LE MAÎTRE MÈNE DISCRÈTEMENT UN JEU DE MIROIR POUR MIEUX DÉBUSQUER LES ILLUSIONS DE SON DISCIPLE ET LE RAPPROCHER DE LA VÉRITÉ…

En principe, en spiritualité, le Maître désigne un être qui s’est si bien enseigné, guidé et instruit par un Frère de la Lumière, qu’il s’est réalisé dans l’Unité de l’Absolu, bien qu’il conserve son individualité et son unicité.  Le Maître représente un être qui a récupéré le pouvoir de décision et de direction de son identité pour avoir clairement déterminé son but et ses objectifs.  Il sait qui il est emaître-4t il le reconnaît dans la simplicité, l’humilité et l’amour.  Il est un être qui a percé le secret de l’Évolution au-delà des illusions et des apparences.  Surtout, parvenu à la pleine maîtrise de ses facultés et de ses fonctions, il reconnaît qu’il créé sa propre réalité à chaque instant.  Peu importe la notion du maître ou son rôle, il n’existerait pas sans la complicité des esclaves ou l’appel de disciples.

Tout en poursuivant son exploration du Cosmos, le Maître détient pour rôle d’apprendre à ses frères et sœurs, les êtres humains, qu’ils peuvent tous connaître l’Absolu directement et fusionner avec lui de nouveau, parce que, par leur Centre divin, ils détiennent un lien direct avec lui, donc qu’ils peuvent s’élever en conscience, par leur application et leur talent, afin de redevenir conscients de leur divinité.  Il les aide à changer de cercle vibratoire ou de plan de conscience en les amenant à rompre avec un état statique ou stagnant, même peut-être régressif, afin de découvrir la Grande Réalité et de fusionner avec elle.  Sans acception ni exception, le vrai Maître accueille toute personne qui vient vers lui, veillant à unir plutôt qu’à diviser, sauf que, s’il ne partage pas suffisamment d’affinités avec certains, il veillera discrètement à les diriger vers un autre Initié plus en phase avec leur taux vibratoire et le sens de leur quête, car c’est un être qui sait comprendre et se mettre à la portée des autres.  Il est simple et humble, mais sans concessions, et c’est en cela que son cœur est grand.  Pourtant, en général, il garde un voile entre lui et son disciple pour que ce dernier ne puisse vérifier comment il s’y prend pour avancer sur la Voie.  Un principe spirituel veut que, entre le Maître et le disciple, il reste une distance d’au moins trois pas.  De ce fait, en entretien privé, le Maître peut tutoyer son disciple, mais il insiste pour se faire vouvoyer, afin de déjouer les pièges d’une trop grande familiarité ou intimité.  Placé dans cette situation, le disciple ne pensera pas à suivre la piste de son guide, car il gardera sa manière de voir la vie, de vivre ses défis et de mener ses conquêtes sur lui-même, afin de devenir lui-même un Maître, selon son ingéniosité et son inventivité, donc à sa façon rare et originale.  Le Maître agit toujours en Serviteur des serviteurs, sans devenir servile, parce qu’il agit comme un auxiliaire désintéressé de la cause commune ou du destin collectif.  En fait, il ne cherche pas à s’établir dans une position de supériorité, mais dans celle d’un guide qui, pour son disciple, agit à la manière d’un miroir, lui renvoyant l’image agréable ou désagréable la plus nette de lui-même afin de l’aider à se délivrer de ce qui obstrue sa conscience et de découvrir, ultimement, sa Réalité originelle.  Chacun gagne de savoir que le Maître commence à intervenir dans la vie d’un être dès que, sortant de ses préoccupations purement personnelles et égocentrique, il s’ouvre au service d’autrui et à la compréhension de l’amour impersonnel.

