SELON LE DEGRÉ DE CONSCIENCE ET DE COMPÉTENCE, LA RELATION D’AIDE PEUT AIDER OU NUIRE…

La relation d’aide réfère au lien établi entre deux personnes dont l’une, généralement psychologue ou professionnel de la santé, tente de rendre service à l’autre pour la tirer d’un tourment intime ou d’une maladie physique.  Toute relation d’aide risque de devenir possessive, de la part de l’aidant, et d’occasionner des transferts amoureux ou haineux, de la part de l’aidé. L’aidant devrait plutôt voir à aider l’autre à se conduire, à négocier avec lui-même et à prendre avec lui des distances. Ce n’estimages pas une intervention où un être peut faire étalage de son savoir et de sa compétence.

Dans une relation d’aide, puisqu’il faut agir avec autorité, ce qui ne signifie pas qu’il faille imposer quoi que ce soit ou exercer de l’ascendant, mais qu’il faut détenir sa confiance.  Il faut vérifier si on est la meilleure personne pour l’aider dans ses difficultés, si on est en situation de force et de maîtrise par rapport à l’aspect pénible de sa vie qu’on souhaite modifier et si on pourra rester centré sur son besoin.  Quand on aide quelqu’un, il ne faut pas mêler les registres relationnels, mais se maintenir dans sa fonction d’aidant ou de facilitateur, donc agir d’une main de fer dans un gant de velours, se restreindre au problème que l’autre expose et pour lequel il demande de l’aide.  A propos du conseil qu’il faille agir d’une la main de fer dans un gant de velours, le contexte précisera le degré de douceur ou de fermeté qu’on devra y mettre.  Plus on sentira que la personne escompte se faire prendre en charge, plus on devra se montrer ferme dans ses propres choix.  Quant aux registres relationnels dont nous avons parlé, nous recommandons fortement de ne pas toucher les domaines affectif ou sexuel, d’écarter toute curiosité malsaine par rapport à son intimité, d’intervenir avec sang-froid et aplomb, en observateur détaché et de répudier tout chantage émotif.  En cela, la pureté d’intention assurera l’immunité, sans quoi, on pourra subir un transfert haineux de la part de celui qu’on aide si on ne répond pas ou si on résiste à ses attentes secrètes, si on omet de les clarifier s en sa présence, en précisant le cadre précis et les limites restreintes dans lesquelles on veut agir.  Dans une relation d’aide, il y a des eaux qu’il ne faut pas mélanger au risque de plonger dans le drame!

Si on est désireux d’aider efficacement, on devra bannir toute vanité, toute arrogance déguisée, toute complaisance et tout orgueil spirituel.  L’orgueil spirituel consiste à présumer de connaissances spirituelles qu’on ne détient pas, à s’arroger un pouvoir spirituel qu’on ne détient pas, à attendre des résultats probants suite à son intervention ou à s’établir comme supérieur par rapport aux faiblesses de l’autre, ce qui peut aller jusqu’à l’exigence subtile d’être apprécié dans son travail, d’être récompensé ou de recevoir une forme de reconnaissance.  Bien sûr, lorsqu’on choisit d’aider quelqu’un, on garde l’espoir secret qu’il changera, sans quoi on refuserait d’offrir ses services.  Mais cet espoir ne doit pas mener à la frustration si son aide n’apporte pas les résultats escomptés ni incliner à juger ou à culpabiliser l’autre par des reproches sévères ou amers.  Et, dès qu’on a reconnu l’inefficacité de son intervention, il faut savoir se retirer dans la sérénité et la grâce, donc sans faire de vagues.

Dans une relation d’aide, il faut toujours s’abstenir de heurter les sentiments de celui qu’on aide.  Il faut savoir tamiser sa lumière pour l’adapter à sa compréhension et à son rythme évolutif.  Il faut s’assurer que si l’autre ne change pas au rythme que l’on espère, on ne commencera pas à le juger, à le culpabiliser et à l’inférioriser.  Il faut renoncer au désir de le façonner à son image ou de le conformer à sa vérité.  Dans ses conseils, il faut éviter de se substituer à son Maître intérieur et veiller à le rapprocher de lui.  On évitera tout propos moralisateur.  On veillera à ce que l’autre se transforme par lui-même à partir de ceaide qu’on lui offre et qu’il établit lui-même ses priorités.  On s’assurera qu’il est déterminé à changer sa situation.

Au besoin, on saura couper les vivres à l’aidé, si on découvre qu’il a menti son degré  de motivation ou s’il s’en sert pour se complaire dans sa misère.  Dans ses dialogues, on saura pratiquer l’écoute active qui consiste à démontrer son intérêt pour les propos de l’autre en le regardant, à l’aider discrètement à verbaliser clairement sa pensée et ses sentiments, mais sans interruption intempestive.  On devra lui laisser dire jusqu’au bout ce qu’il ressent le besoin de dire, comme il a envie de le dire, sans s’offusquer de ses paroles bourrues ou maladroites, de sorte qu’il puisse se sentir écouté, entendu, compris et répondu.  Ensuite, on saura également lui dire ce qu’on a à dire, comme on a envie de le dire, en lui disant ce qu’on pense et non ce qu’il veut entendre.  Toutefois, on requerra de sa part un respect égal à celui qu’on lui accorde et on refusera de se laisser éclabousser par ses propos acérés ou malveillants ou de se laisser engluer dans ses propos négatifs.

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