LA FOI, N’EST PAS L’ESPÉRANCE, MAIS LA CERTITUDE QUI RÉSULTE DES ŒUVRES…

Dans son sens le plus général, la foi désigne le haut degré de confiance ou de crédit qu’on accorde à une personne, à une chose ou à un fait, au point de lui accorder son adhésion et ou sa fidélité.  Dans un contexte religieux, le même mot évoque plutôt la croyance, le degré de crédibilité qui se fonde sur la Tradition spirituelle ou sur la Révélation divine.  Dans nombre de religions, la foi désigne le fait de croire en Dieu ou en un dogme par une adhésion profonde de l’esprit et du cœur qui emporte la certitude.  En somme, la foi n’est rien d’autre que de savoir que l’Invisible existe, qufoi’il détient un Pouvoir supérieur qui en sait plus que soi, que tout se meut constamment dans un Ordre parfait.  Ainsi, au terme de toute expérience, heureuse ou malheureuse, chacun peut toujours en déduire que tout s’est toujours passé comme cela devait arriver, pour mieux instruire ou initier, parce que tout se déroule toujours conformément à un Plan divin immuable et parfait.  La foi invite à faire confiance au Créateur dans l’exécution la plus parfaite de son Plan divin.  Elle consiste à accepter Dieu qu’on ne peut voir autrement qu’à travers son environnement naturel et dans les activités quotidiennes imprégnées d’amour.

En fait, dans les diverses religions,  puisque la vérité qu’il croit n’est pas accessible à la raison, parce qu’elle est présumément révélée et que l’autorité de l’écriture semble suffire, le fidèle est appelé à croire sans voir, à s’incliner sans comprendre, presque aveuglément, devant l’autorité de la révélation écrite qu’une exégèse aurait pourtant devoir d’interpréter avec minutie.  En spiritualité, une telle attitude ne témoigne pas de foi, mais d’espérance béate.  En effet, le degré de la foi ne peut être déterminé que par l’aptitude personnelle à percevoir la Présence de Dieu en action à travers soi.  Autrement dit, croire n’est pas savoir, connaître avec exactitude comme conséquence d’une expérience personnelle.   De ce fait, pour un individu, la foi repose sur le fait qu’il sait comment fonctionne l’Univers.  Elle implique une connaissance qui résulte d’une intuition claire, d’une certitude absolue,  d’une acceptation complète d’une vérité en tant que réalité, ce qui va au-delà de l’espoir.

Au plus profond de lui, l’être humain ne croit vraiment qu’à ce dont il a fait l’expérience ou à ce qu’il peut se prouver.  Ailleurs, il s’agit davantage d’espérance que de foi.  Pour lui, le reste n’existe pas, ne peut exister ou confine à l’idiotie.  Dans certains contextes, elle implique le fait de reconnaître la puissance de sa créativité pour prendre une réalité souhaitée comme acquise dans l’immédiat.  Elle repose sur la confiance en Dieu qui permet de croire que tous ses besoins seront toujours satisfaits et comblés puisque, tout ce dont on a besoin existe déjà en soi, avant même de l’avoir demandé.  Cette confiance appelle une démonstration qui devient une expérience, ce qui justifie et renforce sa foi.  En ce sens, tout ce dont un être a besoin, pour croire, c’est de changer sa perception, pour vérifier que ce à quoi il s’attend, consciemment et inconsciemment, c’est toujours ce qu’il obtient.  La perception précède la foi, alors que la foi fonde toute réalité.

La foi représente une énergie qui relie un être au plan causal.  Car c’est l’énergie même qui anime le plan de la créativité, ce plan sublime de la Sagesse et de la Connaissance, qui relie l’être humain au plan spirituel.  Au niveau créatif, elle implique qu’un être croie qu’il possède réellement l’objet de son désir, peu importe quel il est, sans tenir compte des apparences contraires.  Autrement dit, elle consiste à accepter quelque chose comme une vérité absolue et à être conscient de cette vérité, de son existence dans la Conscience de Dieu.  Sans en être le synonyme, la foi relie à l’intelligence, à cette forme de saisie qui est enfouie à l’intérieur et qui relie à la somme des connaissances acquises dans le passé, voire dans toutes les vies antérieures.  Ainsi, la foi se fonde sur des faits déjà connus et aimés, déjà jugés absolument véridiques.  Ainsi, elle est une vertu éclairée, logique et intuitive, qui apporte la paix, qui réprime tout doute, n’ayant rien de commun avec la croyance.

Pour sa part, la croyance se fonde sur l’ignorance des lois naturelles, sur les préjugés, sur la superstition, s’accompagnant toujours d’une large part d’incertitude.  Pour atteindre la foi, un être doit persévérer dans son œuvre de transformation de lui-même, se laisser envahir par les courants lumineux qui ne s’éteindront jamais, se laisser illuminer par l’Amour divin et par la Sagesse infinie de l’Esprit éternel, évitant de se perdre dans l’éphémère et l’illusoire.  La foi libère les potentiels divins et elle aide à déplacer les montagnes dans la mesure où elle contribue à éliminer les défaillances de l’être et à le mettre en communion avec la Conscience infinie.  Elle peut nourrir l’âme et soutenir, dans une phase de confusion psychique, lui fournissant une orientation vers sa Source originelle.

En spiritualité, la voie du métaphysicien ou du mystique, la foi n’a rien à voir avec la croyance ou la crédulité.  C’est la vertu de celui qui, par l’expérience, se donne des certitudes.  Elle constitue une vision claire de la réalité et une expérience vécue.  Elle exprime une certitude, une perception claire de la façon dont les choses sont ou devraient être.  Elle résulte d’une connaissance profonde et réelle ou, mieux dit, de l’expression de la confiance née de l’expérience, donc de la connaissance.  Elle aide à vivre dans la lumière grandissante de l’âme plutôt que du raisonnement ténébreux du mental.  Un être doit viser à devenir la vérité, pour la vérifier, non la disséquer.  Elle porte à admettre sa vérité intérieure quand toutes les apparences extérieures semblent la nier ou se liguer contre elle.  Elle amène un être à se faire confiance, en dépit de son entourage, quand il sait être dans sa vérité.  Dans cette perspective, tout ce qu’un être croit pouvoir accomplir, il peut le faire.  Il n’y a rien de valable dans la confiance aveugle dans les vérités morales, les doctrines religieuses ou les dogmes ecclésiastiques.  Dieu n’a rien de caché pour celui qui apprend correctement à regarder de ses deux yeux et à voir avec son œil simple.  Certaines vérités peuvent dépasser l’entendement de la raison, mais jamais la vision de l’Esprit.  Celui qui dépasse le mental peut donc sonder les vérités de Dieu et fusionner avec sa Vérité unique.