De ce fait, le Maître ne se rappelle que trop bien que le chemin qu’il a parcouru ne représente que l’un des nombreux sentiers qui ramènent à Dieu, au Foyer originel, car cette Maison comporte de nombreuses demeures.  Mais c’est en guidant d’autres êtres sur la voie déjà empruntée qu’il découvre le Grand Secret que chacun a besoin d’intégrer pour devenir crédible et être compris.  Car, à un certain stade d’expansion, l’être incarné ne peut apprendre qu’en enseignant, d’une manière ou d’une autre, ce qui lui permet de mettre ses connaissances à l’épreuve et d’en établir la validité, ce qui lui assure de découvrir ce qu’il sait mieux que d’autres.  Dans un premier temps, il apprend les pratiques, ensuite, la signification profonde des diverses réalités.  En enseignant, placé devant plusieurs miroirs qui lui retournent diversement son degré de Lumière, un être apprend réellement.  Dans un rôle de guide ou d’instructeur, où il gagne à n’enseigner que ce qu’il maîtrise, il trouve son propre chemin, finissant par découvrir les réponses à ses questions dans son propre cœur.  Car s’il tente d’inculquer aux autres des lois ou des principes qu’il ne comprend pas à fond, il ne tarde pas à devenir la cible d’un certain scepticisme qui mine sa crédibilité.  Avant d’enseigner, un être gagne à avoir mené suffisamment de fois certaines expériences, soit jusqu’à pouvoir en décréter la certitude, ce qui devient ses outils d’action.  Chacun connaît déjà tout, avant même que qui que ce soit en ait parlé, car tout est à redécouvrir, non à faire et à découvrir.  En cela, la Vie enseigne à tout moment.  Il ne réside qu’un secret en la matière : dans son quotidien, un être peut avoir acquis une sagesse éminente et un pouvoir supérieur à la moyenne, sauf qu’il ne peut en prendre vraiment conscience que s’il est astreint à enseigner à un autre, alors forcé de participer à des aventures aussi extraordinaires que celles qu’il attire dans sa vie.  Souvent, le Guide doit laisser celui à qui il enseigne de la façon la plus inattendue, comme s’il l’abandonnait au beau milieu du chemin, encore loin de son objectif, dans le contexte le plus imprévu et prosaïque.  En pareil cas, il permet à l’autre de forger ses propres armes afin d’en venir à croire en son propre pouvoir.

Le Maître veille à respecter le rythme de compréhension et les croyances de tous jusqu’à ce que chacun soit prêt à abandonner de lui-même ses anciennes notions et à en accepter des nouvelles, meilleur pour lui, parce qu’elles se démontrent plus conformes à la Vérité.  Bien que très attentif à la bonne évolution d’un disciple, il laisse le destin de tout être humain entre les mains de Dieu, ce par quoi il atteste le fait qu’il ne se prend pas pour un autre et ne cherche pas à se sentir utile.  Car il doit s’assurer de poursuivre lui-même son expansion spirituelle, pendant qu’il sert au mieux de son Savoir, en montrant, par l’exemple, le but à atteindre.  Tout être incarné peut toujours s’élever plus haut en conscience, sur les plans de la Conscience cosmique.  En revanche, personne, même pas un Maître, ne peut montrer à un autre la voie qu’il doit suivre, du fait que chacun doit rester près de sa vérité personnelle.  Dès lors, il ne peut que rappeler les lois naturelles et les principes cosmiques, les adaptant à l’époque où il oeuvre.  Alors, tout aspirant à l’Initiation gagne à renoncer aux délices de la dépendance envers un Maître afin de parvenir à transmettre un enseignement qui dépasse leur Sagesse.  Ce n’est pas dire qu’un disciple peut, à proprement parler, dépasser son Maître, mais que, à partir de l’enseignement de ce dernier, il peut explorer des sentiers différents, selon ses affinités propres, et y développer une maîtrise que son Maître n’avait pas.  Chose certaine, un disciple ne doit pas chercher à accéder à l’Initiation pour la fierté qu’il peut en retirer, mais pour donner un signe à ses semblables que ce qu’il a fait ou accompli, ils peuvent aussi parvenir à le faire ou l’accomplir, et plus encore.  Car le Maître mène vers l’Absolu: il veille à faire comprendre à l’Humanité que chacun de ses membres peut connaître Dieu directement, à l’intérieur de lui, et qu’il peut s’élever, par ses œuvres, au rang des Dieux.  Cependant, il exprime en exemples et en paroles une expérience supra-humaine que peuvent seuls comprendre ceux qui l’ont déjà vécue, échappant au profane, ce qui peut en faire, longtemps, un grand incompris.  Il évoque la Réalité immuable qui fournit des pistes merveilleuses d’interprétation dans des expressions apparemment âpres ou arides, mais il ne s’agit jamais que d’une illusion de plus d’un mental qui morcelle et complique tout pour garder plus longtemps en sujétion.  Aussi, il ne sera pas facilement compris par ses disciples, ceux qui l’accompagnent ou le suivent, surtout s’ils se laissent plus largement diriger par la raison que par le cœur.

