LA MORALITÉ FLUCTUE AU GRÉ DES VALEURS DE CHAQUE ÉPOQUE… 

La moralité désigne le caractère de ce qui est conforme aux principes éthiques d’une religion.

L’être humain ne peut être dit un «être moral» que dans le sens où il détient le pouvoir de discerner l’Esprit et de choisir là vérité pour s’élaborer un système de valeur.  Il représente une créature dotée des attributs de la responsabilité spirituelle et du potentiel d’immortalité.  Toute volonté humaine qui s’occupe uniquement de prendre des décisions temporelles, donc se rapportant aux problèmes matériels de l’existence animale et végétative, est condamnée à périr en son temps.  La volonté qui prend des décisions spirituelles ou fait des choix spirituels inconditionnels s’imoralitédentifie progressivement avec l’Esprit intérieur et divin.  Ces décisions se transforment de plus en plus en valeurs de survie éternelle, car elles s’inscrivent dans une progression sans fin de services divins successifs.

À la rigueur, bien qu’il ne fasse pas partie du vocabulaire de la vraie spiritualité, qui préfère la notion de «modération», le mot «moralité» est acceptable dans la mesure où on le définit comme une expérience vers la recherche du bien, donc qu’il contribue à acquérir plus d’être.  Sauf que,  qui peut ici donner une exacte notion du bien à part soi-même?  Car le bien ne peut être défini à partir de certaines règles établies par l’être humain qui deviendraient des critères absolus pour tous ses semblables, pour tous les membres de l’humanité.

Il faut comprendre qu’un principe n’a jamais de valeur que celle qu’un être lui accorde personnellement par le discernement et il n’implique que lui.  Ainsi, la définition de la moralité doit être dégagée de toute recherche intéressée quelle qu’elle soit et elle ne doit s’appliquer qu’à ceux qui veulent y adhérer.  Ce n’est pas prôner l’irresponsabilité ni l’immoralité, mais le respect du libre arbitre.  Au fond, la moralité ne doit-elle pas viser à l’épanouissement véritable de l’être et de la société?  Or un être ne découvre toute sa valeur que s’il peut être différent, personnel, original, équilibré.  Le mot «moralité» pourrait être remplacé par «sens des valeurs» au sens de critères temporaires de référence.

La moralité se fonde sur ce qui est exposé par les diverses théologies comme des faits révélés au niveau des écrits sacrés des sectes religieuses, car toutes les religions sont des sectes du fait qu’elles ne reçoivent pas un assentiment absolument universel.  Autrement dit, pour toute religion, tous ceux qui n’en font pas partie sont réputés faire partie d’une secte ou d’un groupement hérétique.  On lui attribue une aura de divinité par la croyance que ces textes sont tous directement inspirés de Dieu, même si parfois ils révèlent des contradictions entre eux.  Les droits de l’un cessent là où ceux des autres commencent.  Dans son univers, un être n’a que des droits, mais, en regard de l’autre, il détient des devoirs.

Tout esprit libéral dégagé des préjugés reconnaîtra que l’Humanité ne s’est pas encore entendue universellement sur la notion de bien dans la moralité.  Certains préceptes moraux, transmis de génération en génération, se fondent sur l’interprétation de personnes qui vivaient dans des sociétés bien moins instruites, éclairée et affranchies que les nôtres.  Aussi apparaît-il clairement que ces préceptes du passé, tels qu’ils sont encore proclamés, revêtent peu de valeur courante et pratique aujourd’hui.  Néanmoins, certains postulats éthiques et moraux, en dehors de toute connotation religieuse ou sectaire, conservent une valeur et une portée sociale permanente, ne serait-ce que pour des raisons pragmatiques d’ordre social et de développement humain.

Toutefois, dans la société, la moralité doit viser à amener ses membres à transcender leur nature instinctive en poursuivant des visées spirituelles.  Ainsi, elle apparaît  comme un bien supérieur à la sensualité.  Mais cette moralité ne doit pas favoriser l’expression d’une religion dominante, elle doit d’abord poursuivre des buts pragmatiques, donc se présenter comme un guide d’équité dans l’exercice des droits humains.  Considérer la moralité comme une restriction religieuse à la liberté personnelle au point de la rejeter, c’est ouvrir la porte toute grande à la criminalité.  La moralité doit empêcher la permissivité et prévenir l’exploitation du faible par le fort, du pauvre par le riche, de l’ignorant par l’instruit, du simple par l’autoritaire.  Elle doit défendre les libertés de penser, de parler et d’agir dans les limites nécessaires d’une société stable.   Elle doit fournir à chacun les moyens de se réaliser.  Elle doit favoriser la poursuite du bonheur.  Elle doit assurer la sécurité de la personne et de ses possessions.  Elle doit aussi stimuler à une quête spirituelle libre et éclairée.

À proprement parler, la morale n’a aucun fondement cosmique puisque des lois y suppléent.  Ce n’est pas parce que le spiritualiste ou le mystique refuse la morale qu’il dconfessionnalevient laxiste: il se sait soumis aux lois de la vie, qui, par le jeu de cause à effet, peuvent l’élever ou l’abaisser, l’aider à s’accomplir ou à se détruire.  La morale est un ensemble d’édits et de critères formés par la société et la religion par laquelle l’Humanité veut se protéger artificiellement.  Mais, dans son application, elle implique toujours une contrainte arbitraire.  Elle uniformise les interdits alors que, dans la réalité, une chose peut convenir à l’un qui ne convient pas à d’autres.  Ainsi, elle standardise les normes et brime la personnalité.  Rien n’est mauvais en soi.  Le bien et le mal naissent dans le mental de celui qui les conçoit, alors que ces notions ne contribuent qu’à l’enfermer dans la densité et la dualité.

En soi, la morale doit favoriser l’acquisition de ce qui est nécessaire pour l’accomplissement du plan humain.  Chacun doit s’édifier un système de valeurs.  La morale ne doit donc pas devenir inhibitrice de l’évolution personnelle.  Elle doit s’offrir comme un instrument.de maîtrise pour contrer les effets de l’inertie et de la gravité de la matière.  En ce sens, l’immoralité est moins préjudiciable que l’amoralité, car cette inertie du sens des valeurs tue la conscience elle-même.  La seule morale qui puisse être prise en considération, c’est le système de valeurspersonnel que la personne doit édifier progressivement pour connaître une vie équilibrée.  Les normes traditionnelles ont fait faillite, conduisant plus souvent au fanatisme et au sectarisme qu’à la libération.  Chacun doit comprendre le sens de sa liberté pour atteindre sa fin ultime.  On peut trouver dans les expressions propreté du miroir mental, santé psychique et odeur de sainteté des synonymes du mot moralité.

L’état de spiritualité que cherche à réaliser l’amour, par le cœur, est amoral, en ce sens qu’il transcende les conceptions des époques, des cultures et des sociétés.  Et même si elle n’en conçoit pas la signification et la portée complètes, l’Humanité s’ouvre quand même à cette réalité.  L’Esprit se rit des critères subjectifs du mental qui classe tout dans des catégories de bien et de mal.  Pour lui, tout est, tout simplement.  Du reste, le mal n’est jamais dans une chose, mais dans l’usage qu’on en fait.  Le mal réside dans le manque de pureté d’intention ou dans l’abus en trop ou en pas assez.

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