LA PEUR, UNE ÉMOTION TRÈS DISSOLVANTE QU’UN ÊTRE GAGNE À DOMINER AU PLUS TÔT, CAR C’EST L’ÉLÉMENT LE PLUS RÉGRESSIF DE LA PERSONNALITÉ QUI INVENTE SES PROPRES MONSTRES…

 

«La crainte de Dieu n’était-elle pas ton espoir

Une définition de la peur

La peur représente un sentiment d’inquiétude et d’inconfort plus ou moins violent face à un danger réel ou présumé, danger qui peut laisser entrevoir un mal, un inconvénient, un dommage, une perte, une intimidation, une menace à sa sécurité, une atteinte à son intégrité ou à son existence, un malheur.  Il s’agit d’une émotion dissolvante, à caractère affectif, résultant du sentiment d’être à la merci de quelque chose, d’être dominé par quelqu’un, d’être dépassé par les événements, d’être incapable de faire face à une situation, de voir surgir des situations contraires ou de voir apparaître des ennemis potentiels invisibles ou de subir des torts irréparables.  De façon plus subtile, dans l’inconscient, la peur peut traduire les messages d’une pensée coutumière qui ne parvient plus à prévenir qu’on a tort sur un point ou un autre et que, si on n’y prête attention, on pourrait se faire beaucoup de mal ou subir un préjudice plus ou moins grand.  Par exemple, elle peut découler de pensées relatives à son évaluation personnelle : comme le désir de ne pas décevoir une personne significative; de ne pas être en mesure de donner suffisamment en retour de ce qu’on reçoit; d’être incapable de répondre à une attente pourtant injustifiée; de ne pas être à la hauteur d’une tâche ou d’une responsabilité; de perdre sa liberté ou ses droits de prendre une décision; de ne pas parvenir à être aimé et apprécié;  de ne pas se donner les moyens nécessaires peurpour subvenir à ses besoins; d’être incapable de supporter une image de soi; d’être incapable d’échapper à la dépendance, à la servilité ou à la sujétion.  On peut déceler une peur dans tout phénomène psychologique à caractère affectif plus ou moins marqué, conscient ou inconscient, qui accompagne le ressenti clair ou diffus d’une menace réelle ou imaginaire, pouvant varier, de la simple appréhension à la panique qui coupe tous les moyens.

À proprement parler, en métaphysique, les Maîtres définissent la peur comme une conséquence de la « Chute primordiale », qui a entraîné le «Mal cosmique», ce conflit apparent entre les Forces de la Matière (dites les Ténèbres) et celles de l’Esprit (la Lumière).  Elle découle du sentiment d’incomplétude qu’ont ressenti les créatures, d’abord transmis à elles par l’antique Logos planétaire (Lucifer), par le biais de l’astral, la matière subtile et sensible.  Depuis, la peur exprime diversement le sentiment d’oppression ou de petitesse face à l’immensité du Tout, difficile à comprendre, en raison de l’inflexibilité de la Loi cosmique.  Elle peut également surgir de l’action subtile du Gardien du Seuil, dans son rôle, mal compris, d’imposer le sens du sacré, à la conscience, pour l’aider à remonter l’Échelle évolutive, apprenant aux créatures à équilibrer leurs énergies, dans leurs expériences, pour parvenir à maîtriser leurs multiples potentiels, capables de les ramener dans la Pleine Lumière.  Elle surgit ainsi, dans la conscience, d’un espace vital qui n’a pas encore découvert l’Amour pur et qui amène à présumer qu’il peut exister des ennemis invisibles hostiles à son évolution.  Elle exprime aussi la pression de ses expériences antérieures, vécues au cours de sa descente dans la matière, comme dans son début de remontée dans la Lumière originelle, captées par son corps sensible, qui l’amène à mesurer son degré d’emprisonnement et de limites par rapport à la manipulation des éléments denses de la matière, donc son degré actuel d’inadéquation personnelle en regard de la Vie totale.

La peur relève de la personnalité puisqu’elle est une projection du mental devant la scène, bien qu’elle n’ait pas d’objet.  En elle-même, la peur n’est nullement mauvaise et n’exprime pas forcément le résultat d’une pensée erronée, ceci étant dit pour éviter que l’être humain, un être en évolution, aille se surcharger, en plus de la peur, d’un sentiment, voire d’un complexe de culpabilité.  La peur s’exprime souvent avec raison, à cause du présent degré d’inconscience ou d’ignorance de celui-ci.  Jusqu’à un certain point, la peur révèle une réaction instinctive légitime, empruntée à la portion animale de la créature humaine, qui le guide progressivement vers une plus grande prudence et une plus grande sagesse.  Ce qui importe pour l’être humain, c’est de devenir sans cesse de plus en plus conscient pour réduire les causes de ses peurs, jusqu’à les éliminer le plus complètement possible.  La mémoire humaine conserve plus ou moins clairement les souffrances et les douleurs du passé, ce qui l’amène naturellement à appréhender l’inconnu et l’avenir.  Mais, avec le temps et les bons moyens, tout être humain peut se délivrer de ses peurs, en ouvrant sa conscience à la Réalité cosmique, toujours bénéfique et amoureuse, au lieu de continuer à les attiser et à les multiplier.  Pour comprendre ce qui vient d’être dit, il faut accepter que la peur surgit toujours en présence d’un élément dissimulé ou imprévisible, apparemment inconnu, chez celui qui n’a pas une vue d’ensemble de l’Évolution cosmique, cultivant une conscience linéaire de la Réalité plutôt qu’une conscience circulaire ou sphérique de la Totalité.

D. Roosevelt semblait avoir bien compris l’incidence de la peur dans la vie humaine, lui qui disait: «Nous n’avons rien à craindre si ce n’est la peur elle-même.» Il semblait avoir compris qu’en principe la Vie est un Jeu amoureux très agréable pour celui qui connaît la Loi divine et les principes qui l’expliquent, surtout celui de la Causalité.

Le sens de la peur

La peur est une force toujours prête à exercer sa domination sur l’individu ou la société. Pour la maîtriser, il faut d’abord la comprendre. Nous examinerons ici ce sentiment puissant sous certains de ses multiples aspects, y compris son rôle – non négligeable – d’allié de l’homme. . .  L’observation la plus révélatrice jamais faite au sujet de la peur est peut-être celle qu’elle porte toujours sur l’avenir. On n’a pas peur du présent immédiat; on n’a pas pepeur-1ur du passé.  On n’a pas peur non plus d’une chose, d’une personne ou d’une situation; nous nous effrayons uniquement de ce que cette chose ou cette personne pourrait faire, ou de ce qui pourrait arriver.  On peut craindre qu’une chose soit déjà arrivée, mais là aussi il s’agit de l’avenir, car ce qu’on redoute en réalité c’est de découvrir que l’événement appréhendé s’est produit.

Par définition, la peur est une émotion causée par un danger ou un mal imminent.  Elle ne peut donc se confirmer que lorsque les événements ne dépendent pas de ceux qu’elle habite.  Comme peu de choses, dans le cours normal de la vie, sont totalement indépendantes de notre volonté, la peur est une condition préalable de notre bien-être et même de notre survie.  On craint ce qui pourrait arriver; on s’efforce d’en empêcher la réalisation ou d’en atténuer les conséquences; le plus souvent, l’action préventive a l’effet désiré.  Cela se révèle surtout dans le monde de la nature, où la peur, même si on l’appelle autrement, est partout.  Le lièvre fuit devant l’attaque du lynx; l’ours retraite en tremblant à l’approche d’un incendie de forêt. Tout animal, si fort soit-il, a en lui l’instinct de reculer devant le danger.  Les lions eux-mêmes doivent parfois se dérober; sinon, il n’y en aurait plus.  Le conducteur qui donne un coup de volant pour éviter une collision, la mère qui saisit son enfant sur le point de rouler en bas de l’escalier éprouvent tous les deux une peur du même genre.  La peur est le grand signal d’alerte de la nature; elle permet à tous les êtres vivants d’éviter de subir un mal.

Mais chez les humains il y a toujours danger que la peur cesse d’être un serviteur utile pour devenir un maître.  Elle peut s’emparer d’un esprit, imposer sa domination à un pays tout entier.  Elle a le pouvoir de régner sur le monde.  Alors que l’économie des États-Unis paraissait devoir s’écrouler sur la tête des Américains confondus, le président Roosevelt a témoigné d’une vive perception de la puissance illimitée de la peur en disant à ses compatriotes que tout ce qu’ils avaient à craindre était la peur elle-même.  La «terreur indéfinissable, aveugle et injustifiée» contre laquelle il mit la population en garde est un bon exemple de la peur – instinct bénéfique – qui se transforme en menace de son propre chef.  Devant la crise de 1929, les gens furent pris de panique. C’est là une manifestation naturelle de la peur que l’on observe souvent dans le monde animal.  Mais au lieu de surmonter leur première réaction de panique, comme le ferait un animal, et de faire le nécessaire pour affronter le danger, les hommes glissèrent dans l’inertie désespérée, qui est une marque de lâcheté.  La lâcheté est une attitude typiquement humaine issue d’une autre particularité du même genre: l’imagination.  Quand l’imagination suit la voie positive, l’être humain est rempli de force et de courage.  Mais si son action est négative, il devient l’esclave impuissant de la peur.

