QU’EST-CE QUE LA RÈGLE D’OR, GAGE D’AMOUR ET D’HARMONIE? 

 La Règle d’Or est le premier principe spirituel dont toutes les religions et spiritualités du monde préconisent l’application, en formulations analogues.  En quelque sorte, elle représente le fondement même de la Loi cosmique, dans son aspect de réciprocité dans le partage et l’échange.  Elle stipule que tout ce qu’on veut que le prochain fasse à son égard, il faut d’bord le lui faire.  Autrement dit, il faut en tout temps éviter de faire à un autre ce qu’on ne voudrait pas qu’il fit à soi.  Ainsi, la règle d’or explicite le principe de l’Amour pur : il invite à traiter les autres comme on aimerait être traité, spécialement en bénissant tout, en pardonnant toutes les offenses jusqu’à l’oubli, en illuminant les ennemis sans s’imposer à eux, pour contribuer à reconstituer l’Unité primordiale.   Cependant, faire aux autres ce qu’on aimerait que l’autre fasse à soi n’invite pas à passer tous les caprices, à accepter de faire n’importe quoi.  Un être intègre courte-echelle-human-ladderdoit faire aux autres comme il aimerait qu’il lui soit fait, mais en lui faisant ce qui, d’après sa conscience personnelle, semble le meilleur, non d’après les attentes de sa personnalité, mais d’après son destin évolutif.  La réciprocité n’appelle jamais à agir de manière inconsciente sous prétexte de mutualité, du retour d’un traitement identique.

   D’après la Cosmogonie d’Urantia, selon les diverses Traditions, la maxime qui l’exprime change, mais elle résume toujours le même fondement intangible : «Le mal que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse, ne le faites pas aux autres» (Confucianisme);  «Ne faites à personne ce que vous détestez» (Judaïsme);  «Ce que vous faites à autrui, on vous le fera, dans le jugement de la Sagesse» (Bouddhisme);  «Que nul ne fasse à autrui ce qu’il répugnerait qu’on lui fasse» (Zoroastrisme);  «L’homme devrait traverser la vie en traitant ses semblables comme il aimerait être traité»  (Jainisme);  «L’injustice commise envers vos semblables se retournera contre vous» (Christianisme);  «Reliez-vous à chaque homme comme si vous étiez à sa place» ou «dans ses souliers» (Taoïsme);  «Faites aux autres comme vous vous faites à vous-même» ou «Traitez-vous comme vous traitez les autres» (Christisme ou Christianisme ésotérique).  Même l’Islam, par la voie du Prophète Muhammad, proclame : «Aucun d’entre vous n’est véritable croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui.» (13ᵉ des 40 Hadiths, rapporté par al-Bukhari et Muslim)

   En matière spirituelle, ce principe spirituel semble représenter un dénominateur commun à l’humanité.  Hélas, certains sectaires réduisent la portée de cette maxime universelle au prochain, c’est-à-dire aux frères de religion, une restriction qui, en conscience, ne peut exister puisque tous les êtres humains sont frères et ne font qu’Un.  Mais, demandera le profane, peu familier avec les valeurs spirituelles, qui est le prochain?  Dans une perspective d’impersonnalité et d’inconditionnalité, le prochain, c’est l’ensemble des êtres humains et des créatures cosmiques, en commençant parCuriosité-sexuelle les êtres les plus près, les plus compatibles, les plus en affinité avec soi.  Car l’autre, tout être vivant (alors que tout vit), n’est qu’un autre soi-même.  Tous les êtres font partie du même Grand Tout cosmique.  Ainsi, lorsqu’un être regarde son voisin, il se regarde lui-même par interposition d’individualité.

   Ainsi, si quelqu’un trouve matière à reprocher à son prochain, il doit commencer par se dire, au lieu du sempiternel «Pourquoi agit-il ainsi?», «Pourquoi ne le ferait-il pas, si, par contrat subtil, il doit veiller à ouvrir ma conscience?»  Il y a fort à parier que ce qu’on observe chez autrui, qui dérange son attitude, résulte d’une vieille émotion non résorbée, non harmonisée, non intégrée.  Ainsi, au lieu d’envoyer aux autres des énergies négatives, hostiles, il vaut mieux tout ramener dans le cœur, pour répondre par l’Amour pur.

   Une bonne pensée à l’endroit du prochain l’enrichit sur tous les plans et enrichit aussi celui qui la conçoit.  Cela me rappelle une bonne amie, praticienne de la réflexologie, qui s’adonne à son art avec une patience qui ne cesse de m’émerveiller.  Un jour que je lui demandais la raison de son bonheur apparent de traiter les autres, elle me répondit que, en travaillant, elle s’imaginait toujours se traiter elle-même à travers eux.

   Quelle belle leçon de sagesse, car, c’est seulement en atteignant le cœur de l’autre, siège de son âme, donc de sa portion essentielle, là où les pulsions et les motifs supérieurs s’expriment, qu’un être est capable d’influencer un autre, en faisant appel à l’Être unique, omniprésent!

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