CHACUN NAÎT ET MEURT LES MAINS VIDES…

On définit le droit de propriété comme celui qu’un être détient d’user, de disposer et de jouir d’un bien qu’il possède en propre, d’une manière exclusive et absolue dans les conditions fixées par la loi.  La propriété, qui peut être mobilière ou immobilière, peut encore désigner la chose elle-même qui appartient à quelqu’un, ce qu’il possède de plein droit, les biens-fonds d’un propriétaire.  En fait, celui qui mêle son travail à la nature, gagne la propriété de cette partie de la nature associée à son travail, sous réserve qu’il doit en laisser en commun, et d’aussi bon, pour les autres.  Et, lorsqu’il n’en a plus besoin, il gagnerait à le donner à qui en a le plus besoin, au lieu de le conserver pour en faire un legs d’héritage.

proprieteDans la majorité des pays, le propriétaire dispose d’un droit important, le droit entier sur ses biens ; il est le seul à pouvoir en user et en disposer. Il peut s’opposer à l’intervention d’un tiers sur ses biens en exerçant d’une action en justice.  Aussi, le propriétaire peut se voir restituer son bien lorsqu’il le revendique face à un éventuel ravisseur.   Le droit de propriété n’est pas limité dans le temps. Tant que le bien existe, le droit de propriété peut continuer à s’exercer sur lui. Ainsi, le fait de ne pas utiliser le bien pendant un temps ne retire pas pour autant le droit de propriété de son titulaire sur ce bien ; l’absence d’usage de la chose ne fait pas perdre au propriétaire son droit : le droit de propriété est imprescriptible.  On peut rappeler que même lorsque le titulaire change, la propriété subsiste ; ainsi de la possibilité pour les héritiers d’acquérir le bien possédé par leurs ascendants. Il existe donc bien, mais malheureusement, une continuité de la propriété, bien que le titulaire ait changé.

Le propriétaire dispose en principe d’un droit absolu sur ses biens.  Sauf qu’en certains pays, les droits miniers, qui participent d’une exploitation du sous-sol, peuvent échapper au propriétaire d’un terrain.  Cependant, il existe des restrictions légales et réglementaires à ce droit afin de préserver les droits des autres et donc l’intérêt général. L’absence de respect de ces limites conduit à abuser du droit de propriété. C’est le cas du propriétaire qui gène ses voisins en provoquant des troubles anormaux qui leur nuisent.  En pareil cas, il pourrait être condamné à réparation en raison de torts causés (leur caractère anormal devant être déterminé par les juges du fond).  Aussi, le propriétaire peut abuser de son droit en cherchant à nuire à autrui, par le biais de son droit de propriété, ce qui peut également être sanctionné à l’avantage des plaignants.  L’exercice légitime du droit de propriété s’arrête donc dès qu’un propriétaire commet une faute en vertu de la responsabilité de droit commun, ce qui doit être appréciée «in abstracto».

Comme on le voit, la jouissance d’un droit de propriété sur un bien confère trois pouvoirs : le pouvoir de l’utiliser : (résider et occuper son unité, ce qui est l’«usus»);  le pouvoir d’en recueillir les fruits : mettre son unité en location et en percevoir un loyer (c’est le «fructus»);  et le pouvoir d’en disposer librement : vendre votre unité ou y faire des travaux (c’est l’«abusus»).

Voilà ce que dit la loi humaine, dans les diverses sociétés.  Toutefois, en réalité, du point de vue spirituel, le droit de propriété n’existe pas.  Personne n’est jamais propriétaire d’une chose, d’un terrain ou d’un bien, puisque, par droit divin, toute la Terre appartient au corps de la Mère-Terre, qui est souveraine.  Nul ne peut acheter quoi que ce soit à Dieu ou à la Nature, à qui tout appartient, il ne peut que l’emprunter et le bien gérer, avant de le confier à un autre, s’il reste utilisable.  Sans quoi il ne peut que le remettre à la Terre.  Cette planète, qui est un être vivant et conscient, n’avait pas à accepter le service qu’elle a rendu à l’humanité.  Ainsi, celui qui croit posséder une parcelle de terrain ou des droits qui l’y autorisent, n’en est que le dépositaire ou le régent temporaire, en plus d’être entièrement responsable, devant les Hauts Conseils planétaires et galactiques, des traitements bons ou mauvais qu’il lui inflige.  Un être humain peut-il se dire propriétaire de quelque chose?  Non, il n’en est que le régent temporaire.  Tout appartient à Dieu seul par la Nature.

Celui qui se croit le premier possesseur d’une chose, comme une inspiration, l’emprunte tout de même à l’Être cosmique.   Personne n’a jamais passé un contrat d’achat avec la Nature ou le Cosmique. À partir des lois humaines, nous pouvons nous offrir, les uns les autres, des compensations et obtenir ainsi certains droits d’usage exclusif de biens et propriétés.  Cela est légitime dans une société immature.  Mais, au point de vue mystique, nous sommes toujours redevables à Dieu pour de tels bienfaits. Nous sommes toujours, en tout et pour tout, les obligés de l’Être suprême et de la Nature éternelle.

Ce que nous avons dûment gagné, par nos efforts concrets et légaux, soit par labeur physique et mental, nous n’avons pas forcément à le partager avec les oisifs et les parasites de la société.  À chacun de mériter ce qui lui revient, c’est-à-dire ce dont il a vraiment besoin.  Ainsi, dans ce monde, tout ce qui est, a été ou sera un jour, tout cela est à notre service.  Cela peut nous être prêté pour la durée de notre vie, pour autant nous en avons réellement besoin.  Nous pouvons alors le protéger et le conserver, payer pour l’employer judicieusement.  Mais nous ne possédons rien, au sens cosmique, puisque nous n’avons jamais acheté quoi que ce soit au Créateur.

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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