QUI NE SE PROSTITUE JAMAIS? 

La prostitution désigne l’acte par lequel une personne accepte d’avoir des rapports charnels avec une autre contre de l’argent ou un avantage.

Tous n’ont pas la même définition de la prostitution.  Quoi qu’il en soit, nul ne peut juger un autre enfant de Dieu, fût-il dévoyé.  Comprostitutionment peut-on connaître et comprendre toutes les circonstances qui ont amené un prostitué ou une prostituée à recourir au trafic de leur corps pour se procurer leur subsistance ou pour quêter un peu de chaleur humaine?  Beaucoup de prostitués ne se sont pas volontairement dépravés et n’ont pas choisi intentionnellement leur mode de vie.  Ils ont succombé à la pression du moment acceptant ce procédé douteux, déplaisant et transitoire, pour gagner de quoi vivre pour se tirer d’une situation qui leur paraissait désespérée.

Physiquement, l’être qui s’adonne à la prostitution s’expose aux maladies transmises sexuellement (notamment au sida);  il éprouve une fatigue intense en raison de son rythme de vie irrégulier; il s’expose à une grossesse non désirée (femme);  il connaît des troubles du sommeil;  il risque une dépendance aux drogues et à l’alcool.

Et c’est avec diverses séquelles psychologiques qui pourraient les suivre pour la vie que le prostitué ou la prostitué finit parfois par s’en tirer : apprentissage sexuel précoce;  perte de son estime personnelle;  perte de confiance dans les adultes ou de confiance dans le système social ou politique;  sentiment de culpabilité;  complexe de souillure;  difficulté à entretenir des relations affectives saines;  mépris de son corps ou impression d’en avoir été dépossédé;  développement sexuel problématique;  dépression, stress, sentiment d’échec, accompagné d’une démotivation générale.

Mais il ne faudrait pas omettre les conséquences sociales que sont l’isolement;  la stigmatisation par le milieu; l’incompréhension de l’entourage;  le rejet présumé ou réel de la part du milieu d’origine;  l’abandon scolaire qui laisse mal éduqué et formé;  l’instabilité dans les amitiés;  et, surtout, l’exclusion sociale.

On ne peut pas douprostitutin-masculineter que certains prostitués puissent être délibérément pervers et choisissent par goût ce moyen répréhensible.  Ceux-là, il faut les entourer d’amour et de lumière pour qu’ils retrouvent la voie.  Comme tous les êtres humains, leur esprit divin s’efforce de les conduire vers Dieu.  Mais il ne faut jamais juger: le mal, s’il existe, se détruit par lui-même.  Autrement dit, l’ombre finit par céder devant la lumière.  S’il faut «haïr» le péché, il ne faut jamais haïr le pécheur, un frère ou une sœur simplement enténébrés.  Pourquoi être moins clément et compatissant que Dieu?  D’ailleurs, la prostitution n’est pas plus grave qu’une autre perversion et elle ne doit pas devenir plus ignominieuse.

Il ne faut pas le crier trop haut, parce que cela pourrait en vexer certains, mais, jusqu’à un certain point, tous les êtres humains se prostituent.  C’est d’abord le cas lorsque, en êtres encore immatures, du point de vue évolutif, ceux-ci monnaient leurs services, au lieu de les accorder gratuitement, en comptant, pour toute récompense, sur le juste retour de la Providence.  À part certaines tâches collectives ou communautaires, c’est encore le cas de celui qui travaille pour un autre, à défaut d’avoir assez d’imagination pour présenter au monde ses propres talents, ce qui devient une limite à sa liberté et une atteinte à sa souveraineté.  Car, lorsqu’il y absolument nécessité de travailler, chacun devrait se présenter comme un travailleur autonome et offrir aux autres ce qui fait part de sa spécificité.  Ou, s’il travaille dans un projet collectif, il devrait assumer son propre bien-être, mais sans oublier le bien commun.

Pour le reste, si ce n’est pas dans la chair, c’est dans l’esprit que les êtres incarnés se prostituent.  La prostitution essentielle consiste prostitution-feminineà renoncer à sa mission d’être humain : la conquête du Royaume de Dieu à l’intérieur de soi-même, la découverte de son Être propre, ce qui devrait être et rester sa priorité.  En effet, le premier sens de la prostitution, c’est de se couper de Dieu, de substituer la quête d’un paradis artificiel à celle du Jardin d’Éden.  Toute transgression de la Volonté de Dieu, toute entrave à son Plan divin, constitue un acte de prostitution.  Combien de temps accordons-nous, chacun, à notre accomplissement spirituel par rapport à ce que nous consacrons aux activités contingentes, à la jouissance, à l’accumulation de biens, au soin de nos attachements, au polissage de notre réputation, à la quête de la renommée ou la célébrité, au désir d’être vu, aux divertissements insignifiants, aux papotages inutiles, aux jugements de valeur, aux jeux de pouvoir?  Même le fait de se faire entretenir ou de travailler, par manque de créativité ou esprit d’initiative, peut participer à ce registre, puisque chacun devrais savoir assumer complètement sa propre vie dans une compétence personnelle.

Alors, que celui qui est sans péché lance la première pierre aux prostitués de la chair.  En effet, sans approuver leurs choix, ces êtres faibles et vulnérables, mais très amoureux, sont souvent plus près du Royaume que les prostitués de l’Esprit ou les esclaves de Mammon!

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

 

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