NOTRE AMI LE CHEVAL

On dit du cheval qu’il est la plus noble conquête de l’homme.  Et c’est vrai que, de tous les compagnons domestiques, il est celui qui lui a rendu les plus grands services et dont l’allure est la plus digne ou noble.  Comment ne pas être frappé par sa beauté altière?  Elle fascinait déjà des ancêtres magdaléniens, qui les peignaient à Lascaux, il y a plus de dix mille ans.  Cette noblesse on lCheval-ancêtrea retrouve à travers toutes les races, quelles que soient leurs particularités morphologiques.  En fait, cet animal a été l’un des grands moteurs de la civilisation.  Dans l’histoire de l’humanité, comme la maîtrise du feu ou, plus tard, l’invention de la roue, la domestication du cheval a constitué l’une de ces étapes décisives au cours de laquelle le progrès a brusquement fait un véritable bond en avant.  Le cheval a permis d’entreprendre des voyages, de raccourcir les distances, de décupler la force et la mobilité de l’homme, et, par là, son emprise sur l’environnement.  Depuis, l’histoire de l’homme et celle du cheval ne se sont jamais séparées.  Aujourd’hui encore, on trouve le cheval partout, autant dans les villages que dans les grands espaces, dans les déserts que les montagnes, les cérémonies royales que les fêtes populaires, les tâches quotidiennes que les rencontres sportives.  On peut les voir à l’œuvre comme chevaux de traîneaux ou de brasseries, dans les festivals de Séville (Espagne) et d’Allemagne, dans le «stampede» de Calgary (Canada), dans un rodéo du quartier, dans le «Cadre Noir» de Saumur (France) et les Lipizzans de Vienne (Autriche), dans la Gendarmerie royale du Canada et la Police montée de Montréal (Québec, Canada).  Somme toute, il fait autant partie de la journée d’un simple petit garçon que celle d’un grand nom du sport équestre.

L’ancêtre du cheval est l’Eohippus, un petit animal de la taille d’un renard qui possédait quatre doigts à la place du sabot.  Ce n’est qu’après une évolution en plusieurs étapes que ce petit mammifère est devenu le véritable équidé des peintures rupestres.  Le mot «Equidae» recouvre toutes les espèces de la famille du cheval, appelée Equus caballas, qui comprend également les ânes, Equus hemonies, et les zèbres, Equus zebra.  Petit à petit, les membres de la branche Equus caballas évoluèrent différemment selon les régions dans lesquelles ils vivaient et les climats auxquels ils étaient confrontés.  L’évolution du cheval, tout comme celle de l’être humain, a subi l’influence de son environnement.  Les races de chevaux et de poneys telles que nous les connaissons aujourd’hui sont issues de quatre branches principales de la famille du cheval : l’Orientale, la Mongole, celle du Cheval de forêt d’Europe du Nord et d’Asie du Nord et celle du Poney celte.  Le cheval (Equus caballus) est un grand mammifère domestique ongulé de la famille des équidés.  Domestiqué dès l’Antiquité, il est utilisé aujourd’hui dans l’agriculture, le transport, les loisirs, l’équitation, les rencontres sportives.  Il sert même comme source de nourriture (hippophagie).  Cet animal a servi comme animal de guerre et de transport, permettant l’essor du commerce et favorisant la naissance et le développement de nombre de civilisations sur de grands territoires.  Longtemps considéré comme l’animal le plus utile de tous les animaux, il a largement marqué l’histoire et les progrès de l’humanité.

Le mot cheval est un terme générique qui désigne en premier lieu l’espèce domestique Equus caballus, ce qui inclut les races de harets comme le mustang.  Les véritables chevaux sauvages qui n’ont pas été domestiqués relèvent de plusieurs autres espèces.  Ce mot cheval dérive du latin «caballus» qui désignait un «mauvais cheval» et qui s’est ensuite adressé à un «hongre», puis, à un  «cheval de travail»Cheval-3. Son étymologie est incertaine, mais on pourrait y retrouver une influence du gaulois.  Dans le langage courant, cet animal reçoit de nombreux termes familiers, péjoratifs ou anciens, pour le désigner.  Parmi les termes péjoratifs figurent notamment ceux de «bidet», «bourrin», «canasson», «carne», «rosse» et «haridelle».  Le mot «canasson» peut également servir, sans connotation négative, à désigner un cheval sans particularités.  Dans les termes plus anciens, on peut trouver le mot palefroi, qui désigne la monture d’un messager, et le mot destrier, qui identifie une monture de guerre.  Chez les membres des Premières Nations d’Amérique, le cheval est parfois appelé «grand chien».

L’histoire récente des équidés est mal connue.  On ne sait pas très précisément quand s’est produite la spéciation des ânes, des chevaux sauvages (Equus ferrus), des zèbres et du cheval domestique (Equus caballus).  On ne sait pas davantage si l’espèce du cheval domestique résulte d’une sélection que l’être humain a opérée ou si elle provient de la sélection naturelle.  L’espèce ne semble exister, telle quelle, que depuis quelques milliers d’années, ce qui favorise la première hypothèse.  Quoi qu’il en soit, les racines de l’espèce équine sont nombreuses et variées.  Cette grande diversité s’explique par la sélection et des croisements menés par l’homme sur le cheval domestique, mais aussi par la grande capacité d’adaptation de l’équidé dans les divers environnements.  Contrairement à d’autres animaux pour lesquels l’entraînement et l’expérience (ou l’un ou l’autre) servent d’atouts à la survie (comme c’est le cas pour l’espèce humaine), ceux du cheval dépendent surtout de son capital génétique morphologique.  Voilà pourquoi, depuis fort longtemps, l’être humain s’est livré à un élevage sélectif fondé sur ce fait, bien avant de connaître les lois de l’hérédité.  Il semble que les premiers hommes qui aient dressé des listes d’ancêtres soient les Arabes.

La tendance actuelle dénote une baisse de la diversité de cette espèce.  En effet, les activités humaines liées à l’usage du cheval se réduisent désormais presque exclusivement au sport et au tourisme.  Ainsi, puisque toutes les races ne sont pas spécialisées dans ces types d’activité, elles sont menacées.  C’est notamment le cas de toutes les races de chevaux de trait.  On ne peut parler du cheval sans traiter brièvement du marronnage.  Si l’homme a inféodé certaines races de chevaux au point qu’ils ne peuvent plus mettre bas seuls, d’autres, en revanche, peuvent retourner à l’état sauvage et former des troupeaux.  C’est le cas des «mustangs» des États-Unis et des «brumies» d’Australie.  Signalons que ces derniers sont considérés comme invasifs parce qu’ils provoquent des dégâts importants à la flore et aux sols.  De tous les chevaux, seul le cheval de Prjevalski est resté totalement sauvage.  Le cheval de selle adulte pèse en moyenne cinq cents kilogrammes alors que les chevaux de trait, plus lourds, peuvent atteindre mille deux-cents kilogrammes.  Cet animal a une espérance de vie de vingt à trente ans.  Généralement, les poneys et les chevaux lourds vivent plus longtemps que les membres des autres races.  Les soins que les humains prodiguent au cheval domestique prolongent sa  longévité, certains d’entre eux pouvant atteindre les quarante ans.  On assure qu’«Old Billy», né en 1790 et mort le 27 novembre 1822, à l’âge de 62 ans, fut le plus vieux cheval du monde.

Par son étude des parties externes, l’hippologie apprend à décrire et apprécier les beautés, les défauts et les tares du cheval.  Il faut dire que l’examen morphologique de cet animal est mené depuis belle lurette.  Déjà vers l’an 400 av. J.-C, un Grec, Xénophon, décrivait les qualités extérieures qu’il fallait rechercher chez lui dans son Traité d’équitation.  Il a notamment écrit : «Quand un poulain n’a pas encore été dressé, il est évident que c’est au corps qu’il faut regarder ; car un cheval qu’on ne monte pas ne laisse guère deviner son caractère.»  Il faut savoir que les sens du cheval sont très développés.  En effet, son ouïe est sensiblement supérieure à celle de l’être humain.  Il entend de plus loin et il perçoit des sons de basse fréquence et des ultrasons inaudibles à l’homme.  Ensuite, la position de ses yeux lui donne un plus large champ de vision latéral, couvrant presque 340 degrés.  Son odorat est très fin.  Quant à sa sensibilité tactile, accrue par les poils, elle lui permet de sentir les petites pattes de mouches trottinant sur son corps et de percevoir le vol d’une guêpe à vingt centimètres.

Comme on le sait, ce quadrupède présente des membres locomoteurs qu’il faut appeler «membres» et non «pattes».  Il présente une crinière et une queue dont les poils sont appelés «crins».  Il dispose de quatre-cent-soixante-neuf muscles totalisant la moitié de son poids.  Les experts recourent à un vocabulaire spécifique pour décrire les différentes parties de son corps.  Par convention, celui-ci se compose de trois parties externes principales : l’«avant-main», qui comprend la tête, l’encolure et les membres antérieurs ;  l’«arrière-main», composée de la croupe, des hanches, des membres postérieurs et de la queue ; et le «corps» qui constitue la partie centrale.  On appelle «robe» la couleur de ses poils et de ses crins.  Ainsi, on peut dire que ses robes, très variées, lui servent de moyen d’identification.   Pas étonnant qu’elles fassent l’objet d’une classification réglementée et d’un vocabulaire précis qui rehausse le prestige accordé à cet animal fabuleux.  En cela, les «épis» représentent des zones de direction irrégulière des poils.  On relève leur nombre et leur localisation dans leur signalement afin de permettre leur identification.  La taille et la forme de leurs taches aux membres et à la tête servent aussi de facteurs d’identification.  On recourt à des termes précis pour décrire ces taches, appelées «listes», qui portent un nom et une dénomination différents selon leur taille et leur forme.  Ainsi, la «balzane» désigne une tache de poils blancs sur les jambes, alors que l’«en-tête» identifie une tache de poils blancs sur la tête.  Le «ladre» évoque une dépigmentation des naseaux et de la bouche de l’équidé alors que la «liste» signale une trace verticale quiparcourt le chanfrein.

