LA QUÊTE DE L’INSAISISSABLE BONHEUR…

   À chaque instant, la quête du bonheur est la trame qui sous-tend l’activité principale de l’être humain incarné.  Appréciant peu ce qu’il possède déjà et savourant peu le moment présent dans sa plénitude, c’est surtout lorsque les situations se compliquent qu’il peut le réaliser, alors qu’il tente de le retrouver.  Même dans les circonstances les plus pénibles, il entretient une petite lueur d’espoir de l’atteindre un jour.  Il se dit constamment des choses comme : «Quand j’aurai plus d’argent…», «je visiterai tel endroit…», «je me procurerai tel objet…», «je décrocherai tel emploi…», «je ferbonheurai telle rencontre…», «j’aurai des enfants…», «je serai pleinement heureux».  Il fonde toujours la réalisation du bonheur sur l’établissement de conditions.  Pourtant le bonheur, il ne faut pas le chercher comme le terme de l’aventure évolutive, mais comme l’ingrédient même de la Voie qui mène à l’accomplissement.  Autrement dit, le bonheur ne doit pas être recherché comme une finalité de l’expérience humaine en incarnation, mais comme le substrat quotidien de cette expérience.

   Il faut comprendre que le  bonheur, qui est la nature même de la Vie divine, est un état d’être permanent qui vibre en soi et qui ne procède nullement des conditions extérieures du monde, puisqu’il exprime la Réalité ou de l’Essence même de l’Esprit de Vie, qui se complaît en elle-même.   Pour un être particulier, le bonheur peut se définir comme l’état d’une conscience pleinement satisfaite.  Mais pour l’Absolu, il exprime la sérénité, la félicité ou la béatitude, la plénitude naturelle de l’Être.  Ainsi, chez un être particulier, cet état vibratoire ne peur ressortir que d’un état d’accord avec l’Absolu qui élève au maximum le taux vibratoire, fait vibrer à plein cintre, puisqu’il révèle la quintessence de l’Amour divin, Source de toute vie.  Celui qui comprend le sens de son expérience terrestre change rapidement de point de vue et il ne pense plus qu’à trouver le bonheur dans chaque instant.

   Dans cette perspective, dans la vie concrète, le bonheur implique qu’un être particulier vibre à l’unisson des autres créatures et qu’il résonne avec le Dessein suprême ou Plan divin.  Pour y parvenir, l’être incarné doit accepter de vivre dans le monde matériel, mais en y fusionnant les facteurs naturel et spirituel de la vie, deux adjectifs qui n’identifient que deux aspects d’une même Réalité unique, en se liant à l’Essence divine, soit aux énergies puissantes de l’Absolu, à chaque instant.  Toute autre conception du bonheur ne peut être fausse puisqu’elle référerait à une réalité éphémère, donc transitoire de la vie.

   En vérité, le bonheur procède de la vie, comme la lumière émane du soleil.  Il comporte une part d’insouciance par rapport aux expériences immédiates, reconnues comme un passage obligé vers le Savoir.  Le secret pour l’atteindre, c’est de percevoir, au-delà de toute apparence, que toute expérience, agréable ou désagréable, sert une fin et qu’elle traduit l’harmonie plus ou moins voilée de l’Absolu en contemplation de lui-même dans tous ses aspects.  Mais, pour en prendre conscience, l’être particulier doit se délivrer de ses œillères, formées par ses conceptions mentales, pour s’abandonner à la vie, se conformant docilement, donc sans résistance, à l’Ordre cosmique, source omniprésente d’harmonie et d’équilibre.  Car la clé du bonheur réside dans la conformité à la volonté de l’Esprit infini de la Vie, donc dans l’obéissance aux principes de la vie ou dans l’acceptation de la vie telle qu’elle se présente, dans son dévoilement progressif de la Totalité divine.

   Hors de ces normes, dans la conception populaire, le bonheur exprime la pleine et constante satisfaction des besoins et des désirs.  Pourtant, d’une part, ceux-ci varient sensiblement d’un sujet à un autre.  D’autre part, dès qu’un besoin est temporairement comblé ou qu’un désir est satisfait, il en surgit d’autres, ce qui ramène dans un état de carencenfant-heureuxe momentanée et ramène dans un état d’inquiétude et de tension plus ou moins permanent.  Toute réalisation humaine, si grande qu’elle soit, ressemble à une bulle de savon qui peut, à tout moment, éclater dans l’air.

   En effet, dans le domaine des expériences de la vie concrète, malgré l’avancement de la science et de la technique, autant dans les besoins physiques que dans les attentes psychiques, rien ne dure et nul n’est jamais entièrement satisfait.  Celui qui maintiendrait sa quête de bonheur au domaine contingent devrait finir par reconnaître qu’elle est utopique, puisque inaccessible.  Le bonheur ne peut résider dans l’atteinte de la fortune financière ou de la notoriété, l’accumulation d’objets, la réussite de la vie de couple ou de la vie familiale, la satisfaction des plaisirs divers, l’harmonie des rapports sociaux, la pratique de la vertu, la détention du pouvoir, ou quoi encore, des accomplissements qui ne peuvent suivre une âme au-delà du trépas.

   En  fait, le bonheur, qui est un état spirituel, est toujours là, mais ne peut le vivre que celui qui sait le reconnaître dans ce qu’il est et là où il se trouve en permanence dès qu’il cesse de lui résister par l’interposition de trop d’attentes humaines, toujours trop limitées pour ce qu’il est dans sa nature profonde.  Le bonheur surgit de la qualité de l’Instant éternel, il ne résulte pas de la quête de toute une vie.

 

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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