LE GRAAL, L’IDÉAL DE TOUTE QUÊTE SPIRITUELLE SUR TERRE…

Le mot «Graal», d’origine mésopotamienne, désigne d’abord la «Déesse d’Essence maternelle» et, par conséquence, le «Nectar de Suprême Excellence».  Spécifiquement rattaché au sang, au sens de lignage, il évoque la lignée royale.  Car on peut dire «Saint-Graal» comme on dit «Sang real» ou «royal».  En ce sens, il est d’abord relié au calice qui figure les entrailles féminines du fait que, à une époque, il contenait le pain de vie, une pâtisserie faite à base de menstrues de jeunes vierges qui favorisait l’ouverture de la conscience et la pérennité.  Avec le temps, ce récipient a désigné de la Coupe sacrée, le vase de l’Amour ou du Savoir, de couleur verte, contenant le «semen» christique, rouge et qui peut symboliser le dépôt de la Tradition et son occultation à la phase finale de l’Âge de fer.  Dans les légendes, selon les différentes cultures, on représente le Graal par une coupe, un vase, un talisman, une pierre précieuse ou par le Livre de Vie.

Dans son acception la plus large, le Graal désigne le Livre de la Connaissance suprême, appelée la Sagesse.  Ailleurs, il figure le chakra du cœur.  Mais, dans la Tradition chrétienne, il devient la coupe du vin eucharistique, offert dans l’amour qui dilate à l’infini.   Celle-ci aurait d’abord servi à la dernière cène avant de contenir le sang de Jésus, la boisson d’immortalité.  C’est Joseph d’ArimGraalathie qui aurait recueilli le sang et l’eau qui s’échappaient de la blessure faite au flanc du Seigneur lors de sa crucifixion.  Ensuite, Joseph d’Arimathie (le pouvoir royal) et Nicodème (le pouvoir sacerdotal) auraient emportée ce vase en Bretagne.

Selon la légende, les Anges auraient originellement sculpté cette coupe dans une émeraude tombée du front de Lucifer, l’Ange de la Couronne et le Porteur de la Lumière, lors de sa chute (ou descente) sur la Terre.  Elle fut d’abord confiée à Adam qui la perdit lors de son exil de l’Éden (le Paradis terrestre).  Alors, Seth, le restaurateur de l’Ordre primordial, aurait obtenu d’entrer au Paradis, le Centre du Monde, pour recouvrer le précieux trophée.  On n’entendra plus parler de cet objet mystérieux avant la «Quête du Graal», un texte de Chrétien de Troyes, un écrivain français du Moyen Âge, qui en fait le Trésor des trésors que le Chevalier peut trouver en lui-même, s’il ne craint pas de le chercher sous la tourbe qui le recouvre.  Cet auteur assure que ce vase précieux, conservé au Manoir du Graal, le Temple de la Lumière, placé au sommet de la Création, détient le pouvoir de détruire tous ceux qui ne se sont pas livrés à nombre d’épreuves initiatiques et ne les ont pas maîtrisées parfaitement.  Car seul celui qui devient pur comme le preux Galaad, une image de l’Initié, de l’Androgyne ou l’Homme blanc marié à la Femme rouge, complètement détaché de sa quête, peut en prendre possession.  Car c’est le seul être humain qui, depuis sa disparition, a pu se l’approprier.  Ce qui n’empêcherait pas que la quête pour le découvrir en vaudrait tous les sacrifices, puisqu’il conférerait l’invincibilité, l’invulnérabilité, la jeunesse éternelle, la beauté idéale, la félicité et l’immortalité.  Mais il reste caché aux yeux de l’impie.

Dans ce dernier sens, le Graal figure le but réel et ultime de la Vie, relié à la Terre Sainte, où il demeure à jamais, dans la Jérusalem céleste.  Par une allusion faite à une vierge qui porte un plat creux, appelé le Graal, on peut découvrir la constellation de la Vierge, qui se compose de trois étoiles, placées en forme d’un calice, gage de réceptivité et de fertilité.  De ce fait, celle-ci pourrait symboliser ce vase magique qui reçoit la Divinité et qui contient le baume éternel des blessures de l’âme.  Dans la «Cabale», cette Coupe enchantée désigne «Daat», la Séphire mystérieuse et voilée, qui permet de s’extraire de l’enfermement, ce qui en fait la Source de la Connaissance de l’Archétype premier ou du Modèle absolu.

Ailleurs, associée à la Vie et à la Révélation, cette coupe mystique réfère à un Navire ou à un Vaisseau qui contient les germes de la Renaissance cyclique et la Connaissance perdue.  Même que, à l’occasion, on l’associe au Vase d’élection qui confère l’Illumination spirituelle.  Il s’agit alors de la Terre vierge, de la Substance réceptive ou de la Nature naturante dans laquelle un pacte a été signé, entre le Ciel et la Terre, pour mener à la Rédemption.  Pour l’individu, elle rappelle la coupe de sa conscience offerte à l’action constante de Dieu.  Ce trésor caché à l’intérieur de tout être, don de vie, nourriture spirituelle, devient une source d’énergie inépuisable et de protection absolue.  Associé à la plénitude intérieure que les êtres humains ont cherchée depuis leur chute, elle exprime la Réalisation finale dans l’Amour spirituel ou divin.  Il est caché si près de chacun que nul ne le voit.  Car, pour le découvrir, il faut faire taire le mental et détourner le désir dans la méditation.  On assure que les Ordres du Graal, de Melchisédech et de la Rose+Croix en connaissent le concept total et peuvent enseigner les étapes initiatiques qui mènent à sa découverte ou à sa possession.  Alors, peut-être que le Graal représente simplement l’être humain illuminé, le Temple de Dieu, qui a fusionné dans l’Amour pur.

Des parchemins égyptiens indiquent qu’il manquait un éclat au Saint Graal, exactement comme celui de l’infante Urraca, conservé dans la basilique de San Isidoro, en Espagne.  Comme il a été signalé plus avant, il s’agirait du calice de la Cène qui aurait été conservé au Saint Sépulcre de Jérusalem pendant des siècles, jusqu’à ce qu’un émir arabe l’eût offert au roi Ferdinand Premier, dit Le Grand, afin de sceller la paix. Celui-ci l’aurait offert en retour à sa fille qui le para précieusement.  Pour d’autres enfin, ce qui est plus sûr, il s’agit du «yoni» de Marie-Madeleine, la Grande Initiée, dont les écrits restent boudés par les Églises chrétiennes, qui aurait été le plus grand disciple de Jésus, même son épouse, et qui lui aurait donné une progéniture abondante par deux enfants, un fils et une fille.   Mais personne ne gagne encore à trop s’étendre sur ce sujet…

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La Société ou le Mouvement du Graal évoque une association ésotérique qui révèle la Gnose, donc qui fournit la connaissance de la Loi et des principes qui régissent la Création entière et qui révèle les rapports profonds entre tout ce qui existe.  La Quête du Graal exprime la recherche de soi-même, de ce qu’un être est en tant que Je Suis, de la Réalisation divine.  C’est la recherche de la Parole perdue ou de la Sagesse suprême devenues inaccessibles au commun des mortels.  Pour la mener, il suffit de la vouloir et d’avancer ensuite dans la spontanéité de l’immédiateté.  La conquête du Graal évoque la remontée au Paradis perdu et l’accession à l’immortalité.  Le Temple du Graal se dresse dans la ville de Trehorenteuc, en Brocéliande.  À son fronton, au-dessus du Portail d’accès, il porte l’inscription : La porte est au-dedans.

 

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