LA QUÊTE SPIRITUELLE DANS L’ANCIENNE ÈRE OU LA VIEILLE HISTOIRE

   Dans la Tradition spirituelle, la quête spirituelle identifie le voyage vers l’inconnu, le cheminement sur la Voie spirituelle, où le candidat doit éviter de se fier uniquement à ses facultés de volonté et d’intelligence, mais inclure surtout celle de l’imagination créatrice et les pouvoirs mystérieux de son intuition, qui peuvent mettre en mouvement les événements qui lui apporteront des solutions issues des plans les plus profonds de l’inconscient.  Elle détient seule le potentiel d’évolution des idées et des connaissances.

   Mais, paradoxalement, tant qu’on cherche à obtenir quelque chose, on ne peut l’obtenir, puisque le seul fait de le chercher revient à affirmer qu’on ne détient pas l’objet de sa quête ou qu’on ne sait pas où il se trouve.  La quête de posséder une réalité ne mène nulle part, car ce qui compte c’est d’entrer dans un état de conscience totale qui implique la plénitude, la perfection et la béatitude.  Alors, il n’est plus nécessaire de chercher ni de croire, la connaissance parfaite accomplit dquête spirituelle’elle-même ses prodiges et ses merveilles.  On cherche toujours ailleurs ce qu’on porte déjà en soi et qui n’appelle qu’à être démontré.

   En fait, ce que l’on cherche court après soi.  C’est-à-dire que ce qu’un être vibre, il l’attire à lui.  Aussi, tôt ou tard, il lui faut s’immobiliser pour que ce qu’il cherche le trouve à son adresse personnelle.  Mais ce n’est qu’en cherchant que l’on trouve, pour tenir compte de touts les facteurs prévisibles d’une situation, en s’adaptant jour après jour à ses perceptions.

   Dans ce contexte, le but de sa quête indique le but qu’on veut atteindre et le degré de motivation qu’on lui consacre.  Ainsi, on ne peut jamais se reposer et attendre que les choses se fassent d’elles-mêmes.  En vérité, chacun cherche trop ailleurs, dans les conseils des autres, dans des lectures, dans ses occupations ou activités, dans ses relations sociales, ce qui l’amène à vivre extériorisée, soit à vivre en marque de l’essentiel.  Or, c’est chez soi, en soi, que vibre le Grand Cela parfait, qui est tout, sait tout, peut tout et agit partout.

   Évoluer consiste à devenir plus vivant, donc plus vibrant, à son rythme et à sa manière, en établissant le contact avec la bonne force, au bon endroit, au moment le plus opportun.  De ce fait, il faut éviter de chercher à comprendre Dieu, puisqu’il et inconnaissable et que ses voies sont insondables.  Il importe davantage de recourir à ses énergies, comme on se sert de l’électricité sans tout connaître d’elle, afin de nettoyer ses filtres intérieurs et de dissoudre ses voiles d’illusion.  Dieu, éternellement parfait, se cache de toute éternité derrière ces ombres que l’on entretient.  Ce qui laisse comprendre que la quête spirituelle ne consiste pas à faire quoi que ce soit, mais à redécouvrir ce qui est déjà là.

   Alors, il importe de faire descendre en soi les puissantes énergies de la transmutation.  La Voix intérieure, qui est le Verbe de Dieu, invite chacun à pénétrer en lui-même : «Connais-toi toi-même, à l’intérieur de toi-même, et tu découvriras le Ciel et les Dieux, te découvrant leur égal.»  Mais cette Voix ne s’exprime pas dans la tonitruance, mais elle parle avec bonté et amour, dans un murmure doux et léger.  On ne peut la faire taire, mais on peut facilement la couvrir par les bruits du monde dans l’activisme, la tension et la fébrilité.  Et, tant que l’être humain fuira la Voix de sa conscience, sa vie ne pourra devenir une Voie d’ascension.

