LA PUNITION, SI ELLE S’IMPOSE, DOIT VISER, SANS DÉSIR DE VINDICTE OU DE RÉTORSION, À FAIRE COMPRENDRE QUE TOUT ACTE OU CHOIX COMPORTE SA CONSÉQUENCE.

La punition ou sanction rappelle l’action d’imposer une peine à qui a commis un péché, un délit ou un crime.  Il s’agit du mal ou désagrément que l’on fait subir à l’auteur d’une simple faute ou d’une mauvaise conduite.  Elle est la conséquence pénible d’une faute.  Elle peut suggérer le châtiment infligé lui-même.  Sauf que la punition, c’est chacun qui se l’applique dans sa mauvaise compréhension du sens profond du Salut, car si nul n’est condamné ou damné, où s’impose ddieu-de-courrouxonc le rachat?  Mais là, il faut savoir qu’il n’existe en rien de souillure originelle ou d’indignité de naissance dans un lignage déchu.  En cela, selon l’importance de son sentiment de culpabilité, chacun est le pire saboteur de son existence.

L’idée de voir Dieu imposer un châtiment, soit une punition légère ou sévère, selon le degré de gravité de la faute, répugne à l’esprit, ce qui éveille du ressentiment et suscite un sentiment de culpabilité.  Dieu, qui est d’abord Essence spirituelle et Énergie d’Amour pur, ne juge pas, il laisse la Loi de la Rétribution ou de la Causalité, appelée par d’autres la Justice immanente, un corollaire de la loi de l’Attraction, opérer son œuvre d’ajustement ou de compensation dans l’intention de rétablir l’harmonie et l’équilibre en amenant un présumé coupable à comprendre les lois naturelles et les principes de la vie, mais jamais dans une intention de punir.

À la manière de l’Absolu, celui qui est chargé d’administrer la justice doit-il éviter de juger et d’exprimer du ressentiment dans l’application d’une sanction envers un être fautif.  Il doit lui rappeler qu’il a commis un acte contraire au bien-être de la société et à la cause de l’Évolution de la Lumière, non comme s’il cherchait à le combattre, mais en visant à dissoudre la part d’obscurité dont il est momentanément rempli, souvent inconsciemment, par impuissance, par manque d’amour ou par totale ignorance.

Nul n’est autorisé à lutter contre un être, il ne peut que combattre des pulsions qui amènent à agir en automate.  Tout ce qui n’est pas transmuté par l’Amour conserve sa part d’ombre qui, si elle est contrainte, ressurgira tôt ou tard sous d’autres formes plus insidieuses et dévastatrices, comme on le constate dans les centres d’incarcération.  Les clefs réparatrices de la Vie résident uniquement dans l’offrande d’amour pur et inconditionnel et dans le maniement adroit de la Parole de Vérité.

En fait, la punition, chacun se l’impose lui-même par sa culpabilité, d’où il ressent le devoir de se racheter ou de payer une dette.  Dieu sait que la punition ne donne aucun autre résultat que d’engendrer la peur, attisant la colère et ouvrant la porte à d‘autres délits ou conflits, ce qui amène à s’isoler, à se rebeller ou à se replier sur soi, mettant son âme en danger avec la vie des autres.  Alors, elle doit être remplacée par une saine discipline qui prévoit des conséquences adaptées, donc logiques et réalistes.  Elle apprend à un être en croissance à identifier ses comportements erronés, à en assumer la responsabilité, à résoudre ses problèmes tout en respectant sa dignité.  Par elle, il apprend à maîtriser sa vie, à prendre des décisions éclairées et à résoudre ses propres problèmes.

À ce propos, les procès et les châtiments n’ont de valeur que s’ils parviennent à amener le coupable à s’amender, l’inclinant à mieux décider entre le bien et le mal.  Une fois entamée, une procédure doit aller rapidement à son terme et le jugement être appliqué sans tarder afin d’être effectif et efficace.

Dans un univers organisé, l’administration de la justice présuppose le prononcé d’une sentence juste après un jugement équitable.  Elle doit octroyer l’égalité des chances plus que l’égalité de fait, ce qui n’est pas souhaitable, en raison des divers niveaux de conscience qui se côtoient.  Elle doit se fonder sur un besoin de certitude, d’impartialité et d’équité.

Mais qui peut prétendre détenir les qualités pour émettre de tels édits?  Seul un être omniscient peut connaître tous les motifs et les antécédents d’un individu qui l’ont conduit à commettre un méfait.  Seul l’être sans péché peut lancer la première pierre.  Les autres doivent plutôt recourir à la miséricorde, à la clémence et à la compassion et laisser l’application de la Justice entre les mains de Dieu.  Une société peut se protéger contre les délits, mais de façon juste, équitable et clémente.  Elle doit surtout aider un criminel à se réhabiliter.

Ainsi, la Justice devient une force de rédemption ou de salut qui anoblit, raffine, développe la conscience individuelle.  Aucune Loi ne châtie l’être évolutif.  Il existe bien la Providence, qu’on appelle de façon voilée la Justice immanente, mais elle témoigne de la Causalité naturelle, non d’un jugement de Dieu.  Car il n’existe ni Juge ni Tribunal susceptibles d’approuver ou de sanctionner les actions d’un être libre, qui est bien capable de se juger par lui-même, suite à la Rétribution de ses choix.  Justement, chacun est, pour lui-même, son juge et son tribunal, souvent trop sévères.  punitionPar son regard personnel, chacun sanctionne ses actions et la liberté d’expression qu’il s’accorde ou se refuse.  Cette liberté influence son espace, son champ d’expérience et de découverte.  En cela, Dieu et les Guides ne servent qu’à fournir des repères et des balises évolutives, non à faire le travail à la place d’un candidat.

Face à un conflit nécessitant un arbitrage légal, on gagne à refuser de s’engager dans une action avant de voir l’ensemble du problème.  Une fois entamée, la procédure doit rapidement aboutir.  Ensuite, pour être efficace, le jugement devra être appliqué sans retard, sauf la peine capitale.  En cette matière, tout retard altérera son destin plus qu’il ne le doit.  Un procès perd toute sa valeur s’il ne sanctionne pas l’équité.  Quant à la sanction, elle ne prend de sens que si elle aide le coupable à s’amender, l’amenant à corrige sa perception du bien et du mal.  Surtout, chacun doit éviter de se faire justice lui-même, car il risquerait de perturber l’harmonie cosmique, mettant également en péril l’organisation sociale.  Chacun gagne à éviter de se laisser gagner par l’agressivité et l’esprit de vindicte, car on ne pourrait que tenter de faire tourner la situation à son avantage par la force.

Dans cette perspective, nul ne peut se faire justice par lui-même.  Il n’appartient pas à l’homme d’essayer de dominer la Nature et de forcer les choses, ce qu’il ne réussira jamais.  Son intervention dans l’ordre de la succession céleste ne ferait qu’accentuer le déséquilibre et le perpétuer.  Son activité pulsionnelle irréfléchie ne pourrait que produire l’infortune et le chaos, ajouter de plus grands dégâts.

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