LE BUT DE LA QUÊTE SPIRITUELLE, C’EST LA MAÎTRISE…

On peut entendre diversement par maîtrise, le commandement, la domination, la direction, le contrôle, l’empire, le calme, le sang-froid, l’habileté, la dextérité, etc.  On peut la comprendre comme le fait de détenir l’intégralité des potentialités de son être ou comme l’état de celui qui reste en pleine possession de tous ses moyens en toutes circonstances.  Mais, pour ce qui nous concerne, il s’agit de l’aptitude à diriger toute énergie et toute manifestation aumaitrise moyen de la Force vitale (du Feu sacré) de l’Amour éternel, donc de l’exercice de l’Autorité spirituelle sur toutes choses terrestres qui permet de donner une orientation consciente à toutes les forces de la Nature par la direction de la Lumière divine.  Il y a donc maîtrise de soi et Maîtrise spirituelle ou Maîtrise totale, la première conduisant à la deuxième.

La véritable Maîtrise signifie demeurer, au-delà de tout jugement de valeur, dans son calme intérieur ou vivre sereinement. Elle signifie prendre chaque décision dans l’intérêt du plus grand bien de l’ensemble et devenir un instrument d’amour.  En même temps, elle reconnaît que l’amour signifie également amour de soi-même et non sacrifice de son propre Soi.  Car seul peut servir celui qui, par l’amour vécu envers lui-même, est entré dans son propre pouvoir.  En effet, être un serviteur de la Source nécessite de la force et cette force vient à son tour de la Source elle-même, ce qu’un être ne peut trouver qu’à l’intérieur de lui et par l’amour envers son propre être.

La véritable Maîtrise ne signifie pas forcément avoir des connaissances spirituelles.  Au contraire, les connaissances spirituelles découlent de la source de la véritable Maîtrise.  Évidemment, un être peut aussi acquérir des connaissances spirituelles par la lecture, mais ces connaissances ne sont jamais vraiment parfaites et rendent toujours des vérités partielles déformées tant qu’elles ne sont pas vécues et mises en pratique.  Pour cette raison, la Maîtrise réside au bout de son propre chemin.

La Maîtrise implique la Pureté éternelle, l’Équilibre éternel de toutes choses, ainsi que la direction et l’usage harmonieux de ces réalités pour engendrer une plus grande perfection atour de soi.  Fondamentalement, au sens spirituel, la Maîtrise évoque l’état de celui qui a compris qu’il n’a rien à faire, qu’il n’a qu’à être, à être dans l’amour, en dirigeant sa vie en équilibre, soit dans le juste milieu.  Celui-là reconnaît qu’il est à chaque instant le directeur de sa vie et il choisit le genre de vie qu’il veut mener, une vie conforme à la Loi cosmique et à ses principes.  Alors, il fait le choix qui l’habite dans son cœur, dans son esprit, dans tout son être, celui qui le mène plus loin sur la voie de la Connaissance ou de la Sagesse.  Il a cessé de croire qu’il est important pour les autres, sachant qu’il ne l’est d’abord que pour lui, au sens évolutif du terme.  Ainsi, c’est par l’amour qu’il décide ce qu’il veut pour rester conforme au Plan originel du Créateur.

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Dans le domaine de l’accession à la maturité psychique ou spirituelle, on peut d’abord considérer la maîtrise de soi, qui est une notion de la psychologie qui n’a rien à voir avec la Maîtrise spirituelle, telle que l’entend l’expérience spirituelle et initiatique, consiste, pour un être incarné, à découvrir qui il est en écartant progressivement toutes les limites à partir de l’observation de lui-même.  Elle implique le contrôle des sens, la domination du corps physique, de ses appétits et de ses émotions. Toutefois, par une ignorance qui peut semer la confusion, la même expression sert souvent à identifier la méthode spirituelle qui permet d’entrer en contact avec la Lumière divine pour lui permettre de balayer les vieux paradigmes afin de percevoir différemment la Réalité.  À partir des informations de cette Lumière supérieure, tout être peut ancrer une nouvelle fréquence sur la planète en l’enracinant de façon impeccable en lui-même.

Dans ce contexte, Swami Prabhupadâ conçoit la maîtrise de soi ainsi: «La maîtrise de soi, c’est de ne pas employer ses sens inutilement, pour son plaisir personnel.  Il n’est certes pas interdit de répondre aux besoins naturels des sens, mais abuser des plaisirs matériels est nuisible au progrès spirituel.  De même, on ne doit pas absorber son mental en de vaines pensées; la paix intérieure alors obtenue s’appelle la quiétude…La maîtrise de soi consiste à rejeter tout ce qui est susceptible de nuire au progrès spirituel.  Et le renoncement, le vrai, consiste en la pratique naturelle de cette maîtrise de soi.»  Pour résumer, la maîtrise de soi implique un processus évolutif incessant, un état de devenir continuel, alors qu’on apprend à intégrer davantage des vertus (qualités) et des attributs du Créateur.