Pour vivre pleinement, il ne s’agit pas tant de croire que d’aimer.  L’évolution est moins une question de foi que de  lâcher prise, de libération par rapport à ce que l’on croit avoir acquis.  Il importe moins de croire que d’agir en appliquant ce qu’on sait.  La foi ne suffit jamais : il faut lui ajouter l’audace de faire ce qu’on veut vraiment faire et exploiter ses talents.  Or agir signifie laisser agir la Force divine qui s’exprime au plus profond de soi.  L’être humain doit apprendre à se calmer, à se détendre, à se libérer des tensions, qui l’amènent à porter des masques, pour affirmer pleinement l’être.  Car croire, ce n’est pas seulement admettre un fait ou une réalité, c’est s’en donner l’évidence par l’expérience personnelle.  La foi peut se définir comme la connaissance complète de l’être, comme une confiance appuyée sur la connaissance née de l’expérience personnelle.  Elle porte à affirmer la volonté d’être, à affermir sa confiance en soi et à amplifier sa fusion avec l’existence pour ne faire qu’un avec elle.  En essence, la foi réside dans la certitude de la puissance de Dieu.  Elle exprime le savoir de certitude que le seul fait d’observer les principes de la Conscience divine permet d’atteindre la plus haute perfection.   Celui qui détient une telle foi en ce qu’il sait parvient à activer le Dieu qui l’habite, car, alors, la foi en Dieu se répercute à travers le subconscient.  Et tout acte accompli dans la foi ajoute à l’embrasement du feu sacré dans l’être et sur toute la planète.

Au commencement de son évolution, l’être humain n’a qu’un postulat essentiel à admettre: l’existence de Dieu.  Par sa foi en son Créateur, il attire à lui de multiples forces divines bénéfiques.  Sa foi lui permet de servir amoureusement, de développer tout désir, de devenir un bon instrument de la Source.  S’il croit en l’existence de Dieu, il peut croire que tout est possible et accessible, se sachant fort pertinemment, consciemment ou inconsciemment, «créé à l’image et à la ressemblance de Dieu».  Tout être sait en son cœur et en son âme que Dieu existe, même celui qui le nie.  Dès qu’il admet l’existence de Dieu, l’homme est obligé d’admettre qu’il s’exprime par des Lois puisqu’il est le principe de l’Être et de l’Ordre.  Dieu est omniprésent, omniscient, omnipotent, omniagent, en somme parfait, d’où le hasard et la chance sont des hérésies pour ignares.  Sachant qu’il existe des Lois, l’homme n’a qu’à demander à les connaître, et elles se révéleront à lui, s’il sait écouter en lui et observer autour de lui de façon objective.  Lorsqu’elles se manifesteront à lui, il n’a qu’à se les confirmer par son expérience personnelle, et, d’expérience en expérience, «il connaîtra le Ciel et les Dieux, se découvrant leur égal».

En fait, la foi est la vibration compatible et complémentaire de l’amour, engendrée par Saturne et gérée, pour ainsi dire, par le Rayon de Chamaël (Kamaël, parfois appelé Chamuel).  La foi naît de la conviction qu’une chose est vraie et qu’elle mérite sa confiance.  Elle s’engendre par l’application constante de la vérité, l’obéissance à la Volonté divine et le service d’amour et de dévotion.  C’est la vertu qui révèle la force de son amour et de son espérance, montrant la voie de la Force, en rapport avec l’esprit et le cœur.  Elle confère des pouvoirs qui expriment simplement l’action de la grâce dans sa vie.  La foi ne supplante jamais l’intelligence: elle l’agrandit, développant ses capacités, ses aptitudes, ses qualités.  Elle élève progressivement la conscience au-delà des limitations de la matière et du mental.  C’est le rôle même de la foi que d’écarter les frontières de l’homme et de développer son potentiel inné.  Elle s’élève dans l’inconnu y trouvant, par l’expérience, une pierre solide sur laquelle s’appuyer temporairement.  Elle trouve partout un roc solide, mais temporaire, parce que la Vérité est, pour elle, omniprésente.  La foi présente tout comme possible et elle invite à agir selon cette conviction.  Elle démontre à chacun qu’il peut prendre toutes les directions ou pénétrer toutes les profondeurs de l’âme et de l’Être.  Elle voit l’Infini partout en action, la Vie partout palpiter.  Elle conduit surtout l’être particulier à croire en sa grandeur personnelle.  «Tout ce que vous demanderez avec foi, vous l’obtiendrez», dit Matthieu dans le «Nouveau Testament».  Or, la foi conduit à la révélation complète.

L’être humain ne doit jamais croire en ce qu’il ne peut concevoir ou se démontrer.  Il y a toute une différence entre «savoir» ou «connaître» et «croire», dans le langage métaphysique.  La foi invite l’homme à abandonner totalement son esprit à la certitude confiante et à la gratitude anticipée de recevoir ou de comprendre ce qu’il appelle.  La foi, c’est l’état de grâce qui fait voir Dieu en tout, qui permet d’avoir confiance en tout, de toujours s’attendre au meilleur.  C’est un sentiment profond de certitude, gage de sécurité pour le présent et pour l’avenir.  C’est l’acceptation intérieure qu’un Être infini, parfait, tout-puissant veille sur ses intérêts personnels, s’occupe réellement de soi à chaque instant.  C’est se faire une évidence des réalités invisibles et se former une certitude absolue de la réalisation de ce que l’on espère.  Pour recevoir, comme pour connaître, il suffit de se faire, en imagination, une vive représentation de ce que l’on veut et de l’appuyer sur la conviction de l’obtenir.  En somme, la foi est une attitude autant mentale que spirituelle.  La vie faisant forcément sens, un être n’a qu’à se convaincre de ce qu’il appelle à tel point, à l’accepter si totalement, que toute contradiction lui devienne impensable et impossible.  Par cette attitude pleine de confiance, le sujet amène les Forces invisibles à travailler dans le sens du but ou de l’objectif qu’il a choisi.  Il met immédiatement en branle la force d’attraction susceptible de lui apporter l’objet de son aspiration.  Il appelle ainsi l’invisible à devenir visible, le futur à devenir présent.  Mais pour croire à autre chose, il faut commencer par croire en soi-même.

Écoutons, à ce propos, la pensée de grands Sages: «La foi ne doit pas, tel un marteau, couvrir généreusement toute paresse de Pensée, s’appesantir comme une léthargie sur l’esprit de l’homme et l’engourdir agréablement! En réalité, la foi doit devenir conviction.  Or, la conviction exige la vie et un examen des plus rigoureux.» (Abd-Ru-Shin)  «La foi est une intuition qui non seulement attend l’expérience pour être justifiée, mais qui conduit à l’expérience.» (Sri Aurobindo Ghose)  «Et notre foi n’est pas absurde; ce n’est pas l’abêtissement du charbonnier, mais une pré-connaissance, quelque chose en nous qui sait avant nous, qui voit avant nous et qui envoie sa vision à la surface sous forme de besoin, de quête, de certitude inexplicable.» (Satprem)  Pour résumer, empruntons ces propos à Sivanandâ : «La foi est la croyance en l’Inconnu.  La foi et la dévotion vont de concert.  La foi guérit, la foi crée, la foi opère des miracles, la foi déplace des montagnes.  Une foi inébranlable en Dieu donne le pouvoir mystérieux de vaincre toutes les difficultés.  Une foi sans défaillance met l’aspirant avec l’Infini.  La foi rend le faible fort et le timide courageux.  La foi rend l’impossible possible.  La foi ne discute pas, ne pense, ne raisonne ni ne cogite.  La raison est un instrument peu sûr, fragile et fini.  La foi est le flambeau qui cherche Dieu.  La vie, lorsqu’elle perd la foi, est un morne gaspillage.»

