SAVOIR CHOISIR LA VOIE SIMPLE ET FACILE

La facilité désigne la qualité d’une chose aisée à faire, l’aptitude à faire quelque chose sans effort ou sans peine ou le moyen de faire simplement, donc sans difficulté.  En spiritualité, l’effort est reconnu comme engendrant de la tension, ce qui en fait un choix improductif.  Rien ne se fait à coups de volonté, tout se réalise dans la motivation qui implique le désir ardent de parvenir à un résultat et qui simplifie toute entreprise.

En chacun, le Centre divin connaît souvent des manières plus agréables, simples et faciles de faire les choses ou d’évoluer que l’être humain, dans son obstination à tenter de réduire à sa portée ce qui dépasse son entendement ou de choisir ce qui rationnellement lui semble le plus approprié.  D’ailleurs, pour lui, les choses ne deviennent faciles que s’il s’établit en harmonie avec ce Noyau intime qu’est son Centre divin.  Qui s’établit ainsi en harmonie avec lui découvre que les choses deviennent toujours plus aisées.  Dans sa portion incarnée, le rôle du chercheur spirituel, qui représente le Vouloir, est d’assigner la destination qu’il a choisi, en orientant correctement vers elle le timon de sa charrette, mais il doit attendre que son Étincelle intime, qui détient le Pouvoir, mette l’épaule à la roue pour l’y mener.

voie-degagee-facileIl n’empêche que, pour qu’il en soit ainsi, chacun doit croire, au préalable, qu’il mérite ce qu’il demande ou ce à quoi il aspire, qu’il est né pour vivre une vie pleine d’aisance et de joie, qu’il a le droit de réaliser ses visions intimes et de faire ce qu’il aime.  En écoutant son cœur dans tous les domaines de sa vie, il peut entrer en harmonie avec la Volonté suprême, se faciliter la vie et s’attirer la vie la meilleure qu’il puisse imaginer.

Il n’est pas nécessaire que les choses deviennent difficiles.  Cela arrive généralement à un être qui s’y prend seul ou qui laisse les problèmes s’accumuler avant d’intervenir.  Chacun peut évoluer dans la douceur, la souplesse, la grâce et la légèreté.  L’important n’est pas de souffrir, mais de trouver la réponse à ses questions ou la solution à ses problèmes.  La vie demande de maîtriser tous les aspects de sa vie, elle ne demande pas de peiner pour y arriver.  Qu’elle soit menée dans la facilité ou dans la difficulté, une expérience réussie devient une expérience pleinement valable.  Mais, puisqu’on a le choix, pourquoi ne pas préférer la voie de la facilité?

C’est par son ego qu’un être complique tout.  L’ego aime compliquer car, par le mental, il morcèle le monde au lieu de l’unir.  L’ego échafaude en permanence des scénarios, il reste constamment en quête de satisfaction et de valorisation affective ou sociale, qu’il s’agisse du domaine de l’intellect, de la chair, des émotions, des relations.

L’Esprit n’a que faire des complications, car, épris d’Unité, il est avant tout simple.  Même sa Lumière resplendit de simplicité et de facilité.  On peut en déduire que, dans les temps à venir, chaque être humain pourra être rétribué selon le principe de simplicité ou de difficulté qu’il appliquera.  Ainsi, s’il est simple, il pourra se rapprocher de l’Esprit par la voie de la Lumière.  Et, s’il est simple, sa vie deviendra simple et facile.  Mais, s’il est compliqué, tout deviendra compliqué pour lui et il s’écartera de la Lumière.

Quel enseignement magnifique qui fait comprendre que, selon ses conceptions, rien ne peut être simple ou que tout peut devenir simple.   Mais l’être humain, obnubilé par son incarnation dans la densité, se rend plus ou moins compte du processus qui relève de sa pensée et de son ressenti et qui peut contribuer à ce que tout ce qui est compliqué devienne simple.

La clé du salut de l’être humain repose dans sa compréhension de l’Amour, qui ramène tout à la simplicité du cœur.  Il doit comprendre que l’Amour est simple. L’Amour ne procède pas d‘un raisonnement, d’une explication ou d’une justification.  Il  est et sera toujours un état d’être dans lequel il n’y a d’autre impératif que d’être soi-même. L’Amour n’a que faire de la prétention de l’ego qui cherche toujours à prendre toute la place autant dans la vie individuelle que dans un rôle social ou une activité spirituelle.

Dans l’ordre de la raison, il est parfois difficile de définir les choses en elles-mêmes, si bien qu’il faut souvent recourir à leur contraire pour cerner le moindrement la réalité que l’on veut décrire.  Ainsi, on peut définir la simplicité, qui est la source de la facilité, comme le fait d’être entier ou intégral, donc de ne pas être divisé, au sens d’être dépourvu d’autres éléments.  Cette qualité se reconnaît dans un comportement franc, naturel et spontané, dénué d’artifices et de prétention.  Elle contribue à faire prendre conscience de sa grandeur, tel qu’on est, et de s’exprimer comme on est avec dignité et fierté.

