LA PUISSANCE EST AU FONDEMENT DU POUVOIR

 

La Loi du Pouvoir stipule : que le pouvoir revient à l’être humain qui peut s’en servir le plus sagement et le plus efficacement pour atteindre les résultats envisagés;   que nul être humain ne doit rechercher le pouvoir dans l’intention de faire du mal à autrui, de le blesser, de le contrôler autrui ou d’attenter à son intégrité, à moins que s’impose le besoin de se protéger de lui ou de protéger d’autres personnes, quand tous les autres moyens ont échoué;  que nul être humain ne peut recourir au pouvoir autrement qu’avec la force requise par les besoins réels de la situation;  que tout être peut exercer le pouvoir pour augmenter ses avantages et favoriser ses gains personnels, dans la mesure qu’il n’exploite personne et ne brime rien;  que nul être ne peut exercer le pouvoir pour faire de l’argent ou pour mousser ses avantages mercantiles;  que nul ne peut se servir du pouvoir pour renforcer sa vanité, son arrogance, son apparente supériorité, car il porte alors préjudice à l’Auteur céleste de tout pouvoir;  que tout être doit considérer le pouvoir comme une faculté sacrée et comme un don divin, d’où il doit éviter de mal s’en servir et d’en abuser.

La puissance confère le pouvoir

La Puissance désigne le Pouvoir en potentialités, donc en possibilités d’activation, et elle origine de l’Essence divine dans son expression de l’Amour pur.  En cela, c’est la Puissance divine qui confère le Pouvoir spirituel.  Voilà pourquoi toute École initiatique enseignait que la Puissance vibre partout, mais que le pouvoir est réparti conformément à une structure hiérarchique informelle, mais purement synarchique, c’est-à-dire selon le taux vibratoire individuel.  Autrement dit, le pouvoir est conféré selon le degré d’amour, de sagesse et de vérité, donc selon le degré de conscience de chacune des créatures, il ne ressort pas de la force physique ou d’une autre contingence.  Dans cette perspective, nul ne peut accéder au pouvoir sans détenir la conscience requise pour l’exercer adéquatement pour le bien de l’ensemble cosmique.  Chaque étape menant au pouvoir était considéré comme un couronnement, d’où elle coïncidait avec une initiation qui permettait de recevoir une clé permettant d’ouvrir un nouveau portail de la Conscience cosmique.  On explique d’une façon très cldivine poweraire que le pouvoir est régi par la loi de l’Amour, d’où son acquisition marquait d’abord l’accession à un taux vibratoire amoureux très précis.  Car la compréhension de la loi du Pouvoir ne peut aller sans celle de la de la Responsabilité qui détermine les possibilités de l’accomplissement spirituel.

En fait, la loi du Pouvoir précise simplement le fait que, plus un être humain agit de façon responsable et altruiste, plus il est habilitée à détenir de pouvoir.   Mieux un être applique la Loi de l’Amour, plus il reçoit d’Amour. Et plus il reçoit d’Amour, plus il reçoit de pouvoir.  Le lien de causalité qui accompagne tout choix et toute décision veille à ce que, dans l’Univers, le moins d’abus soient commis.  C’est l’une des façons dont l’Amour universelle protège chacun contre lui-même et contre les autres.  Ainsi, l’autre ne peut obtenir de pouvoir sur individu que s‘il réussit à l’influencer, soit à le convaincre de sa supériorité, en recourant à la des subterfuges, à la force ou à la peur.  Mais celui qui se ferme hermétiquement à son influence, convaincu de sa liberté et de son égalité avec l’autre, ne peut être touché.

Tout bien pensé, il est heureux que, de par tout le Cosmos, celui qui tient absolument à détenir et à exercer un pouvoir en dehors de la coopération universelle ne peut l’obtenir que par la mesure où il peut exercer une coercition, ce qui ne dure jamais indéfiniment en raison du puissant choc en retour, toujours inévitable, qu’il s’attire.  Pour obtenir le vrai pouvoir, un être doit savoir exercer sur lui-même un certain empire et s’astreindre à une certaine discipline.  Or, au niveau spirituel, une faculté ne commence à se développer chez un être que lorsqu’il cesse de la chercher pour les avantages qu’elle peut procurer.

Voilà pourquoi il importe que celui qui se met à la quête du pouvoir et compte l’obtenir commence par se poser des questions sérieuses.  Il doit s’interroger sur la finalité qu’il poursuit à court terme et à moyen terme et sur les motifs qui se cachent derrière ses désirs.  Il doit se demander : Qu’est-ce que j’attends de la vie?  Puis-je raisonner ce qui éveille mes désirs?  Pourquoi au juste je cherche à obtenir le pouvoir?  Si je l’obtiens, qu’est-ce que j’entends en faire?  Quelle est ma conception personnelle du pouvoir?  Qu’est-ce que je veux produire en moi et autour de moi?  Est-ce que je comprends les engagements qui peuvent m’assurer de développer le pouvoir?  Est-ce que je connais les conséquences du mésusage du pouvoir? Quelle est ma vision du monde?

En fait, les modalités d’une loi cosmique se révèlent d’autant mieux que celui qui l’étudie n’exprime aucune attente personnelle et ne poursuit aucun intérêt purement égoïste.  Sa motivation altruiste doit s’accompagner de la pureté d’intention, de l’intégrité et de l’amour.  Les modalités d’une loi constituent, pour tous, le meilleur système de protection que le Créateur ait pu inventer pour assurer que l’Évolution cosmique se poursuive dans l’ordre, l’harmonie, la cohésion.  Celui qui s’investit dans des intentions purement égoïstes peut être certain qu’il s’attirera, au moment le plus opportun, un salutaire choc en retour, par la Causalité.  Celui qui tente de se servir de l’Énergie cosmique doit savoir qu’il requiert le concours du L’Esprit divin dans son Moment éternel de la Création et que le Créateur, qui lui a conféré un rôle de co-créateur, s’exprime selon des lois immuables.  Plus il touche une intensité élevée, plus il s’assure d’une réaction puissante, pour le meilleur ou pour le pire.

En vérité, celui qui aspire à développer le vrai pouvoir ne peut procéder que par la voie intérieure.  De ce fait, il gagne à s’assurer qu’il est pur d’intention et que, par son ouverture d’esprit, il connaît bien les principes métaphysiques qui expliquent la Vérité absolue au lieu de les interpréter.  En ce domaine, l’ignorance, comme l’inconscience, n’est jamais une excuse.  Alors, il ne devrait jamais s’exposer à utiliser une énergie s’il n’en connaît pas suffisamment les modalités d’application.  Celui qui aspire à recevoir le concours de l’Univers doit forcément servir le Plan de Dieu que toute la Nature observe, supporte et sert.  Un être raisonnable doit comprendre que le pouvoir ne peut provenir que de la Source divine et qu’il ne peut viser que ce qui sert la Vérité.  En cela, les Anges comme les Démons doivent révérer la Cause première, ce qui assure que l’être humain ne peut échapper à cette même obédience.