Jésus a dit: «Heureux ceux qui croient, non ceux qui voient.»  L’être humain ne gagnerait pas grand-chose à être le témoin plus ou moins passif de miracles et de démonstrations objectives.  C’est l’absence de corroboration objective, de preuves matérielles, qui fait tout le prix de la foi.  La foi mène aux œuvres plutôt qu’à l’observation béate.  Seule une foi patiemment entretenue et maintes fois éprouvée peut aider l’homme à transcender la matière et l’esprit, degré par degré.  La foi ouvre en effet à l’intuition faisant naître l’esprit en Dieu.  La foi repose sur les évidences de la Loi: évidences logiques, d’une part, qui permettent de croire à tout ce qui reste à connaître, d’autre part.  Elle s’exprime par une confiance illimitée qui ne repose sur rien de déterminé ou de limité, mais permet de passer de façon sereine à travers toutes les tempêtes.  La foi sait intuitivement qu’après la pluie vient le beau temps.  Rien d’autre que la foi ne peut permettre de soulever le voile de l’illusion.  Elle permet la recherche libre.  La foi se fonde toujours sur l’expérience directe et personnelle.  Elle procède toujours de façon éclairée et éclairante, non aveugle.  Gautama Bouddha semble avoir dit: «La foi est une puissance infaillible indépendante de son objet.»  En effet, elle a pour fondement l’Amour, qui donne la Vie.

À notre avis, le Créateur n’a rien caché à ses créatures. Ce sont plutôt ces créatures, créées dans la perfection, qui ont oublié leur histoire originelle et leur vérité primordiale.  L’épaisseur apparente du mystère ne représente jamais que le degré d’opacité de la conscience individuelle.  Apparaît mystérieux pour l’un ce qui constitue un savoir pour un autre.  De ce fait, pour être parfaitement clair, il faut dire que le mystère apparent révèle simplement le degré d’oubli ou d’ignorance d’un sujet.  Quant à la foi qui repose sur l’autorité, elle impose de croire quelque chose parce qu’une personne supposément importante ou compétente, apparemment dotée de la science infuse ou d’un accès privilégié auprès de la Divinité suprême, l’a décrété.  Ce type de foi laisse entendre que ce que cette personne décrète devrait être cru sans la moindre retouche.  À ce compte, l’Humanité serait menacée de péril.

Dans la Tradition catholique, le pape s’est octroyé l’infaillibilité, lorsqu’il profère un principe religieux ex cathedra, ce qui lui permet d’imposer des dogmes à tous ses fidèles.  En Angleterre, dans la religion anglicane, de souche chrétienne, une secte qui s’est détachée du Catholicisme pour des raisons questionnables, c’est le chef couronné du pays qui confirme les vérités et les rites et qui nomme les évêques.  Dans une secte musulmane, il n’y a que certains anciens, appelés «ayatollahs», des porteurs d’une longue barbe, en signe d’autorité, formés dans les Écoles coraniques, qui peuvent décréter des «fatwas», des décrets religieux fondés sur cette tradition religieuse.  Mais ces décrets prennent force de loi universelle imposant à tout Musulman de cette dénomination religieuse, peu importe où il vit dans le monde, de l’exécuter au péril d’exposer son salut éternel.  Il y a de ces privilégiés qui semblent détenir une ligne directe pour communiquer avec Dieu!  C’est à croire que tous les êtres humains n’ont pas été créés égaux en potentiel.  Mais comment autant de divergences religieuses peuvent-elles toutes comporter le même degré de vérité et doivent-elles échapper à toute remise en question?

Au lieu d’accepter la vérité d’un autre, chacun devrait développer sa relation avec Dieu, de manière à renforcer son esprit et à ouvrir sa conscience, de sorte qu’il puisse capter directement les objectifs et la finalité du Plan de ce Créateur unique, par  son intuition.  Plus il y a de chefs, moins il y a d’indiens, surtout, moins d’esclaves aveugles.  Qui a atteint sa maîtrise n’a pas besoin d’autre maître que lui-même.  Hélas, encore là, trop de gens prennent leurs impressions, leurs ressentis, leurs émotions, leurs pulsions ou leurs inclinations pour des intuitions, ce qui fait toute la différence du monde au niveau des fondements de la foi.

À notre époque, le Savoir ésotérique (que d’autres appellent la Sagesse spirituelle) est disponible à tous et chacun qui veulent l’atteindre et l’assimiler.  Jésus, le Maître de l’ère des Poissons, a recommandé de toujours agir avec sagesse et prudence.  Voilà qui invite chacun à décider par lui-même de ce qu’il veut croire et ne pas croire.  Pour saisir la différence, par la discrimination, il suffit à celui qui veut savoir de développer son intuition et d’affiner son mental abstrait.  Celui qui ne découvrira pas les moyens d’y parvenir s’exposera toujours à être manipulé et à se voir imposer des faussetés, s’exposant d’abord à sombrer dans la confusion et le scepticisme, puis à régresser et à se perdre.

Si nous avons parlé aussi longuement de la foi, c’est pour la ramener à sa juste définition.  Car, sans elle, rien ne peut s’accomplir.  Jésus l’a formulé dans les mots suivants : «Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu et vous le verrez s’accomplir.»  Ce qui laisse entendre que la foi doit se fonder sur une certitude.  Or la certitude ne peut provenir que d‘une démonstration personnelle, de l’expérience individuelle.  À certains qui demandaient de l’aide à Jésus, il aimait répondre : «Va, qu’il te soit fait selon ta foi.»  De ce fait, on peut penser que, dans l’ordre de la créativité spirituelle, la foi active l’énergie de la manifestation, jusqu’à déplacer les limites apparentes, jusqu’à rendre possibles les impossibles apparents.  Elle permet à l’être humain, co-créateur avec Dieu, de transcender la matière et de déployer tout son pouvoir, pour le reconnaître.  Par là, la foi ouvre une fenêtre sur le Monde spirituel ou sur la Réalité divine.  C’est par la foi qu’un être parvient à connaître la Lumière cosmique telle qu’elle est.  Surtout, elle permet de dépasser le raisonnement, qui cherche toujours à savoir le pourquoi des choses et des éléments, mais qui reste toujours à la remorque de ses découvertes.  Mais il faut savoir discerner entre la foi machinale du conformiste, qui vient de l’exemple ou de l’enseignement, et la foi éclairée du sage, qui ressort de l’expérience personnelle.  Peu sont dotés de la foi instinctive qui permet au Principe de Vie de s’exprimer et d’accomplir spontanément ses fonctions.  Mais il faut réprimer de toutes ses forces la foi aveugle qui refuse tout retour sur elle-même, trouvant plus commode de s’abandonner à la croyance d’autrui sans réfléchir.  Il n’en reste pas moins que la foi la plus forte, c’est la foi instinctive ou intuitive qui permet d’avancer vers l’inconnu avec assurance, audace et courage.  Elle provient du Savoir inné quand s’entrouvrent les portes de la mémoire originelle.

