AUCUNE GUERRE NE DÉTIENT DE LÉGITIMITÉ!

L’aberration qu’est la guerre évoque tout combat ou toute lutte armée entre des groupes sociaux ou des États.  Elle est en relation avec les énergies de Mars, tandis que les crimes de guerre le sont avec celles de Pluton.  C’est dire que, sur notre planète, les énergies mâles et martiales règnent encore en maître.  Et il faut bien de la foi et du recul pour croire à une amélioration de la situation grâce à l’ouverture de conscience des membres de l’humanité.

En fouinant le moindrement sur la Toile mondiale, on apprend qu’il se dépense, en armement militaire, plus de 3,5 millions de dollars par minute, soit environ 200 millions de dollars par heure et quasiment 5 milliards de dollars par jour, ce qui revient à plus de 1 800 milliards de dollars en une année. C’est plus qu’il n’en faut pour éradiquer de la planète la faim, l’analphabétisme et un grand nombre de maladies.  Sur le site LeDauphiné.com, Ludovic Brassard résume ainsi, de manière incontestable, les sales histoires de guerre présentement en cours :

«Proche-Orient…  Dans la fournaise proche-orientale, 2013 a apporté son lot de surprises, bonnes et mauvaises. Le risque d’une frappe israélienne sur l’Iran s’est (un peu) éloigné alors que Téhéran a accepté de faire machine arrière sur la question de l’enrichissement de l’uranium. En revanche, la guerre en Syrie se poursuit avec son lot d’atrocités : en 33 mois d’un conflit barbare, plus de 130 000 personnes sont mortes, des millions ont été déplacées. D’un côté, un régime acculé mais soutenu par la Russie, l’Iran et le Hezbollah chiite libanais.

guerreDe l’autre, des djihadistes épaulés par les monarchies du Golfe. En spectateur, Israël se garde d’intervenir. L’État hébreu est suffisamment occupé avec la pression palestinienne, dans les Territoires occupés et à Gaza. La paix patine au pays ultra-saint…

Afrique : Rarement les guerres africaines n’auront été aussi présentes dans les médias. La France est toujours au Mali avec près de 3 000 hommes. Le nord reste instable, en proie à une guérilla touarègue et djihadiste qui bénéficie comme terre de repli d’une Libye en pleine anarchie. En même temps, l’intervention française en Centrafrique montre à quel point les équilibres stratégiques sont fragiles dans une Afrique livrée aux conflits ethniques, aux guerres confessionnelles, à la corruption, à la pauvreté.

Les foyers de tension sont nombreux. En République démocratique du Congo, le Nord-Kivu reste instable. Au Nigeria, les islamistes de Boko Haram — qui viennent de relâcher le père Georges Vandenbeusch qu’ils détenaient en otage — font régner la terreur. En Somalie, les combattants chebab sont toujours aussi virulents, on l’a vu avec l’attaque menée en septembre dans un centre commercial du Kenya, au cœur de la capitale Nairobi.

Afghanistan : Après dix ans d’une guerre coûteuse et sans merci qui a fait des dizaines de milliers de victimes, la coalition occidentale se retire. Les talibans ne sont pas loin d’un retour au pouvoir.

Asie-Pacifique : L’Asie pourrait bien constituer l’enjeu principal des tensions géostratégiques de demain. C’est en tout cas l’analyse de Washington qui reporte sur la zone Asie-Pacifique le principal de son effort militaire, laissant ses alliés européens jouer aux gendarmes en Afrique et au Proche-Orient.

Face aux ambitions d’une Chine qui se rêve en hyperpuissance, les Japonais, les Sud-Coréens et leurs alliés américains montrent les muscles. L’affaire de la zone de surveillance aérienne instaurée unilatéralement par Pékin au-dessus des îles Senkaku, revendiquées à la fois par la Chine et le Japon, montre que les jeux d’intimidation ont commencé. Jusqu’où ? C’est tout le problème d’une montée en puissance belliqueuse : on ne sait jamais.»(1)

Et c’est oublier ce qui se passe sporadiquement en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

À l’origine, par exemple dans les mythologies, la guerre représentait une manifestation de défense de la vie et elle visait la destruction du mal réel ou présumé, soit le rétablissement de la paix, de la justice, de l’harmonie.  Elle touchait le domaine de l’action où personne n’était tué, car elle exprimait le combat pour l’unification de l’être et la conquête de la paix du cœur.  Il s’agissait d’un combat entre la Lumière et les Ténèbres dans la conquête de vive force des fruits de la connaissance.  On combattait pour atteindre une vertu élevée, produire un haut effort, acquérir la sublime sagesse, menant à la victoire sur le soi dompté.  En effet, une telle guerre, tout intérieure, tendait à réduire le monde de la dispersion, celui des apparences et des illusions, au monde de la concentration, à l’unique réalité.  On pouvait y trouver, en quelque sorte, un rite initiatique pouvant mener de l’ignorance à la connaissance.  On pouvait l’associer à l’introduction à la vie spirituelle par l’ascèse.  À d’autres moments, elle servait à offrir des victimes aux dieux avant de suggérer une abdication personnelle à leur puissance.