Nul n’accédera à la maîtrise du pouvoir sans connaître convenablement les liens qui unissent l’être humain, l’Univers et son Créateur.  Un axiome métaphysique dit : «Il en va de l’homme comme de l’Univers et de l’Univers comme de l’homme.»  Ce principe invite à reconnaître humblement que l’être humain fait partie intégrante de l’Univers qu’il ne peut asservir.  En agissant sur lui-même, il affecte tout l’Univers, mais, en retour, l’Univers réfléchit toute pensée sur son concepteur.  De ce fait, il gagne à toujours émettre des pensées constructives, comme les pensées d’amour, ce qui lui assure la sécurité dont il a besoin dans sa quête de pouvoir.  La Causalité, qui est au service de l’Amour, place chaque créature devant la responsabilité de ses choix en se réfléchissent sur elle leurs conséquences directes, toujours identiques à la charge de sa motivation consciente et inconsciente.  Ce n’est donc qu’en exerçant le pouvoir de façon responsable qu’un être peut espérer l’augmenter.  Sinon, il doit obtenir son pouvoir présumé par l’abus des autres.  Tout être peut mésuser du pouvoir qu’il détient, mais dès qu’il le fait, son pouvoir commence à s’effriter.

Au niveau de l’accomplissement spirituel, il existe un paradoxe étrange qui s’exprime ainsi : «N’obtient le Pouvoir absolu que celui qui se refuse à contrôler qui que ce soit et quoi que ce soit.»  En effet, puisque tout est Perfection absolue, à l’intérieur de l’Amour divin, celui qui aspire au pouvoir n’a rien à faire pour l’obtenir, à part apprendre à se connaître lui-même, à l’intérieur de lui-même, pour redécouvrir son Être total. De ce fait, il devient à la fois le moins menaçant et le plus dangereux pour son entourage.  Au niveau absolu, tout être peut se contenter d’observer et d’apprécier la Réalité comme elle est, à l’intérieur de lui-même.  Ainsi, le vrai sage ne perçoit nul besoin d’y changer quoique ce soit puisque tout y est déjà établi dans la Perfection.  Parvenu à ce niveau de détachement, si un besoin traverse son champ de conscience, le Créateur, qui œuvre sans restriction à travers lui, le comble naturellement.  C’est dans cette neutralité de l’observateur serein qu’il devient fort dangereux.  En effet, ne prenant parti pour rien, il agit comme un miroir puissant pour réfléchir sur son auteur toute pensée qui est émise dans son entourage.  À proprement parler, il la lui retourne à plein régime.  Alors, le paradoxe ultime du Pouvoir absolu, c’est que, pour y accéder, le chercheur n’a même pas à y recourir ni à le chercher.  Il lui suffit de s’imposer la discipline qui permet d’y accéder, celle de la connaissance de lui-même, en se gardant bien de chercher autre chose qu’à être pleinement ou à vibrer à plein cintre.

Ce sublime paradoxe a été exprimé autrement dans des axiomes similaires à celui-ci : «Dieu, qui est au Ciel, veille soigneusement à ce que tout se passe admirablement dans le monde, alors évite de mésuser des bonnes choses et ne tente jamais de réparer ce qui n’est pas briséEt surtout, si tu ne sais pas ce que tu fais ou comment t’y prendre, abstiens-toi d’agir.»  Ces réflexions laissent entendre que, plus un être se croit séparé de la Création, moins il peut croître.  Et plus il se sent coupé de Dieu, moins il lui accorde d’espace dans sa conscience, mais plus il en donne à son ego (à sa personnalité).  À l’inverse, plus un être est uni à la Source, plus il croît dans le Tout, plus s’estompe son ego et plus il devient intuitif.  Celui qui est séparé de la Source privilégie le monde mental, il développe son intellect à outrance, il gonfle son ego et il incline vers le scepticisme.  En fait, même si un être ne sait plus où il en est et dans quoi il s’aventure, s’il gère correctement son système perceptuel et maîtrise ses désirs, il peut devenir la totalité qu’il veut devenir puisque, alors, Dieu s’occupe du reste en son nom.  De ce fait, on peut penser qu’il ne peut découvrir Dieu que s’il s’occupe convenablement de sa croissance intérieure.  Car celui qui s’occupe de ses vrais besoins intimes appelle Dieu à le visiter.  Le chercheur

C’est étrange à dire, mais le chercheur n’atteint facilement son but que s’il se garde bien de le chercher.  Autrement dit, au lieu de chercher Dieu à l’extérieur, il n’a qu’à reconnaître son existence en lui-même.  Dans sa quête intérieure, il s’efforce de réaligner son propre être et, au terme de son expérience, Dieu lui apparaît au plus profond de lui-même.  C’est ce que les sages appellent évoluer, par le maintien du bon angle de vision.  Au lieu de chercher à déplacer les choses à l’extérieur de lui, le chercheur ne s’occupe qu’à mieux comprendre son monde intime et il force ainsi les transformations extérieures à se produire, infirmant ou confirmant la justesse de son angle de vision.  Au fur et à mesure qu’il identifie les parallèles qui forment sa ligne d’horizon intime, pour le repousser toujours plus loin, Dieu s’occupe de la dynamique de la ligne verticale.  L’être évoluant se perçoit comme un axe ou comme un point focal.

Pour comprendre les propos qui précèdent, prenons l’exemple de la méditation profonde.  Le méditant est invité à se concentrer sur un point précis situé au milieu de son front, entre les sourcils, et à pratiquer le vide mental.  Lorsque, après une longue pratique, la Lumière finit par commencer à se former dans la tête, il réalise qu’elle provient d’en haut avant d’envahir tout son cerveau la tête.  La Lumière finit par se présenter d’elle-même, au moment opportun, alors qu’il maintient sa centration parfaite.  Mais si, par curiosité, le méditant tente de se concentrer sur la Lumière qui se présente, elle se dissipe instantanément.  Alors, il doit s’habituer à ignorer la Lumière qui lui parvient, peu importe son intensité, en maintenant fermement son attention sur sa technique.  S’il y parvient, la Lumière ne cesse de grandir et d’augmenter en intensité jusqu’à envahir tout son être.

Voilà ce qui a fait dire à quelqu’un que «pour bien percevoir et connaître une réalité, il fallait éviter de le regarder trop fixement».  Un être perçoit mieux la réalité en l’abordant de façon indirecte, sans s’en détourner complètement, c’est-à-dire en l’abordant par sa vision périphérique ou par sa vision globale.  Évidemment, on parle ici de la vision mentale, puisque toute perception est d’abord mentale, les sens ne servant que d’outils susceptibles de favoriser ce processus.  Les sens fournissent des informations que l’esprit rassemble, ce qui forme la connaissance.  Celui qui cherche à comprendre l’Amour se rapproche de plus en plus des niveaux absolus de la Conscience cosmique, parce que, à partir de sa concentration sur l’Amour, tout ne peut que s’ensuivre naturellement.  De ce fait, l’accès au pouvoir ne peut passer par la quête du pouvoir, mais par l’aspiration à progresser la voie de l’Amour.  Le chercheur n’a rien d’autre à faire qu’à clarifier son But ultime, la Matrice subtile s’occupe des autres aspects de son épanouissement.  L’Énergie procède de Dieu, se transforme en Amour, avant de se manifester dans tous les phénomènes de la Création.  Ainsi, ce qui importe le plus, pour celui qui veut s’élever très haut, c’est de comprendre la loi de l’Amour, non d’aspirer à détenir et à exercer le Pouvoir.

