LA RIGIDITÉ CRISPE ET FOSSILISE… ENGENDRANT CASSURES ET RUPTURES

Dans le présent contexte, la rigidité décrit le caractère d’une personne ou d’une chose qui manque de souplesse, qui refuse les compromis, les concessions, qui ne peut fléchir ou changer, qui ne sait pas évoluer avec le temps, qui reste attachée à de valeurs périmées dans un effort pour maintenir le statu quo ou se garder dans sa zone de confort.  Sauf que la rigidité, qui garde dans l’opposition, qui rend réfractaire à l’adaptation et qui limite les possibilités qui s’offrent, finit par user, en plus de préparer des cassures et des ruptures.

La personne psychiquement rigide est généralement perçue comme froide, d’une logique implacable, d’un esprit raide et dépourvu de fantaisie.  Routinière, elle aime agir à l’intérieur de cadres bien définis et établis.  Elle trouverait dans ce comportement un mécanisme de défense à sa personnalité obsessionnelle : obsession de l’ordre, de la propreté, de la faute, du bien-être à tout prix, dans un refus total du moindre changement, une fuite devant toute remise en cause.  Entêtée, obstinée, c’est comme si elle redoutait de voir son monde s’écrouler à la moindre entorse faite à ses habitudes, à ses valeurs, à ses relations ou à ses croyances. Pour elle, tout est comme elle pense : elle opine que c’est comme cela et que cela nerigidité peut pas être autrement!  Elle se croit parfaite et elle entend conformer les autres à cette vision supérieure de la réalité qu’elle pense détenir.

Ainsi, l’être de caractère rigide ne souffre jamais aucune remarque et aucune critique, quelle que soit la personne qui la formule.  Il ne comprend pas que même si ses opinions s’appuient sur son expérience et qu’il est un être rigoureux, il peut se tromper ou avoir tort pour s’être fondé sur de fausses prémisses.  Aussi évite-t-il d’écouter ses proches qu’il croit forcément contre lui, s’ils expriment leur désaccord.  Au contact des autres, il ne cherche pas à apprendre et à s’améliorer, il cherche à les transformer à son image ou à sa conception.  Comme on le comprend, il est obtus, fermé d’esprit, au point de devoir vivre dans l’isolement ou de s’entourer d’ennemis, car tous les gens n’acceptent pas d’être dépersonnalisés.  Ou il ne peut s’entourer que d’esclaves soumis qui n’ont aucun mot à dire.  N’empêche que, tôt ou tard, la rigidité d’esprit finit par rendre toujours les relations interpersonnelles plutôt houleuses et compliquées.

En fait, la personne de caractère rigide n’est rien d’autre qu’un égocentrique fermé au partage de toute opinion contraire et de tous sentiments divergent qui rejette les arguments les plus pertinents sans autres raison valable que leur simple évocation, parce qu’ils ne viennent pas d’elle ou ne correspondent pas à ses conceptions, bien souvent, de vaines croyances, puisque tout change et se transforme avec le temps.  Incapable d’autocritique, autoritaire et méfiante, dénuée de fantaisie et d’affectivité, elle communique mal.  Il n’y a rien de négociable dans ses décisions, d’où elle n’est capable d’aucune concession.  Elle s’attache désespérément à ses habitudes, à ses valeurs, à ses conceptions, d’où elle ne déteste rien moins que l’imprévu, l’inédit, l’inconnu, l’impondérable.  Intransigeante, agressive, distante, susceptible, rancunière, peu portée à la clémence, elle n’aime pas avoir à changer d’avis.  Elle a besoin de tout contrôler, gérer, régler autour d’elle, comme si elle croyait pouvoir mener le destin par le bout du nez.  C’est sa manière de lutter contre des émotions trop envahissantes, qui peuvent être la peur de l’abandon, du rejet ou de l’avenir, ce qui la maintient dans l’angoisse, la dépression, une hantise sourde.