«Celle-ci ne connaît qu’un seul maître.  Il se nomme comprendre.»  C’est ainsi qu’une publication américaine désigne un trait fondamental de la nature de la peur.  Lorsque les chercheurs médicaux entreprennent de trouver un remède pour guérir une maladie, ils commencent par réunir tout ce qu’on connaît de cette maladie sous tous ses aspects.  Il en va ainsi de la peur; ce n’est qu’en s’efforçant d’en comprendre les origines, les symptômes et les effets qu’il est possible de la vaincre.  «La peur vient toujours de l’ignorance», dit Emerson.  Cette affirmation est peut-être simpliste, mais elle montre la route à suivre pour comprendre la peur.  Elle résulte généralement d’un manque de connaissance ou de réflexion.  Songeons, par exemple, aux craintes que nous nous faisons au début de notre existence.

«Maman, j’ai peur dans l’obscurité. Laisse la lumière allumée s’il te plaît.»  La première enfance apporte une longue suite de peurs mal connues et sans fondement.  Mais une crainte est une crainte, qu’elle ait sa source dans l’esprit ou dans la réalité extérieure.  Les parents devraient prendre au sérieux les peurs de leurs enfants et chercher doucement et peu à peu à les calmer.  L’absence même de fondement des craintes enfantines offre l’occasion aux parents d’enseigner à leurs enfants un précepte qu’ils garderont toute leur vie, savoir que la peur n’existe le plus souvent que dans l’imagination.  Il est plus facile de montrer à un enfant qu’à toute personne d’un autre âge que, selon le mot de Kipling «de tous les menteurs du monde, les pires sont quelquefois nos propres peurs».

Les parents devraient prendre garde aux phobies naissantes chez leurs enfants

Dans l’éducation des enfants, il importe de se rappeler que la peur, comme la maladie, est contagieuse.  Dans son excellent ouvrage sur la question,  Comprendre la peur, Bonaro Overstreet écrit: «… la peur n’est pas une affaire personnelle, car celui qui en est profondément atteint infectera les autres, l’infection la plus commune étant celle des enfants par les parents.»  Les adultes peureux peuvent donc à leur insu entretenir chez leur progéniture des craintes qui ne seront pmonstre-sous-liteut-être jamais surmontées.  Sans le faire exprès, les parents peuvent favoriser à un tel point les peurs normales de l’enfance qu’elles se transformeront en phobies débilitantes.

Beaucoup de phobies sont fréquentes chez les enfants.  Il est bon que les parents aient conscience des conséquences désastreuses qu’elles peuvent avoir.  Le danger, c’est que l’enfant – et plus tard l’adulte – finisse par se cantonner dans un isolement social où naîtront de nouvelles peurs et s’amorcera un cycle de souffrances.  Dans les cas extrêmes, les phobiques éprouvent une peur générale de la vie; craignant même de mettre les pieds dehors, ils souffrent mille morts dans leur solitude.  Peu de personnes sont entièrement à l’abri des phobies latentes.  Certains évitent les hauteurs, d’autres ont la trouille s’ils sont seuls dans une maison, d’autres encore ont les chiens en aversion.  La plupart des gens dominent ces sentiments grâce à leur intelligence, qui leur en montre l’absurdité.  Beaucoup sont malheureusement incapables de tenir leurs peurs en bride, même s’ils savent bien tout ce qu’elles ont en fait de déraisonnable.

La peur se dissimule sous des masques divers

Certaines personnes ont des phobies très bizarres, comme la peur de la laine et la peur du vendredi.  Pour ceux qui en souffrent, ces craintes sont d’une intense réalité.  Il y a deux choses à noter au sujet des phobies: primo on peut en prendre son parti, secundo elles ne sont pas incurables.  Une entreprise de transport aérien offrait jadis un cours pour les personnes que terrifiaient les voyages par air: il consistait à calmer graduellement leurs craintes par des moyens psychologiques jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à entreprendre un vol spécial d’adaptation.  La majorité de ceux qui l’ont suivi sont aujourd’hui bien à l’aise dans un avion.

Les phobies ont au moins un mérite, celui de polariser les peurs de leur victime.  Ceux qui en sont atteints savent exactement de quoi ils ont peur.  Mais bien des gens sont sujets à une forme de peur plus insidieuse, souvent difficile à identifier.  Nous en ignorons même parfois la présence, mais elle n’en existe pas moins.  La peur se cache sous des masques divers, notamment la timidité, l’angoisse, la crédulité, la prudence, le conformisme, le faux scepticisme, l’indolence.  Sous ces déguisements, la peur flétrit les espérances, détruit l’ambition, freine les progrès et gâche les relations personnelles.  C’est, pour emprunter l’expression de Cyril Connolly, un «ennemi prometteur».  Elle dévore la vie.

Une des plus malsaines des craintes subtiles qui s’insinuent aujourd’hui dans l’esprit des hommes de la société occidentale est la peur de l’échec.  Elle tente de dominer la personnalité assez tôt dans la vie, parfois même chez les écoliers de première année ou les tout jeunes joueurs des équipes sportives.  Avec le temps, elle se manifeste sous diverses formes secondaires: peur de faire des erreurs, peur de blesser les convenances, peur de ses supérieurs professionnels, peur d’être mis à pied et peur d’essayer.  La psychologie démontre que la peur de l’échec résulte souvent de fausses comparaisons avec les autres.  L’une des habitudes les plus démoralisantes que l’on puisse avoir est celle de se mesurer avec des personnes qui ont réussi; mais au prix de nombreuses années d’efforts dans leur spécialité.  Leur succès est ordinairement le fruit de bien des tâtonnements; elles ne commettent plus d’erreurs maintenant parce qu’elles les ont faites auparavant et qu’elles ont su les mettre à profit.  Elles n’ont pas craint d’échouer et ne se sont pas laissé arrêter par leurs échecs.

La puissance de la raison contre la puissance de la peur

Le principal effet de la peur, quelle qu’elle soit, est l’immobilisation.  Les soldats saisis par la peur sur le champ de bataille restent figés, offrant ainsi une meilleure cible à l’ennemi.  La peur de l’échec en particulier a une façon propre de paralyser sa victime, puis, comme un ver vorace, de faire sa proie des échecs qu’elle provoque l’un après l’autre.  Elle finit ainsi par si bien affaiblir son hôte qu’il sombre dans le désespoir.  Le remède à ce mal, c’est ce que l’investigateur assidu du phénompeur-dragonène de la peur, Ernest Hemingway, appelle le «courage intelligent».  Le courage est une qualité assez généralement mal comprise.  Il n’est pas l’absence de la peur, mais une réaction devant celle-ci.  Dans le monde de la nature, le courage que manifestent les animaux pour défendre leur vie est instinctif.  L’être humain possède aussi cette pulsion; mais il peut y ajouter la puissante intelligence dont son espèce est douée.

La force de la raison sert non seulement à raffermir notre courage, mais à retrouver notre courage naturel aux heures où nous avons l’impression de l’avoir perdu.  Devant la peur de l’échec, la raison nous dit que cette peur même nous mènera à l’échec, car il faut toujours risquer un échec pour connaître le succès.  Le pouvoir de la raison est l’arme la plus efficace de l’homme contre la puissance de la peur en général.   Et, à l’époque actuelle, nous devons opposer la force de notre raison à nos peurs à l’échelon mondial.  Les historiens de l’avenir pourraient bien regarder notre âge comme celui du terrorisme, âge où le recours à la peur en tant que moyen d’arriver à des fins politiques est érigé en art.

Les assauts du terrorisme invitent les peuples de tous les pays à garder leur sang-froid, afin de montrer que l’intimidation ne saurait forcer la majorité à accéder aux exigences d’une minorité impitoyable.  Les enjeux historiques sont élevés, car la raison doit nous persuader que plus l’opinion publique cédera au terrorisme plus le terrorisme sévira.  À ce compte, nous pourrions un jour subir la loi de la mitraillette et des attentats à la bombe.  Sur un plan plus difficilement discernable, il faudra aussi offrir une résistance raisonnée à la peur pour empêcher le progrès de l’humanité de sombrer dans un état d’inertie timorée.  La peur se répand sur les funestes effets secondaires de la croissance économique.  L’attitude naturelle et courageuse à adopter devant cette menace serait de déterminer ce qu’il y a à craindre de l’extension de la technique et de l’exploitation des ressources, puis de s’attaquer à ces problèmes identifiables.

La peur ne peut résister à l’action constructive

Cela permettrait d’étendre les bienfaits de la croissance économique à un nombre grandissant des habitants de la terre.  La réaction de la lâcheté serait de laisser la peur exercer son emprise paralysante sur notre volonté d’activer le progrès de l’espèce humaine.  La seule issue possible peur-mise-en-échecserait l’auto-neutralisation.  La peur collective a été la cause de certains des plus effroyables chapitres de l’histoire.  Comme dans le cas des individus, l’existence de la peur chez une grande foule de personnes peut conduire à l’agression, coup désespéré porté à l’objet de la peur.  La peur réciproque des pays entre eux a souvent entraîné la guerre.  Entre des mains politiques malfaisantes –comme celles de l’inquisiteur espagnol Toroquemada — la peur collective est devenue l’instrument de la persécution et de la tyrannie.  Nous la voyons partout dans le monde actuel.  Un groupe racial ou politique en craint un autre, et le groupe qui a peur s’emploie à persécuter et même à anéantir le groupe redouté.

Si la peur, individuelle ou collective, suscite ordinairement des réactions négatives et autodestructives, le contraire est vrai: elle ne peut résister à l’action constructive.  Un grand médecin canadien, sir William Osler, a proposé un plan psychologique pour vaincre la peur et trouver la sécurité en concentrant notre action dans le présent.  Considérant que la peur se rapporte toujours à l’avenir, cela semble un bon conseil pour la combattre.  Mais il est clair que, pour être en sécurité de jour en jour, nous devons prendre certaines précautions pour assurer notre sécurité dans l’avenir.  Et alors faut-il se préparer pour demain?  Selon la réponse d’Osier, si nous apportons toute notre énergie, toute notre intelligence et tout notre enthousiasme à accomplir de l’excellent travail aujourd’hui, il n’y aura rien à craindre demain. En d’autres termes, notre action présente engendre la sécurité future.