Dans la démarche évolutive, tout commence par la reconnaissance que l’esprit, représenté par la raison, constitue une faculté mortelle, donc transitoire.  De ce fait, il n’est pas nécessaire de tout raisonner pour évoluer.  Celui qui parvient à accepter ce fait ne peut que veiller à mentaliser de moins en moins la réalité, ce par quoi il l’encadre, l’enferme, la fixe et la limite.  Plus clairement dit, il s’occupera de moins penser pour appréhender la vérité directement à l’intérieur de lui dans une expérience directe.  La nécessité s’impose.  Après, il comprendra qu’il gagne à limiter au maximum ses intérêts purement personnels.  Moins un être démontre d’intérêt pour une réalité, mieux il la maîtrise, car il écarte les tensions qui suscitent les entraves et les obstacles.  Souvent, pour trouver, le chercheur doit prendre la voie diamétralement opposée à celle qu’il pensait devoir prendre.

Dans la conception humaine, il faut s’entendre sur le sens des mots.  De ce fait, il importe de distinguer le Pouvoir, qui émane du contact avec la Puissance (l’Énergie de l’âme), et les pouvoirs, qui émanent du contact avec une Force (Énergie particulière). En outre, il y a un pouvoir dans chacun des centres énergétiques de l’être humain, dans ces centres logés dans sa colonne vertébrale.  On peut se complaire dans le ciel qu’on veut, mais on n’accédera au vrai pouvoir qu’en s’élevant au Ciel, dans le Monde de l’âme ou de la Conscience christique, qui n’est même pas le dernier stade évolutif.  La fusion avec la Puissance, Source du Pouvoir, réside dans la Conscience cosmique, au pinacle de la Montagne sacrée.

La notion de pouvoir

Dans la vie courante, le pouvoir exprime le fait de disposer de la connaissance et des moyens qui permettent de faire quelque chose, d’accomplir une action, de produire un effet, de manifester un phénomène, d’engendrer un résultat sécuritaire et permanent parfaitement conforme à son idée, à son plan ou à ses prévisions.  On l’associe au roi à titre de symbole de la liberté et de la souveraineté qu’il confère.  Dans le domaine spiritupuissance-pouvoirel, il représente le degré d’autorité spirituelle, la puissance développée de droit ou de fait, qui découle du degré de conscience et qui permet d’agir à sa guide dans son univers et d’intervenir ponctuellement dans celui des autres en conformité avec le Plan divin.

Dans le Tarot, le Pouvoir est symbolisé par la lame de l’Empereur : il illustre que le seul Pouvoir vrai, digne de foi, sans danger, procède de Dieu et qu’il est relié au Rayon du Père.  Le vrai pouvoir est d’origine spirituelle.  Il découle de l’alliance du Savoir (propriété de l’Esprit ou de l’Essence) et du Vouloir (propriété de l’être incarné dans la matière).  Il découle de la Sagesse, compte tenu qu’elle exprime la fusion de l’Amour et de la Vérité.  Autrement dit, il découle de l’aptitude à voir ou percevoir clairement les réalités au-delà du voile des illusions pour les manifester et les accomplir dans leur pleine Lumière.  On ne peut entrer en contact avec le Pouvoir sans être ferme, doux, respectueux et impersonnel.  Pour y accéder, il faut purifier ses desseins avec courage, patience et persévérance, apprendre à s’intérioriser par la méditation afin de découvrir la signification du Plan de Dieu et le sens de la Vie.  Par sa domination du fini, l’être humain peut parvenir à la maîtrise de l’Infini.  Mais cette maîtrise, qui n’est pas domination, doit s’exercer dans le sens évolutif, c’est-à-dire dans la collaboration avec Dieu, avec la Nature et avec ses semblables.  Il n’existe pas d’autre voie pour accéder au Pouvoir absolu.

Pour devenir puissant, il faut commencer par comprendre qu’il n’existe qu’une Puissance dans le Cosmos, qui émane toutes les Forces, dont les forces concrètes découlent.  Qui cherche à développer la force ou le pouvoir travaille avec des subalternes de Dieu qui l’asserviront tôt ou tard.  On peut chercher le Pouvoir ou tenter d’accumuler des pouvoirs.  Il faut faire son choix.  La quête du Pouvoir libère, celle des pouvoirs, elle, entraîne dans la sujétion et l’esclavage.  Dieu seul détient le Pouvoir et personne, à côté de lui, ne le partage.  Pour accéder au Pouvoir, il faut donc cesser de croire à l’existence de deux Forces égalitaires: Dieu et Satan.  Pour Dieu, Satan ne représente même pas un fétu de paille.

Pour réaliser le pouvoir, il faut le faire descendre en soi.  Il faut commencer par se lier à Dieu, même s’il ne se révèle pas tout de suite.  Coupé de Dieu, on est coupé de l’Énergie souveraine et on doit se contenter d’œuvrer avec les énergies inférieures dont Dieu ne saurait nous priver.  Ne fait-il pas briller son soleil pour les justes comme pour les injustes? Mais on n’accédera au Pouvoir qu’en maîtrisant les pouvoirs inférieurs, tels qu’ils se présentent dans l’Échelle de Jacob.  La nuance se comprend dans le fait qu’on n’y cherche pas le pouvoir pour le pouvoir, mais comme moyen de s’élever au Pouvoir suprême.  Alors, on ne se sert des pouvoirs acquis que dans l’innocuité, respectant la perspective évolutive.  Le Pouvoir, le vrai, réside au sommet de la Voie évolutive, la Voie royale.