Dès lors, par la maîtrise de soi, il faut entendre la pleine possession de ses moyens, la direction consciente et équilibrée de toutes ses facultés.  Elle confère un sentiment intime de plénitude qui contribue à la réussite personnelle et à l’accomplissement de soi.  Elle requiert la compréhension de l’unité de l’être dans son corps, son âme et son Esprit, de l’interrelation et de la dépendance qui existe entre eux, car elle naît de leur fonctionnement accordé, harmonieux.  Devient maître de lui celui qui cherche la source du pouvoir en lui, plutôt qu’à l’extérieur.  Il la découvre en respectant la nature des lois qui prévaut en toutes choses.  Lorsqu’un être comprend le sens de son devoir et de son rôle (mission cosmique et service humanitaire), les forces de la Nature transforment sa conscience et Dieu vient habiter en lui.  Pour y arriver, l’homme doit emprunter sa voie personnelle, il doit écouter intensément en lui-même, se tenant à l’écart des activités futiles du troupeau humain et des accents de dévotion des autres hommes, œuvrant dans le silence et le secret.

C’est progressivement que l’homme accède à la maîtrise de lui-même.  Il doit d’abord apprendre à penser et à discerner entre le vrai et le faux (le bien et le mal).  Il doit découvrir ses facultés mentales, en connaître les capacités et les pouvoirs.  Prenant alors conscience que les pensées, les paroles, les sentiments, les actes sont des choses, qui créent, il s’appliquera à remonter à l’origine de ses principes mentaux et de sa tendance à construire des formes.  Dans cette démarche, il découvre les idées sous-jacentes à la Forme-pensée divine et le processus de tout ce qui se passe dans le Cosmos et dans le Monde.  En entrant de plus en plus en contact avec Dieu, en lui, l’homme ressent vivement le désir de se tirer de son égoïsme et de se faire un pour tous.  Il apprend à travailler en collaboration avec le plan spirituel et à subordonner la construction de ses formes-pensées à ces prototypes ou archétypes cosmiques.  Alors, il doit se mettre à l’étude des symboles qui aident à pénétrer dans le monde des Idées divines.  Car l’inspiration et l’intuition s’expriment en ressentir et en symboles directs, de façon logique, mais jamais raisonnée.  De là, l’homme peut s’élever jusqu’au plan causal et, derrière lui, le plan de l’idéal spirituel, s’apercevant qu’il devient de plus en plus sensible à la pensée de Dieu qui, en retour, fertilise de plus en plus son mental, par son imagination.

Pour parvenir à se réaliser complètement, au sens de la Maîtrise totale, un être doit se former un idéal puissant et savoir puiser à la Source même de la vérité.  Par la méditation et la contemplation, ces accomplissements sont possibles.  Ils mettent en contact avec le Mental universel, qui n’est autre que la Pensée de Dieu ou l’Intelligence cosmique.  Dès lors, il pourra construire sa destinée avec autorité en élaborant des formes-pensées calquées sur les Idées divines.  Il deviendra co-créateur.  Mais l’homme qui veut aller loin sur le Sentier évolutif doit accepter de vivre sa solitude sans isolement ni séparativité.  La Voie de la Lumière est une route de solitaire, ce qui permet de garder sa concentration, de mesurer ses forces et de liquider ses peurs.  Accepter sa solitude, c’est accepter de se libérer, renoncer à ses attachements, notamment à ses liens affectifs gluants, pour entrer dans l’amour, qui n’accapare pas et ne se laisse pas accaparer.  Qui a des préférences ne sait pas encore aimer.  C’est renoncer à l’esprit de possession, à l’orgueil, à la domination, aux jeux de pouvoir et à la servitude.  C’est apprendre à se mêler de ses propres affaires en vivant à son gré et en laissant vivre les autres à leur convenance.  L’esprit missionnaire est toujours tendancieux: il repose sur l’orgueil spirituel.

Pour s’élever haut, un être doit apprendre à ne jamais s’immiscer dans les affaires des autres et, encore là, dans la mesure ou son intervention est licite (permise par les Lois) et ou il détient la compétence pour agir (ne présume pas de sa compétence pour se rendre intéressant).  Le métaphysicien ne juge jamais.  Il peut haïr le mal, mais sans lui opposer de résistance, sans porter discrédit à celui qui le commet.  Il ne discute jamais les problèmes d’autrui, même s’il est invité à le faire, car, en prenant parti, il se lie au destin de l’autre et crée des liens frauduleux.  Le métaphysicien vit sans attachement.  Il accepte de laisser aller ce qui est devenu stérile et désuet, de laisser aller les autres librement sur leur propre voie, même si cela doit impliquer qu’ils doivent le quitter.  Tout passe, la vie seule reste.