L’activité constructive, exercée dans toute la mesure de nos talents, est assurément un moyen de défense contre la peur.  L’activité exige de la décision, la décision inspire la confiance; la confiance stimule le courage, le courage domine la peur.

On gagne à se demander de quoi exactement il faut avoir peur

Mais l’activité ne suffit pas toujours pour chasser la peur une fois qu’elle s’est installée.  C’est ici qu’intervient la réflexion.  De temps en temps, chacun de nous ferait bien de se réserver une heure ou deux de tranquillité et de solitude pour se demander: «De quoi exactement dois-je avoir peur?»  Il faudrait faire l’inventaire de nos craintes, en nous attachant surtout à celles qui se présentent sous de fausses apparences.  Cela fait, il importe de rechercher quelles sont, parmi nos peurs, celles qui sont imaginaires et celles qui sont réelles.  Quelles sont celles qui sont de notre création ou de notre invention et celles qui constituent les salutaires signaux d’alerte répandus dans toute la nature?  Combien d’entre elles pouvons-nous affronter avec le courage instinctif de la nature conjugué avec l’immense avantage de l’intelligence humaine.  Quelles sont celles dont il est impossible de venir à bout par une action constructive et menée sans retard.

Peut-être découvrirez-vous, par suite de cette analyse, que certaines au moins de vos craintes se sont évaporées sous vos yeux.  D’autres se seront dissipées devant votre détermination de faire quelque chose, pourvu que votre action soit immédiate.  L’atermoiement ou l’ajournement engendrent et intensifient la crainte.  Il n’est pas sans intérêt d’imaginer que, si l’ensemble des gens venaient à identifier les peurs de la société et à les examiner de cette façon, le résultat serait le même.  Certaines des craintes de l’avenir se révéleraient illusoires et d’autres légitimes; et l’on pourrait faire le nécessaire pour neutraliser ces dernières.  Il n’est pas possible que les hommes soient un jour affranchis de toute peur ni qu’ils veuillent l’être.  Sans son instinctive sonnette d’alarme, ils seraient impuissants à conjurer le danger.

La peur est donc l’allié de l’être humain… mais c’est tout au plus un allié sujet à caution. Il est retors et ambitieux, guettant sans cesse l’occasion de s’emparer d’un sujet. Chacun gagne à le surveiller de près s’il veut le tenir à distance et en tirer profit.

La peur, sous l’angle psychologique

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La peur traduit un état physique de tension et psychique d’appréhension plus ou moins importants et profonds pouvant découler de l’inquiétude, de la surprise, d’une mise en alerte, d’un affolement, d’un trouble intérieur dénotant une perte de sérénité, un manque de repos, un état d’agitation, un manque de préparation intime, une période d’irrésolution.  Dans cet état, un sujet n’est plus en mesure de se protéger ou de se maîtriser du fait que sa vie psychique et ses réflexes sont plus ou moins paralysés, bien qu’il soit appelé à se défendre.  Si son sentiment d’inquiétude résulte de la menace d’un objet défini ou d’une réalité concrète, on parle de peur; s’il surgit d’un fantasme ou d’une agression hypothétique, on parle plutôt d’effroi.

Maupassant disait: «La peur…  c’est quelque chose d’effroyable, une sensation atroce, comme une décomposition de l’âme, un spasme affreux de la pensée et du cœur, dont le souvenir seul donne des frissons d’angoisse.»  En effet, la peur saisit et transit, fait hérisser les poils et les cheveux –peut même les faire blanchir– fait pâlir, blêmir, bleuir, verdir.  Elle obscurcit ainsi la raison et fait perdre ses moyens.  Irraisonnée, elle glace le cœur, fige le sang, fait choquer les dents, trembler les membres, serrer les fesses, contracter l’épigastre et noue la gorge.  Elle peut dérégler tout l’organisme, perturber l’estomac, activer le foie, provoquer la colique, entraîner des vents, induire dans une telle trouille qu’on peut faire dans son froc.  Par perte de contrôle de soi, parfois par emballement, elle amène à réagir comme un enfant, à les avoir à zéro, comme on dit.  Dans certains cas, elle peut engendrer un état de choc, provoquer un évanouissement, même entraîner la mort.

Néanmoins, malgré leur plus grande frousse, la majorité de ceux qui ont eu peur sont encore là pour en témoigner, et ceux qui sont morts ont quitté ce monde pour d’autres causes que la peur.  Autrement dit, la majorité en furent quitte pour leur peur, ont eu plus de peur que de mal, n’ont que failli mourir d’épouvante.  La peur est loin d’être la première cause de mortalité, mais il y a fort à parier que la plupart des êtres humains gaspillent une large part de leur vie à craindre toutes sortes de choses, minant ainsi leurs réserves d’énergie.  La plupart du temps, la peur est absurde, exagérée, disproportionnée par rapport à sa cause.  Elle ne traduit souvent que l’immaturité d’un sujet, son manque d’attention ou de pertinence, son ignorance, son niveau d’irrésolution, son manque chronique d’expérience, une insécurité intérieure ou une culpabilité latente.

En psychologie, on reconnaît différents degrés de peur, oscillant entre la simple inquiétude et la terreur, prenant toutes les nuances ou intensités de l’angoisse, de l’anxiété et de la panique, pouvant entraîner dans la névrose, la psychose, la folie, le désir de s’annihiler dans le suicide.  Elle définit l’inquiétude comme le trouble intérieur mêlé d’incertitude, d’irrésolution, d’agitation.  Il s’agit alors d’une simple appréhension intime à l’égard d’un danger virtuel, qui se traduit par une légère tension, de la nervosité, un peu de dispersion ou une faible contraction d’esprit, induisant dans une perte de repos, une perturbation de son bien-être et de sa tranquillité habituelle.

Pour sa part, l’angoisse définit un accroissement de l’inquiétude provoquant une insécurité intérieure sans représentation distincte du danger présumé, qu’on n’en croit pas moins imminent, état qui s’accompagne de malaises physiques comme l’oppression, les palpitations, la contraction épigastrique, le serrement de la gorge, l’assèchement de la bouche.  Elle signale qu’une énergie en soi ne parvient pas à s’investir correctement en raison d’un problème inconscient qui peut être une appréhension vague, le refoulement d’un désir, la disparition soudaine d’un désir.  Accru, le sentiment d’angoisse devient de l’anxiété, un ressenti exagéré d’incertitude accompagné diversement de tension extrême, de constriction précordiale.  Elle est engendrée par une attente, une hésitation ou une incertitude auxquelles on ne cherche pas ou ne trouve pas d’exutoire.

Quant à la panique (autrefois appelée la peur panique), elle exprime un trouble subit et violent de l’esprit, tout à fait irraisonné.  Ce mot dérive du mot grec « Pan », désignant la Divinité très laide des bergers d’Arcadie, née avec les jambes, les cornes et le poil d’un bouc et qui inspirait par son cri une peur insurmontable, selon la légende.  Elle traduit toujours une grande force inconsciente qui cherche une issue à l’intérieur de soi et qui peut servir utilement ou se retourner contre soi, selon qu’on saura ou non la canaliser.  En passant, Pan décrit le « Grand Tout », la Grande Divinité de la Nature.  Enfin, la terreur décrit une peur extrême, extraordinaire, éprouvante, qui bouleverse tout l’être et paralyse tous les moyens, conduisant aux comportements ou aux réactions les plus désordonnées, les plus erratiques, absolument extrêmes, ou laissant complètement pantois et bouche bée.  C’est la peur des peurs, la peur absolue, qui laisse généralement des séquelles psychologiques assez graves.

Dans le quotidien, il n’existerait apparemment que trois peurs d’origine naturelle: celle de tomber, celle qui surgit de la production d’un bruit soudain et inattendu et celle de disparaître.  En fait, la peur s’exprime toujours avec plus ou moins d’intensité, selon que l’on craint de perdre quelque chose et qu’on considère ce quelque chose comme précieux.  La plus grande peur résulte de la crainte de perdre son être physique.  C’est une énergie primaire de survie, dont le but est de rendre plus sage et plus prudent, une énergie dénue de lumière (remplie des ombres de l’ignorance), qui ne peut se transformer que par l’amour.  Toutes les autres peurs, ces peurs autres que celles que nous avons mentionnées ci-avant, surgissent de l’imagination incontrôlée, qui ne réussissent qu’à attirer ce qu’on cherche à repousser, si on ne sait pas comment les dissoudre.  Elles deviennent des réactions de poltronnerie ou de lâcheté par manque de connaissance de sa force intérieure personnelle.  Tant qu’un être fuit sa peur, celle-ci le suit comme son ombre.  S’il sait la confronter, ce qui ne veut pas dire lui faire face sans moyens, elle se dissout, devenant plus faible que l’énergie naturelle de celui qui la confronte.  On entend ici par l’expression « confronter sa peur », le réflexe de la regarder, de chercher à comprendre d’où elle vient et pourquoi elle s’exprime, pour éviter qu’elle renforce les autres aspects négatifs de sa personnalité ou donne prise aux entités négatives extérieures.  Rien ne peut toucher celui qui ne cède pas son pouvoir à son imagination débridée ou à un être extérieur à lui.  Celui qui réagit à la peur lui donne de la force et de la consistance.  Il doit à tout prix prendre de la distance par rapport à elle, la considérer comme séparée de lui, impuissante sur lui, ne lui appartenant epeur-maison-hanteen rien, s’il veut la voir passer son chemin et aller méduser d’autres victimes plus faibles que lui.  Voilà ce que signifie « ne pas résister au mal ».