Le cheval est un animal grégaire qui vit en harde d’une dizaine d’individus.  Ce groupe se compose généralement d’un étalon protecteur, d’environ trois à quatre juments –dont la plus âgée agit souvent comme dominante et meneuse– et de leurs petits, gardés dans la harde pour une période de deux ou trois ans.  En liberté, les mâles dominants s’entourent d’un harem, reléguant les autres congénères de même polarité à l’état de spectateur.  Ceux-ci peuvent se battre violemment entre eux pour exercer la domination sur troupeau, mais ces disputes aboutissent rarement à la mort.  On sait maintenant que le cheval domestique possède trente-deux paires de chromosomes contre trente-trois paires pour le Cheval de Prievalski.

Pour les chevaux en captivité, la fécondation se fait de plus en plus souvent par fécondation artificielle à partir de sperme congelé.  Cette technique permet aux éleveurs de disposer facilement d’un large choix de géniteurs mâles pour leur poulinière.  Dans la nature, les poulains naissent plutôt au printemps.  Pour des raisons économiques, les éleveurs préfèrent une naissance plus précoce et ils parviennent à déclencher des chaleurs chez les juments en jouant, par exemple, sur l’intensité de l’éclairage.  La durée de la gestation est en moyenne de onze mois (soit entre trois-cent-dix et trois-cent-soixante jours) et la jument ne donne naissance qu’à un seul poulain, sauf de rares exceptions. Ce processus naturel porte le nom de «poulinage», d’où il est dit qu’une jument «pouline».  À la naissance, le poulain pèse environ une quarantaine de kilogrammes, poids qui double au cours du premier mois.  Le poulain, qui jouit de la vision dès son arrivée au monde, commence à marcher moins d’une heure après sa naissance.  Il atteint sa taille adulte vers l’âge de deux à cinq ans, selon la race à laquelle il appartient, certains se montrant plus précoces que d’autres.

Entre les chevaux, il existe une grande variété génétique.  Parmi les nombreux classements possibles, on peut regrouper ceux-ci en fonction de leur race, de leur utilisation, de leur taille et de leur robe.  À vrai dire, dans ce dernier cas, on n’établit une distinction que pour certaines races comme le frison.  Entre les races de chevaux, le critère de distinction principal reste la taille.  Par convention, on range sous l’appellation de cheval les sujets de taille strictement supérieure à 1,48 m au garot et sous celle de poney ceux de taille égale ou inférieure à 1,48 m au garrot.  C’est du moins la classification qu’adopte la «Fédération équestre internationale» pour répartir les animaux lors des compétitions.  Toutefois, outre ce critère des concours hippiques, on classe chaque équidé selon sa typologie ou la conformation extérieure de sa race d’origine, cheval ou poney, ce qui fait que, malgré sa taille, le sujet d’une race donnée ne peut pas changer.  Par exemple, un spécimen de race pur-sang arabe sera toujours classé comme cheval, même s’il présentait une taille inférieure à 1,48 m.  Il en est de même pour le Camargue, une race de cheval de taille réduite.  C’est aussi le cas du Falabella, considéré comme un cheval, malgré sa petite taille tournant autour des 70 cm, du fait qu’il démontre toutes les caractéristiques extérieures de ce type.  Le cheval peut s’hybrider avec d’autres équidés.  On nomme «bardot» le produit de l’accouplement d’un étalon et d’une ânesse, «mulet» ou «mule» celui d’un âne et d’une jument, et «zébrule» ou «zorse» celui d’une jument et d’un zèbre.

Pendant des milliers d’années, le cheval fut probablement la proie des chasseurs.  Personne ne sait exactement où le cheval fut domestiqué pour la première fois.  Toutefois, puisque l’on pense qu’il est originaire de l’Europe du Nord et de l’Asie centrale, les tribus de ces régions furent sans doute les premières à le domestiquer.  On a découvert l’une des représentations picturales les plus anciennes, témoignant de cette domestication, dans la tombe du pharaon Horemheb, qui régnait sur l’Égypte vers 1300 av. J.-C.  Lorsque les hommes surent apprivoiser le cheval et surtout le monter, de nouveaux horizons s’ouvrirent à eux.  Le cheval leur assurait non seulement une grande liberté de mouvement, mais également un avantage psychologique énorme sur ceux qui se déplaçaient à pied.  Les peuples ne connaissant pas le cheval furent certainement très impressionnés par le premier cavalier qu’ils virent.  Il est certain que, pendant très longtemps, le cheval fut le partenaire de l’homme plutôt que son serviteur.  Longtemps, en temps de guerre, la capture de bons chevaux fut aussi importante que celle des prisonniers.  Grâce aux échanges qui se firent au cours des guerres, différentes races de chevaux commencèrent à se développer.

Les premiers grands cavaliers furent les Perses, puis les Scythes, les Assyriens et les Grecs.  Pour autant que l’on sache, les Grecs furent les premiers à s’intéresser au pcheval2erfectionnement de l’équitation et au dressage.  Cependant, les cavaliers de l’époque connaissaient un inconvénient majeur, car si les brides et les mors étaient en usage, la selle n’avait pas encore été inventée.  Il semble que les soldats nubiens du Haut-Nil furent les premiers à monter avec des selles, ce qui facilita les combats à cheval.  En donnant un point d’appui au cavalier, le troussequin lui permettait de mieux résister aux charges de l’ennemi et de se servir d’arcs très lourds.  Les étriers furent introduits beaucoup plus tard, vers la fin du IVe siècle, par les Huns de Mongolie.  La selle et les étriers permirent à ceux qui manquaient d’expérience de monter à cheval avec plus de facilité autant pour voyager, se rendre en pèlerinage que chasser.  Les femmes, qui jusqu’alors avaient été obligées de se déplacer à pied ou montées sur un cheval tenu par un homme, purent enfin monter seules.  Elles commencèrent par monter en amazone avec un seul étrier, choisissant de préférence des chevaux très calmes.

En Europe, les Grecs, les Romains et les Byzantinis utilisaient le cheval pour la guerre, les communications, le transport, mais aussi pour les courses de chars.  De leur côté, les Celtes vénéraient Épône ou Epona, la déesse des chevaux, dont le culte a été transmis aux Gaulois du fait de son adoption par les troupes équestres romaines.  Au Moyen-Orient, certaines tribus perses semblent avoir créé les pur-sang arabes, des chevaux du désert robustes et élégants, ainsi que le polo.  Lorsque les Hyksôs envahissent l’Égypte, au XVIIᵉ siècle av. J.-C., ces derniers n’utilisaient les chevaux que pour des tâches civiles.  La cavalerie, qui fera la puissance des pharaons d’Égypte, pendant le Nouvel Empire, se rangeait du côté de l’ennemi, ce qui fut un facteur déterminant dans la défaite de ce peuple.  En Afrique, la cavalerie numide constitua une unité importante des armées carthaginoises lors des guerres puniques tandis qu’on considérait la cavalerie romaine médiocre.

En Asie, le plus ancien char hippomobile à avoir été conservé intact provient de la tombe de l’empereur chinois Wu Ding, mort en 1118 av. J.-C.  Dans l’agriculture chinoise, on recourait peu au cheval comme animal de trait, ce qui n’a pas empêché ce peuple d’inventer le collier d’épaule.  Ils inventèrent l’étrier au VIᵉ siècle av. J.-C.. puisque la cavalerie formait le gros de leurs troupes.  Le cheval, utilisé surtout comme coursier, y servait surtout de moyen de transport et de communication.  Quand le jeu de polo perse arriva à la cour de l’empereur, tout le monde s’en éprit.  Pourtant, les Chinois ne faisaient pas encore l’élevage permanent des chevaux, important ce produit de luxe du Moyen-Orient.  Au Japon, le cheval a surtout servi d’animal de combat, de course et de transport des marchandises.  Dans ce dernier cas, des hommes à pied le guidaient, ce qui limitait son potentiel.  Des peuples d’Asie ont développé une unité militaire originale, la cavalerie d’archers montés.

Il faut dire que, en Europe, la chevalerie n’est apparue que  vers l’an 1000, sous le règne d’Henri Premier et qu’elle a disparu vers 1500.  Indépendamment de la race, au Moyen Âge, le «palefroi» désignait un cheval de parade;  le «destrier»,  un cheval de guerre;  et la «haquenée», un cheval de monte féminine.  Le destrier devait être un cheval fort et lourd, capable de porter jusqu’à deux-cent-vingt-cinq kilogrammes, le poids du chevalier en armure, de son armement, de sa large selle et de son caparaçon de fer et cuir.  On rangeait le cheval dans une catégorie à part puisque, coûteux, il servait surtout de monture aux aristocrates.  En outre, cet animal exigeait une nourriture abondante et de bonne qualité comme l’avoine ou le foin, ce qui n’était pas à la portée du petit peuple.  À partir du XIIᵉ siècle, en France septentrionale, l’usage du cheval s’est répandu pour tirer la charrue à la période des labours.  Grâce au collier d’épaule, il offrait au paysan une puissance et une rapidité supérieures à celle du bœuf.  Au Moyen-Orient, les chevaux ont porté la religion musulmane jusqu’aux portes de l’Orient.  Enfin, en Asie, la cavalerie était la principale force des armées mongoles et tartares.

