VIVRE D’AMOUR

On ne parlera jamais assez de l’Amour, puisqu’il est l’Énergie même de la Vie.

L’Amour pur est l’énergie de cohésion, l’énergie primordiale qui donne la vie et qui maintient éternellement le Cosmos dans l’Ordre, l’Équilibre et l’Harmonie, donc dans l’Intégrité divine.  Il est l’Émanation même de l’Absolu, l’Essence et la Substance de la Création et la raison d’Être du monde, avec toutes ses créatures, sans exception, jusqu’à son but ultime.  En cela, contrairement à l’affection, qui accapare et s’exprime au gré des méandres sentimentaux, émotionnels et passionnels, conditionné par le désir qui naît ou qui décroît, il libère, n’accaparant personne et ne se laissant jamais accaparer.  Il induit dans l’indépendance et l’autonomie tout en gardant fraternel et solidaire.  Il s’exprime de manière impersonnelle, inconditionnelle, donc sans acception ni exception, comme sans attente ni jugement.

L’Absolu divin est d’abord Amour, à savoir que le Principe même de la vie est Amour, autant dans son Essence que dans sa Nature, dans son Être éternel que dans sa Manifestation.  Dès lors, celui qui, en lui, s’unit à l’Esprit de Vie et aux autres, à tous les autres, donc à tout ce qui est, dans l’Amour pur, ce qui implique la confiance, la compassion, la compréhension et le respect mutuel, s’assure de la réalisation de tous les possibles et impossibles apparents.

En lui, l’Amour désigne l’énergie d’attraction universelle qui, sur le plan humain, porte l’être incarné vers les autres créatures et l’amène à désirer leur bien, même quand il ne subsiste aucune espérance de retour.  Pour que l’Amour soit l’Amourenfants-et-tigre, il implique le désintéressement, mais, sans l’attendre, avec l’assurance que, par la gratuité et la sincérité de ce détachement affectif, que personne ne doit craindre, dans la peur de perdre au change, il ne peut que revenir à sa source multiplié au centuple.   Car nul ne pourra jamais empêcher cette énergie divine et libre de se réfléchir sur celui qui le rayonne, apportant un bénéfice à tous les êtres qu’il touche sur son passage.

L’Amour divin représente la plus haute expression de l’existence, à titre de Force de vie par excellence qui place l’espèce au-dessus de l’individu et la Totalité au-dessus des espèces.  Il engendre l’état électromagnétique omniprésent des êtres et des choses qui détermine, dans chaque cycle d’expérience, les affinités, à partir du degré de compatibilité et de complémentarité.  En fait, circulant d’un être à un autre, il attire et communique les mêmes propriétés qu’il dispense à ce qu’il attire et imprègne, sans appauvrir celui qui le diffuse.  Il implique le sentiment de bonne volonté et de bienveillance qui englobe dans une réalité unique tous les êtres et toutes les choses, s’exprimant dans l’égalité pour tous, dégagé de tout lien émotionnel.   C’est pourquoi l’Amour échappe à la compréhension de l’être humain ordinaire, à peine sorti de son animalité, prisonnier de son individualité apparente, parce qu’il origine du Plan idéal de la Manifestation.  Pour le comprendre vraiment, il faut pouvoir s’élever sur ce plan le plus élevé qui soit.

Pour l’individu, aimer, c’est d’abord s’aimer, non dans l’exclusivité, mais en priorité.  C’est se choisir lui-même, s’estimer et se faire confiance, reconnaître sa dignité personnelle, exprimer son unicité, coupé du regard d’autrui, s’accorder la première place, tout en restant altruiste, désireux que s’exprime le bien commun.  Dans cet amour, un être ne se soumet pas son individualité à la norme commune, il l’applique dans l’égalité.  Car le bien commun ne doit jamais primer sur le bien individuel, ce qui amènerait à contraindre l’être individuel à une réalité extérieure, conçue comme supérieure, qui l’amènerait à se sacrifier et à rapetisser, il doit simplement s’harmoniser avec lui.

Ainsi, pour chacun, l’Amour vrai commence par le fait de se l’offrir à lui-même, puisqu’il ne peut pas donner ce qu’il ne possède pas ni rayonner ce qu’il ne porte pas.  Pour avoir quelque chose à offrir, un être doit commencer par se l’offrir, pouvant par la suite partager ses surplus, au lieu de tout mettre en réserve.  Car un être ne peut croître, grandir et prendre de l’expansion que par ce qu’il partage dans le détachement complet de la générosité gratuite.  Pourtant, pour l’être individuel, il n’y a pas d’égoïsme à se donner jusqu’au surplus, ce qui lui évite la prise en charge par les autres quitte à devoir payer le prix de cette dépendance par une liberté limitée.  Comme il n’y a pas d’orgueil à se sentir grand dans la reconnaissance de son origine divine.