La peur découle de la pulsion de survie.  C’est un instinct naturel qui préside à la préservation des espèces et des individus, dans la mesure où elle n’empêche pas un être particulier d’accomplir son devoir et de vivre les expériences qui lui sont utiles pour évoluer.  En soi, la peur exprime une énergie qui amène à se contracter, à se refermer, à se cacher, à fuir, à blesser, même à tuer.  Or c’est en restant ouvert qu’on est le mieux protégé.  La peur attire avec force ce qu’on redoute, l’amenant très sûrement à se manifester.  C’est une énergie qui habille un être, s’accroche à lui, se cramponne à lui, le retient, l’empoigne, le laissant plein de rancœur, le remplissant du désir d’attaquer ou de se venger.  Elle mène à la quête de la survie du plus fort, de la victoire du plus puissant, du succès du plus habile, laissant ensuite celui qui a acquis tout cela dans la crainte de tout perdre.  C’est elle qui se terre derrière les désirs de se comparer, d’émuler les autres, d’entrer en compétition avec eux, de rivaliser avec eux, d’établir toutes sortes de formes de concurrence ou d’en faire des idoles.  Elle laisse sous-entendre qu’on ne peut bien se protéger et se défendre qu’en établissant un empire définitif sur les autres, qu’en les terrassant tout à fait, ou, au contraire, en se soumettant complètement à eux.

La peur naît de l’ignorance qui résulte du manque d’expérience personnelle et du manque de savoir véritable.  Celui qui sait pour avoir vérifié la valeur de ses croyances n’a jamais peur parce qu’il n’a rien trouvé d’hostile dans la Nature ni dans le Cosmos.  Toutefois, celui qui vit dans la peur écarte ses propres désirs, en venant à ne plus être en mesure de prendre les décisions qui pourraient le combler.  Dans son refus de comprendre son complexe interne, il en vient à nourrir ses peurs plutôt que ses désirs, écartant toujours davantage leur réalisation.  D’où il en vient finalement à s’en vouloir du fait même de ne pas avoir réussi à réaliser ses désirs.  Quelqu’un a dit sommairement que c’est en acceptant de faire ce qui effraie qu’on réussit le mieux à faire mourir ses peurs.  Une grande part de vérité réside dans cette affirmation.

La peur fera toujours partie du processus évolutif d’un être tant qu’il n’aura pas manifesté sa maîtrise totale.  Alors, autant s’y faire.  On devrait éviter de nourrir le sentiment que la peur est mauvaise en soi, même si, en fait, elle coupe de l’information et dilue l’intuition.  Pour un temps, tout être évolutif succombera à ses peurs, leur permettant d’avoir de l’emprise sur lui : il faut accepter de cheminer en leur compagnie pour aller au fond de ce qu’on ressent, le seul moyen de les vaincre ou de les dissoudre.  C’est ainsi qu’un être se renforce, s’il veille à ne pas crouler sous leur poids.  Vivre, c’est faire face à la peur.  Son aptitude à créer sa réalité à son image et à sa ressemblance, par la force de sa volonté créatrice, prend fin là où commence sa peur.  Mais, ses peurs, on les engendre toujours soi-même par ses pensées erratiques, ses conceptions limitées, ses sentiments immatures.  Et on les engendre sûrement dans un but utile, celui de se renforcer, en découvrant d’abord son impuissance apparente, puis l’ampleur de son pouvoir.  Nul ne saurait apprécier la lumière sans connaître les ténèbres, les affres de la nuit.  Ainsi, la peur n’est qu’un monstre qui vient démontrer la futilité de ses illusions, l’inutilité d’avoir peur et de se faire peur.

Inconsciemment, les gens ordinaires –les personnes peu évoluées– trouvent un intérêt à cultiver leurs peurs, surtout ceux qui cultivent l’instinct grégaire et ceux qui sont affligés de la mentalité de victime.  Voilà leur astuce: tant qu’ils n’ont pas le courage de regarder leurs peurs en face, qu’elles proviennent de leurs superstitions ou de leurs tabous moraux, ils peuvent feindre de ne pas avoir à en découvrir la cause, se dire les victimes d’un sort injuste et hostile.  Ils s’autorisent ainsi à continuer à projeter leurs propres torts sur les autres ou sur les événements en les considérant comme des adversaires ou comme des empêcheurs de tourner en rond.  Leurs peurs peuvent souvent se travestir jusqu’en des raisonnements logiques ou en des justifications rationnelles pour tenter d’expliquer leurs raisons de ne pas agir ou de ne pas travailler sur eux-mêmes.  Ils pourront déguiser leurs sentiments dans des arguments visant à décrire les autres comme des agents inhibiteurs à accuser : comme des agents qui ne savent pas endosser leurs responsabilités; qui les empêchent de faire ce qu’il faudrait faire (mais qu’ils ne pourraient faire de toute façon); qui les découragent même d’essayer d’améliorer leur sort; ou qui ne servent qu’à provoquer leur colère ou leur hostilité (même quand ils les fuient).

On oublie souvent que derrière tout jugement et toute critique se cache une peur, notamment celle d’être pris en défaut dans ses propres limites et d’être alors rejeté.  Mais comment reconnaître une telle peur si on la travestit par exemple par un sentiment de rejet qui porte à s’écarter des autres, si on commence à s’en demander trop au lieu de donner simplement ce qu’on peut.  Si on ne parvient pas à être à la hauteur de ses propres attentes, on risque d’en demander trop aux autres, raison pour laquelle on devient très critique à leur endroit.  On deviendra très exigeant, requérant qu’on travaille davantage, qu’on performe constamment, qu’on porte davantage attention à sa personne ou à ses attentes.  Mais, soi-même, on négligera d’apporter son concours dans la circonstance, évitant d’admettre qu’on se sent incompétent ou qu’on est fort paresseux.  Dans tous les cas du genre, on en vient à fermer son cœur, à sevrer les autres et soi-même de son amour.  Et on attire de plus en plus dans sa vie ce qu’on redoute et veut éviter, d’où on finit souvent sa vie dans l’isolement amer.  Oui, la peur sait se déguiser de mille façons bien subtiles, travestissements qui amènent à faire son propre malheur et celui des autres.  On observera encore, par exemple, que c’est la peur des êtres en position de pouvoir ou en situation d’autorité qui ne se sentent pas à la hauteur de leur poste ou de leur rôle qui savent le mieux engendrer en eux ou chez les autres le sentiment d’infériorité.

Voilà autant de manières de renforcer ses peurs, alors qu’on avouera, feignant une sincérité apparente, viser le but opposé.  Même en psychologie, on reconnaît aujourd’hui qu’on expérimente les limites et qu’on élève des barrières parce qu’on se ferme à l’amour.  On ne peut s’en sortir qu’en se donnant plus d’amour et en en exprimant davantage aux autres.  Car le cœur exprime naturellement la confiance, l’acceptation des expériences nouvelles et la compréhension dans la simplicité.

L’approche métaphysique de la peur

Quand on sait co-créer son destin, avec le concours de l’Esprit, dans un partenariat d’égal à égal, on n’a jamais rien à craindre, car on vit au cœur de ses propres co-créations conscientes, choisissant normalement les plus bénéfiques.  Encore faut-il savoir trouver son propre foyer, prendre place dans la sphère qui permet de co-créer ces réalités bienfaisantes.  En suivant cette voie, même si on ne perçoit pas clairement ce qui se trouve au-delà de l’horizon, on possède au moins l’assurance spirituelle de ce qui s’y trouve.  Et on vit dans l’espérance, à défaut de vivre dans la foi.  Mais, pour vivre ainsi, il faut cespeur-approche-metaser de douter du résultat ultime du processus de la vie.  Si on croit en Dieu, qui oserait douter de sa puissance et de ses intentions tutélaires? La peur naît fondamentalement de la négation expresse ou tacite de Dieu qui amène à se méprendre sur soi-même, à mépriser la vie et à tuer ses messagers.  Celui qui vit dans la peur est sans cesse porté à se culpabiliser, s’extrayant de la paix à laquelle il a droit, paix inhérente à son héritage divin.

Certains disent croire en Dieu et en son pouvoir.  Pourtant, ils entretiennent consciemment ou inconsciemment cette croyance qu’il existe deux pouvoirs invisibles d’égale puissance: le Bien et le Mal.  Où ils cultivent cette pensée que les promesses de Dieu sont trop belles pour être vraies ou qu’elles leur restent inaccessibles.  Ils se justifient alors de prendre les promesses de Dieu pour des mensonges, se lançant dans une spiritualité étriquée de dépendance et d’intolérance.  Ceci fait, ils peuvent se permettre d’attribuer à Dieu des caractéristiques diaboliques, de coloration sadique, celles d’un Dieu jaloux, courroucé et vindicatif qui s’amuse à les effrayer, à les juger, à les punir.  Et ils finissent par se convaincre de devoir rejeter les promesses divines d’Alliance éternelle, d’amour inconditionnel, de pouvoir infini, de plénitude, niant du même coup les qualités ou les attributs divins de leur Étincelle divine.

Pourtant, il est aussi facile de concevoir la peur comme un instrument de l’amour de Dieu, comme l’aiguillon qui amène à se poser la question capitale relative à la raison de son séjour sur la terre.  Ainsi comprise, l’expérience de la peur pourrait être transformée en joie et en paix.  On accepterait de faire face à ses peurs et de chercher à comprendre qu’il s’agit simplement d’une épreuve qu’on s’impose pour grandir et se renforcer, épreuve du reste choisie avec l’accord de son Soi supérieur.  En vérité, la peur constitue l’illusion bénie qui émane de la dualité, du sentiment d’être séparé de Dieu, la Source de Tout.  Elle cache une leçon d’amour déguisée qui appelle à résoudre l’énigme, à trouver la solution adéquate.  Dès qu’on sait situer une peur dans sa juste perspective, qu’on sait reconnaître pourquoi elle se présente dans sa vie, celle-ci devient sourire et disparaît.  Le monstre a fait sa démonstration et il se dissout puisqu’il n’a plus de raison d’être.  On est devenu plus fort que lui.

