LA PEUR DE COMMETTRE UN ACTE RÉPRÉHENSIBLE PUNISSABLE DES TOURMENTS DE L’ENFER…

   Ah! ce que cette expression, «mauvaise action» peut avoir couvert de sens, chez nombre de fidèles ou d’adeptes des religions, à l’époque où la majorité des êtres incarnés craignaient encore, par pudeur, d’appeler un chat un chat et qu’ils redoutaient tant le courroux divin!  Incidemment, la mauvaise action réfère à ce qu’on appelait plus justement le péché.

  En fait, celui qui commence à peine à se tirer d’une morale sévère garde longtemps en lui la peur de commettre une mauvaise action, surtout si on lui a appris que certaines d’elles peuvent mener à la damnation éterngood-or-evilelle.  Il n’est pas facile pour lui de concevoir que, dans la spiritualité réelle, les notions de Dieu vengeur ou punisseur;  de bien et de mal;  de péché;  de ciel, de purgatoire, de limbes et d’enfer; de damnation temporaire ou éternelle;  de diable;  tout cela n’existe pas.  Aussi, à moins de soudain réagir à une éducation trop rigide, ce n’est pas demain la veille qu’il se permettra d’incliner vers l’hédonisme ou l’épicurisme.  Plutôt, il mènera trop longtemps une existence terne, compassée, dans la peur de rencontrer des monstres qui ne pourraient être que le reflet de son psychisme angoissé ou tordu.

   De toute évidence, chacun doit éviter de commettre le mal sciemment, ce qui reviendrait à aller à l’encontre de sa mission terrestre et à se détruire.  Mais tenter constamment d’opposer en soi la vertu au vice amène à régresser en piégeant dans la dualité qui entretient la densité et les limitations qui lui sont inhérentes.   Que sont le bien et le mal à part des aspects apparemment diamétralement opposés, mais compatibles et complémentaires, d’une même réalité qu’est l’expérimentation à l’intérieur du spectre complet de la Création divine?  Dans cette perspective, le mal ne peut désigner que ce qui, délibérément, réduit la vie ou y met un terme par hostilité ou ce qui écarte de la Source unique, par exemple ce qui empiète sur les droits d’autrui tels que l’établit leur souveraineté et leur liberté dans leur propre univers ou ce qui divise les gens, au lieu de les réunir dans l’Unité indissoluble et l’Amour pur.

   Pour le reste, dans son état d’obnubilation d’être incarné, n’étant pas doté de la science infuse, chacun ne peut apprendre que par l’expérimentation personnelle ce qui lui convient ou ne lui convient pas, ce qui est de son ressort plutôt que de celui d’autrui, ce qui lui permet d’évoluer plutôt que de régresser.  Dans ces circonstances, pour apprendre, n’est-il pas préférable de commettre mille erreurs par jour que de ne rien faire?  Car celui qui ne s’expose pas à commettre des erreurs, par fragilité psychique ou scrupule de conscience, se condamne à tourner en rond dans ses conceptions erronées ou étriquées.  Et il devra en être ainsi tant que l’intuition ne lui servira pas de guide sûr pour inspirer ses choix.

   Par sa nature apparemment peccable ou perfectible, tout être est appelé à commettre ce qu’on nomme à tort une faute ou une erreur ou à subir un échec.  Car, dans la réalité, la faute, l’échec et l’erreur ne sont jamais que des expériences incomplètes, des vécus qui n’ont pas révélé leur complète lumière, mais qui comportent néanmoins une part de lumière de nature à instruire.  Aussi ne faut-il pas en faire un mal.  Et, dès qu’un être se rend compte de la limitation qu’une expérience implique, il ne peut que se reprendre, pour se rapprocher encore davantage de la part de vérité qu’elle contient, au lieu de se désoler, de se culpabiliser, de se morfondre, de vivre dans la crainte, de s’apitoyer sur son sort.

   Sur le Sentier évolutif, qui appelle à gravir la Montagne sacrée jusqu’à son sommet, il faut s’attendre à parfois commettre des impairs ou à faire des faux pas.  Mais une fois qu’un acte a été posé, puisqu’il ne peut pas revenir sur elle, l’expérimentateur doit se dégager de la culpabilité, du remords, du regret, et se reprendre.  Il gagne à vivre dans le présent, déterminé à mieux être, en oubliant le passé et l’avenir avec résolution.  Il doit s’appliquer d’un esprit audacieux, mais jamais téméraire, en se maintenant dans la joie sereine.

   L’esprit téméraire révèle un être immature qui ne sait pas jauger ses forces et mesurer les dangers.  Pour sa sûreté, un être gagne à prendre des risques, mais calculés.  Dès lors, les autres et les événements n’ont plus d’emprise sur lui que celle qu’il leur accorde.  Il devrait reconnaître que ce que les autres pensent de lui et de son agir, avec leurs jugements de valeur, n’implique jamais qu’eux, révélant leur propre dynamique interne, leur propre degré d’évolution.tentation du diable

   Pour sa part, Dieu, qui ne juge pas, ne peut appliquer de sanctions.  Chacun se les applique lui-même par le retour de ce qu’il pense, ressent, fait et dit, consciemment et inconsciemment.  Dans cette conception, le sage qui voit un semblable apparemment commettre une mauvaise action évite d’en juger.  Car, au lieu de penser à la faute commise, il se détourne de l’aspect apparemment maléfique, pour fixer son attention sur la réalité spirituelle de ce présumé fauteur et il le retourne à sa liberté, pour éviter de s’ingérer et de réduire la sienne.  Ou, s’il est assez magnanime, il se contente de l’entourer d’Amour pur, sans rien lui imposer.

   Dans sa vie personnelle, comme dans celle d’autrui, rien ne peut résister indéfiniment à la Lumière divine.  Alors, ne convient-il pas que tous et chacun affirment, à temps et à contretemps, cette réalité de l’aspect invincible de la Lumière spirituelle plutôt que de s’ingérer dans les affaires d’autrui.  Si l’Absolu a repris les rênes de la planète, ne peut-il pas mieux que n’importe quel être humain gérer sa Création?  Ce que le prude ou le rigoureux appelle une mauvaise action n’est jamais qu’une expérience inéluctable menée dans la perfection du moment d’un être en éveil, dans l’attente d’atteindre la Perfection des perfections.

   Chacun peut vivre et laisser vivre puisque nul n’est appelé à redouter de subir les effets des actes d’autrui, car, dans un monde parfaitement ordonné, où le hasard ne peut exister, ce qui se produit jusqu’à côté de lui, ne concerne que ceux qui attirent cette conséquence par leur taux vibratoire.  Ainsi, celui qui se mêle de ses affaires et évite toute ingérence n’a nullement à redouter ce qui se passe ailleurs, peu importe où cela se passe, s’il n’est pas en syntonisation avec cet événement ou cette situation.  Jusque dans le drame, la victime n’est jamais aussi innocente qu’on la croit ou qu’on le dit.

   Il n’y a rien de plus régressif que la peur d’agir par crainte de commettre une mauvaise action, une réalité qui n’existe même pas, car nul ne penserait à commettre un tel acte s’il n’avait pas encore quelque chose à en apprendre.  Comment ce qui instruit peut-il être mal dans un monde de libre arbitre et de conscience en croissance?

 

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