C’est très tôt que, dans l’Antiquité, les chevaux ont été requis pour tirer des chars de combat.  Au premier siècle, pendant ses batailles contre les Romains, la reine Boadicée a acquis sa renommée pour avoir conduit un char tiré par trois chevaux.  À la même époque, à Rome, les courses de chars devinrent un sport très populaire.  Mis à part le polo –qui existait depuis des siècles en Inde, mais fut introduit en Europe par les colons britanniques– la course de chars fut probablement le premier spectacle de sport équestre.  L’ère de la chevalerie fut pratiquement celle du cheval.  Au début, les chevaux étaient légers et rapides puisque seule leur tête était protégée.  Les seigneurs et les chevaliers portaient la cotte de mailles, ce qui en faisait de lourdes charges.  À cette époque, les tournois, un spectacle haut en couleur, étaient surtout une affaire de rapidité.  Petit à petit, les armures devinrent plus lourdes, de sorte que les cavaliers et les chevaux finirent par être presque entièrement recouverts de plaques de métal.  De ce fait, la puissance du cheval prit une importance capitale.  On dit que le poids cumulé d’un chevalier en armure et de la protection du cheval pouvait atteindre les cent-quatre-vingt-dix kilogrammes.  On comprend qu’un palan devait servir à hisser le cavalier sur sa monture.  Les joutes de cette époque devaient représenter des spectacles très impressionnants : deux chevaliers montés sur des chevaux semblables au «shire» chargeaient l’un contre l’autre pour essayer de se renverser.  Dès les origines, les rois et leurs courtisans firent appel aux chevaux pour chasser sur leurs terres et leurs domaines.  À l’origine, on montait surtout le cheval pour se déplacer et on ne se préoccupait en aucune façon de la manière de monter.  Cependant, comme on l’a vu, Xénophon s’est chargé d’émettre les rudiments de ce qui allait devenir l’art de l’équitation.

En France, Antoine de Pluvinel (1555-1602), qui eut Louis XIII pour élève, fut l’un des premiers maîtres de l’équitation.  Mais le plus grand en la matière fut sans nul doute François de la Guérinière (1688-1751), qui énonça les principes de l’équitation académique sur lesquels se fondèrent les deux grandes écoles européennes : l’École de cavalerie de Saumur, en France, et l’École espagnole de Vienne, en Autriche.  Les mouvements qu’on enseignait dans ces écoles avaient un but précis : rendre le cheval souple, obéissant, apte à esquiver rapidement les attaques de l’ennemi.  Jusqu’au milieu du XXe siècle, les militaires et les grandes écoles perpétuèrent les grands principes de l’équitation.  Dans l’art équestre, il arrive souvent que le cheval, qui comprend bien les techeval-blanc,-nuages-170894rmes que le moniteur emploie, s’exécute avant que le cavalier n’ait eu le temps d’agir.  C’est ce que l’on appelle le phénomène d’anticipation.  Cependant, un cheval qui se montre trop intelligent et qui répond trop rapidement à la voix de son moniteur (professeur équestre) est en général un mauvais cheval d’école.  En effet, le cavalier, qui est un élève, ne peut apprécier s’il a bien lancé le commandement ou pas puisque le cheval a exécuté l’ordre avant toute demande.  Un bon cheval d’école doit ignorer les paroles du moniteur et ne se fier qu’aux demandes de son cavalier.

Au Moyen Âge, ce félidé est devenu un animal indispensable, utilisé autant pour la guerre que pour l’agriculture.  Il faut dire qu’il s’est mené huit croisades entre 1097 et 1300.  Les chevaliers partant pour la libération de la Terre Sainte emmenaient leur destrier dans leur long périple.  Les croisés suivaient deux itinéraires principaux : la voie terrestre ou la voie maritime.  La voie terrestre longeait le Danube et traversait la région qui correspond aujourd’hui la Turquie.  Dans ce cas, à cause de la longueur et de la difficulté du trajet à parcourir, les chevaux subissaient un entraînement forcé qui pouvait les épuiser.  Par la voie maritime, les chevaux séjournaient longuement dans les cales des bateaux et ils s’affaiblissaient par manque de mobilité.  Ainsi, les croisés parvenaient en Terre Sainte avec des destriers physiquement mal préparés à leur mission de combat.  En outre, sous ce climat chaud, chargés du poids des armures et de l’armement, ils transpiraient abondamment sans pouvoir s’abreuver à volonté.  Pour leur part, les cavaliers bédouins portaient des vêtements flottants qui les protégeaient du soleil et qui n’entravaient en rien leurs mouvements.  Ils montaient des chevaux arabes, qui, par leur vivacité, leur permettaient d’effectuer des manœuvres rapides ou de parcourir rapidement de grandes distances.  Voilà comment les croisades amenèrent deux cultures équestres radicalement différentes à se rencontrer : les chevaliers européens chargeaient lourdement, essayant de désarçonner leurs adversaires, tandis que les Bédouins cherchaient à leur tour à tailler cet ennemi en pièce.  Les Chrétiens ont réussi à prendre Jérusalem, mais les Musulmans ont fini par les en chasser pour longtemps.  N’empêche que ces chevaliers européens ont dû apprécier la rapidité, la maniabilité et l’endurance des chevaux arabes, bien qu’ils ne pussent pas porter longtemps des poids importants comme un chevalier en armure, contrairement aux destriers.  Ils n’en ont pas davantage modifié leur façon de monter parce qu’il n’y a pas eu de véritable échange culturel au niveau équestre.  Les chevaliers ont tout de même rapporté quelques chevaux arabes en Europe.  En fait, c’est Richard Coeur de Lion qui importa les premiers pur-sang arabes.  À cette période, on n’élevait pas le cheval pour sa viande, car l’Église l’interdisait.

Le destrier du Moyen Âge, trapu et puissant, était l’allié du chevalier lors des combats.  Cependant, pendant la Guerre de cent ans (1346), des défaites de la France, comme celle de Crécy-en-Ponthieu, attestèrent l’insuffisance et la piètre qualité de la cavalerie.  La puissance de feu de l’artillerie démontra les limites des destriers, peu maniables.  Ainsi, les écuries royales prirent de l’importance sous François Premier.  On créa des académies d’équitation pour obtenir des chevaux plus légers et maniables, ce qui permettait de se tirer de la mêlée lors des combats.  C’est en Italie que se créèrent les principales académies d’équitation de la Renaissance.  Vers 1130, un groupe d’écuyers byzantins créa une académie d’équitation dans le sud de l’Italie.  Frederico Grisone relança l’Académie de Naples en 1532.  Il écrivit le traité d’équitation «Ordini di cavalcare» en 1550.  Cesare Fiaschi fonda sa propre académie en 1534.  L’Italien Gian Battisto Pignatelli forma, dans l’académie crée par Grisone, les deux écuyers français Salomon de la Broue et Antoine de Pluvinel.  En Autriche, en 1580, la famille impériale des Habsbourg fonda un nouveau haras dans la localité slovène de Lipica, qui appartenait, à l’époque, à l’Empire autrichien.  Le début de l’élevage du Lipizzan est lié à ce haras.  C’est en 1572 qu’on construisit le premier hall de l’école espagnole de Vienne, le Spanische Reitschule.

En Amérique, les premiers colons espagnols réintroduisirent les chevaux de race arabe et andalouse dans les deux continents américains.  Alors, l’espèce y avait disparu depuis plus de huit millénaires.  En fait, les conquistadors espagnols furent les premiers à introduire les chevaux en Amérique du Sud et du Nord.  Après leur départ, un grand nombre de chevaux retournèrent à l’état sauvage : on doit les considérer comme les ancêtres des «mustangs» d’Amérique du Nord et des «Criollos» d’Amérique du Sud.  Les Amérindiens, qui sont parmi les meilleurs cavaliers naturels du monde, en capturèrent un grand nombre pour les domestiquer.  Le cheval tenait une place de choix dans leur vie.  Pour tout dire, c’est en 1519 que les conquistadors de Hernán Cortés amènent avec eux onze chevaux et six juments, dont deux avaient une robe pie et cinq autres une robe tachetée.  Comme on l’a dit, ils devinrent les premiers ancêtres des mustangs, ces chevaux retournés à l’état sauvage qui ont, pour la plupart, une robe tachetée.  Le fait que les membres des Premières Nations d’Amérique n’avaient jamais vu ces bêtes aida les conquistadors à se faire passer pour des divinités et à remporter de nombreuses batailles.  Cortez aurait déclaré : «Nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux.»  Alors, le cheval se répandit rapidement sur ces terres, principalement en Amérique du Nord.  À la période de la conquête de l’Ouest, plusieurs centaines de milliers de chevaux sauvages s’étaient répandus à travers le continent.  Au XVIIIᵉ siècle, les Amérindiens ont élevé de grandes hardes de chevaux dont le nombre total dépassa les cent cinquante mille sujets.  À partir de ces mustangs dressés émergea le «palomino».  Les membres de la tribu des Nez-percés opérèrent également des sélections à partir des mustangs pour obtenir l’«appaloosa».

