LA SURESTIMATION, QU’ELLE SOIT MASCULINE OU FÉMININE, REPRÉSENTE DES EXCÈS QUI CHERCHENT À S’ÉQUILIBRER

Dans le présent contexte, on entend par surestimation le fait d’établir une réalité au-delà de sa valeur au point de produire, au masculin ou au féminin, l’enflure de la personnalité, comme mesure de protection, avec sa cohorte d’attitudes et de comportement exagérés.  Elle témoigne d’une extériorisation exagérée chez des êtres qui n’ont pas réussi à accoucher d’eux-mêmes et de s’épouser intérieurement, à défaut de s’être choisis et de s’être correctement intériorisés.

 La surestimation féminine, ou complexe de Cléopâtre, décrit la propension de certaines femmes à se parer coquettement, à poser des gestes d’un raffinement exagéré;  à courir les salons de beauté, les bijouteries et les grands magasins assidument;  à se pomponner sans fin;  à minauder et à adopter des attitudes loufoAmerican-Footballerques de séduction;  à vivre  entretenue dans la dépendance;  à sombrer régulièrement dans l’hystérie ou à tomber en pamoisons;  à s’acheter des toilettes plus pour le style que pour le confort ou à rechercher les toilettes étriquées et suggestives;  à socialiser et à batifoler voluptueusement partout où elles se présentent ou à prendre des airs de vierge effarouchée;  à prendre de grands airs condescendants avec les autres membres de son genre;  à nettoyer ou faire nettoyer sans cesse dans la maison;  à couver et aduler ses êtres chers et à materner les membres de sa famille;  à se perdre en conversations animées et futiles;  à toujours chercher à attirer l’attention des mâles;  à se défendre par les hauts cris ou les larmes;  à vivre dans les caprices et les fantaisies;  et quoi encore.  Elle ne brille pas par sa cohérence, sa profondeur ni son égalité d’humeur et de sentiments.

Sous ses dehors fragile, la femme exagérément féminine veut se sentir unique dans l’attention des hommes.  Elle se démontre rapidement une dominatrice qui joue au petit minet ou à la biche, mais castre et accapare les mâles, plus séduisante dans ses mirages et ses artifices que dans sa réalité.  Elle achète de façon compulsive, surtout des vêtements, des produits de beauté et des bijoux, car l‘argent lui brûle les doits.  Elle réclame sans cesse petites attentions, serments d’amour et marques de reconnaissance, additionne les petits malaises, ne se gênant pas pour exprimer sa mauvaise adaptation sociale en gémissements ou en jérémiades, traînant un grand sentiment d’insécurité.  Elle va jusqu’à traiter ses enfants comme sa poupée d’enfance, en les surprotégeant comme une mère poule, en faisant des irresponsables ou des mauviettes.  Tous ces débordements de la personnalité tendent à faire contrepoids à l’attitude machiste des hommes afin de rétablir l’équilibre des aspects de la polarité.

Souvent, les hommes n’aident pas la femme portée à la surestimation féminine à s’amender quand ils restent à la recherche, par interposition de personne, de l’image idéale de sa mère, à peine déguisée, surtout dans ses aspects tendres, dévoués, mystérieux, câlins, cajoleurs, surprotecteurs, sophistiqués, excentriques, se donnant alors l’impression d’explorer une grande différence, du fait qu’ils méprisent leur propre féminité et la réprouvent chez les autres mâles.

La surestimation virile, parfois appelée complexe d’Alexandre, par référence au grand conquérant, c’est l’attitude du «macho».  Elle amène un homme qui se sent petit, parce que menacé dans son genre, à s’octroyer une supériorité présumée, dans la culture de la rivalité des sexes, voulant affirmer la puissance de sa raison pour dominer le monde extérieur et rabaisser la femme et les faibles.  Mais certains d’entre eux sombrent dans cette manie par dépit ou déstabilisation devant la présente montée de l’énergie féminine, incapable de s’y ajuster.  Ils s’accrochent fortement à une tradition qui tendait à conférer à la femme un rôle passif absolument injustifié.  Ils craignent la reconnaissance des droits de la femme et ils ne peuvent se faire à l’idée de son égalité, dans un rôle compatible et complémentaire.  Ils ont peur de perdre leurs privilèges, de révéler leur profonde vulnérabilité et d’être démasqués dans leurs jeux de pouvoir.

Souvent, les femmes n’aident pas ce type d’homme, en se repliant dans la nostalgie de leur ancien rôle et en conservant leur dépendance, par crainte de perdre leur sécurité ou de se retrouver seules.  Ou lorsqu’elles continuent de cultiver le mythe du Prince Charmant, du Monsieur Biceps, du Monsieur Sportif ou lorsqu’elles rêvent avant tout de caresses et de tendresse, de sentimentalité et de romanesque.  Et la femme ne doit pas s’en plaindre puisque, s’il n’y a pas de hasard, elle doit s’être attiré ou avoir toléré la montée de l’énergie masculine des dix milles dernières années, qui a mené au patriarcat officiel, mais au matriarcat voilé, y trouvant quelque avantage, comme le fait d’être protégée et entretenue.

N’empêche que l’homme qui se donne une image trop virile et trop puissante trahit son manque de virilité, son immaturité sexuelle, son impuissance bien cachée au fond de lui, toute exagération traduisant habituellement son contraire dans le comportement humain.  Car, la plupart du temps, lcoquette-sexy’homme qui entretient le machisme n’est vraiment performant que dans son exhibitionnisme viril, pas dans sa virilité réelle, performant dans la tête, mais moins dans les faits ou dans le lit, ce qui l’humilie.  Il s’amuse avec ses jouets qu’il a grossis pour se donner l’impression de s’investir utilement dans des activités extérieures, amateur de guerre, de chasse et de pêche, à titre de prédateur au cœur fermé.  Il cajole, dorlote et astique sa voiture pour retrouver un peu de son enfance, échapper à la communication ou comblant son ennui ou son désarroi.

Le macho, c’est le genre d’homme qui aime jouer au bradeur et au fier-à-bras, ne cessant de se vanter de ses prouesses, d’intimider les autres mâles, de les rabaisser, n’admettant jamais ses torts, passant des remarques désobligeantes sur sa ((douce moitié)) (en fait sa servante) ou sur le ((sexe faible)).  Il s’isole dans son atelier ou s’amuse à son passe-temps préféré, devenu son amante, il se cache derrière son journal ou il suit des émissions sportives pendant des heures pour échapper au dialogue.  Il incarne le modèle royal et l’autorité suprême des lieux où il vit sanctionnant en dernier recours toute décision familiale.

Comme tout contribue à rétablir l’Ordre cosmique, lorsqu’il est dérangé, la surestimation virile tend à compenser les excès de la féminité, et inversement.  On peut croire que, dans la nouvelle ère, ni l’un ni l’autre des sexes ne tendra plus à brimer l’autre ou à l’exploiter à son avantage, puisque la montée vertigineuse de l’énergie féminine devrait produire, chez l’un et l’autre sexe, l’inclination vers la fusion intérieure et la démonstration de l’androgynat.

 

© 1998-2015, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime

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