Dans le langage des Maîtres, dans sa première acception, la simplicité réfère à la Conscience pure, libérée de toute identification.  Elle consiste d’abord à accueillir la vie et à vivre cet accueil en toute transparence, en tout détachement, hors de toute velléité d’action et de réaction.  Ainsi, elle amène à accepter de la même manière, soit toujours dans la sérénité et la joie, la réussite ou l’échec apparent, qui ne visent jamais que le même but, confirmer à un être le degré de maîtrise du destin.

En effet, lorsqu’un être ne s’identifie plus à lui-même, à ce qu’il lui arrive ou à ce qui se produit autour de lui, que cela semble lourd ou léger de conséquence, dénué de jugement, il peut parvenir à s’identifier uniquement à l’Être, donc à la Source divine.  Car, fondamentalement, il n’y a aucune différence entre ce qui est perçu comme agréable ou désagréable, bon ou mauvais, si ce n’est la perspective ou le point de vue qui tend à faire croire qu’une telle distinction existe.  Tout n’est jamais qu’une leçon de vie qui vise à rapprocher de l’Être, par la voie intérieure, puisque tout mal apparent provient d’une séparation d’avec sa Source intime qui colore l’appréciation à un niveau de dualité.

Swami Prabhupadâ a résumé la simplicité dans une phrase lapidaire: «Être simple, c’est être assez franc et direct pour pouvoir, sans détours diplomatiques, dévoiler la vérité pure, fût-ce à un ennemi.»  Janakanandâ parlait admirablement bien de la simplicité, qu’il incarnait lui-même si bien, en refusant les artifices.  Il la résumait par deux mots: «clairvoyance et limpidité de l’âme».

En effet, l’âme simple est naturellement ouverte, loyale, candide, on peut y lire comme dans un livre ouvert.  Elle n’use ni de finesse ni de ruse, agit bonnement, parle sincèrement, tout en observant la discrétion qu’exigent la sagesse et la prudence.  En effet, la simplicité se démontre droite et franche, sans arrière-pensée, déconcertant par sa vision claire, rapide, dénuée d’intérêt et d’affectivité.

Janaka-anandâ ajoutait: «L’âme simple fait son œuvre à l’écart, loin de la louange et du bruit, comme le rosier qui produit sa fleur, en plein soleil sans doute, mais loin du monde et de ses tracas.  L’âme simple vit tranquille, calme et sereine, parce qu’elle est fille de l’innocence et sœur de la charité.  Pleine d’assurance, s’appuyant sur la force d’âme et l’audace mystique, elle va tout droit son chemin, sans détour, sans contrainte, sans crainte, sachant qu’on ne pourra jamais l’accuser, avec raison, de vanité, de louvoiement, d’hypocrisie, comme peut le faire l’âme oblique.  Elle n’a jamais peur d’être découverte, transparente comme la lumière.»

Jésus, le Maître de l’Ère des poissons, a dit: «Si vous ne devenez comme des enfants, vous ne pourrez entrer dans le Royaume.»  Il a prononcé ces paroles alors que ses disciples se péroraient pour savoir qui d’entre eux aurait la première place au Ciel.  Il leur révélait ainsi qu’il fallait que le pèlerin retrouve son naturel, sa spontanéité, sa candeur, sa confiance naïve.

Dans sa simplicité naturelle, l’enfant reste lui-même et il dit ce qu’il pense, ne défendant pas d’images, ne présumant pas de méchanceté, ne prenant pas de détours.  Il dit ce qu’il pense et ressent, croit ce qu’on lui dit, agit innocemment vit dans la magie et la fantaisie du moment.  Il est le modèle à suivre, car il est l’exemple même de la simplicité.

La simplicité commence par la reconnaissance de sa valeur personnelle, sans cacher ses grandeurs et de ses faiblesses, pour éviter d’agir avec éclat et d’induire les autres en erreur.  Elle amène à toujours se considérer comme un instrument divin agissant à l’intérieur du Plan évolutif du Cosmos, d’où il ne se sent redevable de rien.  Elle permet d’être assez franc et direct pour dévoiler, au moment opportun, la vérité pure, sans désir de provocation, sans détours diplomatiques, même à ses opposants.

Aujourd’hui, puisque la Lumière fait de plus en plus sentir sa présence, il importe d’aller de plus en plus vers la simplicité qui rend tout plus facile, car elle est légèreté et joie qui assure l’efficacité.  Il faut savoir que l’efficacité surgit d’une vie selon ce qu’un sujet observe.  Plus il incline vers la simplicité, plus son corps et son esprit deviennent légers, peu importe le poids des années ou la somme des douleurs passées ou présentes.