Tant de gens s’interrogent sur la formation ou la provenance d’un Maître, qu’il faut apporter certaines précisions.  Un Maître peut être descendu sur la Terre en empruntant le ventre d’une mère, soit par incarnation, pour mieux se voiler et se rapprocher de l’humanité.  Comme il peut s’être tissé mentalement — ce qui est plus souvent le cas d’un Avatar — un corps de chair dense et l’avoir investi directement pour jouer, ponctuellement dans l’histoire planétaire, un rôle ou pour y assumer une fonction.  Mais il peut aussi avoir adopté momentanément un corps humain resté pur, ce qui est le cas du «walk-in».  Peu importe son processus d’incarnation, une telle entité y perd toujours largement conscience de son degré de réalisation spirituelle, ne pouvant s’empêcher de laisser pénétrer un peu d’ombre en elle, une part des ténèbres humaines qu’elle est appelée à brûler dans son être.  Mais il n’en passe pas moins une bonne partie de son temps dans un état de contemplation, un état de vibration d’Amour pur et profond, en émettant psychiquement son énergie, sa Lumière et sa compassion vers ceux qui demandent son aide.  Il commence à intervenir dans la vie d’un maître-3être dès que, sortant de ses préoccupations purement personnelles, il s’ouvre au service spirituel.  Tous ceux qui désirent évoluer ou s’élever en conscience, échappent à l’emprise des Forces sombres et ils entrent sous l’influence des vibrations et suggestions subtiles des membres de la Hiérarchie divine pour orienter leur recherche.

Un être incarné peut mettre bien du temps avant de se rendre compte, dans un contact personnel, sur le plan physique, que, parce qu’il en était digne, il avait été pris en charge depuis longtemps par un Maître et que c’est lui qui avait instillé en lui sa puissante aspiration à se réaliser dans la Lumière.  Pourtant, cette influence subtile peut se percevoir et se sentir dans bien des domaines du fait que les Maîtres coopèrent avec beaucoup d’autres Intelligences cosmiques.  Aussi, tout chercheur spirituel ne peut que trouver avantage à travailler, par des efforts de collaboration ou de coopération, au service de l’Humanité, de la planète et de tous les êtres vivants.  Cela ne signifie pas qu’il doive s’investir dans une entreprise à grande échelle dont bénéficieraient des milliers de personnes.  Le «chela» ou disciple bien disposé, même d’une manière bien limitée, à aider ceux qui ont besoin dans son milieu, attire spontanément l’aide de l’Esprit de Vie dans ses vibrations inspirantes et encourageantes.  Il ne peut que se disposer à assister l’humanité dans sa quête de combler ses besoins et ses aspirations à tous égards, choisissant, dans sa sagesse, le meilleur moyen de les combler.  En cela, les Intelligences cosmiques considèrent les problèmes individuels avec détachement, d’un point de vue sage et élevé, qui ne sont jamais détaché de leur compréhension du Plan divin et de l’évolution collective.  Aussi, nul être incarné ne peut-il leur imposer sa vision par rapport à la manière de résoudre une situation ou un problème.  Pour cette raison, tout aspirant à l’Initiation devrait donc d’abord demander à se réaliser dans l’Amour qui permet de devenir un foyer de rayonnement et un instrument de service, permettant ainsi à l’Esprit de Vie, aux Maîtres et aux Intelligences cosmiques d’accomplir en soi ce qui aide tous les êtres, plutôt que de l’aide dans l’ordre contingent.  S’il respecte cette consigne, il pourra s’étonner des encouragements et de l’aide multiforme qu’il recevra.  Car toutes ses demandes doivent viser à permettre à la Loi cosmique de s’accomplir dans sa propre vie et dans celle des autres.  Même qu’il devrait aussi s’efforcer discrètement de faire connaître cette Volonté cosmique en intégrant lui-même partout la nécessité qui s’impose à tout être de s’accomplir.  Voilà la forme d’aide qu’un aspirant peut demander à son Maître plutôt que ce qui comble ses besoins physiques et, à plus forte raison, ce qui relève de ses caprices et de ses fantaisies.