Quelqu’un a bellement dit que la peur est « une plaisanterie lancée dans la nuit juste avant l’aurore ».  Car la peur stimule à développer ses connaissances pour amplifier son développement.  Elle ne vise rien d’autre qu’à faire acquérir une nouvelle force, qui modifie sa conscience, une fois qu’on l’a maîtrisée.  Plus encore, on s’impose soi-même ses peurs, pour mieux connaître les ténèbres dans lesquelles on avance à tâtons, pour les apprivoiser, s’établir des repères.  Les peurs ne sont jamais suscitées par des entités maléfiques extérieures à soi qui s’amusent à méduser ou à terroriser.  Aucune entité n’aurait reçu une telle permission de Dieu de s’amuser à faire peur aux autres.  Donc, toute peur provient de soi-même, d’un coin d’ombre qui demande à être éclairé ou illuminé.  Et c’est par l’intention qu’on se permet de vivre dans la peur ou d’en sortir.  Chacun est libre de ses choix.  Mais le choix de dissoudre une peur, au lieu de la fuir, contribue à élever son tonus vibratoire et celui de toute la planète.

L’être humain vit dans la peur parce qu’il ne sait pas qui il est, la créature la plus noble, la plus magnifique, la plus remarquable, la plus splendide, la plus originale et la plus puissante que Dieu ait engendrée.  Oubliant le «Je Suis» qu’il est, il se conçoit comme inférieur à Cela-Qu’il-Est, attirant par la Causalité toutes les peurs qui engendrent ses drames.  A cause des conséquences ataviques de son éducation,  l’être humain craint surtout que Dieu, son Créateur, l’aime de façon partielle, conditionnelle et limitée, à la manière des parents qui l’ont élevé.  Ainsi, il craint de lui déplaire, s’il déroge à des commandements présumés, voire d’être puni d’un bannissement éternel du Royaume et d’une damnation éternelle.  Ayant appris l’amour à la dure, il redoute un Dieu qui juge, récompense et punit, le rabaissant à sa mesure au lieu de s’élever à sa stature.

LA MISE EN ÉCHEC DE LA PEUR

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On parvient à mettre sa peur en échec en lui faisant face.  Mais il ne faut pas entendre ici l’expression faire face au sens de confrontation, comme deux mentaux qui s’affrontent, se défient, tentent de se terrasser mutuellement.  Confronter sa peur commence par l’acceptation de sa peur et la célébration de sa peur pour ce qu’elle peut apprendre sur soi-même.  Confronter sa peur consiste à la regarder en face en toute conscience, car ce que l’on affronte consciemment se dissout de soi dans cette lumière.  Dès qu’on accepte d’affronter sa peur, on reçoit le support de tout l’Univers pour s’en affranchir.  Inutile donc de nier sa peur.  Il faut l’accepter et la reconnaître pour ce qu’elle est.  Il est utile de savoir qu’une peur peut être partiellement transformée, si on sait respirer librement et profondément dès qu’elle se présente.  On peut pousser plus loin sa transmutation en mettant un terme à ses jugements de valeur et à ses critiques, autant par rapport à soi que par rapport aux autres, en appelant les Forces universelles à guider son intention dans ce qui doit être fait pour la dissoudre.  Si on se sent complètement démuni face à sa peur, on appelle alors la protection de la Conscience christique et de Michaël.

On devrait retenir que la peur peut s’emparer de soi à n’importe quel moment, tant et aussi longtemps que l’image que l’on se fait de soi ne s’accorde pas à celle qu’on voudrait présenter ou qu’on devrait avoir.  Toute peur découle de la déception ou de la frustration de se mentir sur un point ou sur un autre.  D’où la nécessité d’apprendre à ne pas se mentir à soi-même.  Nul besoin n’est de se concentrer sur une peur pour la voir disparaître.  Il suffit de s’unir à son Soi supérieur (sa sublime Présence «Je Suis»), pour accueillir intimement le sentiment de la paix intérieure.  En agissant ainsi, on parvient à exposer à la Lumière divine tous les aspects sombres de sa vie.  On verra alors son mental s’ouvrir à des idées nouvelles, à des solutions originales, à des réponses claires et précises, émanant en ligne droite de son âme pour exprimer un nouvel état de sérénité, de calme et de sécurité.  On comprendra alors l’avantage d’entretenir et de rayonner des pensées de paix et d’amour au lieu de réagir à tout ce qu’on redoute, de l’entretenir et de le nourrir.

Toute peur à laquelle on ne trouve pas une solution lumineuse continue à grandir à son insu.  La peur traduit souvent un relent de ses expériences enfantines alors qu’on a cru que ce sentiment était la meilleure façon d’appeler ses parents à l’aide pour écarter un danger à sa place, se sentant impuissant à le faire soi-même.  On devrait retenir que s’habituer à ses peurs, apprendre à faire bon ménage avec elles, peut rendre moins poltron ou couard par rapport à soi et plus tolérant par rapport aux autres.  Cependant, ce stratagème n’abolit pas ses peurs.  Une peur ne disparaît que si on l’a dissoute de la bonne façon.

Quelques observations pertinentes relatives à la peur

La peur, la peur, toujours la peur.  Nous la cultivons jusqu’à la peur d’avoir peur.  Voilà une émotion bien dissolvante, le plus grand frein à la créativité de l’homme.  En effet, qu’est-ce donc que la peur, sinon un sentiment vif d’inquiétude, fomenté par la pulsion de conservation, appelant à la vigilance, à la mise sur un pied d’alerte, jusqu’à la défense, motivé par une menace à sa sécurité, à son intégrité ou à son existence, menace plus souvent présumée que réelle.  Ainsi, nous gaspillons des énergies précieuses dans des émotions très souvent inutiles et dans des entreprises souvent futiles popeur-dans-le-quotidienur nous protéger.  La meilleure protection ne détournera jamais l’application de la Loi, car l’ignorance, l’indolence et l’incurie ne sont pas tenues pour elles pour des excuses valables.  Nul ne peut se protéger contre ses propres conneries !

Par manque de réalisme, d’adéquation, de courage, nous sommes toujours portés à grossir l’inconnu et l’impondérable, de sorte que nous nous battons souvent contre des moulins à vent.  Nous devrions moins nous torturer avec nos peurs qu’apprendre à agir de façon suffisamment consciente, donc lucide et cohérente, pour éviter de nous mettre dans le pétrin.  La peur déforme nos perceptions et nous enlève nos moyens, tendant à exagérer les difficultés et les obstacles, diminuant d’autant l’importance des aspects favorables qu’un événement ou une situation peuvent contenir.  Négatif, nous retenons davantage l’aspect néfaste de nos expériences.  Ainsi, l’irrationnel l’emporte sur nous et il nous amène à nous conduire comme des enfants ou comme des animaux.  Nous avons peur parce que nous manquons de sagesse et de clairvoyance.  Nous avons peur parce que nous persistons dans notre aveuglement au lieu d’y changer quelque chose.  Nous croyons toujours pouvoir défier la Loi et ses principes en toute impunité.

La peur peut d’abord s’expliquer par un relent de respect que nous gardons à l’endroit des choses sacrées, que nous avons désacralisées, rendues profanes, par manque de vision et d’aspiration spirituelles.  Tout homme porte en lui une crainte de Dieu innée et voilée.  Ainsi, chaque fois qu’il transgresse un principe naturel ou un principe cosmique, l’homme développe une culpabilité inconsciente.  Mais nous craignons aussi par manque de compréhension spirituelle.  Croyant, au hasard, à la chance, au sort, au miracle, nous craignons l’arbitraire de la vie qui, pensons-nous secrètement, pourrait nous enlever la vie sans prévenir.  C’est alors la pulsion de conservation qui crie et s’agite dans notre inconscient.  Puis, par manque d’expérience, nous craignons tout ce qui reste pour nous inconnu et impondérable parce que nous craignons de commettre des erreurs dont nous aurions à souffrir ou à nous repentir.

Mais la peur peut s’expliquer autrement.  Parce que nous n’avons pas appris à examiner les déclarations de notre entourage au fur et à mesure qu’elles nous étaient présentées et les avons acceptées de façon crédule, nous vivons souvent dans l’à-peu-près, l’hypothèse, la croyance, l’interprétation, le préjugé, le cliché, le stéréotype, l’idée préconçue, l’arrière-pensée.  Par l’application de ce que nous avons reçu sans discernement ni discrimination, nous devons souvent en payer le prix par l’erreur et l’échec.  Après, nous nous sentons justifiés et légitimés de craindre.  D’autant plus que nous sommes portés à nous déprécier et à nous culpabiliser de nos faiblesses.  Nous nous arrogeons ainsi le droit à l’inactivité, à l’improductivité, à l’hésitation, à l’indécision, sous prétexte de prudence.  Autrement dit, par manque de courage, nous renonçons à toute expérience la moindrement insécurisante.

Trop souvent, nous gâchons notre vie, en atermoyant, en louvoyant ou en refusant d’agir, par manque de sincérité et de droiture.  Car la peur, c’est le contraire de la force, de l’énergie, du dynamisme, de l’élan vital.  C’est la caricature de la foi.  Nous soumettons tout à notre peur animale, instinctive et nous refusons de vivre en raison de nombreuses inquiétudes inutiles.  La peur, c’est le langage de l’instinct primitif, du repli sur soi, du retrait de la vie, de la fragilité congénitale, de l’insécurité chronique ou de l’ignorance crasse.  Elle obscurcit la raison et durcit le cœur, empêchant souvent de saisir les bonnes occasions et de profiter des leçons salutaires.  Dans ce vaste Cosmos, rien ne peut menacer celui qui agit de façon consciente, en conformité avec la Loi.

