L’ABANDON BIEN COMPRIS PEUT DEVENIR UNE PLANCHE DE SALUT…

Dans le registre des termes spirituels, l’abandon désigne le choix de renoncer à sa volonté propre et de s’en remettre avec confiance à la Volonté de l’Absolu.  Au sens spirituel le plus strict, résultat du lâcher prise, elle évoque l’acte de confiance totale en l’Intelligence de la Lumière divine pour ce qui a trait à son destin ou à son évolution.   Il s’agit du «détachement» ou du «renoncement», en termes plus contemporains, du «lâcher prise» ou du «laisser aller» au sens de «mettre un terme à toute résistance» qui produit un blocage énergétique.  Dans les récents messages inspirés, on recabandon1ommande souvent cet acte de foi en recommandant «l’abandon à la Lumière» pour mettre fin à la Grande Sédition de la Fin d’un temps ou d’une Ère et favoriser l’Ascension spirituelle.

En fait, s’abandonner, c’est mettre un terme à toute résistance, face à la Vie, pour qu’elle circule, à travers soi, toujours de façon de plus en plus abondante, parce qu’on cesse de lui faire obstacle en nourrissant des illusions.  Et un être lui fait surtout obstacle en se guidant par sa raison plutôt que par son Cœur sacré, pour ainsi dire le porte-parole de son âme.  L’abandon implique une mise à l’ordre, en soi, afin d’entrer en mouvement à travers toutes les parties de son être.  Cet état permet d’identifier progressivement tout ce qui encombre la conscience et l’empêche de prendre son expansion.  Il conduit au discernement par lequel on peut repérer ses attentes intellectuelles et sensibles qui agissent comme un filtre à l’intuition et écartent de sa véritable mission.  L’abandon mène au détachement.  Mais il ne supprime pas, pour le candidat, la nécessité de rester en alerte, vigilant, attentif, pour saisir les signes de la Vie et pour agir au moment opportun.  La consigne demeure: «Aide-toi et le Ciel t’aidera.» Il apprend à identifier ses faux attachements, ses attentes illégitimes, ses affections délétères, ses pulsions préjudiciables.  Il aide à comprendre la maxime: «Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et le reste vous sera donné par surcroît.»

L’abandon illustre une situation où un être perd le contrôle et où il doit laisser faire, parce qu’il n’a pas le choix.  Elle appelle au lâcher prise ou au renoncement parce que des circonstances qui échappent à son pouvoir ou à son entendement agissent.  Alors, il doit s’’élever au-delà de ses convenance et de ses structures.  L’aptitude à s’abandonner accélère l’évolution.  Dans tout ce qu’un être change, sa vie s’en trouve améliorée.  Un des plus grands défis, c’est le lâcher prise de tout ce qui ne sert plus, bénissant ce qu’on abandonne, pour accueillir ce qui se présente.  Pour évoluer, il faut toujours abandonner quelque chose pur rester en mouvement : une attitude, un rôle, une relation, un travail, une manière de vivre.  Il faut apprendre à être ouvert au changement et à la nouveauté et à laisser partir le passé lorsqu’il ne sert plus.  Rien n’arrive pour punir, mais pour faire comprendre.  Le plus difficile à lâcher, c’est souvent son rôle de victime ou de sauveur.  Tout est remplacé par autre chose offrant de nouvelles occasions de grandir et d’évoluer.

Si l’évolution implique apparemment tant de souffrances, une des principales causes en est l’attachement.  Plus vite on abandonne le passé et plus facilement on accueille le nouveau, plus on grandit dans la joie plutôt que dans la résistance et la lutte.  Dans la vie, la croissance implique naturellement des changements, l’ouverture à de nouvelles attitudes, le développement de nouvelles aptitudes, l’acceptation de nouvelles formes, l’intégration de nouvelles perspectives, la rencontre de nouvelles personnes.  On s’accroche souvent à ce qu’on possède parce qu’on le considère comme mieux que ce qu’on pourrait recevoir.  Si on pense à changer en mieux, on traversera plus facilement ce processus, s’ouvrant à ressentir la joie d’acquérir un nouveau résultat.  Dans toute perte, on peut toujours imaginer que c’est la meilleure chose qui puisse arriver, même si on n’en voit pas encore la raison.  Il suffit de décider de faire confiance à sa faculté de créer pour soi le meilleur et de se réjouir des merveilleuses surprises qui attendent en réserve.  Il faut laisser passer les choses, les aider à le faire.  Le fait de s’accrocher à une réalité peut la garder à distance.  En abandonnant une chose, on lui permet de revenir ou de partir à jamais pour que quelque chose d’autre le remplace.  Si la vie évolue, rien ne peut partir sans annoncer quelque chose de meilleur.