Le Maître montre comment chacun gagne à vivre dans le plan matériel et comment il lui faut se préparer afin d’accéder à un monde meilleur, à la Vraie Vie, ce qui dépasse l’ordre de la survie.  Il porte le Flambeau de la Connaissance sacrée qu’il passe à des disciples.  À son heure et à sa place, il conserve l’Arche d’alliance par laquelle Dieu préserve pour ses enfants l’art de l’utilisation de l’Essence subtile des mondes invisibles.  Il incite un groupe d’êtres incarnés à étudier les mystères de la Manifestation, de la préexistence de l’âme, de la vie après la mort, des divers aspects de l’existence, par une réflexion sur l’intangible, l’inconnaissable, soit sur le Verbe ineffable, une recherche qu’il mène à la fois dans l’ordre de la logique de l’esprit et des facultés intuitives du cœur.  Il montre la Voie qui permet d’échapper au dilemme du temps et de l’espace, expliquant comment le fini sert d’instrument pour se redécouvrir ou se reconnaître dans sa Réalité essentielle et devenir des collaborateurs de l’Infini.  Sans la parole des Êtres illuminés, l’être humain, qui se heurte à la relativité, resterait incapable de mettre à profit l’occasion qu’il a de se conquérir lui-même, avec son monde matériel.  Parce qu’il a parcouru le Sentier de la Maîtrise de soi dans le temps et l’espace, le Maître peut montrer à son disciple comment surmonter tous les conditionnements de la conscience humaine, tous les facteurs de la limitation, dans la mesure qu’il veut bien l’entendre et l’écouter et qu’il entend sincèrement se délivrer de son apparente impuissance.  Une fois cette tâche accomplie, le disciple peut continuer d’avancer sur la Grande Voie cosmique qui élève sur un autre plan de la Réalité où la Vie est plus réelle, où d’autres enfants divins, libérés de leur véhicule d’argile et des contingences de la densité de la dualité, font face aux défis d’une autre existence, de cycles au-delà de la Terre, explorant des jours et des nuits qu’il lui reste à comprendre.

Le Maître apparaît dans la vie d’un disciple pour lui indiquer le chemin lorsqu’il en est venu à refuser toute autre forme d’autorité le liant à l’injustice, à l’ignorance, à la manipulation des êtres déchus et qu’il réussit à projeter son esprit, son cœur et sa volonté au-delà de la discorde et du tumulte de la vie quotidienne.  En cela, il ne fait que répondre aux signaux que lancent naturellement son taux vibratoire, dès qu’il dépasse une certaine fréquence.  C’est ce qu’évoque la maxime initiatique: «Quant le disciple est prêt, le Maître apparaît».  Sauf que c’est le disciple qui s’est préparé à cette suave aventure d’obtenir une direction spirituelle.  Alors, le Maître lui démontre les divers aspects de la Loi unique qui peut lui permettre de discipliner sa conscience qui s’éveille, pour lui communiquer la Vision éternellement vibrante de la Victoire.  Selon sa sincérité, le problème pour le disciple, c’est de comprendre que son Maître doit le délivrer de ses conditionnements, de ses habitudes délétères, de ses croyances fausses, de ses attachements stériles, de ses jugements inappropriés, de ses valeurs incertaines, même s’il y tient.  Dans cette tâche, il pourra souvent lui paraître un véritable tyran, au point qu’il pourra le suspecter d’être un imposteur, alors qu’il ne fera que veiller à l’aider à mieux saisir son plan de vie, mais en commençant par lui révéler ce qui, en lui, s’y oppose.

Le dilemme du disciple, c’est de soumettre son suprême désir de liberté à la discipline de la Flamme divine, dont son Maître est le protecteur et le défenseur.  Il doit apprendre à tenir ferme et à tenir bon après son établissement dans ses énergies, car il ne manquera pas d’agir dans sa substance et son psychisme comme le feu du fondeur et la lessive des foulons pour nettoyer et raffiner sa conscience afin de lui révéler son Individualité divine oubliée.  À vrai dire, il existe ainsi des Maîtres,  des Messagers de Dieu sur chaque plan de conscience, dans chaque dimension de l’être: le Cosmos représente une Hiérarchie synarchique, mais dépourvue des notions d’ambition et de préséance.  Pour le disciple, il ne lui reste qu’à les reconnaître des faux maîtres, jusque dans les plans subtils, où il existe bien des esprits malicieux et imposteurs dans les plans subtils inférieurs.  Par bonheur, en chacun, il existe une petite voix douce et calme pour les confirmer depuis les profondeurs de l’être.  Il importe au plus haut point que le disciple comprenne que le Maître ne dispense pas des cours de philosophie, mais un enseignement spirituel.  Il enseigne la Loi cosmique et ses principes naturels.  Tout au long d’un même cycle évolutif, la Loi et les principes qui l’expliquent restent immuables et intangibles.  Seule la manière de les appliquer dans la vie individuelle peut varier d’un sujet à un autre ou d’une période de la vie à une autre.  En général, le Maître ne s’occupe de gérer la vie d’un individu et de vérifier comment il applique les principes spirituels dans sa vie, se contentant de le conseiller, quand celui-ci le consulte, s’il juge cette intervention utile, pertinente ou nécessaire.  Il ne tmaîte-2race de modèle de vie pour personne, se contentant de fournir, s’il y a une demande, des suggestions de sagesse, non des directives.  Alors, un candidat ne peut pas s’attendre à ce que le Maître accepte de discuter ou de discutailler sur les points de doctrine qu’il professe, parce qu’il en a fait des certitudes d’expérience.

