LA LICORNE, MYTHE OU RÉALITÉ?

La Licorne désigne une pouliche mystique à tête rouge portant une corne d’or unique, torsadée, au milieu du front, aux yeux bleus, au corps blanc et à double queue (les deux polarités), issue de Jupiter.  En fait, le terme qui désigne cet animal étrange, nommé «Unicornis», en latin, ou «Monokeros», en grec ancien, pourrait se traduire par «qui n’a qu’une corne» ou «unicorne».  Réputée presquement immortelle, elle se présente très souvent sous la forme d’un gracieux cheval blanc — avec des références au corps de la chèvre ou du cerf — par exemple, ses sabots fendus.  On lui prête au front une longue corne torsadée, souvent dorée, qui détient la propriété de neutraliser les poisons.  À point nommé, cette caractéristique lui permet de séparer les justes de ceux qui ont quelque chose à se reprocher ou qui n’ont pas complété leur évolution.

On lui associe les notions de pureté, de virginité, d’innocence, de force, de clémence, de compassion, de puissance, de faste, d’esprit d’enfance.  Liée à la Magie de la Nature, elle incarne le Pouvoir de la Lumière et toutes les vertus royales et solaires, personnifiant du reste la quintessence des vertus spirituelles.  Régie par le Capricorne, elle illustre la Force spirituelle qui envahit l’âme et lui fait découvrir et éprouver les joies les plus élevées, voire la félicité, comme récompense divine.  Pour avoir renoncé à l’amour ordinaire, elle peut expérimenter l’Amour pur et exalté.  Elle concourt à l’appliLicornecation de la justice en frappant de sa corne un être coupable.  Elle personnifie la Vierge fécondée par l’Esprit.  Androgyne, spirituellement féconde, elle est dotée du mystérieux pouvoir de déceler ce qui est impur, même de déceler la moindre menace d’altération dans l’éclat du diamant, ramenant tout à sa transparence originelle.  Et si elle renonce à l’amour, ce n’est pas pour en juger ou par dépit, mais par fidélité à l’Amour supérieur dans lequel elle s’est toujours maintenue.  Elle traduit la conscience pure et la royauté.

Force surnaturelle qui émane de la Pureté sublime, la Licorne exprime la sublimation de la vie charnelle par le retour au Centre et à l’Unité.  Pour les Chrétiens, elle figurait la sublimation de l’énergie sexuelle, représentant le Christ qui se fait chair dans le sein de la Mère divine.  Mais en fait, en Alchimie, associée au cerf, elle figure le soufre philosophique, désignant l’être qui s’est purifié de ses passions.  Elle voyage à travers le Cosmos à la vitesse de la lumière pour transmettre des messages bénéfiques entre les plans causal et mental.  Ainsi, elle peut révéler à un individu quelle énergie cosmique peut l’induire dans la paix, la joie ou le succès, même à la réussite à court terme.  Elle sert d’émissaire entre le Moi divin et l’ego, indiquant les bonnes occasions d’agir, les réalisations enthousiasmantes, la qualité d’une décision, le moment de la réalisation d’un souhait ou de la concrétisation d’un projet.  Elle désigne le pôle complémentaire du Lion.

Comme le soulignait l’écrivain Albert Camus, ce quadrupède fabuleux évoque l’idée d’une sublimation miraculeuse de la vie charnelle, doublée d’une force surnaturelle qui émane de ce qui est pur.  La mythologie grecque nous raconte aussi que la Licorne était une créature féerique, fabuleuse et fantastique, fidèle tant en amour qu’en amitié, un animal farouche et pur qui servait de monture aux dieux et qui vivait en groupe dans une Forêt enchantée…

Animal mythique et fabuleux, doux et pacifique, la Licorne ne connaît ni la haine, ni la colère.  Symbole de la fécondité spirituelle incarnant la pénétration du divin dans la créature, la Licorne — ou Unicorne — est un emblème de chasteté, de pureté d’âme, d’amour honnête et pur.  Toutefois, sauf exceptionnellement, les Licornes évitent de fréquenter les humains: aussi longtemps qu’elles ne sont pas sûres d’être accueillies favorablement; car étant fragiles et craintives, l’indifférence suffit à les blesser et même à les bannir ou à les tuer.  Sauvage et robuste, symbole de puissance, de force, de faste, de beauté, de noblesse et de longévité, elle est douée du mystérieux pouvoir de déceler l’impur.  Néanmoins encline à se sacrifier pour les êtres humains, si le besoin s’en fait sentir, cette créature mythique est réputée protéger les justes, apporter une grande chance et réaliser les désirs du cœur… voire même parfois, d’opérer des miracles.

Dans un contexte légendaire, la Licorne est souvent dépeinte dans les bestiaires médiévaux (recueils de fables) comme étant un cheval blanc et élancé, arborant une corne spiralée sur son front, et qui peut vivre jusqu’à mille ans.  Néanmoins, son aspect et sa personnalité diffèrent parfois, selon la région du monde où elle est censée avoir été aperçue.  Ainsi, en Occident, elle est souvent décrite comme étant sauvage et indomptable; tandis qu’en Orient, l’on racontait que c’était un animal paisible et doux, qui apportait la bonne fortune.  La légende dit aussi qu’elle était la monture des dieux; et qu’il existait des troupeaux de licornes vivant dans la Forêt enchantée et que parfois… certaines se laissaient domestiquer par des princesses ou des fées.  Sauvage et féroce, lorsqu’elle est attaquée, la licorne se laisserait parfois prendre au piège de l’amour…

Pour la première fois en Occident, dans les textes écrits, on parle de cet animal curieux sous la plume de l’historien grec Ctésias, vers 398 avant J.-C., qui rapporte des récits de voyageurs.  Selon l’auteur, les Licornes auraient habité l’Inde; elles étaient décrites comme des ânes sauvages aussi gros que des chevaux — et parfois plus encore — à pelage blanc, à tête rouge foncé et aux yeux d’un bleu profond.  Puis sur leurs têtes, se dressaient une longue corne d’environ un demi mètre de longueur, généralement blanche à la base, noire au milieu, puis rouge et pointue à son extrémité.  Somme toute il s’agit d’un animal fabuleux, un genre de mélange de rhinocéros indien, d’antilope de l’Himalaya et d’âne sauvage.

La licorne est présente dans un grand nombre de tapisseries du Moyen Âge (par exemple, «La Dame à la Licorne», tissée vers la fin du XVe siècle, exposée au musée de Cluny).  On la reproduit souvent sur les blasons médiévaux, sur les ornements (supports, timbres, cimiers de casques, etc.) de même qu’au centre d’un écu.  Même que le souverain Tudor Henri VIII (1509-1547) commanda des sculptures de licorne pour décorer son palais de Hampton Court.

On représente aussi fréquemment la licorne dans les armoiries héraldiques.  Notamment, lorsque James VI d’Écosse prit la succession d’Élisabeth Première sur le trône de l’Angleterre, en 1603, la licorne écossaise et le lion anglais devinrent les porteurs héraldiques des Armes royale du Royaume-Uni.  Par ailleurs, les Armoiries du Canada, proclamées par le roi George V le 21 novembre 1921, ressemblent étrangement aux armoiries du Royaume-Uni, en raison de leur histoire commune, du moins, un certain temps.  En fait, ces deux pays ont probablement les armoiries les plus ressemblantes de tous les pays.  Et c’est ainsi qu’encore de nos jours, la Licorne préside à la justice royale en triant le bon grain de l’ivraie et en frappant les coupables de sa corne.

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