Dans les Textes sacrés de toutes les religions, et personne ne peut s’arroger le droit de dire le contraire au nom de ses sages, de ses prophètes ou même de son Dieu, à moins de s’être laissé lessiver le cerveau, la guerre, qu’il faut comprendre au sens symbolique, représente le combat personnel contre ses mauvais penchants.  Comme le dit l’adage, pour chacun, son pire ennemi c’est lui-même par les pièges qu’il se tend par son mental et par l’inflation de son ego.  Croire qu’un autre y est pour quelque chose dans son propre destin, c’est purement de la démission et de la projection de ses torts personnels.  Pour maintenir l’ordre, l’harmonie et l’équilibre, tout est régi par la loi de la Causalité.  Par elle, le Créateur est tout à fait capable de s’occuper du destin de l’Univers et il le fait fort bien, non à l’heure décrétée par un homme ou l’autre, mais au moment le plus opportun.  Puisque le Cosmos et le Monde terrestre sont mus par la loi de l’Amour, nul n’est autorisé à combattre son frère ou sa sœur pour quelque raison que ce soit et sous quelque prétexte que ce soit, si peccamineux qu’il semble.  Celui qui le fait démontre sa vilenie en révélant à quel point d’inconscience il a sombré.

De nos jours, l’enjeu mondial d’une guerre demeure toujours la maîtrise politique du territoire, des populations et des ressources, pour s’en assurer la maîtrise économique ou idéologique.  Malgré de nombreux déguisements, qui ne trompent pas tous les humains, elle cache une volonté d’imposer sa loi par la force brute ou par l’effet psychologique.  Toutefois, pour celui qui sait, ce ne sont pas les dirigeants des pays qui provoquent les guerres de la planète : ils ne font que puiser à une force enfouie dans le psychisme de leur peuple, où ils ne trouvent que de l’aigreur, de l’hostilité, de l’agressivité.

Fondamentalement, les éléments de guerre enfouis dans l’être humain sont l’angoisse, l’irritation et la frustration.  Elle surgit d’un conflit entre deux aspects fondamentaux du moi : la contrainte personnelle et le sentiment de justice.  Ensuite, elle dégénère du fait que chaque individu accorde un droit illimité à la jouissance, aux possessions, au pouvoir et à la renommée des individus au détriment du bien-être général.

La guerre résulte souvent d’un nationalisme extrême ou d’un rigorisme religieux, fondé sur la supériorité d’une nation ou d’une thèse spirituelle, qui dégénère en fanatisme, en despotisme et en suspicion ou d’un appât du gain qui amène à opprimer et exploiter des pays plus faibles.  On se bat tantôt pour imposer des idées nouvelles tantôt pour imposer des valeurs traditionnelles.  Alors, on se laisse guider par le sectarisme religieux, philosophique ou djihadisme-topelementpolitique.  On se militarise, on remplit le ciel de satellites espions, on contrôle la presse, on tyrannise les citoyens, tentant d’imposer sa suprématie à d’autres nations.  On détruit les villes, on tue les gens, on supprime le bien-être, on élimine les structures, on détruit les économies.  Alors, la Fédération des Nations bloque les fonds monétaires et les échanges commerciaux imposant de nouveaux fardeaux à des populations.  Mais qu’est-ce que tout cela apporte vraiment à la compréhension entre les êtres?

En général, la guerre est d’abord causée par deux motivations principales : l’autodéfense et l’exploitation.  L’exploitation s’explique par la nécessité de créer de nouveaux marchés commerciaux, la saisie des ressources naturelles et les fins de domination.  Il n’en reste pas moins que le fait de pourchasser et de tuer un être humain, même en état de guerre, c’est purement et simplement commettre un meurtre, quelle que soit la nature prodigieuse du crime et la grandeur de l’offense de l’autre.  Fondée sur la haine, la guerre ne peut être dépourvue d’hystérie ou de fanatisme.