Le rôle du Maître ne consiste pas davantage à convaincre un esprit sceptique ou poltron, mais à fournir à ceux qui ont foi en lui la nourriture spirituelle dont ils ont besoin.  Aussi, le candidat ne doit-il pas s’étonner que le Maître l’ignore ou l’écarte, s’il tente de faire tourner les rencontres ou les séances de cours en subtiles spéculations, en vaines cogitations, en stériles contestations.  Le Maître sera toujours plus qu’heureux de répondre aux questions d’un aspirant, si celui-ci désire sincèrement obtenir des réponses de nature à préciser ou à clarifier le contenu de son enseignement.  Mais il n’acceptera jamais de se livrer à des échanges qui viseraient à faire modifier le contenu de son enseignement ou à réduire ses cours à de pures cogitations intellectuelles, pas plus qu’il ne se permettrait de porter des jugements de valeur sur d’autres instructeurs, avérés ou faussaires.  Pour chacun, il existe cette Étincelle de vie, en lui, qui fait battre le cœur au rythme du cœur de Dieu, mais qui détient aussi le Pouvoir, donc les solutions à ses problèmes et les réponses à ses questions, et dont le Maître n’est que le représentant, le temps qu’une meilleure communication s’installe entre le disciple et ce Centre divin.  Mais il existe bel et bien un Médiateur, le Gardien du Seuil, qui se dresse au pied de l’Échelle cosmique, l’épée à la main, pour séparer le réel de l’illusoire et maintenir le Pont de la Descente et de la Remontée entre l’être humain et la Monade divine.  Celui-ci distille la Lumière qui a inspiré les grands êtres de tous les temps, brillant plus fortement chez certains que chez d’autres.  Quoi que cette Lumière puisse briller à travers une personne particulière, elle émane, en fait, du Christ éternel, du Verbe qui s’est fait chair en chacun, unissant tous les êtres.  Le Maître, son interprète, un Messager que Dieu a envoyé pour aider le chercheur à sonder des dimensions qui échappent au spectre limité de la Matière, capté par les cinq sens, veille à l’élever sur le plan de son âme, car il ne pourrait y arriver seul, prisonnier de son véhicule de chair qui le rend presque inapte à saisir son identité réelle au-delà du Monde fini.  Dans ce contexte, le Maître incarné apparaît comme une Parcelle de la Lumière divine envoyée sous le voile de la chair, ce qui échappe à la compréhension de l’être humain ordinaire.  Aussi, pour reconnaître un Maître, le chercheur doit-il dépasser les apparences, entrer en contact avec la Lumière impersonnelle du Père-Mère qui l’a envoyé.  Le rôle du Maître consiste précisément à allumer dans son disciple cette Étincelle de la divinité qu’il porte en lui, le guidant par sa parole et son exemple.

À la vérité, à chaque étape du périple évolutif, il se présente un Maître assigné à un cycle préétabli, qui se revêt d’une enveloppe corporelle, pour révéler encore une fois la Lumière du Christ comme très présente et très réelle juste au-delà de la nature concrète des mortels.  Avec habileté et un zèle concentré, il révèle le Christ comme le Fils de Dieu ou comme l’Homme parfait, l’Être créé à l’image et à la ressemblance de son Créateur, qui réside en chacun des êtres et qui définit son genre de contact avec la sphère ardente, le Cœur solaire flamboyant qui bat dans chaque Enfant de Dieu.  Même qu’il révèle l’être humain comme son propre Créateur et son propre Sauveur.  En cela, le Maître fait preuve de sa sagesse, reconnaissant quand il doit être strict, exigeant et sévère et quand il doit être généreux, cordial et chaleureux.  Il sait quand il faut agir et quand il gagne à s’abstenir puisqu’il comprend qu’il n’est pas toujours sage de donner aux gens ce dont ils pensent avoir besoin.  Dans certains cas, il doit garder une vision élevée pour les autres et les aider à la trouver, plutôt que de leur donner ce qu’ils demandent.  Parfois, il peut même refuser d’accéder à la requête de quelque chose dont ils pensent avoir besoin au nom de leur expansion.  C’est ainsi que le Maître, qui n’a pas toujours la tâche facile, fait de toute sa vie un enseignement au lieu de se contenter de parler.  Il avance vers sa propre vérité, guidant chacun vers la sienne, peu soucieux qu’elle soit partagée.  Il n’aime pas d’un amour qui fait coller à lui, qui inféode, mais à la manière d’un aimant qui attire, pour ensuite pivoter et repousser ceux qu’il a attirés, pour qu’ils comprennent qu’ils doivent s’accomplir par leur propre expérience dans le Monde.