Pour sa part, le cheval canadien est la race nationale du Canada et du «Patrimoine agricole» du Québec, où on l’appelle le «Petit cheval de fer». Ses origines remontent au XVIIᵉ siècle avec l’ordonnance de création d’un haras royal en Nouvelle-France.  Des chevaux sont importés de la métropole et, grâce à une politique d’élevage encourageante, la population chevaline se développe rapidement. Les conflits armés des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles affectent gravement le nombre de chevaux canadiens et il faut attendre 1895 pour voir la fondation de la «Société des éleveurs de chevaux canadiens» et la création d’un livre généalogique.  Le cheval canadien ne possède pas une morphologie homogène du fait de la variété de ses ascendants mais il doit cependant respecter les standards définis par la race. C’est un cheval docile, vif, sans être nerveux, qui demande cependant de bonnes connaissances équestres dans son éducation. Il est élevé historiquement au Québec, mais également aussi dans l’ensemble du Canada ainsi qu’aux États-Unis, même que d’autres pays demandent de plus en plus à l’importer en raison de sa robustesse. C’est un cheval polyvalent, apte à toutes les disciplines équestres, avec en particulier de très bons résultats en attelage. Le cheval canadien a également participé à la création de nombreuses races chevalines américaines, notamment le «Morgan», le «Standardbred» ou l’«American Saddlebred».  Dans les années 1970, il n’en reste qu’environ 400. Une campagne pour la sauvegarde de ce cheptel s’organise alors au Québec d’abord.  Petit à petit, la race se redresse. Les hommes politiques canadiens reprennent conscience de son importance. Ainsi, l’Assemblée nationale du Québec vote, en 1999, une loi unanime déclarant les races chevaline et bovine canadiennes ainsi que la race de volailles Chanteclerc «Patrimoine agricole du Québec.  Le 8 novembre 2001, le Parlement du Canada suit et déclare le cheval canadien «race nationale du Canada».

On l’a dit, le cheval n’existait pas sur le continent américain au moment de l’arrivée des premiers Européens. Les Espagnols débarquent des chevaux au Mexique (Cortez) et en Floride (de Soto); les Anglais en plusieurs lieux des 13 colonies de la Nouvelle-Angleterre;  les Hollandais, à New York et les Français à Port-Royoal (le cheval acadien) et à Québec (le cheval canadien).  Il n’y aura pas de contacts entre les différents contingents avant fort longtemps.  En fait, lorsque Louis XIV ordonne de créer un haras royal dans chacune de chba2ses provinces, la Nouvelle-France ne comportait pas le moindre cheval sur son territoire.  À partir de 1665, on envoie donc une première cargaison de douze chevaux, juments et étalons, dont on ignore l’origine.  Dès lors, on ne peut qu’émettre des hypothèses sur les races qui ont contribué à la naissance du cheval canadien. Il parait vraisemblable qu’il descende de chevaux espagnols barbes et de petits chevaux de trait.  Certains auteurs parlent également de la présence de chevaux bretons, normands et arabes.

On a envoyé d’autres chevaux en Nouvelle-France entre 1667 et 1670, probablement en provenance des haras du Roi, d’où on mit met sur pieds un haras par province française, bien qu’il n’y a aucune preuve écrite de leur origine.  La seule certitude est que tous ces chevaux envoyés par Louis XIV proviennent de France.  On a attribué les premiers chevaux à des communautés religieuses (Ursulines, notamment) et à des gentilshommes (monsieur de Saint-Ours, monsieur de Sorel…).  Il s’établit alors un contrat entre le bénéficiaire et les fonctionnaires de l’intendant Jean Talon. Ce contrat exige que la personne prenne soin de l’animal, assure sa reproduction et remette un poulain à l’administration coloniale tous les 3 ans. On a redistribué à leur tour les poulains conformément aux mêmes modalités et exigences, un système qui a obtenu un fort succès et qui a fait vite exploser la population de chevaux en Nouvelle-France, de sorte que les chevaux importés entre 1667 et 1670 ont donné une descendance d’environ 13 000 sujets en 1763.  La population chevaline s’est développée en vase clos pendant près de 100 ans, faisant, à l’époque, la fierté des habitants de ladite colonie française d’Amérique du Nord (Voir illustration à droite).  Même que le cheval est devenu à ce point populaire que l’administration a dû tenter d’en limiter le nombre.  Au fait, pendant de nombreuses années, il y a environ un cheval pour cinq habitants, animaux qui servaient à tous les travaux, que ce soit pour le labour, la visite à l’église du village le dimanche matin.  Du reste, la messe du dimanche devenait l’occasion d’improviser des courses pour savoir quel était le cheval le plus vaillant du village. Ce comportement a amené les premières limitations de vitesse dans les villes.

À partir de 1760, avec la conquête, l’Angleterre prit le contrôle total sur la Nouvelle-France.  On croisa alors la population équine locale avec des chevaux de races britanniques et écossaises.  Les chevaux canadiens issus de ces croisements donnent quelques lignées de sujets à la morphologie plus fine.  À la même époque, les États-Unis importèrent beaucoup de chevaux pour leurs besoins militaires.  À la fin du XIXᵉ siècle, décimée par la Guerre de Sécession, la population de chevaux canadiens s’abaissa au point que la race entrait en voie d’extinction.  On ne comptait plus 900 individus équestres.  Par bonheur, en 1895, Éouard Barnard, le surintendant du Département d’agriculture du Québec, demanda au Dr J.A. Couture (m.v.) de fonder la «Société des éleveurs de chevaux canadiens».  Ce dernier ouvrit un livre généalogique après une inspection méthodique de chevaux candidats au statut de «cheval de race canadienne».  En 1907, le Parlement du Canada s’intéresse également au dossier, il fit reprendre l’inspection et il permet l’ouverture du livre généalogique que l’on pourrait qualifier de «moderne», soit de plus respectueux des standards équestres.  Il est refermé à la fin de 1908, ce qui empêcha tout ajout de nouveau sang et fixa ainsi les fondements de la race. On fit ouvrir une première ferme expérimentale fédérale à Cap Rouge, près de Québec, en 1913, afin de préserver la race et servir de centre d’élevage, puis une seconde plus tard à Saint-Joachim.

Après cet aparté, revenons-en en Europe où les Anglais croisèrent des chevaux pur-sang arabes et barbes avec des espèces indigènes pour créer les pur-sang anglais, une race de cheval de course.  Depuis, il existe trois filières pour le commerce des chevaux.  La première est liée au monde des courses.  Les chevaux naissent dans des haras spécialisés dans les méthodes de sélection.  Leurs propriétaires peuvent les vendre aux enchères, les vendre autrement ou les placer dans des haras, des établissements qui se chargeront de les entraîner et de les faire courir.  Au terme de leur carrière, ils peuvent les destiner à la reproduction dépendant de la qualité de leurs performances.  Au milieu des années 2000, en France, la valeur d’un «foal» destiné au galop de niveau moyen était en moyenne de 25 000 à 30 000 € et de 10 000 et 20 000 € pour un trotteur.  Aux courses, les gains que génère la victoire peuvent être substantiels, malgré que cette attraction perde présentement des plumes.  Par exemple, en 2007, le cheval nommé «Lawman», vendu au prix de 75 000 € en 2005, a rapporté 1 858 000 € à son propriétaire.  Certains investisseurs créent des sociétés pour les acquérir et ils louent des places dans les haras pour les entraîner et les faire courir.  Présentement, les meilleurs chevaux de plat se négocient à plusieurs millions de dollars.  Pour ces deux filières, un cheval sans pedigree peut valoir moins de 1 000 €, même que, parfois, des chevaux, jugés mauvais, sont vendus au prix de leur masse de viande, soit entre 150 et 500 €.  La troisième filière, plus traditionnelle et moins formelle, concerne les animaux destinés au loisir, au tourisme ou aux travaux.  Pour les mâles produisant des résultats sportifs remarquables, la semence, destinée à l’insémination artificielle, devient une source de revenus non négligeable.  Quoi qu’il en soit, en 2007, les chevaux des trois filières pouvaient terminer leur vie dans des abattoirs où ils étaient cédés à moins de 800 €.  Selon certaines sources, la vente prévue à cette fin serait essentielle au maintien de l’activité des petits éleveurs et, par voie de conséquence, du maintien de la diversité.

De nos jours, le cheval sert généralement au loisir, soit en équitation (randonnée ou balade en calèche ou en fiacre), soit dans les sports équestres, soit dans les sports hippiques, soit comme animal de spectacle.  Parfois, l’équidé est aussi apprécié comme animal de compagnie.  Et il existe toujours des peuples cavaliers dont la vie entière se centre sur lui.  C’est le cas notamment des Mongols où les enfants apprennent à monter avant de marcher.  Au XXᵉ siècle, on a délaissé le cheval suite à la mécanisation de la société.  Il a disparu du paysage des villes à cause de la montée de l’automobile. Par exemple, Paris, qui hébergeait plus de cinquante mille chevaux, au début du siècle dernier,  dont environ 10 000 dédiés au transport public, interdit désormais la circulation à cheval, sauf par dérogation, comme la majorité des grandes capitales d’Europe.  On ne doit pas s’étonner que certaines races de cheval de trait aient failli disparaître avec la fin du halage et de la mécanisation de l’agriculture.  Par bonheur, par tradition, plus que pour des considérations économiques, certaines de ses utilisations traditionnelles ont perduré, comme, en Camargue, la surveillance de troupeaux.  En France, après qu’on l’ait délaissé comme outil de travail, il est de nouveau recherché pour effectuer de nombreuses tâches dans le cadre d’une société qui se montre plus sensible à l’écologie.  Comme il passe à des endroits difficilement accessibles au tracteur et qu’il n’endommage pas le sol, il sert notamment au débardage.  Cette activité se développe de plus en plus grâce à un bon rapport entre le rendement et le coût dans certaines configurations de terrain.

