler un état de tension interne si l’interlocuteur se met à jouer avec un trousseau de clé dans sa poche ou est pris d’une soudaine activité fébrile.

Quoi qu’il en soit, le pire mensonge qu’un être puisse se raconter, c’est que la voie matérialiste conduit au même endroit que la Voie spirituelle, ce qui amène à accorder la priorité à l’avoir plutôt qu’à l’être.

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Le Mensonge cosmique représente une expression ésotérique pour rappeler la loi par laquelle les réalités cosmiques ne sont que progressivement révélées à l’homme parce qu’il ne pourrait absorber toute la vérité des choses, limité qu’il est par sa pensée subjective et ses sentiments (qui dégénèrent souvent en émotions).  Une trop grande lumière aveugle.  Le mensonge joyeux désigne celui par lequel on profère en fait pour plaisanter, pour jouer. Attention, le Cosmique n’entend pas à rire.  Le mensonge officieux est proféré par intérêt ou, apparemment, pour rendre service.  Le mensonge pieux ne comprend aucune mauvaise volonté, il se veut inoffensif, inspiré par la piété ou la légitimité. Il n’y a jamais de mal à voiler ainsi une vérité trop agressante, particulièrement si on veut faire saisir aux autres qu’on n’a pas de compte à leur rendre sur sa vie personnelle.  Le mensonge par omission est fait par abstention ou par négligence volontaire.  On se retient alors de dire ce qu’on aurait dû dire.  Dans certains cas, la réticence mentale peut être légitime.

En spiritualité, le Grand Mensonge voile «Maya», la Séductrice, l’Illusion cosmique.

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