LE MANTRA, UN MOT DE POUVOIR SPIRITUEL…

Relié surtout à l’Hindouisme et au Bouddhisme, le mot «mantra» provient du sanscrit et il signifie «instrument de la pensée».  Il donne un «être libre de ses pensées» ou un «être libre de l’asservissement de ses tendances» acquises.  Il désigne un mot de pouvoir ou une formule rituelle que le candidat répète mentalement ou verbalement à plusieurs reprises pour influencer les vibrations cosmiqAum-Omues et mettre en communion avec le Cosmos.   Cette formule condensée formée d’une ou d’une série de syllabes répétées gagne à être répétée consécutivement de nombreuses fois suivant un certain rythme.  Car un mantra devient d’autant plus efficace qu’il se cristallise (généralement après une répétition de 150 000 fois) avant de prendre une vie autonome si on dépasse les millions, car il établit alors un dialogue évolutif et libérateur avec celui qui l’utilise.  En effet, le mantra sert à attirer la force de ses vibrations à lui, par exemple pour se purifier mentalement.  Dans la Tradition orientale, le son est à la fois Essence ou aspect de l’Essence, constituant l’origine d’une réalité, ce qui lui confère une puissance spirituelle.  Le mot exprime l’être dans un son qui est à la fois cet être même et l’Être d’où tout dérive et en quoi tout se résorbe.  De ce fait, exprimer le son de l’Être suprême, c’est se diviniser soi-même.  Pour la répétition régulière, on se sert généralement d’un «mala», un chapelet à 108 grains, pour symboliser tous les os du corps, qui permet une salutation au Cosmos tout entier.

Pour un Oriental, le mantra exprime le son pur d’une réalité, quelle qu’elle soit, manifestant l’essence de sa vibration, ce qui l’engendre et la maintient en forme.  Ainsi, il est la chose en soi, le mot de passe particulier, un son qui représente une expérience et qui a le pouvoir de la reproduire, de révéler le sens total.  Car il déclenche des forces dans les plans supérieurs.  Pour être efficace, il doit devenir le son de sa matière propre pour remplir le corps de conscience.  Il doit se cristalliser pour faire taire toutes les autres vibrations discordantes et contradictoires.  Avec le temps, s’il est puissamment utilisé, il écarte les maladies, les accidents, jusqu’à la mort même.  Toute chose se meut en se fondant sur un son particulier qui est le mouvement des forces qui la composent.  Ce mot de valeur spirituelle, par sa vibration, libère l’être en purifiant son mental.

Le mantra le plus connu est Om, souvent prononcé AUM, le Verbe divin, le son qui équilibre les vibrations de la Terre, change la programmation individuelle, aidant à s’accomplir selon la Volonté divine.  Le mantra développe le détachement qui amène à faire l’expérience du Centre divin ou Soi intérieur.  Il supprime les désirs qui obscurcissent la vision humaine.  Il purifie le mental pour qu’il réfléchisse clairement la réalité ou les vérités spirituelles.  Il procure la paix, la béatitude, l’illumination, la conscience.  Il ouvre la porte de l’intuition qui inspire la raison.  Il porte l’attention sur le Divin plutôtmantram1 que sur le je.  Il déclenche la pensée créatrice.  De ce fait, il sert de clef sonore aux répercussions magiques.  Chaque mantra interprète diversement le Verbe originel de sorte que, prononcé correctement, il attire en soi des forces cosmiques.  Chaque individu possède un semblable son.  À ce propos, Satprem précise : «On peut lire des mantras dans un livre et les répéter tant qu’on veut, ils n’auront de pouvoir ou de ((force active)), à moins qu’ils n’aient été donnés par le Maître ou Gourou.»

Par endoctrinement, le chant des mantras sacrés est souvent perçu, par les intellectuels, comme une activité pusillanime qui ne peut apporter aucun bien, donc juste bonne pour les faibles d’esprit.  C’est sottement prétendre que la Source, par ses Maîtres réalisés qui les donnent, ne leur a pas prévu un dessein divin et une action spécifique.  Cela ne revient qu’à dire que le Plan divin n’est pas à son goût.  Celui qui n’exerce pas le pouvoir du Verbe par ce moyen devient une île au cœur d’un Océan de Flammes.  De par le libre arbitre, la Flamme ne peut être cristallisée et former une spirale autour de lui sans qu’il en donne le commandement.  La Flamme demeurera inconnue jusqu’à ce qu’il la fasse sienne.  La répétition d’un mantra purifie les nâdis et ouvre les portails du Ciel.  Car le son affecte la Matière et finit par oblitérer les portails.

Comme exemple de mantra, on peut donner le «Tchenrézi», le mantra de l’harmonie, qui comporte plusieurs niveaux de signification et d’influence, mais qu’on dit sommairement rendre hommage au Joyau dans le Lotus, soit à la Monade divine.  «AUM MANI PADME HUM» – «SALUT À TOI, LE JOYAU DANS LE LOTUS».

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Le mantra personnel désigne le son qui exprime la fréquence sonore divine qui relève de l’Om primordial et qui individualise cette sublime Réalité.  Il sert de mot de passe cosmique pour vivre l’expérience à poursuivre jusqu’à la Perfection.  Il sert en quelque sorte d’échelle évolutive qui permet de révéler le Sens total de l’Être-Un.  Celui qui répète assidûment son mantra personnel porte le nom de «mantrin».

Le mantra japa constitue la répétition ou l’incantation régulière de son mantra personnel.

Pour sa part, le mantra sadhana définit la répétition mentale ou silencieuse d’un mantra.

Le Mantra yoga comporte seize étapes : l’apprentissage de la dévotion;  l’accession à la pureté; la pratique des postures;  suivre les observances et les célébrations du Calendrier rituel et astrologique;  la manière de se conduire;  l’application de la concentration;  la quête des pays divins intérieurs;  la maîtrise de la respiration;  l’affinement des gestes;  les offrandes d’eau;  les offrandes de feu;  le sacrifice rituel;  le service rituel;  la répétition des mantras;  la contemplation;  et l’identification avec l’Être suprême.

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