Il faut vivre le changement comme une grande aventure de libération, faisant confiance à la sagesse de Dieu et de l’Univers, s’installant dans la joie et la paix.  En toutes circonstances, le Créateur agit dans l’amour, s’occupant de soi.  Si on ne fait pas les changements qu’il inspire, ils se produiront de force, sans son intervention.  Ce qu’on n’apprend pas dans la sagesse, on doit l’apprendre dans la dans la douleur et la souffrance.  Il faut sans cesse penser de façon nouvelle, plus ouverte.  Le sentier devient facile pour ceux qui ne forment plus de préférence.  Les faux attachements consument tant d’énergies précieuses !  On gagne surtout à dissoudre ces habitudes inconscientes qui ne servent pas le meilleur de son être et qui empêchent d’adopter de nouvelles manières d’être.  Bien souvent, il faut comprendre qu’on n’a pas à abandonner ses préférences, mais sa dépendance à leur égard.  On n’est bien que libre.  Alors, il faut éviter de laisser ce qui fait partie de sa vie contrôler son être.

Ici, on pourra se demander de quels attachements on parle.  C’est bien connu, on peut s’attacher à des personnes, à des objets, à des endroits, à des habitudes.  Mais c’est oublier qu’on peut aussi s’attacher à des situations troublantes et à des émotions fortes.  Comme on peut s’attacher à ses programmes mentaux comme si le mental était son directeur de conscience.  On peut s’attacher au monde extérieur, oubliant de se créer un espace intérieur, un havre de paix, un sanctuaire sacré de silence et de calme.  On peut s‘attacher à des lectures, à des enseignements, à un guide, oubliant son Soi supérieur.  On peut s’attacher à ses plans malgré les messages de son intuition. On peut s’attacher à un horaire ou à un emploi du temps.  On peut s’attacher à son apparence ou à ce que les autres pensent de soi, se souciant d’être aimé, apprécié et compris.  On peut avoir besoin de recevoir des éloges ou de la reconnaissance pour agir.  On peut tenter de forcer les autres à réaliser ce qu’on fait.  On peut s’attacher à ses ambitions personnelles ou à ses attentes.  On peut s’inquiéter du nombre de personnes que son travail attire ou atteint.  On peut s’attacher à son besoin de voir les choses se passer à sa guise.  On peut craindre de perdre du temps pour toujours.  On peut croire que si on ne s’attache pas aux autres, on ne les aime pas.

Heureusement, le détachement donne une plus claire perspective de l’aide qu’on peut donner, du nombre de personnes qu’on peut aider par son intervention, des limites à ce qu’on peut donner.  On gagne à apprendre à se détacher de la personnalité des êtres pour échapper à leur emprise, à leur mauvaise humeur, à leurs petites manies et à leurs petits défauts.  Ainsi, on peut se centrer sur leur grandeur pour en faire davantage l’expérience.  Le détachement consiste à aimer les autres comme ils sont, sans tenter de les changer.  Il consiste encore à trouver le bon moment et le bon moyen pour ajouter de l’amour dans leur vie, par une pensée ou un contact, afin de leur donner la force nécessaire pour s’élever vers une plus haute conscience.  Souvent, on découvrira qu’il faut s’écarter de ceux qu’on aime, dans des moments de crise, pour mieux les aider à se retrouver, sans se soucier du reste.  Il ne faut aller à la rencontre des abandon2imagesautres que lorsqu’on se sent intérieurement appelé à le faire.

En toute vérité, on trouve beaucoup plus de joie et de paix en se délivrant de ses attachements.  Voilà qui permet à son monde de grandir, à de nouvelles occasions de se présenter.  Alors, on gagne en liberté, accroissant ses potentialités.  Surtout, on conserve son bien-être quoi que les autres fassent.  Les Sages disent qu’on devrait s’insérer dans le monde terrestre comme si on lui appartenait, mais en cultivant le renoncement à l’attrait qu’il peut exercer sur soi.  Car, comme il a été dit, nous sommes en ce monde et de ce monde, mais nous ne lui appartenons pas.  En somme, la vie vaut plus que la chair et la chair plus que le vêtement.  Nul n’a d’existence distincte du Créateur et de l’Homme-Dieu.  Chacun est une goutte dans l’Océan suprême.

Le principe mystique du sacrifice volontaire de soi, donc de son intérêt très égoïste et matérialiste, c’est ce que quelqu’un a défini comme la confiance accordée au Ciel.  Il permet au petit moi de céder toujours plus de place à son Centre divin.  Il implique un retour  à l’esprit d’enfance qui se fonde sur une confiance totale dans le Père-Mère ou Créateur.  Dans la pensée orientale, cette expression peut impliquer le renoncement, soit l’abandon à la fatalité, l’abandon à la Volonté divine ou le renoncement aux pulsions égoïstes et égotiques.  Pour le métaphysicien, le vrai mystique, le sacrifice de soi représente une aberration s’il signifie l’acceptation béate, donc sans agir ou réagir, de tout ce qui vient, par exemple dans la mauvaise interprétation de l’injonction de «tendre l’autre joue» en cas d’attaque ou d’offense ou dans l’obligation qu’on s’impose de protéger ses êtres chers coûte que coûte, de s’interposer entre eux et tout agresseur ou tout ennemi.

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