Qui veut entrer dans le Pouvoir doit devenir pleinement conscient du fait que le Pouvoir divin réside en lui-même et qu’il peut l’employer en toute confiance si ses intentions sont pures, nobles et sincères.  Le Pouvoir est universel.  Si on le laisse se manifester, dans l’abandon créateur, il ne peut affluer que de plus en plus à travers soi.  Le Pouvoir n’afflue que dans la conscience de celui qui se perçoit comme divin et veut le distribuer au lieu de tenter de l’accaparer.  Qui se fait citerne se limite; qui se fait source devient un torrent.  L’homme n’est pas, à proprement parler, le serviteur de Dieu, il est son Fils bien-aimé, en qui il a pris tout son plaisir.  Il est l’héritier de tous ses biens et de tous ses privilèges.  En en prenant conscience, il ne peut plus rencontrer de limites ni de frontières.  Tous les secrets doivent se dévoiler, même celui du Pouvoir.  En se percevant comme Fils de Dieu et en voyant Dieu partout, on reconnaît son droit divin d’accomplir toutes choses et tous les impossibles se dissolvent.  Mais il faut voir Dieu partout, en tout temps, ne rien voir d’autre.  Le Pouvoir vient de la Puissance unique qui devient négative et positive, pour s’équilibrer dans le neutre.  La Puissance, issue de l’Éther, agit par les quatre élémentaux dans les six directions: gauche, droite, devant, derrière, au-dessus, au-dessous (au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, au zénith et au nadir).  Le Pouvoir se confirme par l’emploi correct répété des forces internes.  Il se manifeste au gré de la prise de conscience de soi-même.  «Connais-toi toi-même à travers de toi-même et tu connaîtras le Ciel et les Dieux, te découvrant leur égal.»

En réalité, le Pouvoir, émané de la Puissance, se divise en cinq rayons, dont les forces multiples sont le reflet: foi, énergie, attention, concentration, conscience totale.  C’est en développant la Force vitale, qui active tous les centres d’énergie, que l’homme parvient au Pouvoir.  La Force vitale, c’est la qualité qui surgit du discernement et du détachement.  Elle confère la détermination et la claire vision qui favorisent le juste choix et un progrès rapide.  Elle se développe dans le silence, alors qu’on cherche le centre de paix, dans la tête, là où se rencontrent tous les fluides vitaux.  Bien qu’il se condense dans l’astral, il agit d’abord par le centre-racine puis, successivement, par tous les autres centres, pour élever la conscience jusqu’à la Conscience cosmique.  De ce fait, nul ne devrait tenter de jouer avec la moindre force sans prudence ni précautions.  De toute manière, nul ne gagne à chercher à développer le pouvoir ou des pouvoirs.  Ceux-ci viendront bien d’eux-mêmes à leur heure, soit dès que, dans le détachement, on s’en montrera digne.  S’accaparer des pouvoirs sans être digne, donc convenablement initié, c’est s’assurer une ascension rapide suivie d’une chute vertigineuse.

Rappelons-le, le Pouvoir découle du Savoir et du Vouloir, non de la connaissance, de la force, de la domination, de l’accumulation des biens.  Mais, le Savoir et le Vouloir, sans la Foi, ne mènent nulle part, tandis que la Foi, sans le Savoir et le Vouloir, entraîne dans la sécheresse et le dogmatisme.  La Force sans la Foi conduit à la brutalité grossière et dévastatrice, tandis que la Foi sans la Force ne donne aucune efficacité pratique.  Le Savoir acquis autrement que par la Méditation enlise dans la torpeur et l’imagination futile, tandis que la Méditation, qui fait entrer en contact avec le Savoir, ouvre tous les horizons.  La Méditation sans la Force conduit à la paresse et à l’indolence.  La Méditation sans l’Attention (la Vigilance), empêche de progresser.  Tous les êtres recherchent le pouvoir, ce qui est perçu comme licite et légitime dans la Conscience de Dieu, pour autant il n’est pas appelé pour dominer les autres, mais pour combler ses propres besoins, réaliser ses désirs, accomplir ses rêves, se réaliser soi-même, engendrer un univers à son image et à sa ressemblance.  Mais, pour accéder au pouvoir, il faut accepter la préparation nécessaire : le raffinement de l’amour pur et de la sagesse sacrée, dans la  Vérité intangible, tels qu’ils se manifestent dans l’âme.

En effet, en lui-même, le pouvoir n’est rien d’autre que l’énergie qui supporte une idée, un système ou un motif.  Il n’a aucune valeur intrinsèque, d’où il la trouve dans la manière dont il est appliqué.  Mais, en augmentant en force, le pouvoir personnel fait naître l’impulsion de l’exercer de plus en plus.  On le constate chez le  jeune adolescent qui, conscient du développement de ses muscles, aime les exhiber dans un grand déploiement de force physique.  C’est là que réside le danger engendré par la conscience du pouvoir personnel.  On en vient à l’exercer dans le défi, car il n’y a rien de valorisant pour l’ego dans la parité du pouvoir.  Un homme n’est satisfait que s’il peut démontrer concrètement qu’il détient un pouvoir d’accomplissement supérieur à celui du voisin, la femme s’y prenant, dans sa démonstration, de façon plus subtile.  Mais où tracer la frontière entre un pouvoir exercé dignement ou indignement et qui la tracera?  Il est facile d’en pervertir l’usage si on se complaît en soi, si on est porté à se valoriser par son influence plutôt que par sa créativité ou sa crédibilité.  Et cette perversion devient rapidement contagieuse.  Virgile disait: On peut parce qu’on croit pouvoir.  La métaphysique dit: «On peut parce qu’on sait, qu’on veut et qu’on croit.»

 

Variations sur le thème du pouvoir

De manière innée et inaliénable, chacun est roi et maître dans son univers;  il détient toute la force et toute la puissance dans son univers.  Même qu’il est le Sauveur qu’il attend quand il cherche à se mieux connaître, non dans ses apparences, mais à l’intérieur de lui-même. Le pouvoir représente un moyen d’accomplissement ou de réalisation, car le désir puissant de le détenir motive la volonté à agir.  Sans la présence de ce désir, à un degré d’intensité ou à un autre, l’être humain n’accomplirait rien de sa propre initiative à cause de l’influence du principe d’inertie qui mène à produire le moindre effort.  Ainsi, chez l’être particulier, la conscience de sa force physique, de sa puissance mentale, de son influence psychique, de son rayonnement moral, de sa valeur spirituelle inspire la confiance, même si elle peut conduire à des excès.  Dès qu’un défi se présente, tout être humain commence par se demander s’il peut le relever avec succès, parce que l’appel au moindre effort ne tarde pas à le rebuter naturellement.  C’est son désir pouvoir-royald’accomplissement qui le tire de la stagnation et de l’ennui, le pousse à agir, favorise son progrès.  On appelle détermination ce désir de prendre les moyens pour parvenir à ses fins.