À cause de la peur, nous nous empêchons souvent de considérer bien des aspects du réel comme changeables, améliorables, qui apparaissent inaltérables sans l’être vraiment.  La peur prend sa racine dans l’éducation de chacun, à la période de l’enfance, alors qu’on ne maîtrise pas son environnement et ne contrôle pas ses émotions, à cause d’un développement fragmentaire de la raison et du manque d’expérience.  À l’âge adulte, ces éléments archaïques et régressifs continuent inconsciemment à nous influencer.  Alors, nos forces naturelles restent largement emprisonnées.  La peur, c’est une paresse de la volonté.  En principe, Dieu seul est à craindre, car il est jaloux de ses créatures, dans le sens qu’il est rempli du zèle de les voir s’accomplir et de l’ardeur de voir à ce que son Plan cosmique, que l’on appelle souvent sa Volonté céleste, suive son cours, dans l’ordre et l’harmonie.  Les périls hypothétiques ne hantent et n’épouvantent que les âmes timorées, avortées à l’avance.

Les Sages orientaux aiment à répéter à leurs chelas : ((Ne crains rien, car il n’y a rien d’autre à craindre que la peur.))  En effet, la peur corrode et paralyse toutes les facultés, drainant dans la négativité une large part des énergies vives de l’être humain.  La peur, c’est la foi à l’envers ou à rebours, soit accorder plus de force au mal qu’au bien.  Elle naît de l’ignorance de sa réalité et de ses potentiels et de la crainte de l’avenir.  Celui qui a peur dénote qu’il est encore perdu dans l’énergie illusoire, le matérialisme stérile, craignant que sa vie, sa santé, ses êtres chers, ses avoirs lui soient arbitrairement enlevés.  C’est le lot d’un être dénué de conscience spirituelle.

La peur, c’est une insulte au bon sens, comme au sens spirituel.  On craint aussi longtemps qu’on reconnaît deux forces opposées, d’égale force, en action dans le Monde ou qu’on s’obstine à ne rien vouloir changer dans les choix erratiques de sa vie.  L’homme veut accéder au bonheur sans rien changer à ses expériences, car il compte pouvoir transgresser les principes vitaux à leur insu.  Il peut bien s’inventer des fantômes qui finissent par engendrer des monstres et des vampires.  La peur bloque la circulation des énergies, d’où la santé physique et la clarté mentale s’altèrent, car elle obscurcit la vision spirituelle et met un frein à l’aspiration évolutive.  C’est le pire poison, capable d’entraver l’action des forces spirituelles.  Sans compter que l’on s’attire toujours ce que l’on craint.  La peur est l’émotion la plus vive, d’où elle manifeste rapidement la menace présumée.  Elle attire toujours dans la vie le contraire de ce que l’on veut vivre.  Alors, on peut se plaindre, comme l’apôtre Paul, que tout ce que l’on veut n’arrive pas et que tout ce que l’on ne veut pas arrive.

La peur repose sur un sentiment d’incomplétude, de faiblesse, de vulnérabilité, d’insécurité qui porte à croire que la vie est une menace constante à son intégrité et à ses aspirations.  Elle relève d’une fausse identification mentale avec la réalité.  Car la peur naît d’un mental obsédé, obscurci, qui a toujours peur de perdre sa primauté et sa suprématie.  Alors, il est toujours sur la défensive, hostile, prêt à l’attaque ou à la fuite, fomentant l’agressivité.  L’homme a toujours peur de perdre quelque chose et il anticipe d’autant plus puissamment ses pertes qu’il est attaché à ses biens.

Nous devrons tous admettre, tôt ou tard, que nous avons toujours souffert bien davantage de nos peurs appréhendées et de nos faux pressentiments que des situations et des événements réels.  Pour qui mène une bonne vie, le pire est toujours passé et le meilleur viendra toujours dans l’avenir.  Alors, pourquoi tant craindre ce qui ne s’est jamais produit?  C’est se livrer stupidement au doute et à l’incertitude, donc à l’improductivité.  Il faut toujours être créateur, inventif, constructif!  Les énergies que l’on consacre à nourrir ses peurs, on ne les possède plus pour alimenter ses projets évolutifs!  Voilà ce qui s’appelle, à proprement parler, de la prostitution mentale: faire dévier les énergies de leur but spirituel, les dévoyer, les investir dans des pensées négatives et involutives.  C’est donner de la force au grand adversaire de l’humanité, maître de la densité, l’intellect, le plus subtil des séducteurs.  Le malin sait que ce qu’on lui donne, on ne peut pas le donner à Dieu et à son évolution personnelle.  La peur et le doute sont les deux armes de Satan.

La peur, c’est le tocsin qui annonce un péril réel ou présumé pour celui qui est resté immature, dont la sagesse et l’intelligence sont restées fragmentaires, par manque d’expérience.  Dans la peur, l’irrationnel gagne toujours sur la conscience, conduisant à la paralysie ou aux comportements erratiques.  Pourquoi l’homme craint-il toujours tant des maux qui ne se sont jamais produits?  Il craint de se faire enlever le peu qu’il a, d’être sanctionné injustement, de disparaître sans justification, d’être privé de ses droits, de ne pas recevoir son dû, de ne pas être aimé.  C’est oublier que Dieu ne juge pas, ne punit pas, ne récompense pas, ne favorise pas, n’accorde pas de privilèges, n’accomplit jamais de prodiges ni de miracles.  Pour Dieu, tous ses enfants sont égaux et d’une égale dignité.  Il laisse simplement agir sa Loi.

L’homme vit toujours tendu, stressé, oubliant qu’il s’injecte ainsi de fortes doses d’adrénaline et d’autres substances toxiques qui empoisonnent progressivement son organisme.  Celui qui sent ainsi une menace constante devrait se rappeler qu’il doit avoir mauvaise conscience ou avoir oublié ses origines spirituelles.  Il faut dissoudre ces éléments anachroniques et rétrogrades dans la lumière, car la peur mène vers l’involution, non vers l’accomplissement.  Il faut savoir avancer avec audace et courage dans la vie, car le Ciel appartient aux audacieux et le Royaume aux courageux.

Celui qui a peur vit sans cesse dans l’hostilité et il mène une vie bien solitaire, étonné que ceux qu’il aime le désertent.  Alors, pour compenser à son ennui et à son vide, il cherche toujours à s’emparer des choses avant les autres, de se faire favoriser en tout, à être ménagé (même s’il en est indigne), à influencer et à infléchir la volonté des autres, à attirer la protection et l’attention, à être pris en charge, défendu, protégé.  Les autres ont toujours tort.  Pourtant, il ne compte que sur eux pour vivre.  Il n’est mû que par le principe du plaisir, évitant toujours toute situation déplaisante, impérieux avec les autres ou adroitement subtil, pour les manipuler ou les asservir.  Il veut toujours attirer la pitié et l’indulgence, mais, lui, il fomente les guerres, les rivalités et les dissensions.

Celui qui a peur n’a pas résolu son conflit entre la Matière et l’Esprit.  Se sentant petit, oppressé, il se complait dans les erreurs de son passé.  D’où il conserve toutes les raisons de craindre l’avenir.  Il doit rétablir son contrat d’Alliance avec Dieu, se rappelant qu’avec lui, il peut tout; qu’avec lui, il forme une majorité; qu’avec lui, il détient l’appui de tout le Cosmos.  Mais Dieu lui demandera sûrement de renoncer à ce qui l’entrave et auquel il accorde tant de prix afin de lui faire comprendre qu’il n’a pas intérêt à s’encombrer dans la vie et qu’il ne peut reconnaître le vrai sens et la véritable valeur des choses que lorsqu’il les a perdues.  Quant il aura tout perdu, il comprendra qu’il n’a plus rien à perdre, que l’important, c’est la vie et qu’il faut toujours subordonner les moyens à sa fin évolutive.

On craint tant et aussi longtemps qu’on n’a pas compris le sens de la vie.  Mais pour comprendre le sens de la vie, il faut se convertir, c’est-à-dire retourner sa conscience, abandonner les valeurs extérieures pour s’intérioriser et y trouver les trésors imputrescibles, ses potentiels prodigieux.

LES PEURS LES PLUS FRÉQUENTES

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La peur de l’avenir…

Cette peur provient occasionnellement d’un éclair de prémonition qui annonce un événement pénible ou malencontreux.  Elle peut également naître d’une identification excessive aux autres qui fait que, par symbiose, on épouse leurs propres peurs.  Voila ce qui se produit, par exemple, dans une famille émotive, où tous les membres craignent les mêmes choses.  Mais, en général, cette peur provient d’un mélange instinctif de souvenirs anciens douloureux qui, par la mémoire, amène l’anticipation de les voir se répéter, si on vit une expérience similaire, peut-être même de les accroître.  Autrement dit, le sujet a peur de répéter ses erreurs et d’avoir encore à en souffrir.  La peur de l’avenir peut encore découler de faux pressentiments; d’un comportement égoïste et culpabilisant; d’un manque de confiance en soi ou d’un doute sur ses capacités; d’une absence de scrupule qu’on sait pouvoir entraîner dans des choix téméraires; d’une propension à se fixer des objectifs irréalistes ou dépassant ses capacités; d’une imagination purement débridée qui amène à craindre tout avant même d’essayer; d’un amour exagéré du pouvoir qui incline à toujours chercher à recourir à des rapports de force.