On doit accorder plus de considération à l’équitation qui reste plus qu’un sport, mais un art véritable.  Cet art s’est perfectionné tout au long des siècles et il culmine probablement dans les exercices de dressage.  Dressage, jumping, voltige, attelage, jeu de polo, balade, chasse à courre et le reste sont les différentes formes que l’équitation peut prendre.  En cela, pour bien monter à cheval, il faut bien connaître son anatomie : il faut savoir comment il est fait, comment il fonctionne, quels muscles, quels os, quelles articulations travaillent à tel ou tel moment.  Mieux un cavalier connaît son cheval plus il est attentif à ses réactions, plus il ressent du plaisir à s’en occuper, à le panser, à le dorloter plus on est attentif à leurs réactions.

Le cheval sert encore à divers usages plus étonnants.  Diverses associations de soins alternatifs préconisent l’hippothérapie qui consiste à s’en servir comme intermédiaire dans la guérison de personnes souffrant d’un handicap physique ou mental ou présentant une déstructuration sociale.  Les mouvements du cheval contribuent à fortifier les muscles du cavalier d’où ce dernier est astreint à faire preuve d’attention et de raisonnement.  On y utilise encore le cheval, mais sans le faire monter, dans une thérapie qui consiste, pour le patient, à entrer en contact avec l’animal et à interagir avec lui.  Quant à l’usage du cheval pour le labour, il reste encore anecdotique, comme c’est le cas dans les vignes de Montmartre à Paris.  En revanche, dans les pays peu développés économiquement, le cheval de trait reste d’un usage assez répandu dans l’agriculture.  Outre la traditionnelle Garde républicaine qui mène des missions de représentation, assure des patrouilles montées dans des massifs forestiers ou dans des jardins, il existe un renouveau des unités montées de police ou de gardien d’espaces verts.  Un agent à cheval peut se déplacer plus facilement, il bénéficie d’une vision haute et dégagée, il inspire le respect et il entre plus facilement en contact avec la population par le biais de sa monture.  Comme exemples de police montée, on compte notamment la Gendarmerie royale du Canada (GRDC ou GRC), la Police montée de La Courneuve (Seine-Saint-Denis, France), celle d’Orléans (Loiret, France) et d’autres.  Au Canada, on utilise aussi le cheval dans des unités de recherche et de sauvetage des victimes.  Ailleurs, comme à Trouville (Calvados, France), on images (1)lui confère un usage anecdotique, mais réel, dans le ramassage des ordures.

La chair du cheval donne une viande rouge appréciée dans certains pays, mais considérée comme tabou dans d’autres, dont le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis et, dans une moindre mesure, la France.  Cette aversion pour l’hippophagie (consommation de viande de cheval) provient notamment des liens familiers établis avec l’animal.  En 2005, il ne s’en est pas moins consommé 24 460 tonnes de viande chevaline uniquement en France, où il existe environ mille boucheries spécialisées.  Cette viande a bonne réputation, considérée qu’elle est comme saine, peu grasse et fort digeste.  Du point de vue organoleptique, la viande de cheval est assez proche de celle du bœuf, bien qu’elle soit moins grasse, d’un goût plus subtil et plus musqué.  En général, on lui applique les mêmes recettes qu’au bœuf.  Pour les Musulmans, cette viande est considérée comme «halâl», ce qui signifie «permise», «non sacrée», «profane».

Comme on le verra plus loin, on peut trouver d’autres usages du cheval dans la culture et les religions.  Par exemple, l’intérêt militaire du cheval a donné un genre d’art particulier : la statue équestre, qui représente de manière hagiographique un chef d’État, un chef militaire ou un héros.  Comme de par sa nature, elle ne peut être que très difficilement réalisée en pierre, le bronze devient donc nécessaire, mais même dans ce métal, sa réalisation tient de la prouesse.

L’attention et les soins à porter au cheval

Le véritable art équestre consiste à obtenir la complicité du cheval avant de travailler.  Autrement, puisque ce dernier devient toujours le miroir de son cavalier, la relation peut s’envenimer et devenir dangereuse.  Car on ne peut dire qu’un cheval est parfait que lorsqu’il se déplace sans mains uniquement au contact du poids des rênes et du souffle de la botte du cavalier.  Pour obtenir le meilleur de son cheval, on peut s’efforcer de comprendre comment fonctionne son cerveau.  Si on n’arrive pas à percevoir la vie à travers ses yeux et si on n’est pas assez futé pour se couler à ses instincts naturels, on ne pourra, par manque de connaissance, promouvoir ses aptitudes, on ne parviendra qu’à engendrer des conflits.  Qui peut amener le cerveau de son cheval à travailler peut être assuré que son corps suivra.  Alors, pour faire un bon cheval, il faut lui enseigner deux choses : que ce qu’on lui demande est facile et que cela est amusant à exécuter.  Il faut savoir que l’apprentissage du cheval se fait à partir de deux types différents d’associations: le conditionnement classique (conformément au réflexe de Pavlov) et l’apprentissage par essai et erreur.  De là, si on apprend à bien connaître le langage silencieux du corps (postures, attitudes et autres), on développera sa capacité de comprendre ses états d’âme et ses prédispositions.  De par sa nature, le cheval est un être volontaire, mais, parce qu’il vit en troupeau, il cherche à respecter le meneur ou le dominant.

Cette relation sert de fondement à la dynamique qu’il peut établir avec l’être humain.  Mais parce qu’il est un animal de proie, très perceptif par nécessité de survie, il a développé un langage corporel très fin et très riche.  Bien souvent, cet animal reste incompris dans ses réactions parce qu’il pense comme une proie, alors que l’homme pense comme un prédateur.  Cette distance qui sépare une proie de son prédateur, c’est celle qu’il faut raccourcir et harmoniser pour comprendre le comportement de sa bête et en faire un meilleur auxiliaire.  Cette connaissance doit particulièrement s’appliquer aux cas problèmes, comme ces chevaux qui ont de la difficulté par exemple à monter dans une remorque, qui bougent beaucoup quand le cavalier monte en selle, qui sursautent pour un bruit ordinaire ou pour une raison inconnue, etc.  Des spécialistes qui ont étudié les jeunes chevaux ont découvert qu’il existe des périodes d’apprentissage rapide et des moments d’apprentissage plus lent.  Le poulain, parce qu’il est un animal de proie, connaît de façon innée les rudiments de sa subsistance et de sa survivance.   Le poulain qui a vu bouger un homme dans ses premiers jours de vie ne le craindra pas quand il les reverra plus tard, mais ses congénères pourront s’en écarter en s’’enfuynt.  Ainsi, on comprend l’importance de l’imprégnation en bas âge.  Chez les Amérindiens et les Bédouins, des tribus nomades recouraient naturellement à cette technique puisqu’elles vivaient dans la promiscuité de leurs animaux.

Ainsi, il existe une différence entre les poulains et pouliches qui n’ont jamais fréquenté les êtres humains et ceux qui ont eu des contacts avec eux.  Cette constatation a amené au développement d’un système d’éducation sans violence fondé sur le langage du cheval, appelé «Equus», et sur d’autres éléments appelés le «leadership passif».  On pense plus spécialement au «join up», une technique impliquant une invitation lancée au cheval de s’associer à quelqu’un.   Il repose sur des observations américaines où la jument poulinière met naturellement de l’ordre chez les jeunes poulains.  Dans la harde, quand un de ces poulains se rebelle ou fait le petit diable, elle l’éloigne du troupeau et ne le laissMangalarga_Marchadore le réintégrer que lorsque, pour ainsi dire, il s’amende et demande pardon.  Comme un animal hors de son troupeau devient une proie facile, le poulain puni n’a pas intérêt à en rester éloigné trop longtemps.  Alors, il doit promptement témoigner de son repentir pour être réintégré dans son groupe social.  On a clairement et précisément étudié les signes que le poulain et la jument se faisaient entre eux et on a commencé à les appliquer dans le domptage des jeunes chevaux.

Des propriétaires de chevaux se plaignent souvent que certains chevaux deviennent peu coopératifs quand ils ne se montrent pas carrément rétifs.  Il n’y a sûrement pas de hasard dans ce comportement d’un animal aussi intelligent.  En général, on peut en trouver la cause dans le fait qu’on le remise et le confine à l’écurie comme une machine, d’où son cerveau fonctionne au ralenti pendant des heures.  Il se peut encore qu’on lui fasse trop souvent exécuter mécaniquement un travail ennuyeux.  Soit qu’on le récompense peu, alors que la motivation positive est capitale pour l’apprentissage et la mémorisation.  Soit qu’on le punisse souvent parce qu’il a trop d’énergie au sortir de l’écurie, ce qui devient purement néfaste.  Peut-être qu’on ne sollicite ni n’exerce ses capacités mentales de sorte qu’il est incapable de comprendre son milieu et de s’y adapter convenablement.  Il faut savoir que la parole permet de donner des instructions précises, de compenser les aides approximatives ou mal comprises.  Par la suite on laisse faire le cheval, ce qui permet d’éviter la passivité.  Les instructions parlées permettent d’établir une meilleure relation avec le cheval et de mieux son potentiel de compréhension.  Qui veut que son cheval comprenne ses besoins doit d’abord s’efforcer de répondre aux siens.