Un disciple ne peut que retirer d’immenses avantages, bienfaits et bénédictions à vivre en présence d’un Maître ou sous sa direction, mais il ne doit retenir de lui que les informations qu’il ressent bien pour évoluer par lui-même.  Car le rôle du Maître consiste à l’affranchir, à le rendre libre, indépendant et autonome, tout en le gardant fraternel et solidaire de l’humanité.  Comme il représente une autorité que sent un cœur ouvert, pour le disciple, la tentation est grande de l’imiter ou de compter sur son discernement, soit de lui remettre son aptitude de juger de ce qui est bon pour soi.  Pourtant, le Maître ne peut qu’ouvrir des portes, il ne peut la franchir pour un autre.  En cela, il ne cherche jamais à prendre le pouvoir d’autrui, mais à le redistribuer.  Aussi, en sa présence, le disciple doit-il écouter avec attention pour éviter de prendre toutes ses affirmations pour la vérité.  À chaque instant, il reste celui qui doit se demander si ce que le Maître sait lui convient, si ce qu’il profère peut s’appliquer à lui.  Le Maître ne vise pas à fabriquer des disciples et à en augmenter le nombre, mais à gommer l’oubli dans l’esprit de ceux qui viennent à lui et choisissent de l’accompagner.  Il constitue un instrument de Dieu placé auprès de lui parce que, dans son Amour, il ne voulait pas le laisser complètement démuni et isolé dans son sentiment de séparation.  C’est un interprète de Dieu capable de montrer une des voies de la Voie, d’enseigner, de guider, de rappeler les vérités à qui veut les entendre et les manifester.  Il aide le disciple à écouter les appels divins en lui, cette Voix qui y parle, l’outil qui reste, pour chacun, le plus usuel et le plus accessible.  En passant, beaucoup d’êtres engagent leur contact avec leur Centre divin en s’imaginant s’adresser aux Maîtres réalisés ou à de Sages conseillers invisibles.  Il appert que ce moyen de communication avec les plans supérieurs peut suffire pour un temps, mais que le vrai but à atteindre reste celui de devenir son Grand Soi, de fusionner avec lui.  Tôt ou tard, il faut donc que le disciple choisisse cette priorité et lui consacre un engagement exclusif, ce qui peut l’amener à quitter un Maître incarné.  C’est la seule façon de réaliser cette dimension de lui en permanence, ce qu’il peut faire à chaque instant, si la prise de conscience est suffisante.

Un candidat à l’Initiation peut suivre l’enseignement d’un Maître, mais il doit bien se garder de dépendre de lui, car il échapperait alors à sa responsabilité de s’accomplir dans la liberté.  Certains chelas exigent beaucoup de leur Maître, en plus de s’attendre à ce qu’il respecte les mêmes règles qu’eux, qu’il corresponde physiquement, psychiquement et spirituellement à leurs préjugés, à leurs attentes, à leurs images mentales.  Ils cherchent à l’amener à répondre à toutes leurs questions et à régler tous leurs problèmes, car cela requiert de leur part moins d’efforts personnels que de s’intérioriser, s’analyser et prendre leurs propres décisions.  Ne font-ils pas de même en voyage, s’arrêtant prendre des renseignements à une station-service au lieu de se reporter à leur carte routière, puisque c’est plus facile, rapide et sécurisant?  Mais à trop agir ainsi, ils émoussent leur sens de l’initiative et ils minent leur confiance en eux-mêmes.  Sauf que si, dans ce choix, les choses en viennent à mal tourner, ils trouvent rapidement sur qui projeter leur hargne et leur frustration. De la même manière, nombre de disciples se préoccupent des gestes ou des expressions faciales du Maître, sans jamais comprendre les traits de caractère et la réalité de l’âme qui forment leur être intérieur.  Le vrai chercheur doit moins se préoccuper de la beauté extérieure des apparences que de la beauté intérieure qui produit, dans tout aura, des manifestations admirables et y accomplissant le Dessein divin.