Très souvent, la peur de l’avenir réfère à quelque chose que l’âme connaît à un niveau ou l’autre du subconscient, mais qu’elle ne parvient pas à clarifier dans sa conscience extérieure.  Il s’agit, dans nombre de cas, de la résurgence dans la mémoire consciente d’un élément obscur d’une expérience lointaine, du souvenir vague d’un élément erratique tapi dans les profondeurs de l’âme.  Alors, on redoute que cet élément d’un passé bouleversant laisse présumer un futur encore plus éprouvant, d’où on ne lui permet pas de monter librement à la surface.  Aussi continue-t-on à ressentir comme une menace imminente, pouvant engendrer un état de panique artificiel à ce niveau du subconscient.  Cela témoigne d’une inaptitude à harmoniser les composantes intérieures de son être, composantes inharmonieuses intimes qui peuvent engendrer le chaos dans son monde extérieur.

La peur de l’échec…

Cette peur découle d’un sentiment d’incomplétude et d’inaccomplissement (fragilité humaine ou vulnérabilité psychique en regard de la perfectibilité humaine; ressentir de sa petitesse ou de son insignifiance; complexe d’infériorité, manque de confiance en soi ou image dévalorisée de soi; souvenir d’échecs antérieurs; admiration outrée pour les autres; manque de connaissance et d’expérience personnelles; peur de l’effort; propension à suivre le principe de la moindre résistance; manque d’occasions favorables dans le passé).

À la vérité, l’homme est un être perfectible et peccable.  Tout en vivant la perfection du moment, il n’est pas un être parfait et complètement accompli.  Il sait naturellement qu’il doit apprendre par erreurs et réussites, jusqu’à ce qu’il ait atteint son complet développement, ce qui se produit par le passage d’une vérité partielle à une vérité toujours plus certaine.  Il peut ainsi avoir spontanément peur de commettre des erreurs et d’avoir à en souffrir, surtout s’il manque d’élan vital ou de courage et s’il est porté à se culpabiliser, à se déprécier, à s’inférioriser ou à se formaliser facilement.

Placé entre deux infinis, la Matière et l’Esprit, il peut également douter de ses capacités évolutives, pris dans une sorte de vertige paralysant.  Certains auront plutôt peur de l’échec parce qu’ils ont le sentiment de ne pas réussir à inspirer d’amour ou d’admiration chez leurs proches, l’appréciation des autres étant fort utile dans l’élaboration de l’image de soi.  Ils peuvent se croire sous-estimés de la part de leur entourage et être incapables d’identifier les bonnes occasions.

Cette même peur peut même traverser une grande âme, par exemple un néophyte sur le Sentier mystique, du fait qu’il a établi un contact éphémère et fugace avec son âme, comprenant les possibilités qui s’offrent à lui, mais qui, pour l’instant l’insécurisent et le dépassent.  Il se sent alors impuissant et inexpérimenté par rapport à la tâche qu’il pressent devoir accomplir.  Peut-être encore se sent-il bien petit par rapport à la qualité des êtres avec lesquels ses techniques lui ont permis d’entrer en communication.

La peur de l’inconnu…

Cette peur peut largement s’expliquer par les observations à propos de la «peur de l’avenir».  En effet, l’expression peur de l’inconnu est en soi absurde.  Comment peut-on craindre ce que l’on ne connaît pas encore?  Si on devait craindre tout ce qu’on ne connaît pas, on vivrait caché et reclus, refusant de faire toute expérience nouvelle et de rencontrer tout étranger.  Il s’agit plutôt d’une peur de l’avenir, jumelée à une peur de l’échec.  L’homme craint moins l’inconnu que l’avenir, dans lequel il craint de répéter des erreurs du passé, dont il a beaucoup souffert, et d’avoir à en souffrir encore autant.  A vrai dire, c’est manquer de confiance à sa compréhension et s’avouer qu’on n’a pas retiré beaucoup de sagesse des leçons du passé.

La Rose-Croix explique ainsi cette peur: ((La peur de l’inconnu est causée par l’ignorance de l’homme quant à sa propre nature et aux lois cosmiques et par la substitution d’idées horribles et fantastiques à la connaissance véritable.))  Elle est donc synonyme d’imagination trop fertile, débridée; il s’agit d’une forme-pensée élaborée à partir de concepts erronés et de croyances hypothétiques, souvent superstitieuses, par rapport aux révélations cosmiques.

Cette peur découle souvent de l’activité mal comprise du Gardien du Seuil.  En effet, les êtres grossiers ne parviennent pas à s’élever très haut sur les plans subtils en raison de leur ambition, de leur propension à la jouissance, de leur esprit de domination, de leur esprit de possession.  Ils le révèlent souvent par leurs désirs effrénés et leur manque de scrupule.  D’autres se laissent dominer par la peur de l’invisible, se formant, à l’égard de l’Au-delà, des pensées bien fantastiques et apeurantes.  D’autres enfin tentent d’investir toutes leurs énergies mentales à des fins égoïstes, appliquant les connaissances qu’ils ont acquises à des fins personnelles trop égocentriques et matérialistes.  Tous ces gens portent ainsi une culpabilité inconsciente bien légitime.

La peur de la mort…

Cette peur naît du fait que l’homme est naturellement terrorisé par l’idée d’une dissociation ou d’une dissolution de son être, surtout si elle doit être finale, parce qu’il dit croire à l’immortalité de l’âme, mais il n’agit pas de façon très conséquente avec sa croyance.  Il redoute aussi la part d’inconnu et d’indéfinissable dans l’expérience de l’agonie et de la transition.  Il redoute ce qu’il peut découvrir de l’autre côté de la trame visible.  À voir comment les gens autopeur-observations-pertinentesur de lui vivent, vieillissent et meurent, souvent à la suite d’une grave maladie, l’homme a encore raison de redouter la mort qu’il perçoit comme un phénomène inéluctable qui inclut la douleur.  Il peut aussi se sentir bien triste d’avoir à laisser des êtres chers ou d’être laissé derrière eux, encore pris dans l’illusion de la séparativité.

Car la majorité des gens ignorent que tous les plans de conscience, interdépendants, sont liés.  Vaguement informé par l’astral ou l’inconscient –puisque certains sont plus réceptifs qu’ils ne le croient– un sujet particulier peut avoir été informé de morts violentes ou d’agonies pénibles qu’il redoute devoir lui-même vivre.  D’un autre point de vue, un être très attaché au monde formel et à ses biens n’acceptera sûrement pas facilement l’idée d’avoir à mourir un jour, sachant qu’il ne pourra pas amener avec lui son paradis artificiel dans l’invisible.  Comme on dit, le coffre-fort suit rarement le corbillard.

Mais on peut croire que la peur de la mort provient surtout des explications religieuses et des enseignements moraux qui, pour avoir mal défini ces réalités, ont développé un culte morbide autour de la mort.  En outre, ils ont développé dans des consciences fragiles un grand sentiment de culpabilité, par crainte de sanctions pénibles après le Grand Passage.

La peur de la mort constitue l’amende que la conscience enténébrée doit payer pour avoir accepté de s’identifier à un corps comme entité distincte du fonctionnement universel.  Il n’y a que ce qui commence qui peut finir, comme il n’y a que ce qui naît qui craint de mourir.  Ainsi se mène l’étude de la Vie qui va du Néant à la Présence infinie.  Pourtant, la naissance ne peut rien donner, de la même manière que la mort ne peut rien prendre.  Rien ne sert de vivre dans la crainte de la mort.

Il vaut mieux vivre sans penser à la mort.  La mort s’occupera d’elle-même à son heure, quand l’Invité divin retournera à son Royaume éternel, s’il choisit de partir par ce genre de transition.  Quand on a grand sommeil, on ne pense à rien d’autre qu’à s’abandonner émerveillé à l’assoupissement.  À la fin de son cycle, l’âme exhale son dernier souffle du corps dans ce même état, soit dans un moment d’ivresse ou d’extase.  C’est parce qu’on vit en redoutant trop longtemps ce moment magique qu’on se prépare une longue et pénible agonie.  Quant à l’âme, elle ne craint pas la souffrance, l’anéantissement, la séparation, car ces ressentis ne relèvent pas d’elle.

La peur de l’invisible…

Avec l’acceptation consciente et le consentement tacite, la peur est la seule émotion qui peut donner du pouvoir sur soi à une entité ténébreuse.  Les Entités lumineuses n’étant pas à redouter.  Aucun être, si puissant qu’il soit, n’a d’ascendant sur soi à moins qu’on lui cède son pouvoir.  Pour celui qui garde sa pensée rivée sur Dieu, la peur perd son sens et son pouvoir, car aucune entité obscure ne peut rivaliser en pouvoir avec l’Esprit suprême.  Aucune entité ténébreuse ne pourrait obtenir de Dieu la permission de torturer un être par la peur et elle ne détient pas, en elle-même, ce pouvoir.

Tout être se torture donc lui-même par ses peurs, ces monstres imaginaires qui deviennent ses vampires, s’il les nourrit.  La seule crainte légitime, c’est celle de déplaire à Dieu parce qu’on agit à l’encontre de sa Volonté.  Or la Volonté de Dieu, pour chacun, c’est qu’il soit heureux dans son Amour, en agissant toujours au meilleur de sa conscience et de ses moyens, pour évoluer sans cesse.  Dieu n’appelle chacun qu’à agir dans la perfection du moment, non dans la Perfection des perfections, ce qui se produira de soi, à son heure.  Celui qui avance avec Dieu sur la Voie royale est assuré de sa protection parfaite à tous les instants.  Il faut cesser de servir deux maîtres, considérés comme égaux en pouvoir, Dieu et Satan.  Dieu est le Créateur et le Maître de Satan et de toutes les forces des ténèbres.

