La jeunesse désigne la phase de vie qui se déroule entre l’enfance et la maturité, un cycle qui annonce et prépare l’épanouissement de l’être humain.  Associée au début du cheminement individuel, marquée par l’affranchissement progressif de l’autorité, cette période se signale par un débordement de vitalité et d’enthousiasme, la soif de connaître, d’agir, d’expérimenter, une envie de connaître l’ivresse.  Mais elle comporte aussi une certaine primarité, qui rend superficiel, un manque d’expérience qui rend téméraire et qui amène à considérer comme «cool» ce qui est préjudiciable à la santé physique et à l’intégrité morale.  Alors, insouciant, en quête permanente de plaisir, guidé par ses sens et ses fantaisies, largement inconscient de ses responsabilités, le jeune est facilement porté à commettre des folies : il ne sait pas se tenir, il se montre arrogant et provocateur, il relève jusqu’aux défis les plus insensés.  Parce que le sujet n’a pas l’hajeunessebitude de se faire voir dans cet état, il peut susciter la perplexité et l’ironie des personnes plus âgées qui ne savent pas toujours jusqu’à quel point leur dérision peut les affecter.

Omraam Mikhaël Aïvanhov s’est plu à rappeler les observations d’évidence qui suivent : «La jeunesse est curieuse, audacieuse au point de se lancer sans crainte dans des aventures qui peuvent nuire à sa santé physique et psychique. Et lorsque des parents, des adultes plus sages essaient de la retenir, elle ne les écoute pas : qu’est-ce que c’est que ces gens étroits, vieux, ramollis, qui veulent l’empêcher de faire des expériences et de connaître la vie ?  Connaître la vie… Les jeunes ne savent pas que, pour connaître la vraie vie, il y a d’autres expériences à faire que celles où ils s’imaginent qu’ils vont exister plus intensément. Et quand ils le savent, parce qu’ils l’ont lu dans des livres, il leur suffit que d’autres, des philosophes, des sages, des saints, aient fait ces expériences. Il leur arrive d’admirer ces personnages, et ils sont même capables de les citer, mais pas question pour eux de les imiter! Ils imitent de préférence ceux qui se sont brûlé les ailes dans des excès de toutes sortes. Eh bien, il vaudrait mieux qu’ils se contentent de faire des citations quand il s’agit des aventures lamentables de tant de créatures qui ont mal fini (la littérature et l’histoire en sont pleines), et qu’ils essaient de vivre les expériences des êtres qui ont su trouver le chemin de la lumière et du véritable amour.»

On peut se demander à quel point ces propos peuvent toujours tenir chez une jeunesse blasée, malheureuse, perdue dans son isolement et son vide intérieur qu’elle masque dans l’apparente socialisation des moyens électroniques et l’euphorie passagère des drogues.

Quoi qu’il en soit, pour tout dire, la jeunesse représente moins une période de la vie qu’un état d’esprit.  Un être jeune tant qu’il élabore des projets constructifs, ce qui lui donne l’impression d’avancer en âge et de croître en sagesse, au lieu de concevoir qu’il vieillit.  Le Maître Janakanandâ a su dire: «La jeunesse, c’est cette facilité toujours capable de s’émerveiller devant demain et de s’absorber pleinement dans l’aujourd’hui.»

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