LE JOUR DE COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS SUIT IMMÉDIATEMENT LA TOUSSAINT

Le 2 novembre, les Chrétiens, du moins les Catholiques, célèbrent la fête des morts, dit les «fidèles défunts».  De par une vieille tradition, ce jour est étroitement uni à la Toussaint, célébrée la veille.  Il ne s’agit pas d’une coutume bien originale puisque, depuis des temps immémoriaux, de nombreuses cultures et religions avaient développé des rituels destinés à honorer les morts, leur consacrant souvent un ou plusieurs jours fériés.  Cette fête découle d’un rituel païen, une survivance de rites plus anciens, dont le plus célèbre était «Samain», la fête celtique célébrée à la même époque cimetierede l’année, mais qui avait disparu avec la religion druidique.  Ce rituel païen fut graduellement incorporé aux habitudes de l’Église.  Dans l’Antiquité, les fêtes se déroulaient uniquement dans des emplacements prévus à cet effet.

Le rituel païen de la fête des morts établissait un rapport avec les mythologies de tous les peuples anciens, elles-mêmes reliées aux événements du déluge.  Cet événement fut célébré, non seulement par des peuples plus ou moins liés entre eux, mais par d’autres qui étaient séparés par un océan et par les siècles.  Toutes ces nations célébraient cette fête le même jour où, selon le récit de Moïse, dans la Genèse (7 :11), le déluge commença, à savoir le dix-septième jour du second mois des hébreux, période qui correspond au début de notre mois de novembre.  Cette fête, célébrée jusque par les païens qui rejetaient Dieu, débutait par une cérémonie honorant la mémoire des âmes que le Très Haut avait détruites aux jours de Noé en raison de leur méchanceté.

Dans la tradition catholique, on célèbre les morts, en particulier les défunts de l’année écoulée, par des messes auxquelles on attribue une valeur de purification des péchés pour accélérer l’atteinte de la vision béatifique.  Dans les pays catholiques, ce jour est traditionnellement consacré à une visite familiale au cimetière et à l’entretien des tombes.  C’est vers l’an 1000, pour que la Toussaint garde précisément son caractère propre et qu’elle ne soit pas une journée des morts, qu’Odilon, abbé de Cluny, imposa à tous ses monastères la commémoration des défunts par une messe solennelle le 2 novembre. Il requit que cette fête liturgique devienne à la fois une journée de commémoration et une journée d’intercession.  En effet, en ce jour, les fidèles sont appelés à rappeler la mémoire des défunts et à prier pour eux puisque, pour la plupart, ils ont probablement besoin d’une purification pour s’élever jusqu’à Dieu.  De l’avis de l’Église catholique, la prière des fidèles peut les aider dans leur épreuve de purification en vertu du lien de la «communion des saints».  La communion des saints (ou sainte assemblée), c’est le lien originel d’amour et de vie qui existe entre tous les hommes, vivants et trépassés.   Ainsi, dans le Christ, mort et ressuscité, le médiateur nécessaire et privilégié auprès de Dieu, il existerait un lien mutuel et une solidarité entre les vivants et les morts.

On parle surtout de tradition catholique, plutôt que de tradition chrétienne, parce que les Églises protestantes, qui sont allergiques aux saints et aux objets de culte, par réaction contre le Pape et son hégémonie, ne célèbrent pas cette fête.

En France, dans les faits, ce jour se situe au 2 novembre, qui n’est pas un jour férié, comme le premier novembre.  Alors, comme on l’a dit plus haut, c’est plutôt le premier novembre que les Français consacrent à la visite des tombes de leurs proches, d’où il peut s’établir une confusion fréquente entre la Toussaint et la commémoration des défunts.  Quant aux pays hispaniques, ils accordent une attention si particulière à leurs morts que, pour certains d’entre nous, leur comportement confine au fétichisme et à la morbidité.  N’empêche que, au Mexique, lors du «Dia de Muertos», la visite rituelle des cimetières se veut très festive, ponctuée d’offrandes de bonbons, des têtes de mort en sucre, ou de tequila.  En ce jour, qui n’est pas triste pour eux, les fidèles et autres citoyens se rendent dans les cimetières, y mangent, dansent et chantent sur les tombes.  En outre, ils confectionnent des autels dans leur maison et ils placent des bougies dans leurs habitations pour montrer aux morts quel chemin qu’ils doivent suivre.

En Orient, on célèbre la fête des morts surtout par le biais du culte des ancêtres.  Par exemple, en Chine, la fête de «Qing Ming» («Qingmingjie»), au début du mois d’avril, est essentiellement consacrée à la visite et au nettoyage des tombes familiales.  La «fête des fantômes», «Zhongyuanjie», le quinzième jour du septième mois lunaire, est pour sa part consacrée aux «esprits orphelins et fantômes sauvages», auxquels on offre des repas réconfortants et des cérémonies pour leur délivrance.  Encore, dans la même veine, au Japon, on mène le festival «O-Bon», du 13 au 15 juillet, dans la partie orientale et du 13 au 15 août, dans la partie occidentale.  Au Népal, lors de la fête népalaise de «Gai Jatra», dite la «fête des vaches», chaque famille qui a perdu un de ses membres l’année précédente construit un «gai» formé de branches de bambou, de décorations en papier, de vêtements et de portraits du défunt.  Enfin, en Corée, lors de «Chuseok», la «fête des récoltes», au quinzième jour du huitième mois du calendrier lunaire coréen, les familles retournent sur la terre de leurs ancêtres et mènent annuellement un rituel en leur honneur.

 

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