Présentement, la Lumière demande d’alléger son être et son existence puisque la joie surgit de la légèreté qui écarte des obligations et des restrictions.  Nul ne peut accéder à l’Unité et aux états d’être supérieurs sans s’alléger.  Et chacun peut s’alléger en se libérant du fardeau des expériences du passé, des fausses identifications, des projections et des prétentions qu’il porte encore.

En fait, la simplicité est l’apanage de la Conscience christique ou atmique.  Or, comme dans le cas de la facilité, ce degré de la Conscience cosmique s’atteint par l’Amour qui simplifie tout parce qu’il n’a que faire des liens, des justifications, des revendications, des prétentions, des rôles.  Ainsi, c’est l’Amour qui facilite tout parce qu’il simplifie tout.

La clé pour être pleinement réside dans la simplicité, car l’Être est lui-même simplicité.  Nul ne peut aller vers la Source suprême sans retrouver la simplicité.  Or la simplicité réside dans le fait de s’établir dans la vibration du moment et de laisser agir à travers soi, sans la moindre préoccupation ni la moindre peur, la Sublime Présence, dotée de l’Intelligence infinie. Car la peur, avec les préoccupations qui en découlent, provient de la personnalité (ego) laissée à elle-même suite à une rupture avec l’Unité.  La peur provient de la séparation apparente qui mène à développer des croyances qui, par manque d’expérience, même si elles deviennent des convictions, n’en restent pas moins peu certaines et, parfois, dangereuses.

Seule la Vérité peut conférer la certitude de l’évidence.  Or la Vérité s’atteint par l’Amour qui affranchit de tout.  L’Amour n’est jamais compliqué ni difficile.  Mais la Vérité ne peut se manifester chez un être dépourvu d’humilité, cette acceptation de n’être rien ici-bas pour être tout en Esprit et d’être pleinement présent, toujours lucide, à ses semblables incarnés, à l’ensemble de l’humanité.  La Vérité ne se manifeste qu’à un être pleinement établi et affermi dans la Lumière christique ou atmique, qui l’accueille en Vérité et en Unité.

Les êtres humains sont parvenus à l’heure du passage, donc de leur examen final.  Le manque de simplicité, causé par un manque d’humilité, pourrait représenter un obstacle de taille au moment de la Grande Transition.  C’est pourquoi il importe que chacun se regarde sans complaisance, en toute lucidité, pour déterminer en toute objectivité de quoi est faite sa vie et comment il traite son corps et son esprit.  Présentement, pour évoluer, recourt-t-on à la méthode simple ou à la méthode compliquée?  Si sa vie est compliquée, c’est qu’on n’est pas correctement en contact avec l’Esprit, qui est simplicité et facilité.  À chacun de décider s’il veut aller vers la légèreté ou vers la lourdeur.

L’ego porte à se mentir à soi-même par la justification et tant d’autres moyens farfelus.  Il aime se complaire dans la séparation qui amène tout à se compliquer par manque de Lumière.  Mais l’Esprit, qui ne peut mentir, presse tous les êtres incarnés de se regarder vivre pour comprendre s’ils inclinent vers la simplicité ou la complexité.  Celui qui procède par la méthode complexe s’attirera de plus grandes complications et bien de la confusion, tandis que celui qui optera pour la méthode simple verra sa vie se simplifier et son être s’illuminer et s’alléger.

Ce n’est que dans l’abandon total à la Lumière qui, rappelons-le est Intelligence et Information, qu’un être peut entrer sur la voie de la simplicité et devenir plus humble.  Car, dès lors, l’Esprit, qui est simplicité, peut pourvoir à tout et guider sur une voie où on peut avancer comme sur des rails.  La simplicité implique qu’on cesse de porter attention à ce qu’on a été, à ce qu’on sera plus tard ou à ce qu’il peut advenir de soi.  Elle fait avancer dans la confiance que la Providence pourvoira toujours à tout, à absolument tout.  Car, dans le monde terrestre, plus un être devient humble et simple, recherche la facilité, plus il est honoré et plus il devient puissant dans les royaumes supérieurs.

En ce moment, nul ne possède d’autres limites ou d’autres restrictions que celles qu’il entretient par ses fausses croyances et par les comportements qui en résultent.  Alors, où pense-t-on qu’il  faut faire du ménage pour que la vie devienne vraiment douce, simple, facile, agréable, efficace?   Nul n’a quoi que ce soit à perdre de renoncer à sa personnalité, qui complique tout, pour se donner à l’Esprit, qui facilite tout.  Pour chacun, la question est de savoir s’il tient à rester dans la vibration de la personnalité plutôt que d’entrer dans celle de l’Esprit de Vie.  Au-delà de toute croyance, persiste cette vérité essentielle que rien n’est séparé et que tout vient de la Source unique, non des efforts laborieux, souvent confondants, de l’être incarné.

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