Celui qui veut se réaliser n’envie personne, ne convoite rien.  Toute attente naît dans le mental, au niveau de la personnalité, d’où elle crée une tension et engendre une résistance.  Elle produit le contraire de l’effet recherché, la montée vers la Lumière, ramenant dans la dualité et liant à la matérialité.  Celui qui veut se réaliser doit plutôt chercher à toujours être davantage.  Rien de matériel, rien de sensible, rien de sentimental, ne le suivra dans les plans supérieurs.  Il se consacre à se connaître lui-même à l’intérieur de lui-même.  En effet, l’homme détient le pouvoir de fabriquer, seul, son paradis, selon ce qu’il désire et conçoit, n’importe où et n’importe quand.  Prendre la maîtrise de soi, ce n’est pas chercher à comprendre Dieu, mais apprendre à être, par l’expérience.  Dieu est inconnaissable et insondable en lui-même.  On ne peut l’appréhender qu’en fusionnant avec lui.  Le chercheur spirituel ne perd donc pas son temps à lire, à étudier, à spéculer, à supputer, à cogiter.  Il ne cherche pas à accroître sa culture, mais sa conscience.  Il médite sur lui-même et il agit en fonction de ses découvertes.

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Dans son acception véritable, la Maîtrise spirituelle ou Maîtrise totale implique la Pureté éternelle, l’Équilibre éternel de toutes choses, ainsi que la direction et l’usage harmonieux de ces réalités pour engendrer une plus grande perfection atour de soi.  Elle implique le plein développement de l’Arbre de Vie.   Fondamentalement, elle évoque l’état de celui qui a compris qu’il n’a rien à faire, qu’il n’a qu’à être, à être dans l’amour, en vivant le moment présent et en dirigeant sa vie en équilibre, soit dans le juste milieu.  Responsable, indépendant et autonome, tout en restant solidaire des autres et emaitrise-1n œuvrant pour le bien commun, il reconnaît qu’il est à chaque instant le directeur de sa vie et il choisit le genre de vie qu’il veut mener, une vie conforme aux lois naturelles et aux principes cosmiques.  Alors, il fait le choix qui l’habite dans son cœur, dans son esprit, dans tout son être, celui qui le mène plus loin sur la voie de la Connaissance ou de la Sagesse.  Il a cessé de croire qu’il est important pour les autres, sachant qu’il ne l’est d’abord que pour lui, au sens évolutif du terme.  Ainsi, c’est par l’amour qu’il décide ce qu’il veut pour rester conforme au Plan originel du Créateur.  Elle s’obtient en s’identifiant à son âme plutôt qu’à son mental et à son corps.  Il faut transcender ces aspects de l’être, si on veut qu’ils ne soient plus une source de dérangement, ce qui se fait en se mettant à l’écoute de ses ressentis et de ses intuitions.  Elle ne se mesure pas aux facultés spirituelles que l’on développe ni aux phénomènes paranormaux que l’on peut produire, mais elle se révèle par la maîtrise du Feu sacré, dans le cœur, par sa qualité d’initié qui avance sur la Voie de l’Amour divin.   Cette Maîtrise découle d’une communication parfaite entre les deux éléments de l’ADN, la structure cristalline et ses douze filaments (couches), ce qui rapproche de son Moi divin.  L’éveil complet de ce souvenir engendre un statu ascensionnel instantané, d’où le sujet dispose de l’intégralité de ses potentialités : miracles, création de matière à partir du néant, connaissance de la façon dont les choses fonctionnent et l’Amour circule;  longévité.

En spiritualité, la Maîtrise totale trouve des synonymes dans le mot «Illumination» ou dans les expressions «Réalisation supérieure», «Initiation suprême», «Transformation spirituelle», «Accomplissement transcendantal», «Libération finale».  Il en existe bien d’autres pour l’évoquer.  Quoi qu’il en soit, Sri Aurobindo Ghose et la Mère définissent ce phénomène comme «le passage du corps opaque au corps supramental» ou «de la fausse matière obscure à la vraie Matière consciente».  Il s’agit en fait de la fusion de l’être avec la Conscience cosmique, qu’on identifie en sanscrit par le «Satori Samadhi».  C’est l’étape ultime de la transformation de la conscience humaine, au terme du Voyage spirituel ou de la Progression sur le Sentier.  C’est le Retour au Royaume du Père ou l’accession au Sommet de la Montagne sacrée.  On parle alors de réintégration.