La véritable foi représente un pouvoir sans limite pour autant elle trouve des précédents.  Autrement dit, la foi repose sur des démonstrations qui servent de preuves.  Comme on l’a dit précédemment, elle implique une vive représentation de l’imagination de la réalité désirée, jointe à la certitude de l’obtenir ou de la voir s’accomplir.  Elle permet de devenir un canal par lequel le Créateur distribue ses grâces, ses dons, ses bénédictions et ses bienfaits.  Il faut retenir que, chacun dans sa sphère, tout être humain détient tout pouvoir, s’il agit en unité avec Dieu et s’il est affranchi d’égoïsme.  Plus forte que l’espérance, apprenant à ne jamais quémander, elle apprend à agir dans la conviction pour dépasser les idées négatives et les préjugés et pour s’accomplir dans la Lumière éternelle.  La foi reste une vertu qu’il faut savoir conquérir en toute priorité, car elle déclenche une énergie prodigieuse, l’Énergie même du Créateur.  Celui qui ne croit pas doute de lui-même et se refuse toute confiance, affaiblissant ses aptitudes personnelles, mais aussi, par contagion, celles de ceux qui l’entourent et l’appuient.  Il se coupe du Plan divin qui, dès l’Origine, dans la totalité, a été organisé de manière ordonnée, d’où il affaiblit sa Lumière intérieure.  Voilà qui rend son entreprise de se découvrir lui-même, à travers de lui-même, plus difficile à réaliser puisqu’il diminue ses occasions de réussite et qu’il réduit sa joie de vivre.

Chaque être humain, parce qu’il fait partie intégrante de la Totalité, constitue un personnage-clé du destin du Monde.  Chacun d’entre eux détient tout ce dont il a besoin à portée de main.  Car il a été dit : «Avant même que vous ayez demandé, vous avez déjà reçu.»  Si le bien, le bon, le beau, le vrai et le juste n’existaient pas déjà, pleinement, dans l’approvisionnement invisible, l’être humain ne pourrait jamais entrer en leur possession.  Car il ne saurait pas d’où les tirer.  Qu’est-ce qui fait qu’ils échoient à l’un, mais échappent à l’autre?  L’arbitraire divin?  Non jamais, la réponse réside plutôt dans le degré de dextérité dans l’application de la technique de la créativité et dans la force de la foi de chacun.   Nul ne peut croire qu’il existe une Puissance divine qui répondrait mieux ou plus vite à l’un qu’à l’autre, ce qui reviendrait à accorder des privilèges et à faire preuve d’arbitraire et de partialité.  Chacun doit savoir qu’il reste le maître de son destin, par ce qu’il choisit, pour évoluer personnellement, pour assister l’Humanité et pour aider la planète.  Et, à cette fin, chacun a reçu, dans le passé de sa longue histoire évolutive, l’entraînement, l’expertise et la compétence pour le faire.  La Substance spirituelle ou cosmique entoure tous les êtres n’attendant qu’à être mise en forme par une vision claire, nette, précise et vivante, activée par une proclamation de foi.

 

La foi des religions 

Dans toutes les religions, la foi implique le système religieux lui-même et elle impose la croyance ferme à l’endroit des postulats proposés, une adhésion qui émane du plus profond du cœur, mais qui reste dénuée de preuves formelles, s’appuyant principalement sur les révélations présumées de Dieu.  Elle prend un caractère universel qui n’est pas limité dans le temps et l’espace, mais qui reste complètement dépourvu de motif évident.  Cette persuasion entière et absolue, qui ne s’appuie sur aucun argument rationnel, dégénère souvent en intransigeance et, ultimement, en fanatisme, puisqu’elle ne laisse aucune place à la discrimination et à la critique.  Ainsi, on peut affirmer de façon péremptoire qu’il faut croire ou mourir, du fait que, hors d’une Église particulière, il n’y aurait pas de salut.  Voilà qui engendre la foi naïve, comme celle du charbonnier, ou la foi aveugle, comme celle de l’adepte, qui, l’un et l’autre, acceptent de croire à des principes subtils et à des réalités surnaturelles, teintés de mystère, dont ils n’ont aucune preuve.  Par la suite, ils peuvent adhérer à une cause qufoi-aveugle’ils croient juste, parce qu’elle serait apparemment justifiée par Dieu, qu’ils n’ont jamais vu, connu ni rencontré eux-mêmes donc, dont ils n’ont jamais et d’aucune manière fait l’expérience intime.  Alors, en pareil cas, la foi désigne la persuasion durable qui s’appuie sur la véracité et l’autorité du clergé, qui s’est prononcé sur les matières religieuses, apparemment au nom de Dieu, ce qui implique une soumission absolue de l’esprit, inspirée uniquement par la confiance.

Pour résumer, on peut dire que la majorité des gens, à travers le monde, ont été instruits d’une notion de la foi qui ne représente qu’une croyance, nullement un savoir, parce qu’elle est exempte de fondements logiques, rationnels ou empiriques.  En effet, elle ne s’appuie que sur la volition, associée à une relation trans-personnelle avec Dieu, à un pouvoir supérieur (divinités ou entités subtiles), à une personne religieuse (guide spirituel, maître, saint), à un objet inanimé (fétichisme), un état de choses (éducation, mystère ou miracle apparent), une proposition ou la partie d’une proposition émanant d’un credo religieux (dogmes et Écrits sacrés).  Ainsi, Dieu ou l’Être suprême garderait des aspects de son être ou de sa dynamique cachés, les entourant d’une aura de mystère.     À moins qu’on doive penser qu’ils échappent simplement à l’entendement limité des créatures humaines, qui auraient pourtant été créées à son image et à sa ressemblance.  Alors, au terme de son expérience en incarnation, celui qui a accepté de croire aux propositions de son Créateur et de conformer sa vie à ces croyances, qui entre de ce fait dans l’état de grâce, mériterait le Salut éternel, tandis que celui qui les questionne et les rejette, se mettant en situation de péché, serait damné à tout jamais.  Dans ce sens, la foi, qui prend une portée générale, se distingue de l’espérance qui vise un aspect plus spécifique, et elle s’oppose au faux espoir qui relève d’une fantaisie.

Pour le commun des mortels, l’objet de la foi transcende typiquement ce que la science peut démontrer et elle dépasse ce qui peut être défini objectivement.  La foi peut impliquer une adhésion inconditionnelle qui repose sur l’acceptation de ce qu’un autre, qui semble digne de confiance, a dit ou décrété.  Par sa nature, elle s’applique dans le domaine des réalités difficiles à cerner et elle impose une adhésion malgré l’absence de faits connus de nature à donner l’évidence des principes, des faits ou des réalités subtiles.  Elle se développe diversement à travers les pulsions ou les aspirations, comme à travers l’intuition, la prière, la méditation, la communication avec la Nature ou le besoin de recourir à un système de croyances.  Sa raison d’être semble reposer sur le fait que, pour ceux qui ont atteint un certain niveau spirituel, certaines réalités semblent fonctionner selon des prévisions générales, malgré leur relativité, compensant pour le manque de crédibilité rationnelle (les preuves scientifiques) qu’elles offrent.  En d’autres termes, pour certains, la foi et la raison semblent s’opposer, tandis que, pour d’autres, les deux doivent opérer dans leur sphère propre et dans un registre contingent particulier.  Ainsi, du fait que certaines réalités échappent à l’entendement humain et que la raison reste toujours à la remorque de ses découvertes, pour parvenir à percevoir la Réalité intégrale de la Création, il faudrait diviser le monde en savants et en scientifiques et en philosophes ou en théologiens (maîtres religieux ou spirituels).  L’être humain ne pourrait obtenir une vision satisfaisante du Système divin qu’en conjuguant les données de la foi et de la raison puisque la science ne peut explorer qu’une partie infime de la surface de la Grande Réalité.

