SAVOIR PRÉVOIR, MÊME SI TOUT NE PEUT SE PRÉVOIR, C’EST UN DÉBUT DE PRUDENCE ET DE SAGESSE…

La prévoyance se définit comme la conduite prudente et raisonnable de celui qui  prend les dispositions nécessaires pour faire face aux diverses éventualités.  Sauf que le bon vieux Sénèque a dit : «En prévoyant demain, aujourd’hui se perd.»  Voilà qui laisse entendre que la prévoyance, qui concerne toujours une possibilité, projette inutilement dans le futur.  C’est un choix téméraire.  Car il n’y a que celui qui se sent coupable ou qui se sent abandonné par son Créateur qui en vient à craindre tout.

Pour faire saisir le sens de la prévoyance, Flaubert a dit : «La mémoire fait correspondre avec le passé, comme la prévoyance avec l’avenir.»  La prévoyance peut donc se définir comme la juste anticipation qui amène à prendre les dispositions nécessaires pour faire face à une situation dont on conçoit passablement bien le déroulement. prevoyance-prudence

Dans ce contexte, la prévoyance se démontre donc une qualité merveilleuse lorsqu’elle porte à prendre en vue ce qui doit arriver, à prévoir la conséquence de ses actes, à assurer ses arrières.  Mais elle peut souvent cacher un doute à l’endroit du fonctionnement rigoureux des Lois cosmiques lorsqu’elle invite à accumuler des biens ou de l’argent en fonction d’une limitation présumée, d’une pénurie anticipée.  Dieu n’est-il pas le Pourvoyeur immédiat de tous les biens et bienfaits?

À trop prévoir, dans le sens de se prémunir contre un danger présumé, ne l’appelle-t-on pas?  Et on se félicite ensuite de sa clairvoyance et de sa pertinence d’avoir pris des moyens pour se prémunir d’un danger, alors qu’on paie le salaire de son incohérence.  On croit pouvoir se payer impunément des assurances contre le feu, contre les désastres naturels (curieusement appelés «cas de force majeure», «sort divin», «main de Dieu», pour traduire l’expression anglaise «act of God»), sur la vie, faire des réserves à la banque, accumuler les provisions, «au cas où…, «en cas que peut-être et p’t’être bien…»  Mais ce n’est pas de la prévoyance, ce sont des proclamations!  L’énergie suit ses actes, ses paroles, ses pensées et ses sentiments.  Ainsi, plus on s’inquiète, plus on se donne de raisons de s’inquiéter, car on se menace soi-même par ce qu’on s’attire.

Lorsqu’un être s’engendre consciemment ou inconsciemment une dette karmique, pour l’annuler, il doit trouver une manière de compenser avant le juste retour, sinon, il doit en payer rigoureusement la note.  Ainsi, celui qui tente de se prémunir contre un danger présumé, qui découlerait de l’arbitraire du sort, par exemple par des assurances, ne fait que nier la réalité que le hasard n’existe pas.  Mais cette négation n’annule en rien la dette qu’il a contractée.  Ainsi, par exemple, si on prend le cas d’un incendie ou d’une inondation, la Providence ajoutera aux dégâts le montant qui, dépassant le retour d’assurance, lui permettra de l’expurger ou, sans mauvais jeu de mots, de l‘éteindre.  Tous les moyens de se prémunir des dangers, à part le développement de la conscience, sont des entreprises téméraires.

Les gens passent leur temps à s’inquiéter de l’avenir, à faire des projets pour l’avenir, à essayer de «prédire l’avenir», à tenter de se protéger contre les aléas de la vie.  C’est comme si le fait de savoir à l’avance ce qui peut se passer pouvait amortir leur choc.  Pourtant, seul le présent compte, alors que l’avenir est le temps des plus grandes peurs et des espoirs les plus fous.  La seule chose sûre, c’est que, lorsque l’avenir se dévoile, il se présente rarement comme on l’avait imaginé.  Mais on ne gagne pas en sagesse pour autant, au point de choisir de cesser de se projeter dans un autre temps en le redoutant plus qu’on l’espère radieux.   La meilleure manière de se protéger contre un avenir malheureux, c’est de le créer tel qu’on le veut dans le présent.   Alan Kay, le célèbre informaticien étasunien, l’a dit en ces mots : «La meilleure manière de prédire l’avenir, c’est de l’inventer.»  Il y a deux façons d’obtenir le dénouement que l’on préfère : la première méthode consiste à choisir une issue très probable et à espérer qu’elle se concrétise;  sinon, on gagne à faire en sorte que sa prédiction se réalise en l’imaginant et en y croyant fermement.

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