Le profane se demande probablement pourquoi il faut ferrer les chevaux.  La réponse est que, de tous les temps, le cavalier s’est préoccupé de la protection du pied de sa monture.  Qui n’a pas entendu parler de ces anciens qui recherchaient l’animal «au pied d’airain» pouvant résister à l’usure?  Déjà, en Grèce, Xénophon prescrivait à son corps de cavalerie toutes les précautions nécessaires pour conserver le pied solide de leur animal.  Les Grecs et les Romains ont utilisé des sandales qu’ils nommaient respectivement «embattai» ou «solea».  Mais, ce sont les Celtes qui ont introduit en Gaule l’usage de la ferrure.  Pour tout dire, la ferrure sert de semelle de protection pour le sabot puisqu’elle prévient l’éclatement et l’usure excessive de la corne.  Autrement dit, elle prévient une usure trop rapide ou irrégulière du sabot du cheval de travail.  En revanche, comme ce dispositif empêche toute usure de la corne, le maréchal-ferrant doit en tailler l’excès comme l’être humain doit se couper les ongles.  Ce n’est que suite à cette opération qu’il peut remplacer le fer usé.  Non coupée, la corne du sabot de l’animal pousserait au point de l’empêcher de marcher.  Dans la nature, le cheval n’a pas besoin de ferrure du fait que son sabot s’use spontanément au fil de ses déplacements, compensant pour la pousse.  Au Moyen Âge, en raison de son importance, le ferrage est rapidement devenu un métier réservé à d’adroits artisans très considérés de leur milieu.  Il faut savoir que le sabot du cheval est élastique et que, à chaque contact avec le sol, son pied s’enfonce dans la boîte cornée, amenant le coussinet plantaire à s’écraser et écarter le talon.  Il faut savoir comment éviter à tout prix que le fer s’oppose à ce jeu, ce que sait le maréchal-ferrant.

Mais on pourrait aussi bien se demander pourquoi le cheval n’émet aucun son lorsqu’on lui fait mal?  Lorsqu’on marche sur la queue d’un chat ou d’un chien, ne se met-il pas hurler ou à glapir?  Alors pourquoi l’équidé n’émet-il pas le moindre son, même quand on le tue sur place?  La réponse est autant génétique qu’atavique et elle tient de raison d’évidence.  En effet, dans la nature, le cheval représente une proie, non un prédateur.  En tant que proie, il ne peut pas se permettre d’attirer l’attention des prédateurs sur ses faiblesses en poussant le moindre cri de détresse.  Qu’on se rappelle que, dans la savane, le lion s’attaque toujours au membre le plus faible d’un troupeau.  C’est pourquoi l’animal qui ne veut pas finir dans sa gueule a appris à souffrir en silence.  De nos jours, où le rôle du cheval n’est plus de servir de garde-manger aux félins et autres prédateurs, mais de servir l’homme, cette incapacité de manifester sa douleur se retourne contre lui.  En effet, il est plus que probable que l’être humain serait plus attentionné et précautionneux avec lui si, à cause de sa grande sensibilité, il se mettait à pousser des cris de souffrance.

Pour conclure, il importe de résumer comment on peut sécuriser et rendre un cheval heureux.  D’abord, il faut lui offrir le bien-être et la sécurité d’un logement confortable.  Il faut aussi mériter sa confiance par des approches respectueuses.  Par exemple, on peut régulièrement le caresser, en le flattant ou en le grattant.  Il faut lui offrir une bonne et saine alimentation.  Il faut autant le respecter que se faire respecter de lui.  Il faut l’entraîner avec discernement et constance.  Il faut savoir calmer ses peurs en le rassurant par des ordres vocaux ponctués de gestes discrets.  Il faut varier ses activités ou ses occupations par des  promenades.  Il faut l’induire progressivement au travail et entrecouper celui-ci de périodes de liberté.  Il faut faire un usage raisonné des mouvements répétés afin d’éviter son anticipation.  Il faut savoir décoder ses réactions témoignant de confort et d’inconfort.  Il faut recourir à une approche douce des aides et intervenir seulement lorsqu’il y a nécessité.  Il faut lui donner du temps et des soins avant et après le travail.  Il faut savoir le récompenser et le punir par des associations dans les trois ou quatre secondes après le mouvement correct ou fautif.  Il faut éviter d’engager une demande sans être certain de pouvoir la réaliser.  Il faut lui ravir son rôle de dominant.  Il faut lui assurer des bons soins de forgeron et de vétérinaire.   Surtout, avec lui, il faut garder son calme en tout temps, évitant de perdre son sang-froid et de se fâcher.

Le symbolisme du cheval

 

Le cheval est un mammifère ongulé périssodactyle herbivore caractérisé par la longueur des membres et l’existence d’un seul doigt à chaque jambe, ce qui en fait un remarquable coursier, d’où l’homme l’a domestiqué pour s’en servir de monture et d’animal de trait.  Dans la Tradition islamique, on dit qu’Allah a créé le cheval à partir d’un pincée de vent et qu’il le donna au guerrier en lui déclarant : «Va et, sur son dos, tu goûteras aux jouissances que je te réserve dans mon paradis.» «Kuhaylan», est considéré comme le premier cheval de l’histoire de l’humanité à avoir été dressé pour les Arabes.  Il s’agit du cheval d’Ismaël, fils d’Abraham.  Au cours de sa vie, Muhammad le Prophète a donné naissance à deux récits dans lesquels les chevaux jouent un rôle important.  Ainsi, «Al-Bouraq», dont le nom signifie «éclair», un cheval ailé à tête de femme et à queue de paon, porte le prophète, guidé par l’archange Gabriel, placé à sa gauche, et il voyage de nuit de La Mecque à Al-Aqsa, la mosquée lointaine, au cours du Miraj.  Le prophète aurait aussi parcouru plusieurs kilomètres dans le désert avec un troupeau de juments.  À l’approche d’un point d’eau, toutes se seraient ruées pour aller boire.  Alors, Mahomet rappela ses juments, mais uniquement cinq d’entre elles répondirent à son appel, revenant vers lui malgré leur soif.  Les cinq lignées de chevaux arabes présentes à notre époque descendraient de ces cinq juments.

 images (2)Ailleurs, le cheval ou son effigie se retrouvent dans des textes religieux, ce qui est particulièrement le cas dans les religions indo-européennes où il est porteur d’un symbolisme fort.  On en fait justement, en Inde, la monture de «Vahou» («Vayou»).  Le cheval figure enfin «Kalki» (Maitreya), l’avatar divin à venir pour révéler l’aspect christique planétaire.  Dans la tradition  hindoue, on évoque encore le Grand Cheval, Maître du Rythme et des Écritures, qui déroba la Parole alors qu’elle sortait de la bouche du Créateur et fut tué par un poisson à tête de cheval.

Dans Rituels indo-européens à Rome, en 1954, Georges Dumézil fit clairement comprendre comment certains vieux rituels, mal compris des Romains, trouvent leur explication dans les «Brâhmana».  Ainsi, le rituel romain d’«October Equus», le cheval sacrifié en octobre, est rapproché de l’ancien rituel indien appelé «ashvamedha», mieux connu par les textes sacrés.  Ainsi, dans la mythologie gréco-romaine, on assiste à l’apparition de nombreux chevaux fantastiques.  Les plus connus sont Pégase, le cheval ailé, et les Centaures, des créatures mi-homme mi-cheval.  Quelque part, Hercule capture les cavales de Diomède, des juments carnivores et sauvages.  Selon la tradition grecque, Bucéphale, le cheval d’Alexandre le Grand, descendrait de l’une des juments de Diomède.  Le cheval apparaît encore dans les Douze Travaux d’Hercule lorsque ce dernier doit nettoyer les écuries d’Augias en détournant le cours de deux fleuves.  Chez les Dieux de l’Olympe, le cheval est l’attribut de Poséidon, le dieu des océans et des mers, qui a créé cet animal et a appris aux hommes à le monter.  Enfin, Ulysse a fait construire le Cheval de Troie, un cheval de bois géant dans lequel il a caché des soldats pour prendre la grande ville d’Asie Mineure.  En Grèce, Hélios, le Dieu du Soleil, possédait deux chevaux, Sténopé et Bronté.  Accompagnant  Neptune, les chevaux figurent les vagues de la mer.  Glaucos, roi de Corinthe, fut dévoré par ses propres chevaux pour avoir méprisé la puissance d’Aphrodite.    Il désigne parfois l’une des formes de la Grande Déesse qui règne sur les trois Mondes.  On ne peut donc s’étonner de retrouver cette maxime mystique : «Celui qui dresse ses chevaux incarne la sagesse, il maîtrise les cavales (Kabbale),  connaissant les choses secrètes.» 