Pour les gens de la Tradition judéo-chrétienne, il est très éclairant d’apprendre que, dans la Bible, le mot foi n’apparaît que deux fois dans l’«Ancien Testament», mais deux cent quarante-cinq fois dans le «Nouveau Testament».   Dans une épitre de l’Évangile (Hébreux 11 :1), il est dit que la foi est la substance ou l’assurance des choses que l’on espère, ce qui implique que la foi précède l’acquisition d’une réalité souhaitée.  Plus littéralement, il est dit que la foi : «C’est l’assurance des choses qu’on espère et l’évidence des choses qu’on ne voit pas.»  Elle exprime l’évidence des choses qu’on ne peut voir.  Certains interprètent ce passage de manière à lui faire dire que la foi constitue un système de croyances qu’il faut adopter de toute nécessité en évitant de le remettre en question, même s’il ne correspond pas aux données du savoir retiré de l’expérience concrète.  Alors, il s’agit d’une certitude fabriquée de toute pièce qui pourrait ne pas refléter la vérité universelle, mais qu’il faudrait traiter comme si elle la représentait.  Autrement dit, elle propose l’établissement d’une certitude intérieure malgré l’absence de confirmation universelle.

En matière religieuse, c’est la notion du mystère divin et le refus de remettre certaines données en question qui complique les choses parmi les diverses conceptions.  Dans la «Bible», comme on le voit par exemple dans le Deutéronome (32 :4), «hiph’il», le mot qui a donné naissance à la conception chrétienne de la foi n’exprime qu’une croyance ou une confiance, de nature constante et inébranlable, en vue d’établir et de maintenir la fermeté et la stabilité d’un système religieux ou spirituel.  Il réfère à la conscience personnelle et il suggère une acceptation des édits d’un être qui fait des promesses formelles et qui a donné des preuves qu’on pouvait lui accorder sa confiance.  Cela n’a pas empêché que, dans le cas d’Abraham, cette foi équivalait à l’exécution rigoureuse de la volonté divine, malgré les détriments qu’il s’apprêtait à subir.  Dans les Saintes Écritures chrétiennes, il se traduit en grec par le mot «pisteuô» (πίστευώ) qui signifie «faire confiance» ou «croire», mais sans prendre encore le sens latin de «fiducia», qui sera choisi dans la «Vulgate», qui implique une notion plus catégorique au niveau de l’acceptation inconditionnelle d’un principe, de la soumission à Dieu ou de l’adhésion à un système religieux.

Ces digressions aident à comprendre que le fait de développer et de préserver une foi, dite de nature spirituelle, ne représente pas une mince affaire ni un sentier aisé.  Ce genre de foi, qui écarte les aspects rationnels et les propositions scientifiques impose qu’on se centre d’abord et avant tout sur une réalité plus profonde, mais, du même coup, plus abstraite et plus aléatoire.  Parce qu’elle est souvent dénuée de conviction intellectuelle, elle peut facilement dégénérer en un engagement émotionnel ou passionnel qui ne peut qu’aboutir à des doutes lancinants, à des choix erratiques ou à des attitudes extrémistes.  Par exemple, elle peut amener à l’acceptation de donner ses possessions de valeur, y compris sa vie, pour servir Dieu.  Dans le cas de la Tradition musulmane, si nous avons bien compris l’obligation du «jihad», mené au nom d’Allah, un mot qu’on peut littéralement traduire par «s’efforcer» ou «lutter»,  cette notion impliquerait la nécessité d’intervenir physiquement, au détriment de sa sécurité personnelle, si la défense de ses valeurs ou de ses croyances spirituelles le requiert.  Les surates (versets) 113 : 1-5 et 114 : 1-6, empruntées au «Coran», apportent une bonne lumière sur la pensée arabe en cette matière.

De nombreuses Traditions religieuses considèrent la foi comme une acceptation mentale de quelque chose comme étant vrai en se fondant sur le raisonnement, les préjugés ou une autorité extérieure.  Ainsi, elles célèbrent avec intensité ceux qui acceptent les défis que leur foi implique.  En revanche, dans la Tradition hindoue, la foi réfère à la confiance, au sens de sincérité et d’honnêteté à l’égard de soi, des autres et de son instructeur spirituel, qui permet de dissiper les illusions et de réprimer les erreurs qui maintiennent dans la Roue karmique.  Dans plusieurs dénominations protestantes, on insiste pour dire que la foi ne constitue en rien un acte de soumission aveugle, puisqu’elle constitue la réponse intime d’un être intimement touché par l’Esprit de Dieu ou marqué par sa grâce.  Il s’agirait d’une croyance émanant du cœur humain qui sait, au plus profond de lui-même, qu’il existe une Réalité éternelle qui est liée au destin de l’Humanité.  Bien que cela puisse être vrai, tout au moins plausible, cela reste une hypothèse.

Nous évoquons là des notions bien fragiles qui peuvent prêter flanc à diverses interprétations, surtout dans les mouvements fondamentalistes ou charismatiques.  Malgré qu’elles divergent d’opinion sur plusieurs points de vue, les religions seraient nées pour honorer Dieu et pour rendre hommage à la Vérité unique.  Pourtant, elles ne s’entendent que sur un seul point, soit sur l’existence d’un Dieu unique ou d’une équipe de divinités, qui se manifestent dans l’Univers.  Il en découlerait naturellement, pour tout être humain, la nécessité de se conformer à la volonté de l’Être suprême ou d’une Hiérarchie invisible en menant une vie significative, soit en se conformant à des principes moraux ou éthiques.  Dans la plupart des religions, on considère la foi comme la force qui montre le chemin, révélant la puissance de son amour et de son espérance.  On la met en rapport avec les désirs du cœur et les aspirations de l’âme, en faisant un pôle complémentaire de l’amour.  On recommande qu’elle puise dans un espoir sublime, se fonde sur une réflexion profonde des Textes sacrés, une conscience intransigeante, mais sans critique sincère.  Elle se fonde sur la reconnaissance que l’être incarné n’est jamais seul dans ses entreprises de salut, que la Puissance divine l’habite et peut le conduire à la Perfection.  Sauf que ce Dieu est interprété par une autorité extérieure à celui qui veut croire, ce qui peut ouvrir à bien des abus.