En fait, le pouvoir en lui-même ne présente pas un grand attrait puisqu’il n’offre aucune valeur inhérente, n’étant ni bon ni mauvais.  Il ne désigne que l’énergie qui réside derrière une idée, un système ou un motif.  Ce n’est que par la manière dont il est exercé et par ce à quoi il s’applique qu’il obtient une valeur.  Mais l’exercice d’un pouvoir personnel, qui augmente généralement en intensité, s’accompagne de l’impulsion constante de s’en servir.  Tout être humain aime vérifier l’impact que son pouvoir peut avoir, en se mesurant aux autres, ne serait-ce que pour en retirer la satisfaction de se dépasser, une motivation qui dévie facilement s’il est dénué d’un sens des valeurs.  Sans trop s’en rendre compte, certains ne vivent qu’en nourrissant les rapports de force, probablement pour prendre constamment la mesure de leur puissance présumée ou pour se faire valoir auprès des autres.  Souvent, ils se parent des plus nobles prétextes pour continuer à vivre ainsi, se disant les porte-parole de la multitude opprimée ou les serviteurs de la cause commune.  On ne gagne rien à se cacher que chacun, à sa manière, cherche constamment à mousser ses intérêts personnels, à nourrir ses propres ambitions, à flatter sa vanité, bien capable d’émettre les plus belles paroles pour s’en justifier.  Pour cette raison, il est probablement sage de se demander combien de grands idéaux sont aussi purs qu’ils ne le paraissent.  Avant de se concevoir comme l’enfant de Dieu, on commence toujours par agir comme l’enfant de ses appétits et de ses pulsions.  Mais il est dur d’admettre qu’on reste son propre sujet d’occupation, de préoccupation, de vénération et de glorification tant qu’on est vide d’amour.

Et c’est en cela que réside le danger de la conscience du pouvoir personnel : l’inclination subtile de l’exercer toujours davantage, pour remplir son vide intérieur et pour vérifier l’impact produit, prend le dessus sur les autres motivations.  L’ego ne trouve pas une grande satisfaction dans la parité du pouvoir.  Qui se croit prince veut devenir roi, monarque, empereur, maître du monde.  L’ego nourrit sa satisfaction du fait de démontrer qu’il détient un pouvoir d’accomplissement supérieur à celui d’autrui.  Dans cette perspective, si celui qui l’exerce poursuit une fin destructive, il incline rapidement vers la domination qui aboutit à la tyrannie.  Il n’est facile pour personne de recourir au pouvoir inhérent à l’une de ses facultés uniquement dans l’intention de progresser, donc sans le moindre détriment pour les autres.  L’être humain sombre facilement dans la concurrence, qui est le début de la rivalité, pervertissant l’exercice de son pouvoir, s’il oublie son aspiration spirituelle ou son impulsion immanente.  Alors, il peut commencer à se complaire dans le pouvoir pour lui-même.  En pareil cas, il peut penser conquérir, écraser, subordonner de tout son pouvoir, uniquement pour en éprouver de la satisfaction personnelle ou le sentiment de supériorité qu’il en retire.  C’est notamment le cas des chefs militaires qui font perdre la vie à des milliers de personnes, des hommes politiques qui recourent au mensonge et à la peur pour assujettir les citoyens ou des chefs d’entreprise qui exploitent la force de travail de leurs employés : ils cherchent d’abord à exprimer leur pouvoir et à flatter leur ego.

Celui qui exerce le pouvoir sans détenir la connaissance tombe dans le piège de l’autoritarisme, se livrant aux jeux de pouvoir ou aux rapports de force.  Il tente de piéger par la force de son troisième chakra, le plexus solaire, invitant à la confrontation ou à la soumission sans discussion.  Il devient un être qui ferme et divise plutôt qu’un être qui ouvre et qui unit.  Il faut savoir lui résister en s’élevant à un plan plus élevé, au niveau du cœur, pour lui répondre et s‘en protéger.  Alors, on rend grâce de la rencontre de cette personne et on exprime son appréciation de pouvoir la connaître sous un autre jour.  Ensuite, on lui adresse télépathiquement, par son Centre intime, des compliments sincères sur les qualités qu’elle possède déjà ou s’apprête à acquérir.  Si on ne parvient pas à se concentrer, en sa présence, il vaut mieux se retirer, si on le peut.  Car son type de pouvoir abusif peut devenir purement contagieux, surtout s’il exacerbe des pulsions secrètes comme le nationalisme, le sectarisme, le racisme, le sexisme, le moralisme, l’esprit de possession ou de conquête, le fanatisme religieux.  Il est flatteur de se faire parler d’une supériorité innée.  Il ne reste qu’u pas pour que s’éveille la force de guerre latente qu’on pourrait croire pouvoir démontrer cette apparente supériorité.

En ce bas-monde, peu de gens comprennent en quoi réside la véritable supériorité et savent comment se servir des armes supérieures de l’amour pour s’accomplir.  En fait, toute distorsion provient du fait que, par l’incompréhension de la diversité des rôles fonctionnels et des rythmes évolutifs, la majorité des gens ne réalisent pas que tous les êtres restent égaux en potentiel et que nul d’entre eux ne détient de véritable supériorité.  Au niveau contingent, il existe des êtres temporairement plus conscients que les autres, mais les plus conscients comprennent spontanément l’inutilité d’exercer le pouvoir dans la contrainte ou la coercition.  Mais, avec le temps, tous doivent apprendre que, pour trouver sa place et grandir, il n’est nullement nécessaire de dominer et d’abaisser les créatures qui se retrouvent autour de soi, car on devient alors un rongeur d’espoir.  Nul n’exerce de vrai pouvoir en tentant d’asservir les autres.

Chez celui qui est dénué de force intérieure, qui résulte d’un état d’unité intime, le pouvoir devient une illusion fort flatteuse, mais il risque de dégénérer en brutalité et de confiner à l’isolement.  Celui qui détient les moyens d’exercer un grand pouvoir manifeste habituellement une attitude intransigeante envers toute opposition et toute faiblesse.  L’opposition lui apparaît comme une menace à sa supériorité présumée et la faiblesse comme une injure à sa grandeur illusoire.  Le véritable pouvoir grandit plutôt chez celui qui sait comment s’unifier intérieurement, non par la domination sur les autres.  Tout autre pouvoir constitue un faux pouvoir qui, pour se maintenir, doit se fonder sur la peur que répand celui qui, par les moyens qu’il détient, se croit grand et fort et réussit à en convaincre des plus faibles que lui.  On entend souvent dire que le pouvoir peut corrompre, ce qui est rigoureusement vrai pour les égotiques, mais il n’en représente pas moins le plus beau présent que la Vie puisse faire à un être conscient.  Un être puissant peut accomplir davantage, au service du Plan du Créateur, qu’un être faible et timoré.  Mais il sait devoir affiner ce pouvoir dans le service au risque de le perdre s’il s’en sert autrement.  Car le pouvoir ne peut croître que chez celui qui s’élève dans l’amour, la pureté d’intention, l’intégrité et la joie.  Conformément à la loi de l’Amour, le plus grand est appelé à se faire le Serviteur des serviteurs, non le Maître des faibles, ce qui ne signifie nullement qu’il doit agir comme l’esclave sacrifié aux fantaisies et aux caprices de ses semblables.