   Pour celui qui erre dans les ténèbres extérieures de la Vallée de larmes, qu’il faut transformer en Vallée de joie par la Lumière et l’amour, il n’existe d’autre issue que la conversion, soit le retournement de conscience de l’extérieur vers l’intérieur, où Tout est déjà dans une Unité indissoluble.  Ce n’est qu’en soi qu’on peut se mettre à l’écoute de Dieu et du Cosmos.  Nous cherchons trop ailleurs, dans les conseils des autres, dans nos lectures, dans nos occupations, dans nos relations sociales, vivant en marge de l’essentiel.  Tout est chez nous, en nous.  Aussi, devons-nous tenter de nous accomplir d’abord dans l’intériorisation.

   En chacun, il y a «Cela» qui sait tout et peut tout.  Évoluer, c’est devenir plus vibrant en entrant en contact avec la bonne force au bon endroit.  N’essayons pas de connaître Dieu, il est inconnaissable et ses voies sont insondables.  Servons-nous plutôt des énergies qui émanent de lui.  A-t-on besoin de connaître l’électricité pour nous en servir?  Descendons en nous les puissantes énergies pour nettoyer nos filtres intimes.

   La Voix intérieure appelle tous les être à le faire.  Elle ne tient pas de langage tonitruant: elle parle avec bonté et amour, dans un murmure doux et léger.  Un être peut la faire taire, plutôt la recouvrir dans l’activisme et la fébrilité, par les bruits du monde.  Mais, tant qu’il fuira la Voix de sa conscience, sa vie ne deviendra pas une voie.  Là où il est enfoncé, dans les ténèbres du monde, dans la vallée de larmes, il n’y a pas d’autre issue que la conversion, soit le retournement intérieur.  Alors, pourquoi ne pas se mettre à l’écoute de Dieu et du Cosmos, en soi?

DANS LE MONDE NOUVEAU, L’INUTILITÉ DE LA MOINDRE QUÊTE POUR ÊTRE

   Toutefois, depuis le début du XXIe siècle, il n’y a plus de quête à mener.  Quand on est rendu au Port, il n’y a plus besoin de le chercher, il ne reste qu’à en prendre conscience.  De gré ou de force, l’Ascension amène progressivement toutes les âmes incarnées dans la Conscience de l’Unité.  Cela ne veut pas dire que tous les êtres accéderont immédiatement à l’une ou l’autre des dimensions supérieures de la Conscience cosmique ou de l‘Absolu, en raison du libre arbitre qui permet de choisir la densité et la dualité plutôt que l’Unité et l’Infinité.  Qui veut parvenir à bon port n’a plus qu’à se donner inconditionnellement à la Lumière divine et à vivre, au jour le jour, centré sur le moment présent, ce que la vie lui propose.  Que cela soit agréable ou désagréable, il ne peut s’agir que de la bonne expérience pour le tirer de ses illusions et le ramener à la réalité de son Être.  Pour le reste, il n’y a qu’à suivre les impulsions de son cœur.

   La légende de la quête du Graal illustre la quête de l’être incarné, encore ignorant de sa Réalité infinie et de la dynamique de la Vie, qui part à la conquête du précieux vase de l’Amour, susceptible de lui inculquer la Connaissance, parcourant tous les pays du monde et qui revient cquête-spirituelle1hez lui dépité, épuisé et bredouille, découvrant, à son retour, que le miraculeux objet ne se trouvait nulle part ailleurs qu’en lui-même.  Il était ce qu’il n’avait jamais cessé d’être, l’état d’être ou la vibration de l’Amour qui révèle l’Absolu dès qu’un être est prêt à l’accueillir sans attente ni préjugés.

   La quête de la connaissance est une expérience vaine qui ne peut ramener qu’à soi parce que, dans une approche qui reste trop longtemps mentale ou intellectuelle, elle renforce la personnalité, en faisant notamment incliner plusieurs vers l’arrogance de l’ego, dans les rets déguisés de l’orgueil spirituel.  L’expérience de la vie n’appelle pas à savoir, mais à être toujours davantage par la découverte de sa propre réalité à l’intérieur de soi.  Il faut savoir que l’être humain n’est une entité perfectible ou évolutive qu’au sens où, plongé dans la matière dense, qui obnubile sa conscience, il doit redécouvrir le souvenir de sa Réalité éternelle.

