L’ART D’INTERVENIR À POINT NOMMÉ, DANS LE MOMENT PRÉSENT…

Quelle sagesse on peut retrouver dans les deux citations qui suivent, dans la mesure qu’on les comprend bien: «Mieux vaut manger la fiente d’un moineau que la crotte d’un éléphant» (proverbe africain) et:  «À force de tout remettre à plus tard, la vie nous dépasse» (Lucius Sénèque)  Le passé n’existe plus;  l’avenir n’existe pas encore…  Alors, quel meilleur moment, pour intervenir, que dans le mompresent_2823ent présent.  Car ce qu’on remet à plus tard n’est pas accompli dans l’ordre ou n’est jamais accompli.

 La rose ne dure que l’espace d’un jour…  L’être humain s’occupe presque toujours d’une autre priorité que celle que la Vie lui présente dans le moment présent, du fait qu’il suit davantage son mental que son intuition.  C’est ainsi qu’il met de côté, finissant par les oublier, bien des petites tâches qu’il juge moins importantes, qui finissent par prendre des proportions dramatiques.

En effet, dans une existence où il n’y a rien à juger en termes de valeur, le jugement déterminant qu’il y a des tâches importantes et des tâches négligeables, il faut reconnaître que ce dernier ne procède pas de l’intuition, mais de la raison, plus précisément de l’intellect diviseur, qui finit souvent par fourvoyer son maître.   Il n’y a rien de grand, rien de petit, tout est d’égale importance.

Lors d’une randonnée, tout marcheur peut observer dans le scrupule qui s’insère dans un soulier et qu’il néglige d’enlever, jusqu’à ce qu’il blesse, qu’un point de détail peut parfois engendrer un plus grand mal, en regard des conséquences, qu’un point important.  Car s’il s’était agit d’une pierre plus grosse, par l’inconfort immédiat, il l’aurait tout de suite retirée de sa chaussure.

La négligence de reconnaître ce qui importe le plus, qu’elle soit consciente ou inconsciente, mène à l’échec, à la régression, à la catastrophe, à la déchéance au gré d’une dégradation lente et sournoise.  Elle amène les difficultés à s’accumuler, finissant par amener son auteur à se décourager et à ne plus que subir son sort malheureux.  C’est la raison pour laquelle un être accuse comme un choc l’échéance fatale qui en résulte, car il ne l’a pas vu venir dans sa lente progression.  Même qu’il y a fort à parier qu’il ne comprendrait pas celui qui lui expliquerait que l’être incarné ne rencontre jamais que le nombre d’obstacles qu’il pose lui-même sur son parcours.  Mais l’obstacle qui n’est pas dissous ou supprimé, parce qu’on l’a contourné, continue d’exister, avec son potentiel de menace.

Chacun gagnerait à comprendre que, au-delà des planifications de son agenda,  ce qui importe le plus pour lui, c’est le défi, agréable ou désagréable, que la Vie, sage et intelligente, lui présente dans le moment présent, d’où il n’a pas intérêt à choisir l’esquive dans ce qu’elle lui propose.  Le seul moment opportun d’agir, c’est le moment présent, celui qui offre un défi d’expérience, qui devrait devenir son intervention prioritaire, au-delà de toutes les charges et les impositions qu’on se crée dans ses factices «il-faut» et ses «je-dois».

De là, le défi qui se présente à un être dans le moment présent, donc forcément dans l’Ordre providentiel, comportant en lui-même son urgence et sa primauté, plutôt que de surgir au gré du hasard, qui n’existe pas, voilà l’expérience qui devrait toujours obtenir son attention et son assentiment immédiat d’intervention, ce qui lui éviterait de se laisser embourber ou surcharger, avec toutes les complications ultérieures, notamment le sentiment d’impuissance et le désarroi, que cela peut comporter.

On notera que ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que les gens n’osent pas, mais parce qu’ils n’osent pas qu’elles deviennent difficiles.  Ce n’est pas surtout de temps que les gens manquent, mais d’ordre et de discipline, à part quelques autres bonnes habitudes.  Un jour, il faut se demander si on préfère s’organiser ou se faire organiser, se préparer convenablement ou devoir réparer, établir ses propres priorités ou subir celles des autres.  La plupart des imprévus, des complications ou des urgences résultent d’un manque de planification, de la négligence d’intervenir au moment opportun ou de la procrastinisation (la remise à plus tard).  Et c’est bien fait pour le désordonné, l’ignorant ou l’indolent!

© 2013-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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Une réponse

  1. Thibaut

    Ahah, il m’a bien fait rire sur certains traits de ma personnalité cet article. Ca recadre illico ! Merci