Dans certaines traditions européennes, il évoque la Déesse ou la Terre natale.  Dans diverses mythologies, la Lune est souvent tirée par un attelage de chevaux, image des nuages.  Dans la religion chrétienne, les cavaliers de l’Apocalypse, respectivement appelés «Guerre», «Famine», «Pestilence» et «Mort», montent chacun un des quatre chevaux apparus à l’ouverture des quatre sceaux.  La «Bible» les mentionne, dans le sixième chapitre du «Livre d’Apocalypse», qui prédit qu’ils les chevaucheront, lors de la fin du monde, pour courir aux quatre coins du globe.  Il évoque encore les Maîtres du Monde d’avant le déluge.  Nombre de peuples indo-européens, tels les Germains et les Celtes, développèrent des cultes liés au cheval où l’on procédait à des sacrifices rituels.  Selon cet auteur, les mythes indo-européens sont fortement influencés par la domestication du cheval.  En Allemagne du Nord, plus précisément dans la région de Basse-Saxe et de la lande de Lunebourg, on trouve encore beaucoup de maisons anciennes ornées de deux têtes de cheval en bois.  On pense qu’il s’agit là de la marque d’une tradition qui remonte aux temps où les habitants fixaient les têtes des chevaux sacrifiés sur les huttes pour se protéger et écarter le mal.  En France, on a trouvé un cimetière contenant des tombes d’hommes et de chevaux disposés volontairement dans certaines positions.  Au Moyen Âge, il apparaît sous la forme de la Licorne, une pouliche portant une longue corne unique au front, un emblème de la pureté et de l’innocence.  Enfin, on représente souvent saint Georges, un martyr chrétien, monté à cheval en train de terrasser un dragon.  En passant, on fait de lui le saint patron des chevaliers.

Dans la Tradition chinoise, le cheval représente les nomades des steppes et il désigne les «barbares».  Les Chinois s’en servaient pour tirer les chars, mais ils évitaient de le monter.

À lui seul, le cheval résume tous les instincts et les attributs des autres animaux, d’où il symbolise souvent la bête idéale, soit le corps parfaitement docile aux mouvements de l’âme et aux injonctions de l’Esprit, évoquant le véhicule du progrès matériel et de l’évolution spirituelle.  Il peut signaler qu’on s’est développé harmonieusement dans tous ses aspects et qu’on sert désormais de véhicule adéquat à son âme.  Il exprime à la fois le service, la force, le pouvoir, la vigueur, la résistance, l’endurance, la beauté, la vitesse, la vivacité la bravoure (chez les Turcs), l’impétuosité, la liberté, l’ardeur, le courage, l’allant, la versatilité, l’exaltation, la vulnérabilité, la noblesse, la majesté, la fidélité, la commensalité.  Il assure un déplacement sûr et sécuritaire.  Il marque la maîtrise de son être et de l’environnement ou du milieu.  Il invite à compter sur son pouvoir personnel, à le partager avec autrui, mais en leur faisant découvrir leur propre pouvoir.  Il appelle à sortir des sentiers battus pour explorer son pouvoir et la marge de sa liberté.  Car il évoque facilement la liberté d’un parcours, ce qui n’altère en rien sa dévotion à son maître.  Il démontre comment on peut vivre en harmonie au cours de toutes les phases d’un cycle de vie.

Gardien des voyageurs, le cheval les accompagne dans les projections en astral et il les avertit des dangers qu’ils peuvent rencontrer.  C’est le Guide qui aide à surmonter les obstacles.  Dans ses couleurs sombres, il révèle des désirs impérieux, instinctifs, dirigés vers les besoins naturels, autant sensoriels, sensuels que sexuels.  Dans ses couleurs pâles, il révèle une libération des influences obscures, la sublimation progressive des besoins naturels, un élan sincère et généreux pour se détacher des liens terrestres délétères.  Le cheval exprime une association qui doit reposer sur la confiance mutuelle, la loyauté réciproque, la fidélité entre deux partenaires, perçus comme deux moitiés d’un tout, au cours d’un voyage.  Par l’harmonie qu’il ressent avec sa monture, un sujet peut donc se donner des indices révélateurs sur sa propre santé et son propre équilibre.  Le cheval marque, pour l’individu, une prise de conscience du degré instinctif de sa nature, du degré de son intelligence, de la dynamique de ses désirs et de la vitalité de son corps.  Il donne une image d’élan et de libération des contraintes.

Guide et intercesseur, le cheval connaît l’Autre Monde.  Il désigne tantôt l’intuition qui éclaire la raison, enseigne les secrets, se dirige d’une façon juste, tantôt l’instinct qu’il faut sublimer par l’union en soi du Ciel et de la Terre.  Participant au secret des eaux fertilisantes, il connaît leurs filons souterrains.  Ne lui attribue-t-on pas le pouvoir de faire jaillir les sources du choc de son sabot?  Mais c’est aussi l’animal de guerre par excellence, semeur  infernal de mort, impétueux dans sa lutte.  Et s’il a mené une guerre juste, il s’élève au Ciel par son triomphe ou son sacrifice.  Force féconde quand il rayonne la lumière, il peut devenir une force meurtrière quand il s’obnubile dans la nuit.  Il concilie tous les éléments de la Terre (terre, eau, feu) et du Ciel (air, eau,  feu).  Il passe avec une égale aisance de la nuit au jour, de la mort à la vie, de la passivité à l’action, de la passion à la sagesse.  Il relie les opposés, illustrant la Manifestation continue ou la continuité de la vie.  Il est Merveille, comme le dit la légende.  Grand protecteur, il confère l’abondance, la longévité et l’immortalité.  Il allie en équilibre force et contrôle physiques, dévotion et amour.

On associe le cheval à Jupiter et au Sagittaire, mais aussi à Mars, pour son usage guerrier, de même qu’aux eaux de la fertilité, au rêve, à la divination, à la végétation, au renouvellement périodique des saisons, au vent.  En tant que monture, il figure la liberté de l’âme qui emporte l’être dans une quête importante de vie.  Et si on le choisit souvent comme véhicule des Dieux, ce doit être parce qu’il connaît le chemin à suivre pour atteindre l’Idéal et qu’il est relié à la présence et au pouvoir de Dieu.  Auxiliaire précieux de l’homme, qui a largement contribué à l’épanouissement de la civilisation mondiale, il est toujours associé au psychisme inconscient dans son influence instinctive sur le conscient.  Autrement dit, il exprime l’influence de l’âme, qui reçoit son énergie d’une autre sphère, sur le corps.  Il enseigne la vertu de la persévérance qui, appliquée jour après jour avec la force requise, malgré les efforts qu’elle implique, permet de mener une tâche ou un projet à terme.  Mais il faut savoir recourir à la force sans détruire ni être détruit.  Parfois, il faut renoncer à sa liberté pour se mettre au service de motifs supérieurs.  Il illustre encore la communication entre les espèces et il démontre la conscience du pouvoir obtenu dans la coopération sincère.  Il appelle à développer ses propres aptitudes et facultés.

En psychologie, avant la puberté, le cheval peut marquer l’éveil des forces impulsives, la maturation sexuelle et la force de l’imagination.  À l’adolescence, il exprime l’impétuosité des désirs, la qualité de l’ardeur, la fécondité, la générosité, la force des instincts, la puissance créatrice.  L’attitude et l’allure de cette monture qui, dit-on, conserve la mémoire du monde, traduit les ambivalences humaines : elle est source de paix ou de conflit.  Elle aide à franchir impunément les Portes du Mystère inaccessible à la raison.  Selon le degré d’accord entre le psychisme et le mental, elle conduit au succès et au triomphe ou à la folie et à la mort.  Les relations entre l’homme et son cheval expriment les mille et unes possibilités du jeu subtil de la vie pour un sujet.  Pendant le jour, l’homme dirige son cheval vers son but, mais, dans la nuit, le cheval guide l’homme vers sa destination.

L’apparition d’un cheval dans son espace psychique peut annoncer qu’on recevra sous peu un message de la Grande Déesse, la Mère divine.  Cet animal évoque le Pays originel, le voyage ou la chevauchée vers ce Pays idyllique.  Il peut donc révéler le désir exaucé de partir physiquement en voyage ou d’entreprendre un cheminement spirituel.  Il souligne souvent un grand apport d’énergie, accélérant la vitesse de son évolution, reliant au sol et au soleil.  Il exprime parfois qu’on se sent fort à l’aise dans tous les aspects de sa vie ou qu’on a61210ccepte avec facilité toutes les étapes de ses cycles : naissance, mort, après-vie, renaissance.  À n’en pas douter, on est guidé et protégé à tous les moments de son expérience.  Voici l’heure de se demander quel changement on peut apporter dans un aspect ou un autre de sa vie pour mieux progresser ou de se préparer à entrer dans la Connaissance véritable.  Le cheval allie la force physique à la puissance spirituelle, d’où il permet de voler dans les airs et d’atteindre le Ciel.  La maîtrise du cheval permet d’accélérer son parcours.  Il peut porter les fardeaux à sa place et sur une bien plus grande distance, d’où on se sent plus libre et plus léger.  Ce qu’on devrait bientôt noter. Il enseigne comment s’y prendre pour mieux équilibrer son bouclier, soit comment exercer sagement son pouvoir.  En effet, la sagesse consiste à aimer.  Et la meilleure façon d’aimer, c’est d’exercer son pouvoir sur soi-même de pair avec l’engagement de servir humblement la Source divine, de servir comme son instrument détaché auprès des autres.

Dans le domaine du caractère, le cheval identifie un être rebelle et indiscipliné, porteur de désirs impétueux, qui préfère agir de son propre chef, plus habile qu’intelligent.  Bien qu’il ait le sens de l’honneur, qu’il soit fidèle et loyal, il aime se pavaner et briller, détestant la routine et les horaires.  Impulsif, il aime le mouvement et il apprécie de faire uniquement ce qu’il préfère, ne reculant jamais devant quoi que ce soit.  Il agit comme une force de la nature.  Bon compagnon, mais exalté et vulnérable, il se montre parfois ténébreux, voire ombrageux.  Alors, il faut apprivoiser ses forces sauvages et savoir faire face aux circonstances comme elles se présentent.  On relie souvent le cheval à l’intellect et à la projection en astral.

