S’ABAISSER N’EST PAS RAMPER, MAIS METTRE L’EGO À SA PLACE…

Dans la Tradition monastique ou ascétique, l’abaissement évoque l’état de celui qui a perdu toute indépendance et tout orgueil par réduction de l’ego (la personnalité, le petit moi ou le faux Ego) dans la soumission totale à Dieu.  C’est l’état qui permet le franchissement de la Porte étroite.  L’abaissement ne représente nullement une humiliation volontaire ou forcée, elle suggère un travail pour devenir transparent, simple, humble, pour retrouver l’esprit d’enfance, de manière à laisser toujours plus de place à l’Absolu en soi.  Elle comprend encore le résultat de la loi de la Descentehumility qui entraîne une conscience divine jusque dans la matérialité pour y expérimenter ses potentiels innés.  Ainsi, à travers un être incarné, la Conscience divine descend jusqu’au pied de l’Arbre de la Science des Opposés compatibles et complémentaires, arrosant ses racines pour le faire croître.

En ce sens, l’abaissement ne comprend aucune idée de mortification volontaire, elle décrit simplement l’état d’obscurcissement temporaire de la conscience pour découvrir son rôle et sa place véritable dans l’Économie cosmique, dans l’Évolution universelle. Elle consiste à trouver sa véritable place, selon son rôle fonctionnel, dans l’Économie cosmique, en renonçant aux entreprises stériles et régressives de la personnalité.  Elle invite à reconnaître sa juste place, à l’assumer et à l’occuper souverainement.  Chacun, dans sa position, ne peut-il pas devenir l’instructeur ou l’enseignant de l’autre dans un domaine particulier?

Au fait, pourquoi ne pas profiter de ce thème pour faire comprendre comment toute injonction mystique comprend quatre degrés de compréhension?

Jésus a donné l’exemple par excellence de l’abaissement quand il a choisi de laver les pieds de ses disciples.  N’avait-il pas déjà proféré: «Celui qui s’élève sera abaissé; celui qui s’abaisse sera élevé.» Au sens rationnel et théorique, cette maxime enjoint de réprimer l’orgueil puisque tous sont égaux, malgré leur rythme évolutif et leur rôle fonctionnel distinct.  Au sens allusif ou analogique, elle révèle que celui qui renoncera à sa personnalité, trouvera la vérité dans son individualité.  Guidé par son Être intérieur, il trouvera facilement la Voie évolutive, éclairé par l’intuition.  En revanche, celui qui cultivera son ego se perdra de plus en plus dans l’obscurité et se densifiera toujours davantage dans la matière.  Au sens dialectique, elle suggère qu’entrant dans la Roue de la Vie dans un sens ou dans un autre, un être arrivera au même point, la Réalisation.  Mais le sens de gauche, le sentier magnétique, involutif, matérialisant, comporte bien plus de dangers et d’obstacles que le sentier de droite, le sentier électrique, spiritualisant.  Figurant le sentier de l’attraction matérialisante et du moindre effort, il ajoute tous les freins du temps et de l’espace, soit les impondérables de la consécration à la Matière.

Au sens intuitif ou initiatique, l’abaissement éclaire le fait que plus un être descend, s’écartant du Centre divin, plus il rencontre d’obscurité et prend de risques de se perdre, tandis que, plus il monte vers la Lumière, plus il y trouve de clarté, y comprenant à la fois les Mondes supérieurs et les Mondes inférieurs.  Plus un être s’élève, mieux il perçoit les Moporte-etroitendes inférieurs comme le reflet des Mondes supérieurs et plus il obtient d’emprise sur eux.  Toutefois, plus il monte dans les Sphères supérieures, plus il devient lumineux, plus il déplace ou dissout d’ombre, de sorte que, par la force de réaction, plus la force ou le poids de l’ombre se fera sentir, pour un temps, comme force d’inertie.  Mais plus il pourra compter sur les alliés de la Lumière pour s’en tirer, se dépêtrer.

En résumé, le sentier de gauche comme celui de droite exigeront d’un être des efforts, mais celui de droite lui attire bien plus d’attention cosmique puisqu’il correspond au dynamisme évolutif de la Vie.  La meilleure solution, c’est encore d’emprunter la Voie royale, la Voie droite et directe, où il peut trouver rapidement l’équilibre entre ses impulsions négatives et positives, ce qui définit, à proprement parler, la Maîtrise.  Sur la Voie royale, abandonnés à la Vie, intervenant au moment opportun, pour saisir l’occasion favorable, il sera spontanément enlevé, ravi vers le Centre-Un, l’Absolu.  Voilà le sens de cette autre maxime, bien supérieure: «Qui voudra gagner sa vie la perdra; qui voudra donner sa vie, la gagnera.»  L’être humain devrait choisir la Voie de la Vie au lieu de la voie de l’élévation ou de l’abaissement.  Il est simplement appelé à sortir du cycle infernal de ses cercles vicieux qui le maintiennent dans l’enfermement, la Roue des réincarnations.

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

 

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