   Sauf que ce que l’être incarné cherche tant à devenir, il l’est déjà de toute éternité.  Ainsi, ce qui lui reste à faire, ce n’est jamais qu’une redécouverte de ce qu’il est déjà, qu’il n’a pas à devenir ni à améliorer.  Et il y parvient le jour où il cesse de se prendre pour sa personnalité et son corps, se reconnaît de ce monde sans appartenir à ce monde, afin de se percevoir dans sa Réalité divine.  Il y parvient le jour où, dépassant les apparences, il accepte de découvrir Qui il est, un Atome divin, au lieu de continuer à se prendre pour ce qu’il se croit, mais n’est pas, un être peccable, faible, limité ou un être en devenir.  Cette découverte, il ne peut que la faire en fusionnant dans l’Absolu, ce qui implique sa mort aux contingences du monde puisque l’Absolu ne peut se révéler à celui qui se croit petit et limité.  Il lui faut se perdre dans sa nature pour se retrouver dans son Essence originelle.  Le plus grand ne peut entrer dans le plus petit, ce qui implique de lui faire de l’espace, de lui redonner tout l’espace.

   Dans sa quête de connaissance, la science humaine, comme le Savoir spirituel, s’expriment par des concepts mis en mots.  Car l’Être échappe à l’entendement humain.  Les mots limitent toujours la réalité qu’ils tentent de décrire.  Ils représentent une projection arbitraire au sein de l’Illusion.  Il traduit une approximation.  Ils cernent maladroitement une réalité sans vraiment la révéler.  Même qu’ils ne parviennent souvent qu’à brouiller les pistes.  Car qui, même dans le partage d’une langue commune, assigne aux divers mots qu’elle contient le même sens lors d’un exposé ou d’un entretien.  Une nuance peut si facilement conduire à l’erreur des astronautes, soit à un écart majeur de trajectoire, dans le discours spirituel.

   Le danger de la connaissance, c’est qu’il peut amener à confondre les notions mentales avec l’expérience.  Il peut donner l’impression de détenir le vécu de ce qu’ils représentent.  Pourtant, il n’y a rien de mieux que l’expérience personnelle pour valider un concept ou un principe.  L’expression de l’expérience d’autrui, qui est subjective, ne sert pas à grand-chose dans les choix éclairés qu’un être doit faire.  Et son langage, qu’il soit verbal ou écrit, ne transmet qu’une réappropriation d’un vécu, donc ses croyances ou son interprétation, à travers une terminologie, une langue, une culture, une formation.

   Tant qu’un être ressent le besoin d’identifier ou de nommer l’Absolu, qui est la Source de tout Être, tant qu’il éprouve le désir de comprendre sa Loi, l’une de ses idées, ses aspects ou des ses principes, il le morcèle, s’en écartant d’autant.   L’Absolu partage mieux sa réalité dans le silence méditatif sans but, quand le mental qui ne parvient plus à nommer les phénomènes, se dissout.  La réalisation dans l’Absolu impose jusqu’à l’élimination des désirs, l’extinction des besoins, la disparition de la personnalité et du Soi.  Il ne se révèle que dans l’écoute de sa vibration intime qui provient de lui et qui lui permet de se déployer, de s’exprimer, de se révéler parce qu’il ne fait qu’un avec lui.

  La seule voie d’accès à l’Absolu, c’est l’Amour vrai, pour le distinguer de l’affection, avec son cortège d’attachements et de préférences.  Or aucun mot, aucun concept, aucune connaissance ne peuvent conduire à cette Énergie unique, Source de vie et de cohésion.  Aucun enseignement d’autrui ne peut le cerner ni aider à l’appréhender.  En effet, à titre d’illusion, la connaissance demeure une projection, devenant l’antithèse de l’humilité et de la simplicité requises pour se fondre dans l’Absolu.