Le pouvoir véritable prend sa source dans le Monde spirituel.  De ce fait, il s’exerce moins par le commandement que par la suggestion soutenue et l’exemple, respectant le libre arbitre de chacun.  Il ne sert jamais à imposer quoi que ce soit, mais à convaincre par la souplesse et la fermeté de la vérité sage et amoureuse.  À vrai dire, le pouvoir va de pair avec l’engagement évolutif.  Il n’est accordé qu’à ceux qui acceptent de prendre des responsabilités et d’œuvrer comme les instruments de l’Esprit de Puissance.  Aucun abus de pouvoir ne peut mener à la Sagesse, mais la Sagesse peut conférer le pouvoir.  Or le Sage partage ses dons avec les autres, il ne les monopolise pas ni ne les thésaurise.  Pour cerner la notion de pouvoir, un Maître a proféré cette sage maxime : «Saisis l’ensemble de ton cheminement et tu te souviendras des sentiers où tu as voyagé chaussé des souliers des autres.»  Il voulait laisser entendre que l’amour, la compassion, la tendresse doivent teinter l’enseignement, le partage des dons, des talents, des aptitudes pour ouvrir le chemin du pouvoir.  Car chacun retrouve son pouvoir en s’approchant avec compréhension et compassion de tout être et en abordant toute situation de vie dans le même état d’esprit.

Il est clair que tout pouvoir qui n’est pas pondéré par l’amour e la compassion ne tarde pas à dégénérer en domination, appelant à toujours réagir par la force.  Dans ce contexte, un être refuse de s’aimer tel qu’il est et il exprime le même refus aux autres, devenant très critique.  Inconsciemment, il projette ses peurs sur les autres au lieu de les accueillir et de les aimer profondément pour réussir à s’en délivrer.  Il peut même lui arriver de renforcer ses peurs en livrant un combat acharné aux démons intérieurs qu’elles reflètent et qui expriment ses propres vibrations négatives.  À divers degrés, chaque être craint les autres parce qu’ils représentent ce qu’il porte encore en lui ou ce qu’il a déjà porté, mais dont il a eu du mal à se délivrer.  La peur révèle toujours ce qui n’est pas complètement harmonisé au plus profond de l’être.  Alors, il vaut probablement mieux débusquer ces points d’ombre inconscients et les dissoudre que d’exercer le pouvoir pour les masquer.

En quelque sorte, le pouvoir découle de la connaissance des différents choix qui s’offrent et du discernement qui assure de faire, parmi eux, le meilleur choix.  En vérité, le pouvoir découle de l’aptitude à aimer, à motiver, à encourage, à aider les autres à reconnaître leur être profond.  Aussi faut-il apprendre à distinguer l’être puissant de l’être revêtu du manteau illusoire de la puissance.  On reconnaît celui qui s’illusionne sur sa puissance par divers traits de sa personnalité.  Plus il détient une grande autorité, plus il veut être entouré de gens, mais il les terrorise, les déprécie, les ignore ou les rabaisse dès qu’ils entrent en sa présence, perdu dans son désir de les contrôler.  Il n’engendre que des attaques qui placent sur la défensive.  À l’inverse, on reconnaît l’être véritablement puissant à la douceur de son âme, à l’aménité de son caractère et à la saine influence qu’il exerce sur les gens qui gravitent autour de lui.  Il émet une lumière qui inspire, porte à s’ouvrir, oriente vers le chemin de la joie.  Il veut du bien à tous et il leur fournit les moyens d’accélérer leur expansion, s’ils la désirent, pour leur permettre d’offrir aux autres infiniment plus qu’ils ne leur offrent déjà.

La manière du sage d’exercer le pouvoir

Le Sage exerce son pouvoir en reflétant rigoureusement sur celui qui vient à lui sa propre image avec ce qui correspond dans l’immédiat à ses plus grands besoins évolutifs réels, ce qui peut l’amener à des attitudes paradoxales.  L’Amour ne sert pas qu’à caresser, il veille aussi à trancher dans le vif des travers personnels.  Toutefois, entre l’être ordinaire et le Sage, il existe des grandes âmes qui s’investissent de façon trop modeste en se reniant jusqu’à un certain point.  En général, celles-ci sont très généreuses, amicales, toujours prêtes à venir en aide, ne sachant trop que faire pour être agréables.  Jusqu’à un sagecertain point, elles doutent d‘elles-mêmes parce qu’elles sont encore à la recherche d’elles-mêmes.  Alors, à trop donner et se mentir, elles peuvent finir par s’épuiser, pouvant éprouver, sporadiquement, des accès de colère dans une tentative maladroite pour rétablir l’équilibre.  Il faut éviter de leur en vouloir, car cette admission indirecte de leurs faiblesses, qui n’enlève rien à leur crédibilité, les rapproche, jusqu’à un certain point, des membres plus peccables de l’Humanité, leur conférant une image plus égalitaire.  Mais celles-ci n’en devront pas moins veiller à retirer ce voile si elles aspirent servir à une plus grande échelle.  Elles devront apprendre à faire davantage confiance à leur Essence divine, ce qui permettra à leur nature inférieure de s’estomper, de fusionner avec elle.

Ces âmes portées au doute et à l’autocritique doivent apprendre à refuser de porter attention à ces voix qui suggèrent qu’elles ne sont pas à la hauteur de leur mission, qu’elles ne sont pas assez compétentes pour instruire autrui, qu’elles ne sont pas assez bien pour intervenir auprès des autres, qu’elles ne peuvent qu’engendrer de la peine ou de la frustration, qu’elles sont  moins agréables que les êtres réalisés.  Elles doivent soutenir leur conviction personnelle comme un parent prend la main d’un petit enfant pour le guider, le soutenir, l’encourager, l’aider à avancer sur le chemin.  Elles doivent apprendre à partager librement sans égotisme.  Elles doivent tout accomplir comme un fait normal, accueillant les événements comme ils se viennent, sans trop d’effusion, en considérant tout comme très normal et ordinaire.  En général, ce que ces âmes nobles n’ont pas compris, c’est que, si elles croient accomplir quelque chose de grand, de singulier ou d’inhabituel, elles envoient à leur subconscient le message que, pour s’accomplir, il faut performer.  Alors, dans leur besoin de se sentir grandes et différentes, elles sombrent dans l’idéalisme et le perfectionnisme.

Une âme éveillée exprime sa grandeur et sa puissance par son degré de dévotion au Plan divin.  Elle sait sourire, reconnaissant toujours la grandeur des autres, et elle se centre sur l’aide qu’elle peut apporter et sur les bienfaits qu’elle peut produire, à son rythme, selon sa compréhension et ses moyens actuels.  Elle se contente de projeter l’image intérieure qu’elle a d’elle-même sans l’imposer, sans blesser, sans même le dire.  Une grande âme perd inutilement du temps et de l’énergie si elle passe son temps à rabâcher ce qui sonne un peu faux au fond d‘elle-même.  Alors, elle éveille un écho négatif chez ceux qui l’entourent et qui commencent à la déprécier.  Tout au contraire, elle doit apprendre à communiquer correctement avec les autres, à travers les hauts et les bas, les aidant de son mieux à retrouver leur noblesse et leur propre puissance.  Accordant toute sa confiance à son Être intime, elle veille à refuser la concurrence.

