L’ABUS DES ENFANTS, UN DRAME HUMAIN, MAIS UNE RÉPERCUSSION DE L’ATTRACTION OU UNE ILLUSTRATIONS DE L’EXCÈS…

Selon les plus récentes statistiques, près de six cents millions d’enfants vivent dans la pauvreté et s’endorment, chaque soir, affamés;  près d’un million d’enfants, surtout des petites filles, sont jetés chaque année dans le commerce du sexe, un secteur qui pèse des milliards de dollars;  près d’un million et demi d’enfants de moins de quinze ans sont affligés du VIH, donc porteurs du SIDA;  les mines terrestres tuent entre huit et dix mille enfants chaque année;  environ deux cent cinquante millions d’enfants de cinq à quatorze font partie du marché du travail;  dans certains pays, près de deux cent cinquante mille enfants, dont certains ne sont âgés que sept ans, servant dans des forces armées gouvernementales ou groupes armés d’opposition, assumant des rôles de soldat, d’espion, de messager et de porteur;  enfin, dans le monde, chaque année, un tiers des naissances n’est pas signalé, ce qui fait que quarante millions de bébés rejoignent ainsi les rangs des êtres qui passeront toute leur vie sans identité officielle ni citoyenneté et qui n’auront aucun droit aux services gouvernementaux.

L’abus des enfants attente au sens des valeurs et il sidère l’entendement.  Comment des adultes, qui devraient les protéger, leur assurer le bien-être et la sécurité, peuvent-ils s’en servir comme des objets de défoulement, de plaisir ou d’exploitation?  Dans le monde, de nombreux enfants sont victimes de brutalités (coups, blessures, travaux forcés);  de violences morales ou psychologiques (vioabus-enfantslence verbale, humiliations, persécutions, dénigrement systématique, menaces, attitudes de rejet ou d’indifférence, privation des contacts sociaux, implication dans le crime, comportement antisocial, abus de substances toxiques);  et, particulièrement, d’expériences sexuelles précoces, en particulier à des fins pornographiques (exploitation sexuelle, prostitution, tourisme sexuel).  Ces interventions inhumaines ont des effets extrêmement néfastes sur leur développement émotionnel et physique, même spirituel, parce qu’ils peuvent laisser des séquelles pratiquement indélébiles.

Pour ce qui a trait à l’abus sexuel d’un enfant, qui est peut-être le plus odieux des mauvais traitements qui puissent lui être infligés, il s’agit de tout comportement (attouchement, geste, acte de nature sexuelle susceptible de nuire au bon développement de la personne sur le plan sexuel).  Plus précisément, l’abus sexuel représente toute forme négative de relations sexuelles qui exploite une personne de moins de dix-huit ans.  Il peut s’agir de l’attentat à la pudeur, du voyeurisme, de l’exhibitionnisme, des pressions pour regarder un film pornographique, des touchers à connotation sexuelle, de l’humiliation dans un rapport sexuel, de l’exploitation des enfants dans productions pornographiques, de viol et de tous les autres actes du genre.

Bien que l’agression puisse se produire à tout âge, selon des études sérieuses, la victime des crimes sexuels est souvent très jeune, entre quatre et onze ans.  Dans plus de quatre-vingt pour cent des cas, il s’agit d’une fille.  Il faut savoir que les abuseurs, qui viennent de tous les milieux et ne se signalent pas par une apparence distincte, ont, dans nombre de cas, un lien de parenté avec l’enfant ou ils appartiennent au cercle de confiance de la famille.  Ainsi, dans la plupart des cas, on parle de soixante-quinze à quatre-vingt cinq pour cent, l’abuseur est une personne bien connue de l’enfant.  L’agression n’est généralement pas violente : la plupart des abuseurs recourent plutôt à la persuasion et aux promesses, plutôt qu’à la force physique, mais dans un cas de désir intense et lancinant, la menace peut faire partie de la transaction.  Le plus souvent, l’enfant est victime d’abus sexuel de façon répétée.  En outre, comme ce dernier a été persuadé de garder le secret, la telle situation peut persister des années avant d’être découverte.  Dans la plupart des cas, l’agression se produit au domicile même de l’enfant, chez un membre de la famille ou chez un ami.

Il existe des indicateurs comportementaux pour déceler les possibles abus.  Ainsi, un enfant qui a participé à de telles activités, mais s’est fait imposer le silence, peut porter des blessures et en donner une explication incohérente ou dire qu’il ne se souvient pas de son origine;  il est porté à craindre les adultes, même ses parents;  il tressaille au moindre toucher inattendu;  il se montre excessivement agressif;  il estime qu’il mérite une punition ou il se mutile;  il redoute d’entrer à la maison;  il exprime un désir immodéré de passer du temps avec un adulte en particulier;  il révèle une baisse du rendement scolaire.  Plus précisément dans le cas des abus sexuels, il peut exprimer une connaissance prématurée de la sexualité ou témoigner d’un comportement sexualisé;  il se renferme sur lui-même et se montre souvent cafardeux;  il devient excessivement accaparant;  il démontre des signes physiques dans la région génitale.

En plus d’agresser le sens des valeurs, de sidérer l’entendement, l’abus des enfants incline à la révolte et à de sévères condamnations.  En effet, comment une personne peut-elle décider de poser un acte qu’elle croit «amoureux», mais qui n’est que passionnel, parce que relevant uniquement de sa satisfaction personnelle, sans l’accord de l’autre et, dans ce cas précis, d’un être démuni du degré suffisant de discernement pour se prononcer en toute conscience?  En pareil cas, le fauteur se sert de l’enfant comme un objet de satisfaction de son propre plaisir.  Surtout qu’il s’agit d’un acte qui peut laisser d’importantes séquelles psychologiques, l’enfant étant porté à garder un secret pour lequel il ne trouve pas les mots, afin de l’exprimer, ou qui le maintiennent dans un complexe de souillure ou de culpabilité?