En matière religieuse, le danger réside dans le fait que les principes spirituels varient énormément d’une religion à une autre et, à l’intérieur d’une même religion, d’un interprète à un autre.  On a vu comment, seulement dans la Tradition chrétienne, les religions protestantes se sont divisées et morcelées, surtout aux États-Unis.  À travers ces morcellements, la foi devient une histoire d’interprétation personnelle qui donne souvent lieu à des querelles de clocher.  Comme l’humour peut dédramatiser bien des situations, on peut rappeler l’anecdote suivante.  Un jour qu’un enseignant demandait à ses élèves une définition de la foi, l’un d’eux s’empressa de répondre : «La foi, c’est se forcer à croire quelque chose que vous savez être faux.»  On a tôt compris qu’on lui avait imposé sa foi.  Ailleurs, dans un collège, lors d’un cours d’instruction religieuse, des étudiants conversaient entre eux.  L’un d’eux osa dire à un confrère : «Coire en Dieu, c’est complètement irrationnel.»  L’autre étudiant rétorqua : «Je le sais, mais cela ne m’empêche pas de croire.»  Alors, le premier reprit, pour protester : «Mais ce que tu dis est complètement illogique!»  Une réponse ne tarda pas à venir : «Oui, je le sais, mais je continue de croire!»  Le confrère médusé insista en demandant : «Alors, pourquoi crois-tu?»  En guise de conclusion péremptoire, il se fit dire : «Je crois tout simplement, je crois parce que je crois.» 

C’est ainsi que l’on peut simplement croire parce qu’on a besoin de croire ou parce qu’on veut croire, soit pour se conformer à son milieu, soit pour se rassurer intérieurement, soit pour soulager une culpabilité latente.  Certains seront portés à faire un héros du croyant dont nous venons de parler, mais d’autres le considéreront comme un être naïf, comme un être débile ou comme un fieffé imbécile.  Sa foi reste complètement arbitraire, puisqu’elle se fonde sur moins que rien, ce qu’il reconnaît lui-même.  Il est probable qu’elle résulte simplement de son éducation antérieure.  De ce fait, il était parvenu à une conclusion qu’il ne voulait pas remettre en question, comme bien des pratiquants conformistes.  Il faut reconnaître que, malgré sa sincérité, un tel étudiant a été mal formé, puisqu’il ose affronter un opposant sans la moindre arme, c’est-à-dire sans le moindre argument intellectuel.  Comment lui faire des reproches quand tant d’esprits religieux s’imposent de croire ce qui, pour d’autres, apparaîtrait, à prime abord, comme des éléments purement légendaires ou comme des inventions enfantines.  Trop d’entre nous s’imposent le fardeau de croire à des idées qu’ils n’acceptent pas vraiment, au plus profond d’eux-mêmes, par manque de confirmations crédibles.  En principe, une vérité avérée se pose en théorème et elle se fonde sur un axiome, ce qui ne représente rien de bien sorcier, mais qui offre bien plus de sécurité.    Mais, dans nombre de religions, les questions dérangent, d’où on les interdit, surtout si elles sont trop nombreuses, si elles sont gauches ou si on ne sait pas leur donner une réponse.  Dans ce dernier cas, on range tout ce qu’on ne comprend pas dans la catégorie des mystères.  Le problème, c’est que, quand on ne peut plus poser de questions, on ne peut plus s’instruire ni s’ouvrir l’esprit.

Voilà qui donne beau jeu aux agnostiques et aux athées, à qui on fournit des armes puissantes.  En effet, ils peuvent facilement recourir à ces mascarades pour taxer la foi de simple habitude, de conformisme religieux, de velléité de patriotisme national, de valeur purement traditionnelle, d’étroitesse d’esprit, d’entêtement dogmatique, de défense contre l’orgueil familial, de paresse intellectuelle, d’infantilisme, de rempart contre le sentiment de culpabilité, de lavage de cerveau.  Pour tout dire, la majorité des croyants ne font qu’admettre, sans discrimination, ce que leurs parents et leurs éducateurs leur ont appris, soit ce que leur milieu accepte et recommande.  En général, le fait est que si quelqu’un est élevé en Inde, il devient d’abord hindou ou bouddhiste;  s’il nait en Iran, il devient musulman;  s’il vient au monde en Europe, il penche largement vers le Christianisme.  Normalement, un enfant adopte la religion de ses parents tant qu’un événement significatif ne l’amène pas à remettre ses croyances en question.  Ainsi, bien des guerres sont nées, fauchant un grand nombre de vies, de ce que les pères ou les mères avaient inculqué à leurs enfants. Peu importe sa religion, l’être humain moyen ne questionne pas la validité de ses croyances tant qu’une personne ou qu’une circonstance lui impose ce défi.  Encore là, certains s’obstineront à nier l’évidence.  Or, il n’y a rien de plus sain et de plus sûr que de remettre ses croyances en question de temps à autre.  Celui qui n’ose pas le faire devrait conclure que ses convictions reposent sur des éléments bien fragiles si elles ne peuvent tolérer une remise en question.

En lui-même, le doute systématique, celui des sceptiques, confine à l’intolérance et devient diviseur.  D’autant plus qu’il peut souvent servir au jeu de l’avocat du diable, à masquer la paresse intellectuelle ou à éviter de réviser sa conduite personnelle    Mais le doute rationnel et sincère constitue un réflexe sain et il comporte des avantages : il permet d’analyser ses croyances pour en évaluer le degré de certitude.  Ainsi, il permet d’approcher de plus près sa vérité personnelle et de lui rester fidèle.  Chacun porte une vérité qui trace le sentier par lequel il peut accéder à la Grande Vérité.  La vérité des autres, mal intégrée, déforme et dépersonnalise, car elle écarte de sa propre vérité et, du même coup, de son sentier.  Au niveau contingent, l’erreur serait de croire qu’il n’existe qu’une vérité ou qu’un seul point de vue qui puissent être admissibles.  Dans la vie de Jésus, Thomas n’a-t-il pas illustré la valeur du doute sans s’attirer les foudres de son Maître?  Il a validé le droit naturel de tout être libre, doté de raison, de se permettre de bien voir pour mieux croire.  Il n’y a que ceux dont la foi est fragile comme un château de cartes qui craignent les remises en question.  Toute personne a le droit d’accéder à la vérité qui transcende les croyances.  La juste discrimination permet de faire pénétrer en soi de l’air frais et de s’adapter à son temps.  En acceptant de considérer le point de vue d’autrui, on se permet de faire un bond dans l’inconnu et de pousser plus loin sa propre vérité.

Si toutes les croyances religieuses du monde portaient autant de vérité qu’elles le disent, toutes auraient raison, et en même temps, malgré leurs grandes divergences.  Avouons qu’il s’agirait d’un énorme paradoxe.  Voilà qui n’est guère possible.  Le problème de toute tradition spirituelle, c’est que, malgré son ancienneté, elle ne peut offrir plus de vérité que l’histoire originelle qui lui a donné naissance.  Ce n’est pas parce qu’une tradition tient depuis des siècles que les éléments faux qu’elle contient dans ses fondements deviennent véridiques.  Mais cela n’empêche pas que, pour des différences minimes, des adeptes fervents peuvent entrer en guerre contre d’autres.  Quelle stupidité!  Chacun croit avoir toutes les raisons du monde de croire ce qu’il croit et de défendre ses raisons d’y croire.  Hélas, ce fait n’évite en rien que les éléments faux de ses croyances, même présentés sous la forme de vérités, restent des inepties et des erreurs.  Chacun doit avoir de bonnes raisons de croire ce qu’il croit.  Mais n’est-il pas plus sûr et sage de transformer ses croyances en savoir?

