LE SYMBOLISME DU CHASSEUR, UN EXPLORATEUR ET UN CONQUÉRANT…

   Nombre de mythes et de légendes des Traditions anciennes recourent au symbolisme du chasseur, même que l’on peut retrouver des Dieux et des Déesses qui se spécialisent dans cette activité.  En Grèce antique, seulement, on peut trouver Ulysse, Méléagre, Hyppolyte, Orion et, surtout, la déesse de la chasse, Artémis (Diane, chez les Romains).  Il faut savoir que, en spiritualité, la chasse sert de moyen initiatique et que le chasseur évoque, alors, l’être qui protège un territoire ou qui fait reculer les limites du chaos, d’où on le représente souvent par une bête fauve ou par orion-aveugle un personnage qui n’aime pas être troublé ou voir son territoire envahi, surtout par des étourdis ou des profanes.  Sa quête d’abattre les porteurs de ténèbres, représente une épreuve de valeur et d’affirmation perpétuelle de la jeunesse.  Associée au voyage de l’esprit, la chasse implique une lutte intérieure contre les instincts ou abandon à ses instincts sauvages.  Parfois, la chasse évoque la poursuite des âmes fugitives.  Psychologiquement, elle exprime une volonté d’obtenir des biens par la force, la guerre, les querelles, les disputes.  Alors, le chasseur s’associe à un acte sacré où le prédateur et l’être chassé entrent dans une relation particulière : la mort et la vie y tiennent leur rôle comme partie intégrante de l’évolution.  C’est une activité spirituelle pour se guérir du mal.  La mort de l’animal donne vie à son poursuivant.  Symbole de mouvement, de réflexe vif, de vie nomade, d’indépendance, la chasse peut décrire la quête spirituelle ardente d’une âme qui poursuit sa découverte de l’Esprit, qui suit la Voie qui mène à la Totalité.  Elle témoigne d’un désir insatiable de jouissance sensible, la poursuite des satisfactions passagères, l’asservissement à la répétition des mêmes gestes et des mêmes plaisirs.  À moins qu’elle suggère un désir de tuer sa propre agressivité naturelle ou de vaincre sa propre violence intérieure.

   Nous ne pouvons parler de la chasse sans aborder le sujet de la chasse sportive.  De nos jours, cette activité de plein air, comme celle de la pêche, se justifie plutôt mal.  La chasseartemis-peinture, menée dans de prétendues compétitions sportives ou l’excitation primitive du sport, un pouvoir exercé pour la simple distraction, relève d’un autre âge.    Dans un contexte d’abondance, tous les prétextes que celui qui s’y adonne évoque pour appuyer son désir de tuer ne représentent que de faux arguments démontrant sa nature brute et ses difficultés évolutives.  Au fond de lui, il tente de masquer son besoin de répandre le sang.  Pour ainsi dire, il cherche à atteindre la personnalité de l’animal et à se proclamer de lui-même supérieur à celui-ci.  Il désire démonter sa force par un faux pouvoir puisqu’il déroge à toutes les règles du respect dus à un être vivant.  Ce besoin de tuer dénote tout simplement une peur de la mort.  Il traduit une esquive de la nécessité vitale de se remettre en question et de réintégrer la spirale de l’évolution qui implique l’estime et l’amour envers la vie, envers toute forme de vie.  On l’associe à la force martiale ou à une inversion des énergies de Mercure.

   À part la chasse de subsistance, quels que soient les méthodes et les buts, la finalité de cette activité reste toujours la même : débusquer et mettre à mort des animaux qui vivent librement dans la nature pour se défouler de son agressivité accumulée ou pour démontrer sa supériorité sur les autres règnes, surtout si cet acte s’accompagne du désir de rapporter un trophée et de l’exposer ne public ou de l’exhiber devant ses connaissances.  Dans un pays riche, on ne chasse pas pour se nourrir, mais pour se faire plaisir en affirmant sa supériorité présumée sur les animaux, car on ne laisse plus aucune chance à la proie.

   Dans un goût secret de faire couler le sang, le chasseur apprécie son titre de maître du monde et il révère son pouvoir d’arrêter d’un coup la vie, dans son élan, quand il l’a décidé.  Comme l’animal sauchaseur-aborigènevage peut choisir de se défendre, de s’enfuir, de se cacher, à moins de se montrer menaçant, une fois mis aux abois, il représente une liberté à supprimer, un être à dominer.  Car la chasse implique le plaisir de la traque et de l’élimination, démontrant d’autant mieux les pulsions primitives d’agression du chasseur qu’il se munit, pour assurer sa tuerie, d’équipements professionnels sophistiqués qui ajoutent un déséquilibre entre ses moyens et ceux du gibier.  Sauf que, en pareil cas, l’être humain ne démontre plus sa supériorité d’être civilisé sur un être en liberté, mais son instinct de tueur, se révélant le pire des prédateurs de la terre, la preuve en étant qu’il n’accepterait jamais de s’exposer, dans les mêmes conditions, comme la proie d’un animal sauvage.  En effet, les animaux carnivores ne tuent que pour se nourrir, se défendre, protéger leur progéniture ou leur territoire, et avec modération.

   Dans la chasse sportive, qui fait le plus de victimes, aucun prétexte de maintien de la tradition ou des coutumes, de la liberté individuelle, de la convivialité ou le renforcement des liens sociaux, de faire de l’exercice en plein air, de se retrouver dans la nature ne peuvent tenir. La survivance de cette activité, qui s’exerce à l’endroit d’une créature innocente, alors qu’on ne tient nullement compte de la peur et de la souffrance des L’animal traqué, blessé ou abattu, démontre que, chez certains hommes –car peu de femmes y participent– perdure une barbarie préhistorique qui trouve son dérivatif dans la volonté de procéder à une exécution capitale cruelle et arbitraire.

 

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