L’être puissant, qu’on appelle le Sage, dirige sa volonté vers ce qui est le meilleur pour lui-même et pour les autres, ne craignant jamais de faire des erreurs, mais acceptant de révéler de nouvelles images de la puissance au monde.  Il recourt à un langage profond, empreint de savoir, pour élever la conscience des autres.  Il écoute les autres avec son cœur, sans juger ni culpabiliser, reconnaissant de ce qu’il entend, sans se soucier de l’impression qu’il peut produire sur les autres.  Il cherche d’abord à élever son niveau d’énergie en élevant celui des autres, par un regard franc et direct, baigné d’amour, de droiture, d’intégrité.  Il sait écouter ce qu’on lui dit sans s’affairer à construire des réponses ou à élaborer une défense, empêchant son mental de vagabonder vers différentes pensées lorsqu’on lui parle.  Il ressent le langage non-verbal, comme les non-dits.

Gentil, affable et aimable, le Sage se montre toujours prêt à rendre service et à partager l’amour, sans chercher à impressionner, à exercer de l’influence, à convaincre de force, à persuader à tout prix, à manipuler, à agresser pour obtenir ce qu’il désire.  En fait, il n’est pas au service de ses désirs, mais de son aspiration divine.  Il se contente d’être, d’inviter à l’idéal, d’offrir ce qu’il possède et il laisse aller et venir, venir et partir.  Responsable d’abord de sa destinée, il attire des gens qui lui demandent conseil.  À son contact, ils se sentent d’abord rechargés, puis progressivement régénérés, transmutés, transfigurés, illuminés.  Comme il sait écouter, s’il ressent pouvoir venir en aide, il le propose modestement, sinon, il garde le silence et vit son secret.  Il ne pense jamais à changer les autres, il se contente de changer son attitude à leur égard.  Le Sage ressemble au courant calme d’une rivière d’énergie inspirée par une âme joyeuse et sereine guidée par le Souffle de l’Esprit.

 

L’Échelle du Pouvoir ou la Voie royale

L’être humain ne peut accéder au vrai pouvoir qu’en menant une quête intérieure en empruntant le Sentier évolutif qui s’ouvre à la caverne de Saturne, au centre-racine ou centre coccygien, et qui mène, par une quête intérieure, jusqu’au Centre monadique, aussi appelé le Soleil cosmique, le centre de la Réalisation dans la Conscience cosmique.  Car le pouvoir consiste en cette faculté de maîtrise qui, grâce à la connaissance parfaite de soi, permet d’être pleinement et d’engendrer un monde à son image et à sa ressemblance par sa créativité personnelle, entièrement libre.  Toute autre forme de pouvoir, surtout celui qui porte à exercer de l’influence et de l’ascendant sur les autres s’appelle, à proprement parler, de la domination, d’où il constitue une échelle du pouvoirtransgression à l’Ordre cosmique, ne représentant qu’une forme d’esclavage, et aboutit à la régression spirituelle.  Le véritable pouvoir, qui permet d’échapper aux jeux de pouvoir, est conféré au gré de l’ouverture de conscience, dans une quête évolutive qui va de bas en haut, qui fait passer de la dualité et de la densité matérielle, du monde des illusions, au Royaume originel du Créateur suprême.

Le centre-racine (rouge): Le premier centre confère le pouvoir vital qui vitalise l’être, qui régénère le corps, qui confère l’invulnérabilité et l’immunité, qui accroît le magnétisme, qui forme le vouloir, qui dispense le pouvoir matériel qui permet d’ouvrir le réservoir de l’énergie primaire fournissant fournit tous les biens utiles, qui indique la Voie évolutive (le pèlerin entend l’appel de se mettre en route sur le Sentier au lieu de se complaire dans un paradis artificiel dans l’orgueil, l’acquisivité, l’égoïsme, les jeux de pouvoir et de domination).

Le centre sacré (orangé): Le deuxième centre confère le pouvoir sexuel (reproduction) et la puissance de l’intellect (pensée logique).  Pouvoir de clarifier son mental en éliminant les déchets de l’organisme et en renonçant à ce qui encombre (parce que devenu stérile ou désuet).  Vérification de l’aspect rationnel et raisonnable de la démarche évolutive pour en comprendre le bien-fondé.  Protection contre les agressions physiques et psychiques.  Discernement dans les choix pour mieux discriminer.  Transmutation physique et mentale dans la mesure où les énergies sexuelles sont dominées.  Aptitude à l’échange, développement de la mémoire, capacité d’engendrer physiquement ou psychiquement.  Régit les rapports humains élémentaires: maîtrise des instincts, des pulsions et des impulsions.  Développement social et télépathie.

Le centre solaire (doré): Le troisième centre confère le pouvoir d’aspiration, mû par l’intuition captée de mieux en mieux par l’examen introspectif et critique, le contrôle de la sensibilité et des sentiments, la pondération des affects et des désirs, ce qui fait qu’on entre dans une vie plus riche, plus intense, plus calme, mieux dirigée.  Contacts successifs avec la force, l’ordre et la sagesse.  Renforcement du corps de gloire, par un nouvel équilibre.  Développement de l’acuité perceptive (sensible).  Élan moteur vers l’Esprit.  Identification sociale: l’autre est perçu comme un frère à aider (gardien de son frère).  C’est le centre qui exerce la plus grande influence sur autrui et qui peut amener à exercer des jeux de pouvoir sur les êtres de son milieu, surtout sur les plus faibles.

Le centre cardiaque (émeraude) : Le quatrième centre confère le pouvoir amoureux ou la force de cohésion cosmique: les efforts portent fruit amenant une vie plus prospère, une santé plus florissante (croissance des aspects végétaux qui concentrent l’énergie cosmique), nombre de connaissances utiles qui favorisent l’expansion de l’être.  La Loi du don et du redon prend un nouveau sens par un contact avec les Anciens mystiques.  Dissolution du sens de l’accaparement, des arrière-pensées, des clichés et des stéréotypes sclérosants.  Meilleure compréhension de l’ordre et de l’harmonie, qu’on trouve dans la discipline, la méthode, le courage, l’ardeur, l’audace, la patience.  Meilleure expression de soi à tous égards.  Délivrance par le Bon Berger.  C’est le centre qui rend pleinement humain et permet d’échapper complètement à l’animalité fondée sur la sélection des plus forts.

Le centre laryngien (azur): Le cinquième centre confère le pouvoir créateur par le choix et l’association rigoureuse des idées, un meilleur contrôle des pensées, une libération des obsessions psychiques, un meilleur emploi de sa créativité.  L’être devient en mesure de prononcer la Parole droite ou juste (douce, ferme, incisive).  Le voile des illusions se déchire permettant d’accéder aux Sphères sacrées.  Rechargement atomique de l’être.  Audition subtile et direction des formes-pensées (moules psychiques).  Compréhension de la communication, de l’expression sous toutes ses formes.  Identification cosmique.  Les Puissances spirituelles ouvrent la porte à l’aspirant qui découvre ses amis dans l’invisible.  Compréhension des causes.