 

La notion spirituelle de la vraie foi 

 

En spiritualité véritable, la foi se définit comme la certitude qui résulte de l’expérience répétée.  Autrement dit, la foi désigne le fruit de l’expérience personnelle, celui d’une action  répétée assez souvent pour en dégager une conviction absolue.  Elle doit reposer sur des évidences personnellement acquises puisque tout le reste n’est que croyance fragile et dangereuse.  Autrement dit, la foi consiste dans le fait de savoir, sans le moindre doute, qu’une réalité se produit de telle manière parce qu’on l’a vérifié à suffisamment de reprises pour en faire un principe.  On devrait plutôt dire foi-faithqu’il s’agit de la vérification répétée à travers l’expérience d’un fait qui confirme simplement une loi cosmique.  Pour accéder à la foi, il faut commencer par se donner des preuves en appliquant rigoureusement les principes d’une loi.  Ce n’est pas sorcier, la foi résulte de la validation scientifique ou de la confirmation rigoureuse d’une hypothèse.

Pour notre part, nous affirmons que, pour chacun, la croissance ou l’évolution spirituelle résulte d’une quête personnelle de la vérité, menée à sa manière, à travers les expériences de sa propre vie.  Nul ne peut développer la foi sans commencer par accepter une hypothèse dont il doit se donner la validation.  L’espérance amène à accepter une hypothèse, parce qu’elle se présente comme pertinente ou séduisante, et qui, en se manifestant, renforce la foi.  Les autres définitions de la foi ne représentent que des inepties qui compliquent la vie à tout le monde.  Comme nous l’avons dit antérieurement, dans les différentes religions, la foi évoque l’acte de croire en Dieu ou en un dogme, par une adhésion profonde de l’esprit et du cœur, qui emporterait la certitude.  Mais, en fait, puisque la vérité que le fidèle croit n’est pas accessible à la raison, parce qu’elle est supposément révélée et parce que l’autorité des Saintes Écritures ou des Textes sacrés semble suffire, il est appelé à croire sans voir, à s’incliner sans comprendre, presque aveuglément, devant la force de la Révélation écrite, qu’une exégèse aurait pourtant le devoir d’interpréter avec minutie.  Ce que les religions appellent de la foi, la métaphysique appelle cela de l’espérance.

En spiritualité, une telle attitude ne témoigne pas de foi, mais d’illuminisme ou d’espoir béat.  En effet, le degré de la foi ne peut être déterminé que par l’aptitude personnelle à percevoir la Présence de Dieu en action à travers son être.  Autrement dit, croire n’est pas savoir, connaître avec exactitude, comme conséquence d’une expérience personnelle.   Dans cette perspective, pour un individu, la foi repose sur le fait qu’il sait parfaitement comment fonctionne l’Univers.  Elle implique une connaissance qui résulte d’une intuition claire, d’une certitude absolue,  de l’acceptation complète d’une vérité en tant que réalité, ce qui va au-delà de l’espoir.  Au plus profond de lui, l’être humain ne croit vraiment qu’à ce dont il a fait l’expérience ou à ce qu’il peut se démontrer.  Pour lui, le reste n’existe pas, ne peut exister, ne représente qu’une hypothèse ou une irréalité.

À travers les époques, la foi a été reconnue comme une force, qu’il s’agisse de la foi en Dieu, de la foi dans les autres, de la foi en soi-même ou de la foi en ce qu’on fait.  La foi relève d’une faculté du mental et elle trouve son expression suprême dans l’attitude spirituelle.  Mais il est un fait qui prévaut constamment, à savoir que c’est celui qui a la foi en ses aptitudes, en ses talents, en ses capacités, en ses moyens qui accomplit le plus.  Pour tout dire, ceux qui ont une grande foi détiennent la puissance et ils occupent les meilleures places dans le monde.  Ce qui fait la différence dans l’exaucement de la requête de l’un et de l’autre, c’est le degré personnel de la foi.  Du fait de sa neutralité, il est impossible que Dieu accorde des privilèges en donnant davantage à l’un qu’à l’autre.  La demande dépourvue de foi reste sans réponse du fait que l’énergie répond à la conviction.  C’est la foi qui produit l’étincelle qui active la condensation de la Substance cosmique.  En cela, nul ne peut avoir la foi dans ce qu’il ne comprend pas du tout.  En revanche, la pensée de foi permet de mouler la Substance indifférenciée et elle amène à la manifestation ce qui était façonné dans le mental.

Celui qui détient la foi en lui-même, dans son prochain, en l’Univers et en Dieu, voit l’endroit où il se trouve s’illuminer et cette lumière éclatante lui permet de voir que tout est toujours bien et bon.  Par son rayonnement, sa foi en vient à éclairer jusqu’au chemin des autres.  La foi dissipe les ténèbres et écarte la négativité.  Elle commence justement par cette conviction que tout est bien et que tout contribue à l’évolution personnelle, collective, planétaire, universelle et cosmique.  Tout ce qui détruit les attitudes de croyance, d’acceptation et de confiance à quelque degré que ce soit mine subtilement la foi.  Pour accomplir son salut, le mental humain doit rester ferme dans sa conviction de l’existence d’un Dieu parfait, d’une Création parfaite, de créatures parfaites, d’être humain parfait.  Il doit accepter que la vie de tout être participe de Dieu et que l’Esprit s’est incarné en chaque créature.  Par la force des choses, il doit également reconnaître que l’Éternel s’est incarné en lui.  Car la foi devient possible du fait que, à un niveau supérieur, chacun sait de toute éternité.  Dans le Système mental que représente l’Univers ou le Cosmos, la force spirituelle de la pensée détient un pouvoir sur toute résistance matérielle apparente, ce qui ne devient possible que si un être maintient une confiance débordante dans le Principe spirituel qu’il aborde.  La foi pure s’exprime par une conviction spirituelle, car elle représente l’acquiescement de l’esprit, l’incorporation d’une idée, l’assimilation d’une loi, l’acceptation d’un concept.  Elle implique qu’un sujet saisit clairement, de tout son être, que l’affirmation qu’il énonce est supérieure à la condition qu’il tente de changer ou désire changer parce qu’elle est porteuse de la vérité.  En cela, il ne doit subsister en lui nulle tiédeur, nulle demi-mesure, au niveau de la conviction.  Il doit reconnaître que rien dans l’Univers ne peut s’opposer à son bonheur dans la mesure où les éléments qui le sous-tendent ne contreviennent pas à son évolution, ne nient ni ne briment les droits des autres et ne gênent en rien l’expansion de la Lumière (du Bien) dans l’Univers.

