LA RÉFLEXION PERMET DE PRENDRE DU RECUL ET DE PRENDRE LES BONNES DÉCISIONS

Acte mental, la réflexion désigne le retour de la pensée sur elle-même pour examiner plus en profondeur une idée, une situation, un problème.

Le mot «réflexion» provient du mot latin «reflexio» qui signifie «action de revenir sur…» ou de «retourner en arrière».  Ainsi, on comprend que la réflexion, acte de la pensée qui revient sur elle-même, doit servir à remettre ses acquis en question, en acceptant au besoin de se troubler, voire d‘inviter le chaos à se produire en soi.  Car c’est en se dérangeant dans sa conscience, qui s’installe facilement dans l’ordre d’une réalité bine confortable et rassurante, qu’on s’ouvre à l’inconnu, à ce qu’on n’a pas encore enfanté ou expérimenté.

La raison est la faculté qui distingue l’animal de l’être humain puisque l’animal ne peut exercer à volonté sa faculté de raisonnement réflexe.  Par rapport au règne animal, il peut s’interroger sur le bien-fondé de ses paroles, de ses sentiments, de ses pensées et de ses actes.  Il peut remettre en question son existence et s

a façon d’être.  Et c’est par la réflexion qu’il peut sortir des sentiers battus des habitudes et des routines, découvrir des idées nouvelles, porteuses de progrès physique, de renforcement intellectuel et d’expansion spirituelle.  À ce propos, chacun devrait parfois savoir suspendre son jugement et réprimer ses actes pour vérifier s’il ne pourrait pas procéder autrement pour améliorer ses conditions de vie, sa conscience et son bonheur.

La réflexion peut diversement servir à analyser, à développer des concepts, à fixer des choix, à réviser une position, à trouver une réponse, à prendre du recul, à faire le point, à revenir à la réalité, à élaborer un plan ou une stratégie, à élargir les perspectives, à mieux découvrir comment arriver à ses fins, à désillusionner, à réprimer la passion, à prévenir la précipitation, à faire surgir d’autres questions complémentaires salutaires.  Comme elle permet de combiner les faits avant de les vérifier dans l’expérience, elle devient un instrument pour former le discernement et la sagesse.  Bref, comme l’a dit Euripide : «Le temps de la réflexion est une économie de temps.»  Puisqu’elle ravive la lucidité, et pourquoi pas, pour être plus clair, de problèmes et de misères!

La réflexion n’est pas trop l’apanage de la jeunesse, elle est l’habitude de celui qui a essuyé des revers.  Elle vise à voir clair, ce qui peut faire mal et déstabiliser, pour un moment, si on ne tente pas de contourner les problèmes et de les dissimuler derrière des suppositions.  On doit réfléchir pour découvrir le sens de sa vie et décider de la place qu’on veut occuper dans le monde.  On ne peut indéfiniment se contenter de déplacer les interrogations par de simples jongleries de langage qui amènent à en resserrer les nœuds et à éloigner de soi le vrai bonheur.  Alors, on doit réfléchir pour amener à opter pour un idéal ou pour renouer avec un mode de vie qui est à l’œuvre en soi depuis toujours, afin de devenir l’acteur de sa vie.

La réflexion aide à réaliser qu’on est capable de s‘enfanter soi-même, ce qui est sa fonction essentielle ici-bas.  Mais il faudrait veiller à ce que la réflexion n’étouffe pas la spontanéité de la pensée, surtout qu’elle ne se réduise pas à un exercice dialectique qui enfle le mental et l’asphyxie.  G. Bachelareflexionrd a dit: «L’essence même de la réflexion est de comprendre qu’on n’avait pas compris.»  Mais la méditation conduit plus loin: elle met en communication avec le Savoir qui s’exprime par l’intuition et l’inspiration.

Chacun gagne à réfléchir avant d’agir ou de faire des choix.  Il vaut mieux réfléchir avant le fait que réfléchir après la catastrophe.  Mais la réflexion reste une arme à deux tranchants : autant, par prudence, elle peut accroître la compréhension et la sécurité, autant elle peut devenir inhibitrice.  Car elle peut amener à couper la spontanéité, à chasser le naturel, à réprimer l’élan, à réduire l’enthousiasme, à hésiter ou jeter dans la tourmente de l’esprit, ce qui pourrait devenir un prétexte pour éviter d’agir.  Car, trop appuyée, elle peut induire dans la peur.

La pensée à voix haute est des plus efficaces : il s’agit d’un moyen pédagogique qui renforce l’attention et qui favorise le développement de la pensée critique.  On sait que l’exercice physique contribue augmenter la force musculaire, à oxygéner le cerveau et à clarifier l’esprit, mais il peut encore améliorer les fonctions cérébrales globales et, principalement, augmenter l’attention, la concentration, la planification et l’organisation, ce qui favorise forcément la réflexion lucide.   Aussi convient-il d’aller réfléchir dans un lieu naturel tranquille et agréable pour s’assurer plus de légèreté, d’efficacité et de profondeur.

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            Attention : la «loi de la Réflexion» identifie la «loi du Renversement».

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