DANS L’ENSEIGNEMENT SPIRITUEL, QU’ENTEND-ON PAR «STABILITÉ PARFAITE»?

On parle de stabilité quand une réalité est ferme, solide, qu’elle tend à conserver son équilibre en permanence.  En spiritualité, elle évoque l’état d’équilibre et de neutralité de celui qui, n’étant pas perturbé par sa sensibilité physique ou psychique, peut demeurer serein en toute circonstance de manière qu’il peut être sans fluctuations, peut rester parfaitement transparent, blanc comme neige, laissant passer à travers lui sans résistance ce qui ne lui appartient pas.   Ainsi, peu importent les circonstances, ne retenant rien, rien de nuisible, d’indu, d’indésirable ne parvient vraiment à l’atteindre et à l’affecter, puisqu’il n’attire plus rien de particulier et qu’il ne fait pas davantage obstacle à quoi que ce soit.   Dès lors, vide de lui-même, soit de ses préjugés personnels et de ses conceptions égotiques, il peut se remplir de l’Absolu.

Quand il peut le réaliser, l’être humain apprécie la stabilité parce qu’elle lui assure un certain degré de fermeté et de permanence dans un même état plus ou moins durable.  Par exemple, n’y a-t-il rien de plus sclérosant pour lui que les habitudes, alors qu’il a infiniment de mal à s’en défaire, parce qu’elles le maintiennent dans sa zone de confort, lui procurent la quiétude de la répétition du connu, dans la prétention d’écarter d’autant l’imprévu qui requiert toujours un ajustement plus stabilite-images (1)ou moins important.

Pourtant, il s’agit d’un terrible leurre puisque la stabilité absolue ne peut résider qu’en Dieu, l’Être  unique et immuable, le Moteur immobile qui meut tout.  En effet, dans la Manifestation cosmique, toute stabilité reste relative, selon le degré de cristallisation du plan de conscience où un être se retrouve.  Partout dans l’Omnivers, tout est en éternel mouvement, en constante transformation, en perpétuel changement.  Tout passe, tout évolue, ce qui n’implique pas forcément une séparation immédiate, mais, au moins, des ajustements constants.

Même que, en dehors de la Source suprême, qui exprime la Vérité, toute vérité particulière change et se modifie pour s’adapter au degré de l’ouverture de conscience d’un être particulier.  C’est ainsi que la vérité d’hier devient demi-vérité du moment et pure fausseté du lendemain.  De ce fait, chercher la stabilité dans le monde de la dualité et de la densité, c’est s’exposer à un bien grand désillusionnement, au moment le plus opportun, pour en tirer une leçon de vie, ce qui est pourtant le rêve de ceux qui tentent de s’y édifier un paradis artificiel plutôt que de chercher à reconquérir le Paradis perdu.  N’a-t-il pas été dit : «Cherchez d’abord le Royaume des cieux et le reste vous sera donné par surcroît…  Cherchez les valeurs imputrescibles, celles que la rouille ne peut corroder et que le voleur ne peut ravir…»

En spiritualité, c’est le constat qui amène à définir la stabilité comme la prise de conscience qu’en faisant partie intégrante du Tout cosmique et en collaborant au Plan divin de l’Émanation, chacun peut participer pleinement à l’Approvisionnement universel et s’assurer la sécurité cosmique.  Car celui qui reste constamment uni à Dieu dans sa pensée et son cœur, s’assure d’être dûment protégé, assisté, pourvu et guidé à chaque instant, même dans l’immédiat, dans la mesure où il sait s’aider lui-même.  Car il a été dit : «Aide-toi et le Ciel t’aidera.»  Alors, chacun parvient toujours à trouver ce qui comble ses besoins, avec les instruments utiles et les solutions justes, et il peut compter s’accomplir dans la sérénité parfaite.

Certains doutent d’une telle assertion du fait qu’ils ne comprennent pas le langage de Dieu, qui leur parle à chaque instant par les archétypes, les symboles, les intuitions et les faits de vie, à moins qu’ils lui aient demandé de se retirer de leur vie.  Ainsi, ils en viennent à penser que Dieu est muet et qu’il est absent de leur vie.  Car Dieu, qui est plus intime à chaque être que lui-même et qui respecte rigoureusement la liberté humaine, dans les limites que permet son Plan originel, sait feindre se taire quand un être l’appelle à agir ainsi ou qu’il cesse de l’écouter.

En ce moment, où le vieux monde de la dualité et de la densité se disloque et s’effondre de toutes parts, il n’existe plus d’autre refuse stable que le Royaume du Père-Mère.  L’effondrement du monde matériel est plus avancée qu’il ne paraît.  En ce moment, les jeux sont faits, les dés ont été lancés.  Aussi, n’existe-t-il désormais que deux choix : périr, si on reste attaché aux valeurs qui, à son insu, filent entre ses doigts, ou s’illuminer, si on choisit d’ascensionner dans un plan supérieur de conscience.

Pour ascensionner, il faut réaliser que la Source suprême a pleinement repris les rênes du pouvoir dans l’univers solaire et terrestre pour mener chacun là où il met son cœur.  Car, «là où est ton plus grand trésor, là est ton cœur et là est ton destin…»  Pour échapper aux pièges de l’Illusion, il n’est qu’un point de stabilité et de sécurité : s’abandonner inconditionnellement à la Lumière et lui donner carte blanche d’agir à travers son être.

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