La foi repose sur la compréhension du fait que le Bien est plus fort que toute apparence de son contraire.  En effet, le Bien se multiplie au centuple, tandis que le mal, qui ne détient aucun pouvoir, ne représentant que l’absence de la Lumière, se détruit simplement par lui-même.  Des possibilités illimitées d’expérience attendent le jour en chaque être humain, mais c’est lui qui détient le privilège de leur donner naissance.  Pour cette raison, la foi sert ultimement à confirmer la divinité de l’être humain.  Jésus a dit : «Si vous aviez la foi d’un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne, enlève-toi de là, et elle partirait, et rien ne vous serait impossible.»  Toutefois, en général, l’être humain a besoin d’un précédent pour croire en son pouvoir.  Sans lui, il limite sa foi à ce qu’il a déjà accompli, ce qui l’empêche de produire ses miracles quotidiens.  Si vous saisissez la nuance, le meilleur créateur détient la foi même de Dieu au lieu d’avoir la foi en Dieu.  Ce genre de foi ne peut croître que par la connaissance et l’expérience.  Lorsque, par l’intuition, la foi trouve sa place dans la Loi divine, alors, il n’existe plus de limitation, car il n’existe plus de ténèbres.  Alors, les résultats que certains appellent «miraculeux» s’ensuivent naturellement et spontanément.  C’est en reconnaissant la présence de Dieu en toutes choses qu’on parvient à développer cette foi qui émane de la conviction qui fait dire : «Je sais en qui j’ai cru, j’ai cru en moi parce que j’ai cru en l’Infini qui m’habite!»

La foi se fonde sur la conviction d’en savoir plus que ce qu’on a appris parce qu’on sait être plus que ce qu’on croit être.  Elle démontre que, à un certain niveau, on sait avoir un lien direct avec la Sagesse éternelle qu’il s’agit d’écouter pour apprendre quoi faire en tout temps.  Ceux qui ont une foi plus fragile préfèrent se fier aux scientifiques, aux ministres du culte, aux médiums, aux gourous, pour être guidés.  Mais, en réalité, ils expriment une piètre foi en eux-mêmes, toutes leurs connaissances se fondant sur des croyances qui viennent de l’extérieur.  Ils ont perdu le lien avec leur Sagesse intérieure.  Ainsi, s’ils partent en quête de la vérité, ils le font en vagabonds spirituels, se confiant à un maître spirituel, se droguant de lectures et de conférences, courant à gauche et à droite pour glaner toutes les connaissances disponibles, qu’ils croient susceptibles de leur plaire ou de les satisfaire.  Mais l’être humain ne peut trouver que lorsqu’il cherche l’accomplissement intérieur.  Certes, les experts, s’ils sont sages et amoureux, ce qui est rare, peuvent conseiller, indiquer une voie plus courte ou plus sûre.  Mais chacun doit en profiter pour développer une plus grande confiance à l’égard de sa propre inspiration, appelée la sagesse intuitive, en tant que source et unique juge de ses choix et décisions.

Au premier chef, la foi consiste à faire confiance à l’Esprit qui est en soi, à admettre qu’on sait plus de choses qu’on ne le croit.  Mais il faut voir cet Esprit agir sur tous les plans et dans tout le Cosmos.  Alors, il n’est plus besoin d’adhérer à un système de croyances particulier pour développer sa foi.  Il suffit de faire confiance au Savoir éternel de la Sagesse immanente qui a créé les Lois de l’Univers, ainsi qu’au mystérieux sentier de sa propre vie.  L’Esprit opère dans les coulisses conformément à ses lois.  Mais cette foi devient de l’intuition, non de l’entendement.  Et elle s’acquiert par l’expérience directe, en se fiant d’abord à ses  propres démonstrations.  Pour le reste, elle fait admettre que, au-delà de son propre destin, les desseins de Dieu restent plutôt impénétrables.  Ainsi, la foi invite à faire confiance en l’Esprit pour rester directement relié à la Sagesse universelle qui est toujours à l’œuvre à travers chacun des êtres.  Elle défie l’individu d’aller au-delà de ce qu’il peut saisir dans sa raison.  Elle invite à croire à l’Intelligence et à l’Amour universels qui se manifestent en soi et en toute créature, en chaque circonstance.

La foi, qui n’est pas aveugle, doit inviter à rester fort et vigilant dans les occupations mondaines, car elle ne peut pas prétendre pouvoir s’attendre, en toute confiance, à ce que les autres fassent ce qui est bien, bon, beau, vrai et juste.  Elle traduit une attitude transcendante, ce qui permet de savoir, peu importe ce qui se produit, que tout événement sert une cause noble et élevée, au-delà des apparences.  Une Intelligence supérieure se manifeste en chacun pour le plus grand bien de tout et de tous, poursuivant une intention sublime derrière tout plaisir et toute souffrance.  Elle aide à considérer chaque difficulté comme une épreuve d’apprentissage, comme un moyen de tirer une leçon ou d’apprendre une réalité nouvelle.  Elle pousse à vivre sa vie comme si elle avait un sens, pour garder l’inspiration, même dans les moments les plus sombres.  Elle révèle l’Intelligence compatissante et mystérieuse qui émane du Cœur de la Création.  Chacun peut grandir dans la foi en commençant par écouter la sagesse intuitive telle qu’elle s’exprime dans son cœur, là où l’Esprit cosmique parle.  Si on est sincère, avoir la foi consiste à prendre pour acquis le fait qu’on accomplit toujours ce qui est bien, même si après on croit s’être trompé.  Car les épreuves, posées en problèmes et en difficultés expérientielles, qui peuvent résulter d’un choix ne le rendent pas mauvais.  Souvent, ces facteurs donnent plus de valeur à son apprentissage et favorisent davantage son bien sur un plan supérieur.

Alors, si on est rempli de foi en Dieu, on peut s’écouter et se faire confiance.  C’est par cette vertu qu’on accepte de vivre dans l’incertitude et d’avancer à tâtons pour trouver son sentier dans la vie, à l’écoute de son cœur.  Il n’existe aucune sécurité absolue ailleurs que dans la foi absolue en Dieu.  Cela ne veut pas dire que tout devient magique et facile, dans son quotidien, mais cela permet de lier derrière les événements et de comprendre ce qui arrive pour son bien sur un plan supérieur.  À travers la confusion et l’insécurité, la foi amène à accepter que l’Esprit est partout à l’œuvre, selon une volonté supérieure, hors de portée du mental, et qu’on n’est jamais seul.  Pour sûr, la foi n’a rien à voir avec le fait d’être toujours impeccable et infaillible, avec son désir de toujours tout réussir.  Plutôt, elle aide la volonté à dépasser ses limites, à faire ses expériences, si marginales qu’elles paraissent, à en tirer les leçons salutaires.  Elle aide à accorder sa confiance à la façon dont se déroule la vie, la sachant toujours orientée vers un accomplissement supérieur.          

Tout bien pensé, chacun doit assumer la réalité de ce qu’il vit dans le moment même et s’ouvrir à la vie en rejoignant la joie de son cœur d’Enfant divin.  Car, sans l’esprit d’enfance, nul ne peut retrouver le Paradis, la Patrie éternelle.  Mais plus un être aime, s’aime, se sait et se sent aimé, plus sa foi s’affermit, engendrant toujours davantage de prodiges et de merveilles.  Il en vient à se reconnaître comme le détenteur de la certitude, de la confiance et de la conviction, donc de la foi intuitive.  En vérité, la foi ne saurait surgir des croyances, elle ne peut surgir que du savoir le plus certain qui s’exprime à travers soi.  Mais, activant la Lumière, elle détient la puissance de la magie et elle permet d’opérer des miracles quotidiens.

© 1989-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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