C’est dire que, dans la vie courante, beaucoup d’étudiants de la Voie spirituelle se cherchent un Maître pour lui conférer la responsabilité de leurs affaires.  Ils ne se rendent pas compte qu’ils remettent alors la clé de leur destin à l’Univers qui ne peut choisir pour eux.  Cette attitude revient à redonner à Dieu le libre arbitre, la faculté de choix, le présent le plus précieux qu’ils aient reçu, qu’il a conféré à chacun.  D’autres s’occupent de tenter d’impressionner le Maître par leurs qualités ou leur présumé savoir, que souvent ils surestiment, oubliant que celles qu’ils possèdent, le Ciel les connaît déjà.  Plusieurs disciples ne comprennent pas qu’un Maître avancé ne soit pas forcément complètement libéré de la douleur et de la souffrance, de ses émotions et de certaines faiblesses qui participent pourtant de l’expérience en incarnation.  Mais, en général, il s’en occupe et, avec le temps, il parvient à trouver un moyen de les apaiser et de les harmoniser, quoi qu’il arrive autour de lui, tout dépendant de la lourdeur de sa charge.  Pour ce faire, il écoute les directives de son Centre divin afin d’engendrer l’harmonie et la clarté pour ce qui les concerne.  Dans ses brefs moments d’irritation ou de colère, il sait transformer ses émotions en un instant, se demandant sur quoi il doit porter son attention pour les faire disparaître.  Cela gagne à être su, car, par ses malencontreuses projections, qui finissent par créer, le disciple qui n’entretiendrait pas une relation constante d’amour avec son Maître ne tarderait pas à commencer à le déprécier, ralentissant d’autant son évolution.

En effet, plus un Maître est lumineux, plus celui qui l’approche plein d’amour, s’élève rapidement, obtenant plus qu’il n’espère.  Cependant, celui qui l’aborde rempli de doute et de suspicion reçoit toutes les raisons de douter davantage de lui et de le suspecter encore plus.  De ce fait, si un disciple choisit de changer de Maître, parce qu’il croit pouvoir en trouver un autre plus compétent ou conscient, il doit s’adapter aux techniques de son nouveau guide en abandonnant les anciennes.  Et il est probable qu’il devra reprendre son parcours initiatique depuis le début, parce que chaque Maître opère sur une fréquence différente qui impose une compréhension différente.  Dans la réalité, il est facile pour un Maître de se promener parmi les gens incognito, car il n’a qu’à se donner l’apparence d’un être qui ne correspond pas à l’image qu’ils se font d’un tel personnage pour ne jamais être reconnu.  Le chercheur devrait comprendre qu’il est illusoire de penser qu’un être spirituellement évolué doit être célèbre, connu, conforme à une vision particulière d’un chef spirituel.  Beaucoup d’entre eux, surtout ceux qui préparent une élite d’illumination, n’acceptent que très peu de candidats autour d’eux.  Du reste, beaucoup d’êtres fort évolués vivent seuls, œuvrant psychiquement sur des plans intérieurs particuliers de la Réalité, pour diffuser l’amour et la paix et pour répondre aux appels d’une direction plutôt subtile des âmes qui s’éveillent.  Beaucoup d’entre eux occupent de modestes emplois de service, apparemment démunis, peu d’entre eux acceptant de jouir d’une grande visibilité.  Aussi, la qualité d’un Maître ne s’évalue-t-elle pas au nombre de personnes qu’il attire, mais à la qualité des âmes qu’il attire.  Autrement dit, le Maître n’est pas celui qui attire le plus de disciples, mais celui qui fait le plus de Maîtres.

Cela n’empêche en rien que, plus un Maître est lumineux, plus il attire un mélange bigarré d’âmes fortes et d’âmes faibles qui viennent former autour de lui un microcosme ressemblant à la part de la société humaine qu’il a été chargé d’illuminer.  Pour sa gouverne personnelle, que le checheur retienne que la renommée et la richesse ne sont nullement des signes probants du degré d’Éveil.  Jusqu’à ce jour, le Maître veillait à se charger d’abord d’aider son disciple à dissoudre l’ombre de la qualification négative qu’il recelait, avant de hausser le taux énergétique de sa conscience.  Avant d’ensemencer un jardin, ne faut-il pas défricher le terrain et le labourer?  Aussi aidait-il son disciple en lui conférant la Sagesse sacrée susceptible de l’amener à employer correctement une énergie intensifiée.