Un tel être croit se suffire à lui-même, bien qu’il refuse de prendre du plaisir dans la vie, ce qu’il considère comme une perte de temps, du caprice ou de l’enfantillage.  Aussi il se permet d’être tyrannique et de rabaisser les autres constamment pour faire comprendre sa supériorité présumée, alors qu’il manque énormément de confiance en lui.  La preuve en est qu’il hésite longtemps avant de prendre une décision personnelle, dans la crainte de se tromper et d’en subir l’humiliation, d’où, à la moindre décision, il les analyse soigneusement, se lançant dans un grand questionnement à savoir s’il ferait bien d’opter pour telle alternative plutôt que pour telle autre.  Habitué à projeter ses torts sur autrui, il révèle à quel point il vit à cheval sur les principes, les règlements, les horaires.   Le pire est qu’il ne reconnaît même pas que son attitude puisse être problématique.  Aussi n’y a-t-il pas grand remède, à part une médication appropriée et la consultation d’un thérapeute, ce qui peut durer des années.  Car le fait de se remettre en question fait surgir la crainte de voir tout son univers s’effondrer.

Au sens spirituel, la rigidité exprime un manque de souplesse dans ses croyances, ses attitudes et ses comportements moraux.  Elle résulte du fait qu’un être ne veut pas changer de points de vue sur le monde, alors que l’essentiel de la Réalité ne peut que lui échapper, son entendement ne pouvant l’appréhender.   Il croit connaître et comprendre l’iceberg à partir de la portion qui en émerge de l’eau.  Ainsi, quant il a appris une manière que le monde peut s’exprimer, il refuse ses autres manières d’être.  Du coup, il limite sa propre liberté en réduisant l’éventail des choix.  Il tourne en rond dans ses croyances et ses routines de pensée, souhaitant ne rien changer, même s’il est insatisfait de ses résultats expérientiels.  Alors, il subit le monde au lieu de profiter de ses influences diverses qui, par leur différence, pourraient ouvrir sa conscience.   Il se ferme au changement jusqu’à s’étioler, car la rigidité ne peut que mener qu’à la régression et à la mort.   Inconsciemment, un tel être se croit le centre de l’Univers.  Il se ferme à l’opinion d’autrui, aux sentiments des autres et aux réactions néfastes qu’il peut lui-même provoquer.  Pour comprendre clairement le monde dans lequel il vit, il gagnerait à retrouver l’esprit d’enfance, à cultiver le sens de la découverte et de l’aventure.  Il pourrait y parvient en acceptant de regarder la vie à partir du point de vue de son Centre intime et des autres, retenant ce qui contribue à ses fins.

La rigidité découle de l’angoisse du vide et de la peur de se retrouver seul, abandonné et sans repère, ce qui pousse à s’occuper exagérément et cérémonieusement de son corps ou à remplir son temps d’obligations contraignantes, toujours soucieux d’atteindre la perfection.  Un être se culpabilise de ne pas travailler assez, il craint les loisirs, la détente et les divertissements, perdant tout sens de l’humour.  En condamnant le laisser aller présumé des autres, il cherche à se rassurer et à se persuader qu’il fait partie des meilleurs.  Par un comportement excessif, toujours porté au perfectionnisme épuisant, il se permet de se rassurer et de se supporter lui-même, refusant de s’aimer.  Sous son masque, il cache un grand manque d’assurance, d’estime de lui-même et de confiance en la vie.

La personne rigide est souvent, en plus, rigoriste et dogmatique.  C’est-à-dire qu’elle témoigne d’un attachement strict à l’éducation, au savoir-vivre, aux principes moraux ou religieux, aux règles sociales, à ses croyances dans tous les domaines, ce qui peut impliquer un peu d’affectation ou d’exagération.  Elle peut s’accompagner, en surface, d’une sévérité de la conscience intransigeante, d’une conscience scrupuleuse, même puritaine ou bigote, qui ne fait jurer que par les règles, les rituels, les cadres, les schèmes, surtout ceux de la religion ou de la spiritualité.  Le rigoriste oublie qu’il ne donne jamais que sa propre version des faits ou des écrits, d’où il prend ses croyances bien ancrées pour des certitudes de vérité.