   Nul ne peut trouver ce qu’il cherche ni connaître Qui il est.  Ce qu’un être cherche le cherche de sorte qu’ils ne parviennent pas à se trouver.  Il n’y a qu’au moment précis où il cesse sa quête et qu’il fait taire les concepts, parce qu’il a compris qu’il n’a rien à trouver ni à comprendre, que l’Absolu, qui a toujours été là, peut émerger.  Chacun gagnerait à oublier son passé, son présumé savoir, le besoin de nommer les êtres et les choses.  Tant qu’il éprouve le désir ou le besoin de nommer, d’identifier, de saisir, de se référer à ceci ou à cela, il ne peut fusionner avec l’Absolu.  Un être évolutif ne peut que permettre à l’Absolu d’être et d’émerger à travers lui, après avoir dissout tout ce qui s’oppose à sa Réalité infinie.

   Tout exercice de la conscience, même s’il s’appuie sur l’Absolu ou sur la quête de l’Absolu, maintient hors de lui.  L’Absolu ne s’exprime totalement qu’à travers celui qui le laisse être comme il est sans tenter d’interpréter son œuvre ou sa vibration.  Voilà pourquoi il est essentiel de se dégager de tout Maître, hors le sien, de supprimer tous les concepts, toutes les croyances.  Chacun gagne de se tenir à l’écart des escroqueries, trop nombreuses, de la spiritualité, et qui ne représentent que des leurres, d’amusants passe-temps, mais qui égarent, qui écartant de sa Réalité intime. Bien sûr, il n’y a rien à regretter ni à renier de ses tâtonnements antérieurs, des voies du passé, qui avaient leur raison d’exister en leur temps.  Même que les enseignements du passé ont maintenu vif le souvenir d’autres plans d’existence, un souvenir qui aurait pu se perdre plus profondément dans l’inconscience.  D’ailleurs, ils ont permis d’en arriver où on se trouve aujourd’hui.

   Mais il est temps que les impostures cessent, pour permettre à chacun de se rapprocher de sa seule et unique Source d’Être, l’Absolu qui vibre en lui. Si sublime qu’elle soit, tout enseignant vous transmet sa vision personnelle qui peut vous dévoyer, vous écarter de votre propre Voie.

  Nous ne le répéterons jamais trop, en ces heures d’Ascension, il n’y a rien à chercher, à faire, à amasser ;  il n’y a pas de Voie à suivre ;   il n’y personne à imprégner, à aider ni à convertir ;  il n’y aucune mission à accomplir, aucun rôle à jouer ;  il n’y a nulle part où chercher, nulle part où aller : il n’y a qu’à Être.  Il n’y a qu’à arrêter un mouvement, non pas comme l’expression de la volonté impérieuse du mental, mais dans l’intention que tout s’arrête et s’offre à l’Absolu.  Car c’est au moment où un être ne cherche plus à comprendre, à exprimer, à expliquer, donc au moment où il ne veut plus rien et n’aspire plus à rien, que l’Absolu, qui est toujours là et l’a toujours été, peut se révéler et prendre toute sa place dans l’expérience douloureuse, mais libératrice, d’éliminer tout ce qu’il n’est pas.  Dès lors, succède la Béatitude, la Plénitude et la Perfection qui s’expriment dans l’Extase de l’Éternité.

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2 Responses

    • Bertrand Duhaime

      Mais c’est toujours possible par l’adresse électronique «visualix@hotmail.com» ou par le courrier intérieur de mon babillard Fb, https://www.facebook.com/bertrand.duhaime, du reste donné au bas de chacun de mes articles. Mais il est inutile de demander un rendez-vous, je n’en donne plus, ou de suggérer une communication téléphonique ou un lien «Skype», je n’accepte pas ce genre de communication, surtout que je maîtrise mal le dernier.

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