Le centre frontal (indigo): Le sixième centre confère le pouvoir de la vision subtile et de l’habilité psychique.  Contact avec le Trône du Maître intérieur.  Autoscopie, prémonition, sens prophétique, maniement de l’écran mental, médiumnité.  Les états de conscience supérieurs se révèlent parce que le cerveau développe de nouveaux pouvoirs.  Attitude d’observateur pour se libérer des dernières entraves.  Contact direct avec l’invisible.

Le centre hypophysaire (violet): Le septième centre confère le pouvoir spirituel qui confère le commandement sur tous ses univers.  Métamorphose par la puissance d’accomplissement, l’aptitude à diriger ses transformateurs.  Moyens de s’affranchir de tout ce qui entrave ou tente de contraindre.  Découverte de la Clef du Royaume et de la Pierre d’assise du Temple (lieu de rencontre de tous ses mondes).  Achèvement du Grand Œuvre alchimique (raréfaction ou spiritualisation de l’être).  Compréhension totale.

Le centre-coronal (pourpre): Le huitième centre confère le pouvoir du Fils, du Christ, l’héritier de tous les biens et privilèges de Dieu.  Compréhension que l’homme n’est pas un serviteur de Dieu, mais un collaborateur et un co-créateur d’Univers.  Rayonnement à travers toute l’Âme universelle.  Réalisation de la Communion des Saints (Unité des êtres en Dieu).  Compréhension de la Clef triple par la poly-voyance.  Transfiguration de l’être sur la Montagne sacrée.

Le centre cosmique (blanc de cristal): Le neuvième centre confère la Puissance ou le Pouvoir divin qui confère l’illumination dans la Conscience cosmique, l’immersion parfaite dans l’Essence divine, la fusion du Ciel et de la Terre.  Il fait entrer dans l’Unité indivise retrouvée et il permet la réintégration dans l’Oméga.  Maîtrise parfaite du Co-créateur libre de toute contingence.  Expression complète du «Je Suis».  Sérénité suprême active.  Entrée dans l’Absolu ou le Néant créateur, un État d’être de plénitude vibratoire.

Divers aspects du pouvoir

Dans les textes spirituels, comme dans le langage profane, on recourt à quelques expressions reliées au pouvoir qu’il convient de préciser.

 

Le pouvoir mystique : Le pouvoir mystique ou spirituel appartient à chacun.  Toutes les créatures humaines ont été créées à l’Image et à Ressemblance de Dieu, d’où elles sont toutes égales aux yeux de Dieu.  Tous détiennent les mêmes facultés et les mêmes potentialités innées.  Pour ce qui concerne le pouvoir mystique ou spirituel, il s’exerce chez un être maître de lui-même et qui possède la santé physique et psychique.  Chez un être malsain, dont la santé est précaire ou dont le mental est mal équilibré, ce pouvoir est inutile et il ne peut pas facilement être développé.  En fait, il devient dangereux entre les mains d’un être débile ou inconscient.  Le pouvoir mystique se développe dans des conditions de vie normale par la connaissance et la compréhension des Lois cosmiques et par leur bonne application.  Il s’agit d’employer sa motivation et son aspiration dans la pureté d’intention et le détachement, au service de la collectivité, à bon escient, dans la détente et la concentration, en temps opportun, en respirant correctement et en prononçant les paroles justes (mantras).

Les pouvoirs psychiques : Personne n’a reçu de dons psychiques comme dons personnels.  Les pouvoirs psychiques se développent au gré de l’ouverture de la conscience.  Mais être conscient ne consiste pas seulement à mener une vie morale et à accumuler des connaissances intellectuelles.  L’être humain est un être entier, complet, total et parfait en lui-même qui dispose d’exceptionnelles facultés.  Hélas, la majorité d’entre eux ne développent qu’entre cinq et dix pour cent de leur potentiel.  Disposent de grandes facultés ceux qui les ont développées.  Il est toujours erroné de croire qu’une personne a des pouvoirs, au sens qu’elle peut exercer une influence indue sur soi.  Chacun est directeur et maître absolus dans son univers et il peut y accepter et y refuser ce qu’il veut.  Ceux qui cherchent ces pouvoirs sans les développer harmonieusement et au service du bien cosmique entrent dans la catégorie des apprentis sorciers.  Tôt ou tard, ils recevront un choc en retour qui leur fera comprendre l’utilité de la sagesse.

Les pouvoirs mentaux : Il s’agit de la perception, de la sensation, de la mémoire, de l’imagination, du jugement et de la volition.  Le pouvoir mental découle d’une direction de la conscience à travers des canaux naturels.  Mais il ne faut pas tomber dans la superstition et le mythe.  La matière ne pourrait se plier à la seule action mentale, car il en résulterait le chaos, le désordre, l’anarchie.  Au niveau de la Nature, Dieu lui-même n’a jamais recours à des influences abortives, pour faire échec à une erreur apparente de la Nature.  Il ne se sert jamais du pouvoir mental pour renverser l’équilibre du monde matériel.  Au contraire, il applique les Lois et les principes de la Nature, comme la Nature elle-même.  Mais le mental peut exercer une direction sur la matière, dans les limites de la Loi cosmique.  Ainsi, par la pensée et le sentiment, il peut concevoir de nouvelles organisations de la matière.  Il peut également entreprendre des recherches en manipulant la structure de la matière pour répondre à des objectifs limités.  Il peut solliciter la collaboration de la Nature entière pour répondre à des objectifs limités.  Il peut encore transmettre ses instructions d’un être vivant à un autre.  Pour sa part, le mystique, pour sa part, se sert de son pouvoir mental pour étendre sa conscience et exercer sa volonté dans la direction des affaires de sa vie.  Il sait que la vérité ne se loge pas sous le microscope ou le scalpel, mais dans sa conscience.  Ainsi, il peut former des images, transmettre des pensées de paix, attirer les autres à lui pour les éclairer de sa lumière, se mettre en harmonie avec la Sagesse cosmique pour résoudre un problème courant, établir une sphère d’harmonie dans un lieu perturbé, etc.  Le mental et la matière travaillent ensemble, dans la collaboration.  Le mental a besoin de la matière et la matière a besoin du mental.  Sans la matière, le mental n’aurait pas de substrat à analyser.  Sans le mental, la matière n’aurait aucune finalité.

Le pouvoir de volonté : Comme la volonté se définissant par la détermination à passer à l’acte, le pouvoir de volonté devrait se définir comme la force qui met une décision en mouvement et l’amène à exécution.  En ce sens, ce pouvoir apparaîtrait comme le jugement final de la conscience objective que le mental transmettrait comme loi au subconscient, qui seul peut l’exécuter.  Mais, en elle-même, la volonté n’a aucun pouvoir.  C’est l’affect, qui est au fondement du désir ou du sentiment, qui agit comme une force et qui met la volonté en mouvement.  Ainsi, la volonté apparaît plutôt comme une faculté de choix fondée sur la compréhension de son utilité.

© 1999-2015, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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