Mal aspecté, le cheval trahit un débordement de l’égo qui empêche de réaliser qu’on donne aux autres l’exemple d’un manque de respect.  Peut-être plutôt qu’on se bat contre des êtres qui abusent de leur pouvoir?  Peut-être n’ose-t-on pas intervenir pour les remettre à leur place avec compassion?  Cherche-t-on à dominer quelqu’un?  Accuse-t-on les autres en oubliant qu’on a déjà erré soi-même?  Se laisse-t-on accabler sans réagir?  Reconnait-on à toutes les voies évolutives une valeur égale?  Renvoie-t-on les gens les uns contre les autres, semant la division?  A-t-on du mal à se fixer quelque part, à tenir en place, à compléter ses tâches?  Est-on accordé aux cycles de la vie?  A-t-on découvert son propre rôle?  Sait-on prendre sa place au soleil?  Veille-t-on bien à s’enraciner dans le sol et à se brancher dans le Ciel?  Sait-on faire son propre bonheur?  Cherche-t-on à transcender ses limites?  Prend-on le temps d’aller à la racine de ses inquiétudes vitales?

CHEVAL BLANC : C’est la plus noble conquête de l’homme, épiphanie céleste, pénétration de la Lumière, symbolisant les instincts sublimés ou maîtrisés.  Il donne l’image de la Beauté accomplie par l’empire de l’Esprit sur les sens.  Voilà la monture des héros et des conquérants spirituels, emblème de majesté et d’idéalisme.  Il est toujours relié à la présence et au pouvoir de Dieu.  Il exprime la domination de l’énergie sexuelle, la libération spirituelle par la Connaissance, la découverte de la Voie.  Il sert de monture à sa Divinimagesité d’élection, à son Maître intérieur.  Il annonce aussi la venue du prochain avatar christique (Kalki ou Maitreya).  Ce cheval fougueux, messager de tous les autres chevaux, exprime l’exercice sage du pouvoir, appelé l’équilibre du bouclier.  Aucun abus de pouvoir ne peut mener à la sagesse, mais l’exercice de la sagesse confère le pouvoir.  Or la plus grande sagesse, c’est d’aimer en prenant l’engagement de servir humblement la Source divine en exprimant sa compassion aux autres dans le détachement.

CHEVAL BLÊME : Voir à Cheval pâle.

CHEVAL CABRÉ : Cheval d’esprit martial et vif-argent, sans cesse dans le mouvement, attisant les conflits, toujours friand de nouvelles aventures.

CHEVAL DE BATAILLE : Il désigne la spiritualité active ou l’Amour pour tout, mais la spiritualité comme une affaire personnelle, comme une quête que l’individu prend en main grâce à son capital de sentiments et de ressentis.

CHEVAL DÉBRIDÉ : Il évoque une âme rebelle et passionnée.

CHEVAL DE COURSE : Il implique une accélération du mouvement de la vie, une période de grande spontanéité, des événements inattendus et surprenants, des acquisitions rapides.  Ou, à l’inverse, des spéculations hasardeuses, des projets risqués, des actions téméraires, des gestes irréfléchis.

CHEVAL DE SAINT-MICHEL : Au Moyen Âge, il désignait la civière.

CHEVAL DE TROIE : Immense cheval de bois que les Grecs avaient édifié devant cette ville d’Asie Mineure, qu’ils assiégeaient depuis des années, comme offrande présumée à ACheval de Troiethéna, avant de simuler leur repli définitif et leur retour dans leur pays.  En fait, il renfermait dans ses flancs de farouches guerriers bien décidés à servir d’instrument de la chute de la ville assiégée, Troie.  Les Troyens introduisirent cette immense effigie dans leur ville, contre l’avis des Sages, ce qui permit aux combattants grecs de sortir, de nuit, pour ouvrir les portes de la ville à leurs compagnons.  Et ce qui devait arriver arriva : les Grecs conquirent enfin la cité.  Pour les Grecs, cet épisode évoque la lente initiation qui conduit à la Cité céleste mais, pour les Troyens, elle évoque une amère défaite.  On raconte ces faits dans l’Énéide.

CHEVAL DU CHAMAN : Chez les Iakoutes, c’est le tambour rituel.

CHEVAL DOMESTIQUE : Il s’agit d’un cheval apprivoisé et mâté suggérant une vie harmonieuse et sereine.

CHEVAL DU MIRAGE : Pour les Bouriates, il désigne le Soleil.

CHEVAL EMBALLÉ : Il exprime les tourments incontrôlés de l’esprit ou les vives passions.

CHEVAL EN EFFIGIE : Coutume irlandaise au moment de la cérémonie des Feux de la Saint-Jean.  Lorsque tous les paysans ont sauté par-dessus les braises, pour se purifier, on fait apparaître un cheval blanc en effigie, cachant un homme masqué sous un drap.  Ce dernier part à la poursuite des participants, sautant par-dessus le feu à son tour.  Chez les Garo, en Assam, à la fête des moissons, on jette un cheval blanc en effigie à la rivière après une danse au cours de laquelle on l’a bombardé avec des œufs.

CHEVAL JAUNE : Il dévoile le coursier de l’Est, direction de l’illumination.  Il stimule l’éveil spirituel.

CHEVAL NOIR : Il représente la créature venant du Vide, où les réponses se trouvent, qui peut fournir les réponses au cours de son voyage évolutif.  Si on chevauche avec lui, on connaîtraCheval noir la puissance qui surgit quand on pénètre dans la Noirceur et qu’on y trouve la Lumière.  Il rend souvent visite dans l’espace du rêve.  Dans l’Apocalypse, il exprime la famine.  En Russie, il sert de symbole de la jeunesse vive et de la vitalité triomphante.  Pour certains, il éclaire un désir de liberté.  Dans les contes, c’est la bête de trait qui tire le carrosse de mariage.  En inversion, il évoque un élan créateur dénaturé et perverti, un manque de réalisme.  En lui-même, il réfère toujours à la monture rapide inégalée.

CHEVAL NOYÉ : Dans nombre de traditions, notamment en Russie et en Grèce, on jetait un cheval à l’eau, à l’occasion de certaines fêtes, pour se concilier les forces des eaux.  Parfois on l’y jetait vif parfois seulement après l’avoir immolé.  En rêve, il désigne un naufrage de la conscience, submergée par les instincts et les passions.

CHEVAL PÂLE : Il présage la mort.

CHEVAL ROUGE : Il s’agit du coursier enjoué qui, bien souvent, se cabre, renseignant sur la joie qui résulte du bon équilibre entre le travail, les divertissements agréables et les expériences spirituelles.  Il enseigne les bienfaits de l’humour par lequel on retient l’attention de ceux à qui on parle ou enseigne.  Il symbolise le don de la joie et la vitalité.

CHEVAL ROUX : Il donne l’image de la guerre et de conflits entre les êtres humains.

CHEVAL SACRIFIÉ : Dans le Véda, il désigne le Cosmos.

CHEVAL SAUVAGE : Il dénote des poussées instinctives déchaînées, une vie intérieure déséquilibrée, une vie désordonnée, une conscience sans maîtrise.Cheval sauvage

CHEVAL SUBLIME : Il évoque la maîtrise des instincts.

CHEVAL VERDÂTRE : Il annonce la peste, une épidémie.

CHEVAL TÉNÉBREUX : Il désigne le corps grossier, plein de désirs, qui, mâté, devient la plus belle conquête de l’homme.

CHEVAL VOLÉ : Ancienne tradition des pêcheurs du fleuve Oka qui, le quinze avril, au début du printemps, volaient un cheval pour l’offrir, en le noyant, au Grand-père des Eaux.  Avec la fonte des glaces, cette Divinité était censée s’éveiller ce jour-là.

CHEVAL (BLIAN) : Il désigne le cheval pâle de Celles-sur-Plaine, en France.

CHEVAL (Jeune) : Dans la Chine ancienne, il s’agit du nom des néophytes lors de leur initiation.

CHEVAL (Premier) : En Chine, il indique une constellation à laquelle on sacrifiait un cheval.

CHEVAL (Sacrifice du) : Dans la Rome antique, à la fin des expériences militaires, le quinze octobre, au lendemain des récoltes, on sacrifiait un cheval la tête garnie de grains à Arès (Mars, Dieu de la Guerre).

CHEVAUX AILÉS : Voilà le véhicule de l’Aurore, annonçant le retour de la Lumière, la renaissance, un nouveau départ, la fin des ennuis.

CHEVAUX SANS RENNES : Ils symbolisent l’unité de vision et de direction ou l’exercice de la volonté.  On les associe à une grande maîtrise.

CHEVAUX (Attelage de) : Il évoque la Volonté divine à harnacher, les passions à domestiquer, les polarités à équilibrer.  Les élans de la raison et les liens de la matière qui tirent à hue et à dia, ce qui résulte de la tension entre des forces diverses à équilibrer dans le calme et la gravité.

CHEVAUX (Deux) : Ils expriment la diligence, la vélocité, l’extrême rapidité.

CHEVAUX (Lâcher les) : Dans la Chine ancienne, cette expression indique le fait de tenir une réunion initiatique plus ou moins secrète.

CHEVAUX (Marchands de) : Dans la Chine ancienne, il s’agit du nom des initiateurs ou des propagateurs de nouvelles doctrines.

CHEVAUX (Quatre) : Pour les Musulmans, il s’agit purement et simplement des quatre vents.

 

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