Mais toute guerre éclate au grand jour comme le résultat d’une compensation cosmique et de l’accumulation des petites guerres intimes dans le mental des êtres humains.  Chacun prépare individuellement les grandes guerres par des petits conflits intérieurs décrivant des attitudes hostiles persistantes.  Ainsi, dans toute guerre, où qu’elle se passe, chaque citoyen du monde peut se sentir interpelé.  Dans le monde, on prépare individuellement la guerre en exerçant orgueilleusement son intelligence au détriment de ses semblables, comme on le fait dans la confrontation verbale.  De même quand on dénature les propos d’autrui parce qu’ils diffèrent des siens.  C’est la même chose quand on fait preuve d’indifférence à l’égard des droits des autres ou qu’on détériore les biens d’autrui; quand on tente de s’accaparer ce qu’un autre a honnêtement acquis;  quand on fait en sorte de maintenir la supériorité de sa position, empêchant un autre de profiter d’une occasion d’avancement.  On prépare encore la guerre quand on imagine que sa race (et soi-même) on doit être privilégié par rapport aux autres;  quand on se sert d’un héritage de manière à monopoliser les ressources de la Nature;  quand on pense que les autres doivent penser et vivre comme soi;  quand on fonde son succès uniquement sur son pouvoir, sa richesse ou sa renommée;  quand on recourt à la force pour convaincre plutôt que de la raison;  quand on pense que le pays où un homme est né doit rester son unique lieu de résidence;  quand on croit que sa conception de Dieu est celle que tous les autres devraient adopter.  Il existe mille manières subtiles et saugrenues de préparer la guerre.

Il s’agit du combat mené sous le couvert de défendre son opinion ou son droit de clamer sa vérité, mais qui mène à supprimer les libertés et les idées de ceux qui pensent différemment.  Ce désir de conquête conduit à éliminer les faibles et les êtres différents, donc à éliminer un groupe au profit d’un autre.  Il se fonde sur un processus intérieur d’opposition qui fait rage tant que la conscience de l’âme, qui veut grandir, n’a pas complètement détruit les résistances de l’ego du vieil homme.  Il fait surgir le conflit intime d’un individu désireux de trouver en lui-même la partie éclairée qui est entrée en lutte avec la partie de lui-même qui n’est pas baignée par l’amour, ou contre cette partie de l’Humanité restée sans amour.  Il commence toujours par une bataille d’idées-forces dans les plans subtils qui finit par éclater concrètement dans un champ fertile.  Ce conflit armé entre deux États, avec tous les ravages qu’il implique, révèle la cristallisation des petites guerres personnelles qui éclosent dans un terrain fertile.  C’est un mal qui déshonore complètement le genre humain.

Ces considérations ont fait dire à Henri Taine: «Notre civilisation n’est donc qu’une fleur éclose entre deux éruptions au bord d’un cratère.»  Lanza Del Vasto est allé plus loin, en disant: «La guerre c’est l’exaltation de l’esprit de justice: quoi de plus exaltant que d’être à la fois l’accusateur, le juge et l’exécuteur de la sanction?»  Hélas! comme le disait Machiavel: «On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut.»  Il rappelait ainsi l’adage populaire qui dit: «Qui sème le vent récolte la tempête.»  Pensons-y un peu, avec Swift: «Qu’est-ce qu’un homme de guerre? C’est un homme payé pour tuer de sang-froid ses semblajets-de-guerrebles qui ne lui ont fait aucun mal.»  La guerre est une aberration qui ne peut trouver aucune justification.  Mais, si on veut la paix dans le monde, il faut d’abord l’établir en soi, en chacun de soi.  Nul ne peut changer le monde en l’abordant directement, mais il peut se changer pour transformer son voisin, par la contagion de son exemple, contribuant ainsi à améliorer le monde.

En rêve, la guerre évoque la présence de conflits intérieurs, de troubles psychiques ou éthiques, de culpabilités éthiques, de haine réprimée.  Elle exprime des fores aveugles, agressives, destructrices qui brouillent au fond du sujet.  Il se peut qu’il oscille entre deux attitudes, deux sentiments, deux éventualités opposées ou qu’il soit incapable de voir clair en lui, d’établir ses priorités.  Cette opposition vise d’abord le sujet lui-même parce qu’il est intérieurement divisé ou qu’il distille du fiel dans son cœur.  La fonction symbolique de la guerre est d’inviter à rétablir l’ordre en purifiant ses motifs.  Mais la démarche doit procéder d’une intuition spirituelle, soit d’une volonté dictée d’en haut.  Quant à l’armée, elle désigne la multitude des idées, des pensées, des opinions, des convictions, des images qui s’entrechoquent dans son esprit.  Elle invite à discipliner son état mental en laissant l’Esprit animer son imagination créatrice.  Le bombardement évoque l’arrière plan psychique qui ressurgit pour avoir été réprimé.  Il comporte l’idée d’une attaque des aspects négligés de l’inconscient, un désir de se libérer des contraintes, la volonté de s’affranchir de ses limites.

(1) Consulter ledit site à la page: http://www.ledauphine.com/france-monde/2014/01/02/une-annee-2014-lourde-de-menaces-dans-le-monde. 

© 2015, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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