La peur de l’engagement…

Celui qui a peur de s’engager dans une relation le fait parce qu’il perçoit l’engagement comme une menace à sa liberté.  Il craint de devenir le prisonnier d’une autre personne parce qu’il est un excellent geôlier pour lui-même.  Il craint d’être restreint dans sa liberté et d’en souffrir.  Souvent l’explication de cette peur se loge plutôt dans la peur du rejet ou dans l’incapacité d’accepter des responsabilités, ce qui est un signe d’immaturité.  Quoi qu’il en soit, nul n’est obligé de s’engager envers personne d’autre que lui-même.  Ce qui est demandé à chacun, c’est d’être fidèle à la nécessité d’évoluer sans cesse à son rythme et selon sa conception.

La peur des animaux…

Dans les animaux concrets, ce sont ses propres animaux intérieurs, ses énergies inconsciemment dévastatrices, ses pulsions délétères inaccomplies, ses émotions turbulentes et destructrices, que l’homme redoute.  Les animaux physiques ne sont qu’un symbole de ses problèmes intérieurs.  L’homme craint les pulsions intimes dont il ne connaît pas trop la dynamique.  Les psychologues expliquent cette peur comme un relent du complexe de castration, comme peur-animauxla répercussion d’une brutalité sensuelle, comme une réaction de l’empire des sens.  Celui qui craint les animaux peut encore redouter d’être dévoré par ses aspirations, craignant de ne pas être à la hauteur de ses perspectives ou d’y engloutir toutes ses énergies vives, comme il peut craindre de ne pas être à la hauteur du modèle idéal qu’on lui présente.  La peur des animaux peut encore expliquer un comportement grossier, compris comme animal ou trop instinctif; révéler une peur de l’effort soutenu; rappeler une autorité parentale excessive au cours de l’enfance.

Chose certaine, chaque animal correspond alors à une angoisse particulière.  Exemple: ours = voracité ou imprévisibilité des réactions; serpent = manque de sagesse, intellect raisonneur ou diviseur, intelligence rampante ou peur de la sexualité masculine; araignée = femme castratrice ou engluante par son affectivité, portée à former un cocon autour des êtres chers; mouches = pensées volages et obsédantes;  difficulté à prendre du recul face à une situation.  Etc.  etc…

La peur des autres… 

Quand on a peur des autres, c’est qu’on se redoute soi-même, et précisément sur les mêmes points dont on suspecte les autres.  On ne peut juger que de ce que l’on porte soi-même en soi, en vice comme en vertu.

La peur du changement…

Puisque tout change et se transforme, il faut rester dans le mouvement de la vie, savoir constamment se renouveler.  Celui qui résiste à la nouveauté tient sûrement, inconsciemment, à détourner l’énergie pour la mettre au service de ses propres fins.  Il tente de se fixer dans l’immobilité pour protéger ses acquis, ce qu’il est impossible de faire.  Qui n’avance pas stagne pour un temps, pour enfin régresser.

Celui qui n’accepte pas de changer s’abandonne à l’illusion de l’inertie, par paresse ou léthargie.  Il manque de motivation et incline, à son insu, vers la destruction et la mort.  Qui refuse de changer l’état actuel des choses nie sa possibilité de changer, donc d’évoluer, d’ouvrir sa conscience.  Il agit généralement ainsi parce qu’il redoute l’étape d’inconfort inhérent à toute transition d’un état à un autre.  Il préfère ses habitudes sclérosantes qui engendrent la monotonie et confinent à l’ennui.

Pour celui qui a peur du changement, ses vieilles structures lui apparaissent plus sûres et sécurisantes que les nouvelles.  Il s’expose ainsi à s’enfoncer dans ses ornières et à s’enliser.  Il craint d’abandonner la vieille peau de son identité actuelle parce qu’il croit pouvoir se maintenir dans une continuité statique ou intangible.  Il faut se laisser porter par le mouvement de la vie sans résistance, comme un atome unique de lumière qui fait partie du grand ensemble qui contient tous les êtres.

La peur du manque, de la pénurie ou de la limitation…

L’homme investit tellement d’énergie dans la «sueur de bras» –le labeur physique– méconnaissant la technique de la «sueur du front» –la proclamation créatrice– qu’il n’y a rien d’étonnant à le voir craindre de manquer des biens qu’il dit essentiels.  Sans compter que l’essentiel constitue souvent pour lui le superflu.  L’homme doute ainsi de l’aptitude de Dieu, le Grand Pourvoyeur universel, à combler tous ses besoins dans l’immédiat.  Du reste, pavariceeu de gens, dans son environnement, lui ont donné la démonstration de la loi de la Manifestation immédiate.  Pour lui, «Regardez les petits oiseaux…  Regardez les lis des champs…,» ce sont les propos d’un prophète illuminé.

Ainsi, l’homme a toujours peur de manquer de moyens; de perdre sa santé ou son emploi;  d’avoir à se limiter;  de perdre arbitrairement le peu qu’il possède (le feu, l’eau, le vent, les tremblements de terre contre lesquels il s’assure); de ne pas être rétribué correctement; de ne pas être apprécié à sa juste valeur.  Certains témoignent plutôt d’un esprit dépendant et indolent et ne vivent que pour se faire prendre en charge, de sorte qu’il leur en coûte beaucoup de se mettre à l’œuvre pour renouveler leurs biens de subsistance.

Cette peur se fonde sur un sentiment d’infériorité ou sur un orgueil démesuré (vanité, prétention, ostentation, narcissisme, exhibitionnisme).  Elle peut encore naître chez une personne qui a été humiliée de façon répétée dans son passé, qui se fixe des buts trop ambitieux, qui se sent écrasée par ses responsabilités, qui est portée à trop s’avancer par excès de spontanéité ou par esprit de défi.

L’être trop perfectionniste n’aimera pas non plus la moquerie.  Nombre de personnes ont également peur du ridicule par manque de confiance en elles, à cause d’une conscience scrupuleuse, trop pudique ou timorée.  Cette peur exprime toujours une vulnérabilité par laquelle on traduit maladroitement un appel à l’aide.

Voila le comble de la peur, la quintessence de l’esprit involutif.  Cette peur trahit l’expression d’une âme paralysée, avortée, qui considère tous les aspects de la vie comme inchangeables ou comme la dépassant.  Elle découle d’une déformation des perceptions qui porte à grossir les difficultés et les obstacles.  Voilà un excellent moyen de se justifier de ne jamais rien faire; de chercher à être pris formellement en charge; de réclamer la pitié pour soi; d’appeler la paix dans son petit monde refermé; comme d’échapper au dialogue avec les autres et avec la Vie.

La peur du ridicule…

Cette peur se fonde sur un réflexe infantile, qui découle d’un esprit profondément immature, chez un être dont la vie affective occupe généralement la première place (appel à être aimé plus qu’on ne veut aimer, à être servi plus qu’on ne veut s’investir).  Cette peur peut enfin surgir d’un manque de compréhension spirituelle: celui qui ignore la dynamique de la vie ne la sait pas fondée sur la loi d’Action et Réaction, d’où il peut craindre son arbitraire.

Chose certaine, celui qui a toujours peur d’avoir peur ignore qu’il est seul responsable de son propre destin, qu’il n’a qu’à faire les bons choix.  Sinon, il doit faire preuve de veulerie et d’apathie ou être dénué de toute aspiration évolutive.

La peur d’avoir peur…

Voila le comble de la peur, la quintessence de l’esprit involutif, le sommet de l’infantilisme.  Cette peur trahit l’expression d’une âme paralysée, avortée, qui considpeur-sociologieère tous les aspects de la vie comme inchangeables ou comme la dépassant.  Elle découle d’une déformation des perceptions qui porte à grossir les difficultés et les obstacles.  Voilà un excellent moyen de se justifier de ne jamais rien faire; de chercher à être pris formellement en charge; de réclamer la pitié pour soi; d’appeler la paix dans son petit monde refermé; comme d’échapper au dialogue avec les autres et avec la Vie.

Cette peur se fonde sur un réflexe infantile, qui découle d’un esprit profondément immature, chez un être dont la vie affective occupe généralement la première place (appel à être aimé plus qu’on ne veut aimer, à être servi plus qu’on ne veut s’investir).  Cette peur peut enfin surgir d’un manque de compréhension spirituelle: celui qui ignore la dynamique de la vie ne la sait pas fondée sur la loi d’Action et Réaction, d’où il peut craindre son arbitraire.

Chose certaine, celui qui a toujours peur d’avoir peur ignore qu’il est seul responsable de son propre destin, qu’il n’a qu’à faire les bons choix.  Sinon, il doit faire preuve de veulerie et d’apathie ou être dénué de toute aspiration évolutive.

Une petite conclusion à la va-vite…

Comme on peut le constater, l’être humain est mentalement sclérosé, enfermé dans ses cercles vicieux, pris dans son labyrinthe souterrain, dont il ne trouve pas l’issue, occupé à jouer avec ses illusions délétères, parce qu’il s’est coupé de l’Absolu, la Source de toute sécurité et de toute sérénité.  Comme il craint la vie, il ne reçoit que peu d’elle et il passe à côté de son expérience évolutive, devant se réincarner de multiples fois pour finir pas comprendre le Grand Jeu amoureux de la Vie, que seul son degré d’ignorance ou d’inconscience peut tourner en drame.  Il passe son temps à se raconter des peurs… et des mensonges… peu enclin à faire ce qu’il faut pour se sortir de son pétrin, c’est-à-dire pour ouvrir sa conscience, en faire la priorité de son destin d’être incarné.

© 1982-2015, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

 

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