En effet, l’abus sexuel représente un évènement traumatique qui peut entraîner la confusion, la perte de repères, le sentiment d’impuissance, le choc ou le chaos émotionnel, une vague de stress aigu, une crise de sens. Comme tout traumatisme, il peut avoir pour conséquence, et à long terme, un état chronique de stress post-traumatique compliqué des troubles divers.  Il s’accompagne souvent du secret, voir du refoulement psychique, une stratégie de survie du cerveau de la victime visant à maintenir son équilibre psychique. En fait, il faut distinguer deux types de dommages psychologiques : le viol du consentement, l’adulte imposant à l’enfant un comportement auquel ce dernier ne se prête pas, et le sentiment de culpabilité qui peut être conforté par l’injonction du secret imposé.  Dans certains cas, la victime peut éventuellement choisir de quitter ce monde, jugé pervers et inhospitalier, par le suicide.

C’est d’autant plus révoltant qu’une personne, surtout un adulte ou une personne de confiance, ne peut décider de poser un acte qu’elle croit «amoureux», mais qui n’est que passionnel, parce que relevant uniquement de la satisfaction personnelle, sans l’accord de l’autre.  Même si l’enfant était consentant, il faut vérifier si, dans un vécu commun, les partenaires s’affrontent à armes égales.  Dans tout vécu commun, tous les individus impliqués dans une relation sexuelle doivent faire preuve d’un degré équivalent de maturité qui les rend aptes à prendre eux-mêmes une décision lucide.  Ils doivent mutuellement pouvoir s’exprimer leurs sentiments et leur vérité, placés dans le même registre de conscience et sur une même longueur d’onde.

La liberté ne confère jamais le droit d’abuser des autres et de leur imposer sa volonté, elle ne permet que d’occuper entièrement son territoire, à sa manière.  Du reste, ce qui ne sert pas sa fin ultime, ce n’est pas imputable à la liberté, mais à l’esclavage des pulsions grossières, qui tirent toujours vers le bas.  Dans la liberté sans limite, chacun peut limiter ce qu’il choisit d’expérimenter, non ce que l’autre a le droit de vivre.  Pour un être, c’est une façon d’exprimer qui il est ou de se définir par rapport aux autres.  Chacun est entièrement libre dans son propre univers, non dans celui des autres.  Dans son monde, il détient tous les droits, mais, dans celui des autres, il détient des devoirs, ce qui commence par l’amour et l’innocuité.  Personne ne détient la liberté de définir l’autre, de déclarer qui il est, qui il doit être, ce qu’il doit faire ou ne pas faire par rapport à lui-même, d’exercer du contrôle sur lui.  En cette matière, la séduction, le marchandage subtil, le recours aux sentiments, le don de cadeaux, les pressions et les menaces demeurent des moyens illicites de parvenir à ses fins.

Malgré que l’abuseur soit souvent un être qui a été abusé pendant son enfance, ce n’est pas une raison pour imposer à un autre, comme pour le lui faire partager, son vieux traumatisme.  Personne ne détient la liberté de définir l’autre, de déclarer qui il est, qui il doit être, ce qu’il doit faire ou ne pas faire pour ce qui le concerne, soit d’exercer de contrôle sur lui.  En cette matière, la séduction, le marchandage subtil, le recours aux sentiments, le don de cadeaux, les pressions et les menaces demeurent des moyens illicites de parvenir à ses fins.

Il est un fait que, dans le passé, certaines sociétés ont refusé de considérer les relations sexuelles entre un adulte et un enfant comme néfastes et immorales.  On sait par exemple que, en Grèce ancienne, le précepteur d’un enfant pouvait l’initier à la sexualité, après avoir acquis sa confiance, même s’il s’agissait d’homosexualité.  Mais cette pratique, qui n’a pas duré, n’a-t-elle pas mené à l’assassinat du grand philosophe Socrate, condamné à boire la cigüe?  Autre temps, autre mœurs.  N’empêche que, dans notre contexte très moralenfants-abusesisateur d’origine judéo-chrétienne, de telles pratiques ne peuvent que perturber profondément la majorité des enfants, ce qui invite à l’interdire et à le condamner de manière énergique et absolue.

Pris d’incompréhension, on peut toutefois se questionner sur cette réalité que, dans un système divin ordonné, des enfants puissent vivre de telles expériences, conçues comme inexplicables.  Sans vouloir suggérer qu’il faille accepter et laisser faire, il faut reconnaître qu’une telle expérience fait sens sur un plan de conscience qui échappe à l’entendement humain.  L’âme du sujet l’a forcément incluse dans son parcours de vie pour une raison évolutive.  Lui permet-elle de liquider le karma d’un comportement antérieur de sa part qui ressemblait au comportement de ses agresseurs?  A-t-il besoin de vivre de telles expériences pour la bien comprendre de manière à devenir, plus tard, un être qui pourra utilement s’impliquer dans la cause de la défense et de la protection des enfants?  S’est-il incarné pour contribuer à ce que l’espèce mette un terme à certains types d’abus?  Car il y a une différence entre se faire expliquer une situation et la vivre.  Il peut exister un bon nombre d’explications du genre qui pourraient expliquer une expérience aussi difficile à accepter.  L’important, c’est que, quelle qu’en soit la raison, il ne faut jamais accepter qu’une telle aventure perdure, se poursuive, et il s’impose de prendre tous les moyens pour y arriver.  Le seul fait de l’apprendre indique qu’elle a assez duré et que, en raison de son impuissance ou de son manque de maturité, il faut intervenir en sa faveur!

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