LA SOUFFRANCE TROUVE SON ORIGINE DANS L’IGNORANCE QUI RÉSULTE DU VOILE D’ILLUSION…

ET SA PERSISTANCE S’EXPLIQUE PAR UN ENTÊTEMENT DANS L’IGNORANCE OU L’INCONSCIENCE!

La souffrance résulte d’une tentative de l’ego de prendre ou reprendre la place de son Essence spirituelle en concentrant l’attention d’un être sur ses propres illusions.  Elle fait partie des leçons que chaque être doit intégrer dans son évolution.  La plus grande leçon, face à la souffrance personnelle ou à celle d’autrui, c’est celle du détachement sans indifférence.

En fait, la souffrance n’est rien d‘autre qu’une mauvaise habitude d’apprentissage, mais elle devient la source de l’éveil.  Elle est un aspect inutile de  l’expérience humaine, mais elle est l’aiguillon qui fait aller droit sur le chemin qui mène au sommet de la Réalisation.  Comme elle naît de l’égoïsme, femme-en-pleursl’attachement à ce qui est périssable, et de l’ignorance, la perte dans l’illusion, qui amène à grandir dans la lutte et la résistance, on peut l’écarter par l’amour, le renoncement et la conscience.  Alors, il faut dire non à tout ce qui est factice et aux modèles qui sont imposés.  Il faut refuser d’avoir l’air de ceci ou de cela pour être soi, tout simplement.

Chacun doit remercier ses douleurs et ses peines autant que ses joies et ses réussites.  Nul ne doit les vivre comme des punitions, mais comme des avertisseurs pour retrouver le mode d’emploi de soi-même.  Un être souffre dans la mesure où il ne connaît qu’en partie, privé de la plénitude de la rencontre de Dieu.  Comme elle dénote une mauvaise intégration intérieure, chacun peut y mettre un terme en considérant la vie différemment.  Car ce ne sont pas les événements qui font souffrir, mais la réaction qu’il a à leur égard.   La souffrance ne résulte, bien souvent, que des jugements qu’un être porte et des attentes qu’il entretient.

La souffrance est la leçon qu’appelle une âme libre, mais ignorante.  La croyance collective veut, à tort, que l’évolution implique la souffrance.  Satprem a rappelé : «Dès qu’il y a souffrance, de quelque ordre que ce soit, c’est le signe immédiat d’un rétrécissement de l’être et d’une perte de conscience.»  Son Maître, Sri Aurobindo Ghose expliquait: «Pourquoi Dieu martèle-t-il son monde avec tant d’acharnement, pourquoi le piétiner et le pétrir comme de la pâte, pourquoi le jeter si souvent dans un bain de sang et dans l’embrasement infernal de la fournaise?  Parce que l’humanité dans son ensemble est encore un vil minerai grossier et dur qui autrement ne se laisserait jamais fondre ni modeler.  Tels les matériaux, telles les méthodes.  Que le minerai se laisse transmuer en un métal plus noble et plus pur, et les procédés de Dieu envers lui seront plus doux et plus bénins, et les usages qu’il en fera plus raffinés et plus beaux.»

Un autre Sage a dit: «Souffrir, c’est suivre la voie de la plus grande résistance pour atteindre le sommet de la Montagne.  La douleur, c’est l’éclatement de la forme pour que s’embrase le feu intérieur;  la douleur, c’est le froid de l’isolement qui conduit à la chaleur du Soleil central; la douleur, c’est le feu de la fournaise qui fera connaitre la fraîcheur de l’Eau de vie.  La douleur, c’est le voyage en de lointains pays suivi du retour joyeux à la Maison du Père.  La douleur, c’est l’illusion d’être renié par le Père qui pousse le fils prodigue à retourner jusqu’au Cœur du Père.  La douleur, c’est la croix de la perte complète de toute chose à laquelle suit la possession de la Richesse éternelle.  La douleur, c’est le fouet qui pousse le constructeur à lutter pour mener à la perfection la construction de son Temple.»»

Chez un être, toute souffrance provient de la violation des lois ou du refus de se conformer à elles par une désobéissance consciente ou non.  Elle révèle un état de contraction ou de retrait du Sentier lumineux.  Pour en sortir, il lui suffit d’accepter de passer par la flamme purificatrice de la Sagesse.  Elle seule peut redonner la joie, il est donc inutile de lui résister.  Il souffre parce qu’il a transgressé une loi, parce qu’il n’est pas entré en possession d’un bien ou d’une circonstance convoités, parce qu’il est sorti de l’harmonie, parce qu’il n’a pas attiré à lui ce qu’il désire.  Qu’il s’agisse de maladie, de pauvreté, de limitation, de pénurie, de gêne, il faut donner les mêmes explications.

Mais, quelle que soit la cause de sa souffrance ou de son malheur, quelle que soit la loi violée, chacun peut s’en sortir.  Il s’agit de rétablir les bonnes conditions en dirigeant, dans un sens favorable, le potentiel des lois et en vivant en harmonie avec elles.  Sivanandâ a passé une remarque éclairante : «Toutes les souffrances ne sont pas ressenties de même. Il n’y en a pas durant le sommeil. C’est seulement lorsque le mental est en conhomme-en-pleurstact avec le corps que la douleur est éprouvée; c’est l’identification du mental avec le corps, du fait de l’ignorance, qui est cause de la souffrance.»  Ceux qui souffrent sont donc trop puissamment rivés à leur corps et à la matière.  Ils doivent manquer d’aspiration!

La souffrance peut également servir de moyen de défense contre la culpabilité ou l’infériorité.  Bien des êtres se punissent d’eux-mêmes de façon masochiste.  On le comprend par les larmes dont certains essaient souvent de se servir pour implorer la pitié et la clémence parce qu’ils se sentent fragiles et vulnérables, donc qu’ils ne veulent pas faire face à leurs responsabilités.  Si un être est confronté à la douleur des autres, il ne gagne rien à s’en réjouir, mais il lui faut révérer la Sagesse suprême qui l’y a installée.  La souffrance, la sienne comme celle des autres, résulte d’une compréhension imparfaite, d’une opposition à la conscience, du dévoiement des sens.  Si un être sait en trouver la cause en lui, il y trouvera une grande occasion ou un grand moyen d’avancement, il découvrira l’un des merveilleux secrets qu’il porte.  S’il ne le fait pas, la Sagesse supérieure lui fournira d’autres raisons de se mettre à la tâche de comprendre son égarement.

 

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