Cette forme de maîtrise s’obtient en s’identifiant à son âme plutôt qu’à son psychisme (notamment à son mental) et à son corps.  Le chercheur est appelé à transcender ces aspects de l’être, s’il veut qu’ils ne soient plus une source de dérangement, ce qui se fait en se mettant à l’écoute de ses ressentis et de ses intuitions.  Elle ne se mesure pas aux facultés spirituelles qu’il développe ni aux phénomènes paranormaux qu’il peut produire, mais elle se révèle par la maîtrise du Feu sacré, dans le cœur, par sa qualité d’initié qui avance glorieusement, mais humblement, sur la Voie de l’Amour divin.

En vérité, la Maîtrise totale découle d’une communication parfaite entre les deux éléments de l’ADN, la structure cristalline et ses douze filaments (couches), ce qui rapproche de son Moi divin ou Soi spirituel.  L’éveil complet de ce souvenir engendre un statu ascensionnel instantané, d’où le sujet dispose de l’intégralité de ses potentialités : miracles, création de matière à partir du néant, connaissance de la façon dont les choses fonctionnent et l’Amour circule;  longévité.  Un être parvient à se maîtriser en dirigeant progressivement sa sensibilité, ses sentiments et son mental, ce qui fraie un chemin à l’âme qui peut exprimer les injonctions de l’Esprit.  Mieux, il se réalise d’autant plus facilement et rapidement qu’il sait s’abandonner à la Volonté de Dieu et à l’Intelligence de la Lumière cosmique.

À l’heure actuelle, ce n’est plus le temps de lutter et d’appliquer des techniques, mais d’accepter et de renoncer à ce qui engendre la dualité et lie à la troisième dimension.  Nul ne doit plus tenter de se transformer pour être en mesure d’accueillir plus de Lumière spirituelle.   Dans son désir de transformation, celui qui essaie d’agir par lui-même –par exemple en explorant une voie spirituelle, en cherchant ses anomalies, en analysant ses défauts, en luttant contre ses oppositions, en scrutant ses freins, en étudiant ses blocages– risque d’entrer dans la résistance, ne parvenant qu’à compliquer ses problèmes au lieu d’affermir sa maîtrise.  Car, désormais, il suffit de s’établir dans la confiance en Dieu et de s’abandonner totalement à l’Intelligence de sa Lumière qui sait quoi consumer dans un être, comment le faire et quand le faire.

Alors, dommage pour celui qui, poussé par son mental, tentera de se délivrer de ses tares et de ses faiblesses, soit des ses éléments négatifs, car il ne parviendrait qu’à s’opposer à l’œuvre de la Lumière spirituelle.  À l’inverse, il gagnerait à laisser la Lumière agir, le séparer de ce qui doit le quitter, dissoudre en lui ce qui doit être dissous, lui ajouter ce qui lui manque, plutôt, lui révéler ce qu’il ignore encore de lui-même.  Le salut passe par la Voie droite de la facilité, de la douceur, de la joie, de la sérénité, de l’humilité, de la simplicité.  Alors, le reste peut être donné par surcroît.

En conséquence, pour devenir un Maître, chacun doit laisser surgir son Christ intérieur, son Enfant divin, à son rythme, dans l’abandon et le renoncement les plus complets, afin de mieux acquiescer à la Volonté divine et à la Lumière spirituelle.  En cette heure de l’ascension collective, il n’y a que l’abandon et le renoncement qui peuvent assurer que, dans ce qui vient –qui portera à travers les hauts et les bas– un être sera supporté par tout au lieu de plonger dans une situation qui pourrait devenir, pour lui, nuisible, lourde ou menaçante.  Rien d’autre n’importe que d’apprendre à Être pleinement.  Et on sait qu’on s’oppose à l’Être quand on sombre dans la tristesse, le peur, la confusion ou la maladie, mais on sait qu’on s’ouvre à lui quand on avance dans la sérénité, quoi qu’il arrive, et qu’on  n’a qu’envie d’aimer et de semer le bonheur autour de soi.

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La Voie de la Maîtrise consiste à exprimer, devant une illusion (l’impression de ne pas être quelque chose) la Gloire de sa Réalité divine.  Elle amène à reconnaître qu’on recourt à l’expérience de ce qu’on suppose ne pas être pour faire l’expérience de ce qu’on est vraiment.  Elle incline à reconnaître qu’en tant que Fils de Dieu ou qu’Être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il n’y a rien qu’on ne sait pas et qu’on ne puisse accomplir.

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