LE RECOURS À LA FACULTÉ DE PROCRÉATION EXIGE UN CERTAIN DEGRÉ DE MATURITÉ SPIRITUELLE…

La procréation désigne le fait d’engendrer des enfants ou de donner la vie, dans l’espèce humaine.  Il s’agit de l’ensemble des procédés par lesquels un homme et une femme donnent la vie, à savoir engendrent un nouvel être individuel, suite à la pénétration, par la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, au terme d’une gestation de 9 mois dans le corps de la femme.

«Puis Dieu dit: Que l’humanité soit faite selon notre apparence, selon notre communauté… il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit; et Dieu leur dit: Croissez et multipliez, et remplissez la terre, et maîtrisez-la…» (Bible, Gen. 1:26-28).  Par l’injonction: «Croissez, multipliez et remplissez la terre», le messager divin n’a jamais invité à procréer à tout prix dans la chair.  Il a plutôt  invite plutôt à gprocreationrandir intérieurement, à porter fruit et à transmuter sa portion matérielle (la terre) par l’emploi correct de ses potentiels intérieurs.  Surtout, il a invité à évoluer jusqu’à reproduire l’image parfaite de Dieu dont il est la ressemblance.

Les religions disent que l’entrée du péché dans la race humaine a tout déstabilisé dans la nature et l’équilibre de l’univers et que l’essence spirituelle de la reproduction a été déformée et changée en reproduction charnelle.  Ce qui laisse entendre qu’avant le péché originel, l’être humain ressemblait à l’ange, d’où il n’avait pas à se reproduire ou se reproduisait autrement, par lui-même.  En réduisant la sexualité humaine à l’acte de la reproduction uniquement dans le mariage, elles ont fait de l’être humain le mammifère le plus brimé et restreint dans ses libertés sexuelles, le remplissant de limites et de tabous.  Il en a résulté les déviances sexuelles et les formes de perversion qui se sont développées dans le monde.  Pourtant, il est évident que la sexualité humaine ne vise pas uniquement la reproduction, qu’elle doit d’abord permettre un échange respectueux dans l’amour, même qu’elle peut devenir un instrument de croissance spirituelle par la direction de l’énergie vitale, comme l’ont si bien appris les Hindous et les Bouddhistes.

Comment la reproduction peut-elle donner des enfants sains s’il n’existe pas préalablement cette relation d’amour respectueuse entre deux êtres qui implique le sentiment d’égalité.  Et si elle n’existe pas et ne parvient pas à s’établir, comment le mariage, présumément une alliance éternelle, pourrait-il représenter autre chose qu’une phase d’emprisonnement infinie?  D’abord, la vie de couple n’est pas un passage obligé dans l’atteinte du bonheur ou de la réalisation.  Même que, dans un couple souffrant d’immaturité, elle peut s’opposer à l’évolution selon le degré de dépendance mutuelle des partenaires.  Un être n’inclut pas un partenaire dans sa vie pour remplir ses vides ou boucher ses trous, mais pour échanger des affinités, dans un partage mutuel  égalitaire, dans la complémentarité et la compatibilité.  Autrement, elle dévie en une relation de dominant à dominé, de bourreau à victime.  Le partenaire ne doit pas être considéré comme la clef de son bonheur, car il ne parviendra jamais à combler ce qu’un être détient en lui, mais ne parvient pas à découvrir ou à s’offrir.  Le bonheur se construit seul pour se partager à deux ou à plusieurs.

En outre, l’attraction sexuelle, multiforme comme Dieu, n’est pas uniquement déterminée par les attributs physiques, mais par l’arrangement des aspects de la polarité, à l’intérieur de chacun, avec la participation d’autres éléments complexes de l’être (notamment l’ADN).  Ainsi, de façon innée ou par conditionnement, un être peut n’avoir aucune attirance pour une personne de l’autre sexe, ce qui la vouerait à la condamnation éternelle du fait qu’il ne peut pas se plier à l’injonction divine, soit à l’acte de la reproduction, sans passer par des moyens techniques extérieurs, comme l’insémination artificielle.  Devant la multiplicité des formes de l’attraction sexuelle, dans tous les pays, comment peut-on penser qu’elle soit contre nature?  Même les détracteurs des autres orientations sexuelles sont plus ou moins déterminés dans leur propre attirance sexuelle, chacun détenant son dosage propre de féminité et de masculinité (de magnétisme et d’électricité), pour correspondre à la multiplicité des images de Dieu et au désir du Créateur de se connaître dans tous ses aspects, pas uniquement dans ses compatibilités et ses complémentarités absolues ou extrêmes.  Dieu ne voit pas la vie en noir et blanc, mais dans le spectre des 144 000 vibrations intermédiaires qui unissent ces extrêmes.  Les plus hostiles aux autres orientations sexuelles masquent précisément leur peur inconsciente de devoir reconnaître leur dosage particulier sur lequel ils s’interrogent encore dans le secret.

Dans le domaine de la reproduction, nombre d’évidences rationnelles surgissent d’ailleurs.  Comment Dieu aurait-il pu suggérer à un être peccable, inaccompli, de penser à engendrer des êtres avant d’assumer sa propre maturité?  Dieu savait fort bien qu’en formant une famille nombreuse, l’être humain perdait d’autant de temps pour s’occuper de lui-même.  Pour Dieu, le besoin de procréer ne peut sûrement pas prévaloir sur l’’entreprise de s’accomplir personnellement.  Avant de se manier, un être doit s’épouser en lui-même, sans quoi il ne sera jamais qu’un prédateur auprès de l’autre;  avant de mettre des enfants au monde, il doit s’enfanter lui-même, dans sa Réalité originelle, sans quoi il ne saurait être un bon parent.

Certes, l’être humain doit voir à perpétuer son espèce, mais il ne peut pas le faire au détriment du Plan de la Lumière.  Il faut encore savoir se poser sincèrement d’autres questions.  Un être peut-il donner ce qu’il n’a pas ou ne porte pas?  Peut-il vivre un mariage humain harmonieux sans avoir épousé ses terres (profondeurs) intérieures?  L’affegrossessection et l’éveil intellectuel des parents peuvent-ils suffire à donner à un enfant le goût de vivre?  La société peut-elle tolérer que des parents sans conscience et sans idéal procréent?

Celui qui choisit d’engendrer une descendance doit détenir assez de maturité spirituelle pour la vouer au service de Dieu et de l’Évolution, non concevoir cet acte comme un moyen de se prolonger, en tant qu’être inaccompli, de se réaliser ou valoriser par interposition de personne, qui mène à tant d’attachements aussi nuisibles que stériles.

Dans ce contexte, L’«Ancien Testament» réfère à l’«enfantement dans la douleur» pour évoquer les gestations successives de l’Humanité, de matrice en matrice, par accouchement d’elle-même à des plans de plus en plus élaborés de l’Être.  Cette expression insiste surtout sur les lentes et dures acquisitions de l’apprentissage qui mènent à la conquête finale.  Cette expression, qui semble surtout impliquer la femme, alors qu’elle implique le côté féminin de chaque être incarné,  ne proclame en rien que, par sa difficulté, l’accouchement doit être considéré comme une maladie consécutive à l’état peccamineux de l’humanité et qu’il ne peut s’effectuer que dans la souffrance physique.  L’enfantement est un acte naturel qui se vit très bien chez une femme sans appréhensions.

© 2012-15, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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