LA LÂCHETÉ EXPRIME UNE DÉMISSION PAR PEUR, RÉVÉLANT UN MANQUE DE PUISSANCE…

On dit que la lâcheté, c’est le manque de courage devant le danger ou le manque de fermeté devant l’effort.  Ce serait le fait d’un être peureux ou poltron, plutôt d’un être couard.  Ainsi, on pourrait considérer comme lâches les comportements tels le refus de combattre dans le cadre d’un combat supposé juste ou nécessaire (désertion ou trahison), le refus de lachete-tourner-le-dosse défendre ou de défendre autrui (non-assistance à une personne en danger), le fait de combattre sans suivre ce qui est perçu comme étant les règles de combat honorable (attaque inégale ou usage d’armes inégales), le fait de s’en prendre à un être en état de vulnérabilité (s’emparer de ce qui ne peut se défendre).  Mais il n’y a probablement qu’un moyen de résumer l’acte de lâcheté, qui consisterait à projeter sur autrui la responsabilité qu’on refuse.

La lâcheté résulte d’un manque de fermeté qui fait reculer devant l’effort, subir passivement les influences extérieures, manquer de courage, de franchise et de transparence, manifester de la bassesse ou de la mesquinerie, compter sur l’immunité de sa position, attaquer ou diffamer à visage couvert, en agissant sous le couvert de l’anonymat.  Dans sa faiblesse ou sa trouille, le lâche se tient en retrait des tâches difficiles et des dangers, demandant aux autres de prendre les risques qu’il n’ose pas prendre ou d’effectuer les tâches qu’il néglige.  Il manque de conviction, jamais capable d‘être à la  hauteur des exigences qui pèsent sur lui.  En cas de victoire, il réclame malgré tout des honneurs auxquels il n’a pas droit.  Son manque de courage n’a d’égal que son aveuglement, sa prétention et sa vanité.

Lanza Del Vasto explique ainsi la dynamique de la lâcheté: «Être lâche, c’est se tromper sur la douleur et sur la mort.  C’est prendre la douleur pour un malheur irréparable, pour un mal en soi, pour une chose en soi, alors que ce n’est qu’un signe.  Et c’est prendre la mort pour la fin de tout.»  Aussi, conclue-t-il: «La lâcheté, c’est le noir du péché, ce n’est pas un péché comme les autres, c’est le péché ou absence de vertu, comme le noir est absence de lumière.»

La lâcheté répond à la loi du moindre effort ou à un choix de salut ou de survie.  Mais qui a émis les critères d’audace devant guider la conduite humaine?  Bien souvent, des hommes d’État, des militaires ou des scribes qui n’avaient rien à craindre.  Et ces critères sont reliés à une société patriarcale, soit à la démonstration de la virilité non pondérée par la féminité.  Or nulle guerre, comme nul combat, n’a de légitimité.  Car le courage jusqu’à l’héroïsme, autant que la paresse jusqu’à la couardise, peuvent habiter chez un même être humain, selon les conditions et les circonstances.  Tous ne sont pas nés avec la fibre du samouraï, du héros ou du martyr.  Mais, en général, tous savent défendre ce qu’ils trouvent précieux.

Gérard Klein a dit : «La lâcheté commence là où cesse la puissance.»   Avec lui, on peut douter qu’un être puisse vraiment avoir cette faiblesse de caractère qui puisse l’amener à se montrer lâche : soit qu’il manque de motivation, ne percevant pas clairement les conséquences de son choix ou n’en comprenant pas la valeur ou l’importance soit qu’il redoute les conséquences pour les exagérer en imagination.  Il n’accorde peut-être pas à la réalité qu’il vit l’importance de ceux qui tentent de lui imposer.  Car il est question de lâcheté devant la tâche à accomplir, la crainte de la souffrance ou la peur du péril.  Or, comme le dit si bien un proverbe sénégalais : «Ce n’est pas de la lâcheté que de sauver sa peau, ça relève de l’intelligence.»  Que ce soit provienne de la fuite, du compromis ou de la concession!  Dans le courage, même dans l’héroïsme, il peut y avoir de l’incompréhension des principes de la vie, de l’irréflexion, une réaction primfuite1o primi, un choix inconscient ou inconséquent.

En spiritualité, on enseigne que la vie est un don précieux qu’il faut défendre avec vigueur, même en recourant à la violence, s’il le faut, si sa vie est menacée, une manière de démontrer son désir de vivre.  Cependant, nul n’est appelé à souffrir ou à mourir au nom d’un autre ou d’une collectivité.  Et il peut tout faire pour s’en dispenser, s’il en trouve les moyens.  Car le but de la vie n’est pas d’accepter la mort mais de tout faire pour lui échapper.  Ainsi, celui qui choisit les bons moyens de rester en vie, dussent-ils être énergiques, démontre qu’il tient à la vie.  Tant qu’un être vit, il peut apprendre et évoluer.  Mort, il n’apprend plus rien, tant qu’il ne se réincarne pas.  Dans une nouvelle compréhension, qui provient de l’absence des limites du corps, il ne peut que réviser sa vie, replacer certaines valeurs, pour se tracer un nouveau programme de vie.

Chacun gagne à reconnaître ses limites du moment.  À chaque instant, que cela soit vil ou noble, tout être fait pour le mieux, conformément à ses moyens et à sa compréhension.  S’il pouvait faire mieux, il le ferait.  S’il ne fait pas mieux, selon certaines attentes extérieures, c’est qu’il ne le peut pas, n’est par rendu là.  Ainsi, si un être se montre apparemment lâche, c’est qu’il ne connaît pas encore mieux.  Si la lâcheté existe comme mot, pour décrire le manque de courage ou la fourberie et la trahison, son expression dans la vie concrète peut prendre un tout autre sens.  Chacun porte ses travers.  Alors, qui peut juger de ceux d’autrui.  Que celui qui est sans péché lance la première pierre.

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