La Nature elle-même enseigne ce premier devoir que, relié au Centre divin, il prenne bien soin de lui avant de penser à prendre soin des autres, à titre de gardien de ses semblables.  Chaque arbre ne pousse-t-il pas aussi profondément ses racines dans le sol qu’il ne dresse son fût et ne déploie sa frondaison dans le ciel, y procédant à des échanges multiples.

Pourtant, pour rester lumineux, l’Amour n’en doit pas moins s’exprimer sans égoïsme.  L’Absolu, l’Esprit de Dieu, circule à travers chacun et à travers tous les êtres.  De là, celui qui se coupe des autres interrompt le libre cours de l’Esprit et il sépare ce que l’Absolu a lié.  Et s’il exclue de son Amour la moindre créature, émanée de Dieu, il se limite d’autant dans ses possibilités immédiates de réalisation.  Celui qui, dans une attitude trop fière et diviseuse oublie qu’il fait intégralement partie de l’humanité, ce qui le soude à son destin, diminue sa puissance de communication, entravant son expansion par l’énorme boulet de séparativité qu’il se crée dans les plans inférieurs.

En Amour, la question est de savoir qui aimer.  De toute évidence, chaque être doit aimer Dieu, son Créateur, le reconnaissant comme source de l’Amour, donc comme une Réalité infinie, en principe, infiniment aimable.  Car, à prime abord, aimer Dieu pour d’autres raisons, alors qu’il paraît aussi loin et inaccessible, en raison de l’obscuration de la conscience humaine, consécutive à l’incarnation, et de la Gloire infinie de l’Être des êtres, par son Immanence éternelle,  ne représente pas une expérience aussi facile que cela le semble.  Le fait de savoir si Dieu est véritablement aimable demeure une hypothèse tant qu’il ne l’a pas éprouvé à travers son expérience personnelle.  Certains ne l’ont-ils pas décrit comme tyrannique, rigoureux, vengeur, rempli de courroux?  Sauf que, comme Dieu est un Esprit, il ne peut être atteignable qu’à partir du fait qu’il réside en chaque être.  Ainsi, c’est d’abord en plongeant à l’intérieur de lui, puis en apprenant à aimer le moindre des êtres, expression de Dieu, qu’il commence à découvrir la réponse à son interrogation relative à son amabilité.  Car ce que l’on fait à la moindre de ses créatures, c’est à lui qu’on le fait.

Par l’Absolu qui l’habite, chacun peut apprendre à aimer l’humanité dont il fait partie, à titre de partie de l’Homme total.  Puis, il peut aimer toute la Création en y voyant le Créateur partout présent, partout actif.  Par son Essence et dans sa Nature essentielle, Tout est Amour.  Ainsi, chaque être a été pensé et conçu dans l’Amour infini de la Source unique.  C’est sur ce plan qu’il faut s’élever pour vraiment aimer,  un plan auquel l’être incarné ne peut accéder qu’en passant par l’intérieur de lui-même, d’où il tire sa réalité, ce qui finira par ajuster son environnement à ses découvertes intimes.

Du coup, cette compréhension règle le problème apparent de l’amour des ennemis.  Car l’Absolu ne demande sûrement pas d’apprécier ce que, même à tort, on perçoit comme une erreur ou qui fait souffrir, pas plus que celui qui s’adonne à des actes régressifs.  Il requiert d’abord que chacun aime Dieu à travers l’autre.  Il demande donc que chacun reconnaisse, au-delà de l’Illusion, source des apparences, l’omniprésence, l’omnipotence, l’omniscience et l’omniagence de l’Ordre divin dans toute expression.  En outre, il doit s’ouvrir à la réalité que son pire ennemi n’est jamais que lui-même, dans la part d’obscurité qu’il conserve, qui amène l’ennemi extérieur à ne représenter rien d’autre qu’un reflet de son propre miroir, qu’un aspect de son propre être qu’il ignore et omet d’aimer.

De même, l’Absolu n’exige pas que, dans son estime, l’être évolutif qu’est l’être humain mette un terme immédiat à la hiérarchie qu’il établit spontanément, d’après ses affinités naturelles, négligeant l’inclination naturelle qu’il porte pour ses êtres chers, tant qu’il n’a pas atteint l’état d’Impersonnalité qui le caractérise lui-même.  Il suggère plutôt qu’un être suive la voie de son cœur en restant toujours ouvert à ce changement probable qu’il puisse, au fil des ses expériences, en arriver un jour à aimer ce qu’il a déjà détesté, s’étant formé à un autre point de vue par sa compréhension.

L’Amour est la Clé des clés.  Jésus l’a rappelé en disant qu’il pouvait résumer tous les écrits anciens par un seul mot, le mot «Amour».  Celui qui aime parvient plus vite à la Réalisation totale que celui qui, dans une apparente sainteté, tente de collectionner les vertus une à une.  L’Amour est Tout : il est la Raison du Cosmos, autant dans son origine que dans son aboutissement.  De là, l’évolution sereinement joyeuse ne peut passer que par l’expression de l’Amour divin.

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