Les premiers pas essentiels d’une démarche vers le bien-être, ce sont l’acceptation, l’adaptation et le détachement.  Le premier d’entre eux, l’acceptation, semble le plus ardu, bien que nous le sachions facile à accomplir, parce que nous craignons ce qu’il peut entraîner dans son sillage.  Nous ne pouvons pas agir de façon responsable, face à ce dont nous sommes inconscients, comme nous ne pouvons pas l’accepter de bonne grâce.  Mais, lorsque l’acceptation s’impose, c’est que, déjà, nous sommes conscients des éléments en jeu et de leur implication.  Autrement dit, nous pouvons alors raisonner la situation et l’état d’être qui se manifeste en nous.  Cependant, tant et aussi longtemps que nous nous cantonnons dans le raisonnement, nous nous empêchons d’atteindre l’état de l’acceptation.   

            Pour bien comprendre, prenons l’exemple d’un repas.  Tant que nous n’avons pas goûté aux aliments, pour n’avoir pas encore mangé, nous n’avons rien à apprécier, à digérer, à assimiler ou à éliminer.  Bien que la vue de la nourriture puisse nous conditionner, nous mettre en appétit, déclencher la salivation et les sécrétions digestives, rien de cela ne peut se produire tant que nous ne l’avons pas ingérée.  Mais nous ne gagnons rien à imaginer ce qui arrivera par la suite aux aliments que nous nous disposons à consommer, de nous préoccuper de bien ou du mal qu’ils pourront nous faire, tant que nous ne les avons pas consommés.  Bien que nous ne nous y arrêtions plus, dans le cas d’un repas, cet exemple appelle deux questions : d’où vient la nourriture et pourquoi mangeons-nous?  De même, dans toute activité, nous avons intérêt de nous enquérir d’où provient le désir qui la sous-tend et pourquoi nous la posons.

        Dans la vie, une fois qu’elle s’est présentée, il importe peu qu’une réalité soit facile ou pénible à accepter, qu’elle soit enthousiasmante ou déprimante à vivre.  En effet, en général, nous sommes aussi réticents à accepter nos petits bonheurs que nos grands malheurs.  Ce qui importe vraiment, c’est de savoir pourquoi une chose nous arrive à nous, plutôt qu’à quelqu’un d’autre.  Et la première réponse est que nous l’avons consciemment ou inconsciemment attirée ou préparée, d’où nous l’avons méritée.  Il faut encore se demander pourquoi il faut passer à travers une expérience, qu’on l’accepte ou pas.  Cette fois, la réponse est que nous en avons besoin pour mieux comprendre les lois de la vie et pour grandir en conscience.

            Voilà bien un raisonnement à toute épreuve, quand on connaît la Causalité.  Mais il n’est pas dit qu’il nous dispose davantage à accepter notre situation.  Alors, on pourrait peut-être se poser d’autres questions…  Pourquoi devons-nous tout remettre en question à chaque nouveau pas que nous posons, à chaque nouvelle occasion qui se présente d’accepter quelque chose?  Si la raison d’être d’un fait ne suffit pas, quoi d’autre pourra bien lui suffire?  Voilà comment nos questions finissent par soulever un appel à demander des questions essentielles : Qui suis-je?  Quel est le sens de ma vie?

            Si nous parvenons à trouver les réponses à ces questions, nous saurons pourquoi il importe de savoir accepter tout ce qui arrive.  Voilà qui aide à se remettre en question et à chercher de nouvelles solutions pour amplifier ce qui fait du bien, que l’on apprécie, et pour écarter ce qui fait du mal, qu’on abhorre. 

 

Janaka-anandâ © 1980-2014 Yogi Inn, Vermont, USA.

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