Toutefois, par Décret divin, aucun Maître ne peut plus donner la main à un disciple et accomplir une large part de sa tâche, brûlant sur lui-même ses scories, comme il ne peut plus révéler la direction de conscience d’un disciple ou lui transmettre les informations qui l’aiderait à tracer une route toute droite.  Croire le contraire ne constituerait qu’illusion infantile et supercherie de la part de semeurs de fantasmes, de pseudo-guides qui ne peuvent qu’amener un être à se dévoyer.  Le Maître porte désormais le titre de Montreur de Voie.  Ce Montreur de Voie peut révéler à son disciple des probabilités, aussi mouvantes que la conscience humaine, pour attiser peu à peu son ardeur et éclairer sa marche, mais, dans l’intensité des énergies actuelles, aucunes prévisions ne tiennent bien longtemps, aucune consigne ne reste sûre, aucun conseil n’a quoi que ce soit d’absolu.  Mais jamais plus il n’agira à la place de la personne qu’il aide, jamais plus il ne laissera transpirer l’ampleur de sa conscience et du registre de ses facultés subtiles.  Car le Maître n’a jamais pu s’adonner au prosélytisme et il ne peut plus former un cercle d’élus.  De plus en plus, il importe que celui qui se cherche un Maître se cherche lui-même, puisqu’il est son propre Maître et qu’il lui reste si peu de travail à accomplir sur lui-même avant de se découvrir.  Désormais, l’Homme appelle chaque être humain, l’éveillant à ses propres responsabilités, surtout à celle de découvrir en lui l’espace illimité de son Esprit.    C’est l’espace qui renvoie le disciple à sa juste place, loin des gourous et des chefs religieux, hors des temples et des églises, jusqu’au Foyer, où il peut récupérer le Joyau ou Noyau diamantin de sa propre origine.  Car le Montreur de Voie, comme le Maître autrefois, n’ensemence pas vraiment une âme, il y active plutôt la semence qui y est déjà tout entière, prête à germer et à produire ses fruits.  Il la stimule, il la féconde, il garde la Flamme de Vie allumée en lui.

Ainsi, que celui qui sent la force refuse le titre de Maître et prenne celui d’Homme, tout au plus de Montreur de Voie.  Dieu n’appelle plus les êtres humains à devenir des Maîtres, mais à être pleinement, à agir comme les témoins simples, humbles, désintéressés de l’Amour.  Car le Montreur de Voie n’est juste et vrai que dans la mesure qu’il suggère des entreprises dont le chercheur qui le consulte doit devenir le maître d’œuvre.  Autrefois, c’était mal payer un Maître que d’en rester indéfiniment l’élève;  aujourd’hui, c’est mal payer un Montreur de Voie que de lui accorder trop d’autorité.  Depuis toujours, le meilleur Maître de l’être incarné, ce sont les épreuves qu’il attire dans sa vie, par la loi d’Attraction et de Causalité ou de Compensation.  En fait, peut se considérer Maître, sans le dire, celui qui est le «Je Suis», soit celui qui le manifeste dans toute sa splendeur en le proclamant dans toute sa transcendance et son impersonnalité, soit dans sa capacité d’englober le Tout, de se fondre dans toute forme de vie.  Celui-là est capable de se centrer et de fusionner à volonté avec son Centre divin.   En cela les connaissances mentales ne servent à rien ou presque, puisque l’étude de la science ne sert qu’à jouer avec les reflets et à tenter de les mettre en conserve.  La vie ne se met pas en équations mathématiques, en représentations mentales, en principes métaphysiques, elle s’expérimente dans le feu de l’action dans le moment présent.  C’est dire que le seul Maître personnel est et demeure maître-5la Conscience intérieure.  Il n’empêche que seul un Maître visible ou invisible peut conférer les initiations, qui permettent d’ouvrir les divers Portails de la Voie, parce qu’elles doivent provenir de la Hiérarchie divine légitime.  On gagnera à retenir que le meilleur contact avec le Maître intérieur, comme avec le Grand Maître de la Vie, est celui de la pleine Lune de mai, la Lune du Taureau.

Présentement, sur Terre, nul n’a plus le droit de porter le titre de Maître, une directive divine qui vise à amener chaque être à se prendre en main et à se reconnaître dans l’égalité de ses semblables incarnés.  Cela ne signifie en rien qu’il n’y a plus de Maîtres spirituels œuvrant sur Terre ou dans les plans subtils, que les Maîtres se sont évaporés dans l’Éther, pour avoir abandonné l’humanité. Sauf que, désormais, le Maître porte si bien l’habit du monde, simulant leurs manières, leurs coutumes, leurs émotions, parfois leurs dépendances, qu’on ne le reconnaît plus.  D’autant plus qu’il n’accepte plus officiellement de disciples.  C’est que, au point actuel du processus de l’Ascension, chacun détient en lui tout ce qu’il lui faut pour parvenir à son But ultime de réintégrer le Foyer originel, désormais parfaitement conscient de lui-même, capable, alors, d’être pleinement, soit de vibrer à plein cintre, tout simplement.

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