Beaucoup d’enseignants de la spiritualité souffrent de ce travers qui en fait souvent des borgnes qui guident les aveugles vers l’Abîme, ce dont ils devront répondre, puisqu’ils y détiennent une large part de responsabilité.  Depuis le dernier solstice d’hiver (2012) et, encore plus, depuis le récent équinoxe du printemps (2013), tout a changé dans le système solaire.  La Terre a reçu une nouvelle Grille christique en remplacement de sa vieille trame de densité et de dualité, ce qui a résolument fait passer l’humanité d’une perspective linéaire à une perspective multidimensionnelle.

Du coup, l’Absolu a inondé de sa Lumière divine l’ensemble de notre univers, d’où  les Forces de l’Ombre réfractaires, bien que toutes n’aient pas encore quitté la planète et d’autres territoires, ont perdu leur hégémonie, ne vivant plus que dans la panique et le désarroi.  Il ne leur reste très peu le loisir de poursuivre leurs ravages, occupés à sauver les meubles, avec leur peau, de parasiter les gens et de se trouver quelque part un refuge temporaire, ce que la plupart ne trouveront même pas.

De ce fait, il est difficilement compréhensible que certains enseignants, qui ont pourtant été invités à révéler au monde que plus rien de l’ancien monde et des anciennes conceptions ne tient, qu’il gagnerait à abandonner ses vieilles mythologies, avec ses divinités, ses héros et ses rites, les antiques conceptions, les vieux enseignements, les anciens modes d’agir, jusqu’à faire table rase.  Car, en ce moment, ce qui compte le plus, c’est de s’offrir à la Vie avec un esprit vierge, une mémoire vide, une âme candide, afin de se lancer dans une nouvelle aventure, sans lien avec les expériences passées.  Car c’est uniquement ainsi que l’Esprit de Vérité parviendra à la Réalité cosmique telle qu’elle est, sans le moindre filtre mental, de sorte que cette révélation inédite n’entre en conflit avec aucune valeur désuète qu’un être entretiendrait ou qu’elle n’apparaisse que comme une superposition à l’ancienne réalité qui plongerait dans une plus grande confusion.

Mais pour accepter qu’une telle transmutation se produise, donnant un accès immédiat au panorama du Monde nouveau,  chacun doit faire preuve de souplesse, d’adaptabilité, d’abnégation, ce que peu parviendront à faire, du fait que, dans leur attachement, ils maintiendront une part plus ou moins grande de rigidité.  Par le fait même, ils ne resteront liés à la réalité ancienne, avec les errances, les douleurs et les souffrances que cela comporte, les empêchant d’accéder au Ciel sur Terre ou au Paradis terrestre.

En fait, ils vivront dans le néant et ils ne s’y maintiendront arbitrairement et artificiellement que par la force entêtée de leur imagination ou de leur foi, donc par la puissance de leurs croyances illusoires tenaces, parce que, déjà, elle aura complètement disparu dans la fusion de l’intérieur arigidity-imagesvec l’extérieur.  Autrement dit, ils flotteront dans le vide, dérivant sans cesse, jusqu’à ce qu’ils découvrent qu’ils ont renoncé à la vie idéale à laquelle ils aspiraient, qui leur avait été restitué.  Déjà, chacun ne se prive de la vision du Paradis, qui se révèle sans cesse davantage, que par ses réticences et ses résistances, que par l’entretien de vieux schèmes, ce qui l’empêche d’accepter la Réalité telle qu’elle est devenue.

Pour changer de plan de conscience, sans aller jusqu’à se désincarner et se déraciner, un être doit couper tous les ponts avec les mondes plus denses, dans leurs aspects illusoires, ce qui implique également la rupture avec ses propres antériorités d’expérience, dans la compréhension que rien ne s’y passe comme dans les mondes inférieurs où il a si longtemps séjourné, au point de prendre des réalités approximatives pour la Réalité complète. Un être se densifie et il incline vers la rigidité dans la mesure qu’il accorde foi à ses expériences.   Ainsi, pour trouver le salut, il doit désormais reconnaître qu’il n’en sait plus rien et que, de ce fait, il a tout à apprendre ou à découvrir, plutôt… à vibrer ou à être.

C’est dans la souplesse et la flexibilité de l’abandon et de l’adaptabilité, qui gardent ouvert au changement et qui assurent l’élimination des entraves que se produit la transparence qui permet que la Lumière du monde réel, tout intérieur, parvienne à se révéler.

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